Femme je t’aime

La chanson de Renaud est un tas de stéréotypes sexistes et illustre bien le contexte culturel dans lequel j’ai grandi, où toutes les femmes sont des anges et tous les hommes de haïssables violeurs.

Torse d'homme allongé

« la force de l´homme ne tient que dans son flingue ou dans sa queue » (ref. photo (c) Zakharova sur deviantart.com)

Plus les années passent, et plus je déteste les paroles de la chanson de Renaud (Miss Maggie). J’ai longtemps cru (comme beaucoup de monde) que c’était un hommage aux femmes. En fait, c’est une impitoyable salve de stéréotypes sexistes contre les hommes en général. Quand tu as 12 ans et que tu entends en boucle à la radio qu’un « génocide c’est masculin », tu te dis que les femmes sont formidables, mais en même temps tu comprends que tu fais partie d’une engeance de misérables salauds. Alors, même sans aller jusqu’à te « changer en chien », tu vas fuir systématiquement tout ce que tu associes à des signes extérieurs de masculinité, pour être bien certain de ne pas venir gonfler les rangs des violeurs.

Cette chanson illustre bien l’environnement culturel dans lequel j’ai dû construire mon identité masculine. Un monde où la figure du mâle bien campé sur sa dominance tyrannique a été remplacée par l’image d’un criminel, pervers, frustré, bestial, grossier, un sous-humain méprisable. Et les médias d’en rajouter une couche, systématiquement. Alors qu’on prend bien garde de ne plus stigmatiser ni même généraliser « les noirs » ou « les arabes », on prend infiniment moins de pincettes avec « les femmes » et surtout « les hommes ».

En fait, j’ai l’impression d’avoir été (toutes proportions gardées) comme un gamin noir aux Etats-Unis, qui grandit en voyant les noirs systématiquement représentés comme des délinquants en puissance. Inconsciemment, le syllogisme s’imprègne en nous : tous les délinquants sont des noirs, c’est un noir, c’est un délinquant. Tous les violeurs sont des hommes, je suis un homme, je suis un violeur. Toutes les victimes sont des femmes, tu es une femme, tu es une victime.

Et donc j’ai cultivé mon côté androgyne, sans voir que ma femme n’en avait que faire, de mon côté androgyne. Oui, elle aime ma douceur. Mais elle n’aime pas que ma douceur. Et moi qui ai toujours adoré quand elle faisait la tigresse, j’ai mis longtemps à imaginer qu’elle pouvait aimer que je laisse parfois perler un soupçon d’animalité. Si moi je rêve qu’une nana me plaque dans un coin de mur avec une main sur mes fesses et l’autre agrippant ma nuque à m’en tirer les cheveux, pourquoi devrais-je systématiquement penser que seuls d’immondes pervers s’autoriseraient pareil geste avec une femme ?

J’accuse ce féminisme de la différence, ce féminisme puritain et idiot qui victimise toutes les femmes en condamnant tous les hommes. C’est ce féminisme de tranchées qu’Élisabeth Badinter pourfend dans son opuscule « Fausse Route » en montrant qu’il n’y a là qu’un nouveau sexisme, à peine moins violent que l’ancien, et qui n’a aucune chance d’arranger les rapports entre « les hommes » et « les femmes ».

Alors voilà. J’ai grandi en pensant que les femmes étaient toutes de fragiles poupées en sucre, tout en étant convaincu d’être un violeur en puissance. Mais je crois que je m’en suis sorti.

Alors s’il vous plaît, avant de dire ‘les hommes ceci’ et ‘les femmes cela’, même quand c’est sensé être gentil, tournez sept fois la langue dans votre bouche ou la plume dans votre encrier. (Un bon indice : diriez-vous « les noirs ceci » et « les blancs cela » ?)

En bonus, les paroles

Femme du monde ou bien putain
Qui bien souvent êtes les mêmes
Femme normale, star ou boudin,
Femelles en tout genre je vous aime
Même à la dernière des connes,
Je veux dédier ces quelques vers
Issus de mon dégoût des hommes
Et de leur morale guerrière
Car aucune femme sur la planète
N’ s’ra jamais plus con que son frère
Ni plus fière, ni plus malhonnête
A part peut-être Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Lorsque le sport devient la guerre
Y a pas de gonzesse ou si peu
Dans les hordes de supporters
Ces fanatiques, fous-furieux
Abreuvés de haines et de bières
Déifiant les crétins en bleu,
Insultant les salauds en vert
Y a pas de gonzesse hooligan,
Imbécile et meurtrière
Y’en a pas même en grande Bretagne
A part bien sûr Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Une bagnole entre les pognes
Tu n’ deviens pas aussi con que
Ces pauvres tarés qui se cognent
Pour un phare un peu amoché
Ou pour un doigt tendu bien haut
Y’en a qui vont jusqu’à flinguer
Pour sauver leur autoradio
Le bras d’honneur de ces cons-là
Aucune femme n’est assez vulgaire
Pour l’employer à tour de bras
A part peut être Madame Thatcher

