Naissance d’un couple libre et d’un blog

J’ai lancé ce blog le jour de la Saint-Valentin 2013. C’est le jour où j’ai reçu dans ma boîte aux lettres le livre de Maïa Mazaurette ‘La Coureuse’. C’est aussi la première Saint-Valentin où j’ai fait un cadeau à ma reine. Mais tout avait débuté longtemps avant…

métamorphose d'un couple classique en couple libre (photo ref. cc-by-nc chekabuje sur flickr)

métamorphose d’un couple classique en couple libre (photo ref. cc-by-nc chekabuje sur flickr)

Au commencement, il y avait une fille libre. Je l’ai rencontrée, aimée et connue libre comme l’air. Et tel le petit cordonnier de la chanson, j’étais trop heureux d’avoir eu la préférence de la tant belle fille pour imaginer lui demander de changer. Je pouvais seulement dire « la belle si tu voulais… »

Fast-forward 21 ans plus tard, en taisant quelques péripéties relativement anodines : elle tombe amoureuse d’un ami à nous. Pour de vrai. On en parle. Et là il devient évident qu’on ne peut plus faire semblant de se conformer au modèle classique du couple exclusif, puisqu’elle n’a pas l’intention d’arrêter de le voir, ni l’intention de cesser de m’aimer. Pas plus que je n’ai l’intention de partir.

Commence une métamorphose de notre conception du couple qui ressemble assez à celle des insectes : dans la chrysalide, les ailes existent déjà, mais il faut déchirer la chitine pour qu’elle se déploient et qu’apparaisse une créature bien différente de la nymphe. Car tout était déjà en germe dans nos innombrables discussions depuis 21 ans de vie à deux :

  • on n’est pas propriétaire de l’autre ;
  • on s’est engagé à entretenir l’amour qu’on avait l’un pour l’autre
  • mais pas à tuer d’autres amours qui pourraient naître ;
  • notre fidélité est d’abord la fidélité à notre projet commun ;
  • et on doit rediscuter le projet commun en permanence.

Donc là en se disant tout ça tout bout à bout et noir sur blanc, il devenait limpide que le modèle qu’il nous fallait, c’était celui du couple libre.

Alors on se documente pour prendre du recul et mieux comprendre comment gérer tout ça. Souvent, internet est une mine d’or pour qui veut sortir du mainstream. En plus, ce petit monde est en ébullition autour de la question du couple et de la fidélité. Les articles sur l’infidélité fleurissent de partout. Malheureusement le conformisme domine encore : l’infidélité y est au mieux tolérée comme une éraflure plus ou moins bénigne au modèle dominant du couple exclusif, quand elle n’est pas juste lue comme un symptôme d’un malaise sous-jacent. Je vois peu d’articles qui envisagent les relations extra-conjugales comme une démarche purement hédoniste dans des couples qui vont bien. Je trouve ça dommage et je voudrais partager mes réflexions.

Pendant ce temps, le blog de Maïa Mazaurette ainsi que mes amantes et confidente finissent de me décomplexer quant à mon rapport avec le sexe. Il n’en fallait pas plus pour que je fasse mon coming-out blogosphérique, en combinant de jolies passions :

  • le sexe,
  • l’amour,
  • l’écriture,
  • le dessin.

Et voilà. Bienvenue sur les fesses de la crémière.

32 réponses à “Naissance d’un couple libre et d’un blog

  1. Les points de vue un peu trop tranchés de Maïa Mazaurette ont fini par me lasser de la lire. En revanche, à titre documentaire, je vous conseille la lecture du bouquin « la déliaison amoureuse » qui propose une judicieuse mise en perspective sur le couple même si; comme c’est souvent la règle dans ces ouvrages, le point de vue personnel de l’auteur sous-tend la démonstration (mais comme on est d’accord avec lui on ne lui en tiendra pas rigueur).

      • Ah mince, il y a une liste de bouquins à lire pour être un blogueur sérieux ?
        Sérieux ou pas, votre blog m’a l’air fort sympathique. Pourvu que l’orage qui menace me laisse le temps de m’y promener !

