Après tout, les amants sont un peu comme des ex.

Les amants sont comme des ex – la seule différence c’est qu’ils n’ont pas encore été largués.

amants baiser joymii dessin encre

Nayons pas peur des amants. (ref. photo (c) joymii)

Depuis que la monogamie en série est devenue la norme (en attendant que ça devienne le modèle), tout le monde est plus ou moins capable de vivre avec l’idée que l’autre ait déjà aimé plusieurs personnes.

Pourquoi pas ne pas s’appuyer sur cette capacité (durement acquise) à tolérer l’existence des ex pour accepter celle des amants et surmonter un peu la jalousie ? Après tout, les amants sont des genres d’ex, sauf qu’ils vivent dans un espace-temps plus ou moins parallèle plutôt que dans une vie antérieure. Mais à part ce petit détail, c’est un peu pareil, non ?

23 réponses à “Après tout, les amants sont un peu comme des ex.

      • Je rejoins Camille (coucou toi)! J’ai lu beaucoup d’articles (et fait lire à quelques amis sélectionnés)… N’ayant aucune "culture" sur le sujet et m’étant construit mon opinion moi-même, je découvre avec intérêt que ce que je ressens a été écrit et analysé par d’autres… Bref, c’est un vrai plaisir de me sentir un peu moins extra-terrestre…

  1. Les amants sont comme des ex – la seule différence c’est qu’ils n’ont pas encore été largués et qu’ils baisent encore notre femme ;)

    Il est beaucoup plus excitant pour une femme d’avoir des relations sexuelles avec son amant qu’avec son mari. Le corps de l’amant reste à découvrir, l’amant a le parfum de l’interdit, il rencontre sa maîtresse lorsqu’elle est le plus disponible sexuellement.
    Le couple doit intégrer tout ça pour en profiter lui aussi. Pas si facile ;)

    • L’inverse est vrai aussi (un homme avec une amante).
      Mais il y a des choses que l’amant n’aura pas (vingt ans d’expérience feront toujours la différence ;-)

      • L’inverse est Peut être vrai, mais je ne connais pas.
        Effectivement, la connaissance intime est un plus, ou pas …

      • Excellent ! j’adhère complètement à l’article d’Audren et au commentaire de "le chat" et c’est des choses que je vis aujourd’hui et partage avec compagne. Il m’a fallu un peu de temps pour l’intégrer, dépasser ma jalousie, mais que c’est bon quand ça fonctionne ! ou 27 ans d’expériences pour moi font certainement la différence !
        J’aime vraiment ce que tu écris Audren !

  2. Je pense que le noeud du problème est l’ego. Souffrir d’une comparaison quelconque est difficile. Encore plus quand la comparaison a lieu quasi simultanément entre l’une et l’autre personne. Merci pour cette réflexion.

    • Le truc (et merci parce que ça me donne l’idée d’un article) c’est que l’exclusivité amène obligatoirement à l’idée qu’il y a comparaison. Si ma mère avait dû choisir de ne garder qu’un seul enfant, j’aurais toujours eu la crainte qu’elle préfère mon frère ou ma soeur. Mais puisque je savais qu’elle pouvait nous garder tous, et que je voyais bien qu’elle m’aimait, je me contentais de râler contre les injustices flagrantes.
      Et donc, quand on arrive à se sortir de la tête le modèle du couple exclusif, peut être qu’on arrive mieux à arrêter de se sentir comparé. En tout cas, pour avoir aussi vécu la situation de l’autre côté, je me suis rendu compte à quel point on n’est pas du tout dans la comparaison (en tout cas pas la comparaison qui juge et qui hiérarchise) – je l’aurais probablement été si j’avais reçu un ultimatum du style "elle ou moi".