Femme je t’aime parce que
Tu vas pas mourir à la guerre
Parc’ que la vue d’une arme à feu
Fait pas frissonner tes ovaires
Parc’ que dans les rangs des chasseurs
Qui dégomment la tourterelle
Et occasionnellement les Beurs,
J’ai jamais vu une femelle
Pas une femme n’est assez minable
Pour astiquer un revolver
Et se sentir invulnérable
A part bien sûr Madame Thatcher

C’est pas d’un cerveau féminin
Qu’est sortie la bombe atomique
Et pas une femme n’a sur les mains
Le sang des indiens d’Amérique
Palestiniens et arméniens
Témoignent du fond de leurs tombeaux
Qu’un génocide c’est masculin
Comme un SS, un torero
Dans cette putain d’humanité
Les assassins sont tous des frères
Pas une femme pour rivaliser
A part bien sûr Madame Thatcher

Femme je t’aime surtout enfin
Pour ta faiblesse et pour tes yeux
Quand la force de l’homme ne tient
Que dans son flingue ou dans sa queue
Et quand viendra l’heure dernière,
L’enfer s’ra peuplé de crétins
Jouant au foot ou à la guerre,
A celui qui pisse le plus loin
Moi je me changerai en chien
Si je peux rester sur la Terre
Et comme réverbère quotidien
Je m’offrirai Madame Thatcher

Bonus ultime : la vidéo

En cliquant là (non, je n’aime pas trop les vidéos embeddées par iframe, alors il vous faut faire l’effort de cliquer)

Quoi, tu es encore là ?

Alors vas lire une critique du bouquin d’Elisabeth Badinter.

45 réponses à “Femme je t’aime

  1. Il me semble que nous on nous élève comme étant des guerrières du quotidien, capable de tout gérer, fortes et puissantes justement. Celle qui porte la culotte. C’est plutôt un héritage de femme à femme et un discours qu’on entend dans les alcôves.
    Et les hommes, on nous les présente comme des êtres dépendants de nous et avant même de vous connaitre on se sent responsable de vous.
    Vous voyez c’est une histoires de point de vue sans fin .
    Je ne tiens pas du tout ce discours à mes enfants ( une fille et un garçon) mais je crois que ça rentre de façon pernicieuse . Un peu comme cette histoire de prince charmant.
    y a du boulot!!!

    • Oui, il y a toutes sortes de bagages culturels différents et parfois contradictoires. Ici j’en présente un mais il y en a plein d’autres. Pour chacun des sexes. Et tous plsu ou moins généralisants. Et effectivement, il y a du boulot pour sortir d’un monde trop souvent vu en rose et bleu.

  2. En direct du bord de la pelouse, une petite fille avec de belles couettes vient de tromper le gardien de but en tirant du pied gauche. J’ai nova dans les ecouteurs et c’est surement sur un rayon de soleil que billie holiday est en train de voyager parce que nova, normalement, ne vient pas jusqu’ici. Nova sur laquelle on pouvait entendre hier: ‘un jour sur 365

      • Et une seule femme, d’ailleurs, puisqu’on entend bien « la journée de LA femme », et non pas « DES femmes ». Là aussi il y aurait deux ou trois trucs à dire. Et sinon, vous n’avez pas peur que la petite fille avec les couettes devienne un dangereux hooligan ? Il me semble bien que Renaud avait rangé le foot parmi les tares congénitales du mâle. C’est peut-être pour ça que je déteste le foot.