      • Il y a tout ce qu’il faut sur le web, surtout si on lit un peu l’anglais. Il faut avouer que j’ai dix ans d’expérience derrière moi (sur d’autres sujets). Ça aide.
        En tout cas, merci du compliment. Promenez-y-vous à loisir. Et revenez bientôt car j’ai des tonnes de trucs sympathiques dans le tuyau.

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  7. Je découvre ce blog depuis deux et je « bois » tous ces articles avec une délectation non feinte…
    Le Zahir de Paulo Coehlo a été le premier roman lu ou l’adultère n’était pas traité comme le pire acte pour l’harmonie du couple, mais plutôt (d’après les souvenirs que j’en ai gardé) comme le moyen de lisser l’autre se découvrir…
    Merci à toi pour ce merveilleux blog 😉

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  11. Chouette coming-out! Merci pour nous autres, on se sent vachement moins seuls au monde et en plus tu donnes de bons conseils (que je transmets à mon cher mari de ce pas sur Glee & Co!)
    Mais je suis contente de ne pas avoir attendu 21 ans pour la métamorphose. Cela nous laisse une longue vie pour en profiter et nous épanouir!

  12. Je ne me lasse pas de lire cette belle histoire 🙂 Avec une certaine envie je dois dire, car en ce qui me concerne c’est loin d’être facile :s Je suis très intéressé par toute cette réflexion sur le couple, beaucoup plus que ma compagne qui y voit une attaque, comme si je cherchais à lui imposer quelque chose, ce qui ne pourrait pas être plus faux, c’est tout le contraire! Elle me dit qu’elle a besoin de temps, sans savoir combien de temps.. Cela me frustre parce qu’étant très enthousiaste par rapport à tout ça et tout ce que ça peut apporter comme épanouissement, j’ai très envie d’en parler et de me documenter mais je dois très fort me limiter de peur d’aller trop vite et d’éloigner ma compagne :s C’est difficile. Cela a réellement pris un an chez vous? Comment avez-vous surmonter ces réticences de départ (qu’au passage, je peux très bien comprendre, c’est plutôt le manque d’envie de s’y intéresser qui me travaille plus)? Merci d’avance pour vos conseils 🙂

    • Euh, s’il devait y avoir des réticences, elles auraient plutôt été de mon côté puisque c’est elle qui a eu des amants, bien avant qu’on devienne réellement un couple libre.
      Je ne sais pas trop quoi vous répondre, à part lire l’article sur ‘je ne veux rien savoir’

    • Si je peux me permettre de réagir… C’est tres difficile en effet de menager la personne qu’on aime tout en assumant ce que l’on est. Personnellement j’ai mis 9 ans de relation avant de faire mon « coming-out », de jouer cartes sur table en disant a mon copain que je ne pouvais plus prétendre lui garantir l’exclusivité sexuelle et affective. 9 ans ou j’ai eu l’impression d’ignorer une partie de moi-meme, parfois au prix d’une grande souffrance. Mon copain était un jaloux maladif, surement parce qu’au fond de lui il savait tres bien que quelque chose clochait et qu’il sentait bien qu’il ne pourrait jamais me mettre en cage, mais ni lui ni moi ne réussissait a jouer franc-jeu (poids des convenances, doutes, peurs…). Et puis un jour il m’a paru évident qu’il fallait que je lui en parle, quelque soit les conséquences, qu’il fallait que j’assume et que je respecte qui j’étais et que je reprenne le controle de mon corps et de mes envies. Sans rentrer dans les détails, mon grand tournant a moi a eu lieu environ un an et demi apres que j’ai décidé d’assumer mon cote « poly », sans en avoir alors touché un mot a mon homme que je savais complétement hermétique a l’idée (en cachette donc). Mais comme Audren, lui aussi a un jour découvert un énieme écart et il m’a paru évident que ces cachotteries n’étaient plus tenables. Je me suis dis Ca passe ou ca casse, mais meme si je le perd, au moins, moi, je me serai trouvée…
      Nous sommes quelques mois plus tard et figurez-vous que d’une part, il ne s’est (toujours?) pas sauvé et d’autre part, sa jalousie s’est nettement attenuée. Pour l’instant notre « couple libre » ne l’est qu’en théorie et je ne veux surtout pas le brusquer mais je constate des progres qui me semblent relever du miracle.
      Je pense que l’approche douce, théorique, « idéologique » n’aurait jamais fonctionné avec lui car au fond de lui il est deja d’accord avec les principes du couple libre (je ne lui appartiens pas, la fidélité n’est pas l’exclusivité sexuelle, etc.) mais ses peurs irrationnelles lui empechaient totalement de voir les choses sous cet angle. Il fallait un bon coup de pied dans la fourmiliere, puis nos échanges, nos lectures (merci Les fesses ;)) nous ont permis d’avancer, de sortir de notre zone de confort, parfois un peu brutalement c’est vrai mais le jeu en vaut tellement la chandelle.
      Je ne sais pas si mon témoignage a valeur de conseils, chaque couple est différent, a vous de sentir comment gerer l’affaire mais surtout, ne baissez pas les bras, gardez en tete que l’autre peut vous surprendre et n’oubliez pas qui vous etes 🙂