    • Je ne peux qu’être entièrement d’accord avec ce commentaire. Le manque de confiance en soi, la peur de devenir "inutile", "moins bon que" alors que la comparaison n’a pas lieu d’être, nous parlons ici de deux relations totalement différentes, les attentes ne sont pas les mêmes, les enjeux non plus.
      L’amant n’obtient qu’une partie charnelle de l’être, laquelle si je devais la quantifier représenterai au plus, 10 à 15% , le mari, le conjoint, le complice de longue date, lui…a tout le reste…

  3. OUI ! OUI ET OUI ! 100% d’accord.
    Si des textes sur le polyamour t’intéressent, sinon, mon blog pimentduchaos.wordpress.com
    Au plaisir

  4. "L’herbe est toujours plus verte dans le jardin du voisin". Certes, et pourtant il me semble que ces échanges simplifient un peu.
    D’une part, l’amour (et "faire l’amour") s’apprend comme toute autre chose. Le pratiquer un certain temps avec le même partenaire permet d’approfondir le plaisir – l’approfondir bien plus que si on papillonne d’un(e) amant(e) à un(e) autre. Ce temps d’apprentissage peut être long et même très long, surtout qu’avec la durée s’installent des complicités et des "réflexes conditionnés". Puis avec l’âge le désir de la conquête s’émousse et les occasions se réduisent…
    D’autre part, nos "gênes égoïstes" nous poussent à rechercher autant que possible de nouveaux partenaires. (Si vous ne connaissez pas le livre dont c’est le titre, il dit que nous ne sommes que le terreau utilisé par nos gênes pour les aider à être immortels. Ils nous ont "programmé" pour les répandre coûte que coûte.) Nous nous y soumettons d’autant plus volontiers que nous apprécions le plaisir de la découverte qui peut compléter avantageusement les bonheurs évoqués au paragraphe précédent.
    Toutefois nos gênes n’ont pas prévu que le petit humain n’est capable de survivre qu’au bout d’un certain nombre d’années et que notre organisation sociale favorise sa survie si les deux parents s’en occupent. Cela plaide pour la monogamie… de même que notre façon de distribuer les richesses. (Le divorce appauvrit l’un ou l’autre partenaire ou les deux.) L’infidélité est donc une menace à la fois pour l’enfant et ses parents et elle est perçue comme telle. La jalousie est un aiguillon qui incite à la combattre.
    Sur le plan biologique, la durée nécessaire pour qu’un nouveau-né acquiert la capacité de survivre semble être environ 6 ans. Dans nos sociétés c’est plus, mais notre cerveau reptilien n’en sait rien – et les couples "cassent" souvent au bout de 7 ans. Génétiquement ce serait très bien, mais cela pose un problème évident si le couple a fait d’autres enfants entre temps. (Cela le pose également sur le plan matériel déjà évoqué.)
    Comme "Par tout autre chemin que le raisonnable l’homme va où il peut" (André Breton), on tente garder le beurre et l’argent du beurre. D’après les généticiens, entre 7 et 14% d’enfants occidentaux sont conçus en dehors du mariage sans que le père "légitime" ne s’en doute. Comme personne ne "fabrique" des enfants illégitimes consciemment et volontairement, il faut beaucoup d’occasions pour arriver à de tels pourcentages et il n’y a pas que les hommes qui y sont impliqués.
    Bref, le plaisir en dehors du couple "officiel" n’est pas nécessairement plus intense que lors des rencontres occasionnelles qui représentent tout de même une tentation assez irrésistible. L’infidélité est bien plus répandue qu’il n’y parait mais la jalousie n’est pas seulement un signe de faiblesse du caractère, elle exprime des besoins justifiés. (Sinon, les amants seraient jaloux des maris ce qui est rarement le cas…) Enfin, si raconter à son partenaire attitré ses relations extra-conjugales est plus noble (et plus commode) que de se rouler par terre de jalousie, ce n’est pas nécessairement la meilleure conduite à adopter. Avec nous les humains, rien n’est simple…

    • Il vous faudra repasser quand je ferai le commentaire que j’ai longtemps promis de faire sur le livre "sex at dawn" de Chris Ryan. Vous déroulez ici l’explication classique pour justifier la monogamie en psychologie de l’évolution. Le livre en question la met à mal. En particulier parce que ce n’est pas un homme et une femme qui élèvent un enfant. C’est un homme et une femme qui font l’enfant, mais c’est le clan qui l’élève.