  3. Peur, non. Cette petite fille à couettes, c’est elle qui decide. moi je lui fais confiance.

  4. Bonjour, je suis venue parce que j’ai vu « homme féministe » et que mon esprit sarcastique et suspicieux a été interpellé. Et je découvre un couple dit « non exclusif » qui soulève quelques questions intéressantes. Je connais le féminisme, je connais la question de la non exclusivité conjugale et pas pas seulement sous l’angle de l’adultère (ce qui apparaît sur mes blogs mais ce à quoi ne se réduit pas ma connaissance personnelle de la chose). Bref, vous m’intéressez.
    J’ai deux questions (auxquelles vous avez peut-être répondu mais je n’ai pas tout lu) : votre compagne lit-elle ce blog? Avez vous des enfants ensemble?

    intéressantes. j

    • Je crois que j’ai dû l’écrire quelque part : nous avons deux enfants. Et ma femme sait que j’écris ce blog mais ne semble pas intéressée pour le lire (à moins qu’elle le fasse en cachette).

  5. merci pour les précisions, c’est important pour savoir ce qui peut être dit ou non. Questions subsidiaire : depuis votre nouveau contrat, êtes-vous l’un ou l’autre tombé amoureux d’une autre personne?

    • Elle est tombée amoureuse, et ce fut l’élément déclencheur de notre petite révolution. De mon côté c’est moins évident. Si j’avais 15 ans, je dirais que oui. Mais dans les faits, je n’en suis pas autant chamboulé que ce que ma femme a pu l’être.
      Vous êtes bien curieuse mais ne vous en faites pas : j’ai prévu d’égrener les confessions au compte-goutte dans ces pages. Il me faut le temps de mûrir tout ça.

  6. C’est ce que je trouve le plus dur : s’abstenir de juger, quand on se sent tellement concernée. La notion d’injustice des femmes à l’égard des hommes n’est pas vécu de la même façon par toutes les femmes, comme tous les noirs ne doivent pas vivre le racisme de la même façon. J’ai du mal à lâcher mon caillou… C’est promis, j’éviterais de dire « les femmes ceci », « les hommes cela », c’est vrai que ça ne veut pas dire grand-chose…

    • (commentaire repêché dans la file de spams – désolé pour le retard)
      C’est vrai que ça doit être dur de juger quand les salauds sont très majoritairement masculins. Sauf que moi je suis très majoritairement pas un salaud (enfin je crois).

  7. Je suis bien d’accord. C’est pour ça que je dis toujours que j’en ai rien à foutre de la solidarité féminine. Moi ce qui m’intéresse, c’est la solidarité tout court… (et certaines femmes – dont moi – adorent qu’on les plaque contre un mur en leur tirant les cheveux… faut juste s’assurer de leur consentement d’une façon ou d’une autre…)

    • Je ne crois pas. Plus maintenant. Mais peut-être que dans dix ans, avec le recul, je découvrirai qu’il en restait encore des traces (de culpabilité).

  8. Bonsoir Audren, j’apprécie beaucoup ce post, vous vous en doutez, vu le contenu de mon blog… Bien sûr nous avons été éduquées dans l’idée que les hommes « pensent avec leur b…. et en ont une à la place du cerveau » (comme c’est réducteur!!!) mais que l’on soit homme ou femme, nous possédons tous et toutes un libre-arbitre qui est notre plus grande force, mais dont nous n’avons pas toujours conscience.
    (Tiens, l’idée me vient soudain de parler un peu de ces femmes qui on une ch…. à la place du cerveau! Et oui, le pendant féminin existe… Bref..)
    Libre-arbitre, en l’occurrence, de nous défaire, après en avoir pris conscience, de nos préjugés dus à notre éducation, et de (re)mettre les rapports hommes -femmes à l’état d’équilibre…. A chacun de jouer, dans tout mettre sur le dos de l’éducation, il n’y a pas de fatalité sur le sujet!

    • merci.
      si j’avais le temps, je passerais ma journée à dessiner.
      D’ailleurs si vous voulez m’aiguiller vers des photos d’hommes qu’il vous plairait de voir en dessin, je suis preneur. J’ai l’intention de faire de ce blog un lieu vibrant pour tous ET toutes, il faut qu’il y en ait pour tous les yeux, de toutes orientation. (si c’est soft et que ça illustre mes propos, ça viendra ici – si c’est plus explicite, ça ira sur la fesse cachée de la crémière)
      D’ailleurs c’est valable pour tout le monde – envoyez les liens via la page contact – je ferai un billet exprès pour le dire en grand un de ces jours.