    • Avec plaisir. J’ajoute juste que si je devais donner un conseil c’est de travailler surtout et avant tout a etre clair dans sa tete a soi avant d’aborder le sujet avec l’autre. Ce n’est que lorsque j’ai compris toutes ces choses – que mon corps m’appartenait, que j’en avais laissé le controle a d’autres a mon insu, que je n’étais certainement pas d’accord avec la monogamie imposée et que ca ne faisait pas de moi un monstre de ne pas etre dans la « norme » – qu’il est devenu sain et constructif d’en parler. Avoir en main les bons arguments piochés sur ce blog a également beaucoup aidé. Quand on est sur de soi, tout devient plus simple et un véritable dialogue peut s’engager.

      • Merci pour le partage 🙂 N’hésitez pas à venir partager votre témoignage sur le blog « Histoires d’amours plurielles » !!! Tendrement, Audrey.

      • Merci! C’est prévu! J’attends encore un peu de voir comment les choses évoluent mais cela ne saurait tarder (quitte a témoigner plusieurs fois) 🙂

  13. Pingback: Monogamie de fait contre monogamie de principe | les fesses de la crémière·

  14. Merci pour ce témoignage touchant et très instructif 🙂 Je vous rejoins tout à fait sur les peurs irrationnelles, ce mot est particulièrement bien choisi car pour ma part, j’ai certains jours des refus catégoriques de même aborder la question alors qu’à des moments plus sereins, j’ai l’impression qu’on est totalement sur la même longueur d’onde! Difficile, mais comme vous disiez que chacun à sa manière d’aborder la question, je pense qu’il y a également un moment adéquat pour le faire, et qui peut totalement changer la position du conjoint par rapport à tout ça! Peut-être une suggestion d’un futur article pour l’auteur? 😉 Merci encore pour ce blog, une source d’inspiration intarissable 🙂

    • Outre le fait que chaque situation de couple est différente, je ne crois pas qu’il y ait un bon moment ou une bonne manière d’aborder la question. Mais j’essayerai de faire un article sur toutes les possibilités auxquelles je pense ou bien qu’on m’a rapporté.

  15. Peut-etre pas de « bon moment » mais disons qu’il y a souvent un déclencheur qui chamboule des choses et du coup laisse de la place pour en faire naitre de nouvelles… Et pour la bonne maniere, je dirais: faire confiance, etre de bonne foi, mettre ses peurs de coté, ne pas laisser l’ego prendre le dessus, ne pas tomber dans les travers tels que la culpabilisation, etc. Bref, agir en adulte. Mais ca c’est valable dans toutes les situations de la vie! Un article sur la question pourrait etre intéressant… Genre « Do’s and Don’ts »?
    En tous cas si vous avez l’impression d’etre parfois sur la meme longueur d’onde avec votre compagne, c’est deja tres encourageant. Bonne chance 🙂

    • De quelque façon que l’on s’y prenne, cette discussion sera toujours inconfortable et irréversible. Je pense qu’une fois qu’on accepte ça, c’est plus facile de trouver une approche.

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