      En fait l’argument de la monogamie comme caractère issu de la sélection (par le selfish gene) est tautologique : si nos ancêtres étaient monogames et vivaient en familles nucléaires, la mère devant compter principalement sur le père pour subvenir aux besoins des enfants, il est sûr que les gènes des pères fidèles (ou au moins des pères loyaux) se sont mieux transmis que ceux des pères volages qui abandonnent leur progéniture à la famine et aux hyènes.

      Mais si nos ancêtres vivaient en groupes soudés où tout le monde pourvoit aux besoins de tout le monde (comme par exemple chez nos proches cousins chimpanzés et bonobos), la question de la monogamie et de la paternité devient beaucoup moins centrale. Et le fait de partager la paternité (et de coopérer pour transmettre les gènes du groupe et non de l’individu) devient alors un trait adaptatif souhaitable. Nous sommes des primates sociaux et pas des ours ou des orang-outans, et donc c’est en termes de groupe qu’il faut penser la dynamique de pression de sélection sur l’espèce humaine, pas tellement au niveau de l’individu lui-même.

      D’une manière générale dans le vivant, la monogamie réduit considérablement l’efficacité de la reproduction sexuée quant au brassage des gènes. C’est donc un trait excessivement rare (et en fait, même les espèces qu’on catalogue comme ‘monogames’ sont bien plus volages que ce qu’on pense).

  5. Pingback: Infidélité : je préfère ne pas savoir … pour commencer | les fesses de la crémière·

  6. Je ressors les vieux dossiers car je m’interroge pas mal ces jours-ci sur le thème de la "jalousie irrationnelle", et une partie du commentaire de Peter Bu m’interpelle. [Je cite:] Sinon, les amants seraient jaloux des maris ce qui est rarement le cas… [Fin de citation].

    Et là je me dis que ce n’était pas tout à fait juste et qu’il y a matière à creuser ! Je trouve la jalousie des amants bien réelle, mais en plus je la trouve en général beaucoup plus saine et moins agressive que celle des maris trompés. En effet le sentiment ressenti par l’amant ne pouvant être revendiqué de façon "justifiée" (dans un contexte de monogamie exclusive) garderait sa place naturelle et spontanée sans être influencé ou dénaturé (et amplifié) par des éléments extérieurs .

    Nommons, en exemple, une certaine légitimité octroyée au mari qui, lui, s’accorde le droit de rendre le sentiment de jalousie démesuré et même parfois hors cadre évitant ainsi de soulever le vrai problème de fond concernant son couple.

    Je me demande alors: n’est-ce pas cela la preuve que la vraie jalousie, justifiée et rationnelle, la seule qu’il faudrait prendre en compte est bien la jalousie qui concerne le partage du temps !? Ce que tu as, Audren, déjà énoncé au moins dans cet article

    En effet, le seul message que passe généralement l’amant à la "femme mariée" est bien celui de ne pas avoir assez de temps auprès d’elles, et non le reproche de le faire souffrir ou tromper leur complicité en retournant auprès de son mari. Au contraire ils se sentent soudés malgré la relation "domestique" de la dame. Malheureusement au détriment, c’est vrai, du mari "bafoué", mais ce n’est là que la conséquence du contexte de la monogamie qui incite le mensonge et met en place une distance dans le couple "primaire".

    Les autres types de jalousie devant donc être reliés à des éléments divers et variés, mais non à l’Amour, et devraient donc être gérés avec soi-même et non vis-à-vis du comportement et des désirs de l’autre (l’égo qui souffre d’une quelconque comparaison, le mythe de l’âme sœur qui implique un choix, la comparaison du monogame exclusif qui induit une hiérarchisation, la peur de l’abandon lorsque le choix est d’application, etc.)

    • Donc en gros, on peut dire qu’un amant qui vit bien la relation et qui n’est pas en train de demander à l’épouse de quitter son mari est en fait déjà dans un schéma polyamoureux.

      • En effet. Mais bien vivre la situation de la part de l’amant me paraît un peu utopique, car être relégué au rang de secret sans pouvoir prétendre exister doit rester le plus douloureux. Reste donc à ouvrir les yeux et l’esprit du mari … moins simple! Et c’est bien là que la réalité de l’exclusivité reprend ses droits. Grrr.

  7. Pingback: Jusqu’à ce que la mort (ou une pipe) nous sépare | les fesses de la crémière·

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