  9. Avec un grand plaisir, oui! Des que je saurai faire cette manip! Je ne suis pas tres douée , mais missdactari se propose de m’aider ! J’ai u,e photo d’homme a vous proposer, oui, que je surnomme le caméléon, je vous expliquerai un jour pourquoi…

  10. C’est quoi un homme qui pense avec sa bite (ou une femme qui pense avec sa chatte) ? Ca implique quoi, exactement ?

  11. Bonsoir, pour répondre a R, et en résumé tres bref, un homme ou une femme ne pensant qu’avec ce qu’il ou elle a entre les jambes, ne fait en général que peu de cas de la personne qu’elle a en face d’elle (ou ailleurs ;-). ) . Les critères de sélection pour le choix du partenaire sexuel sont rarement sévères, dès lors que la pulsion sexuelle peut être assouvie… Peu importent les qualités intellectuelles du partenaire sexuel, son savoir vivre etc….. C’est peut-être un peu abrupt comme réponse, et bien sûr un peu réducteur, une fois de plus, car il y a des nuances tout de même, mais je ne vais pas écrire ici une dissertation,cela prendrait trop de place et je me permets de vous conseiller mon post au sujet de l’homme et son érection, sur mon blog .merci de votre question!

  12. Merci infiniment pour cette lecture,j’ai bcp apprécié… Cela met en mots les nuances dont je parlais plus haut . En revanche, un abbé Pierre? Pas si sûre …. Il y a la tout de même un caractère compulsif de la pratique sexuelle, non? Ou alors je me trompe totalement et en effet, ce monsieur doit se sentir missionné par quelque divinité ,pour assouvir toutes celles qui ne peuvent pas chanter « it’s raining men » tous les jours…

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  18. J’ai vécu exactement le même parcours : mec féministe qui a longtemps bridé sa sexualité pour ne pas se voir comme un queutard macho. Et plus globalement le même parcours qu’audren (polyamour tardif). Je trouve juste qu’il est un peu rapide de rendre le féminisme responsable de nos propres blocages. Les torts sont partagés entre :
    1) les machos archaïques et le mythe du « mâle dominant », car avant les féministes, ce sont eux qui nous ont dégoûté de la caricature qu’ils représentent
    2) un certain type de féminisme, effectivement, trop sérieux, et qui a oublié « faites l’amour, pas la guerre »
    3) nous-mêmes, pour avoir été bas de plafond pendant des dizaines d’années. Pour ne pas avoir su décoder le regard de tant de femmes que nous avons croisé. Je me trompe ?
    Alors plutôt que d’en vouloir à Renaud, qui est d’abord un portraitiste, donc qui donne une vision subjective de la réalité, disons-nous plutôt que « mieux vaut tard que jamais », et que les découvertes faites sur le tard n’en ont que plus de valeur et de saveur, non ?

    • J’en veux à Renaud et aux autres simplificateurs de discours féministe, parce que leur bassesse de plafond quand ils avaient l’âge de s’en rendre compte est venue rabaisser mon plafond qui était juste en construction dans mes années d’adolescence.
      Mais oui, mieux vaut tard que jamais.

  19. Bonjour, je vois que j’ai eu beaucoup de chance de tomber sur ton blog. Je suis un jeune homme de 19 ans, et j’ai longtemps eu cette vision si négative de l’homme que tu décris. J’en ai pris conscience assez récemment, bien heureusement. Mais je n’arrive absolument pas à m’en défaire et à trouver un équilibre. Il faut dire que c’est une vision qui m’imprègne depuis tout petit, et c’en est arrivé à un tel point qu’à mon âge je me sens toujours incapable d’avoir une relation sexuelle avec une femme, parce que j’aurais l’impression de la dégrader. Plus le temps passe et moins ça s’arrange, ma vie est devenue intenable parce qu’on est rappelé au quotidien à la différence des sexes, et j’ai l’impression d’être perpétuellement en contradiction avec moi-même. Je ne peux m’empêcher d’inhiber mon côté « masculin », d’éprouver de la culpabilité et d’avoir honte d’être un homme. Ca peut paraître tout à fait ridicule, j’en ai conscience. Je vois même arriver avec angoisse les poils sur mon visage et ma poitrine, parce que j’ai l’impression de me transformer en bête sauvage. Alors je sais pas, je vais peut-être devenir fou. Je n’ai aucune envie de consulter un psychologue, mais je crois qu’il va falloir s’y résoudre vu mon problème, car les quelques proches avec qui j’en ai parlé m’ont pris pour un monstre. Bref! Je vais te lire un peu en attendant, ça m’aidera à faire le point. Merci beaucoup pour ce blog.

    • Merci. Bon courage. Je te conseillerais de faire le point avec quelqu’un qui connaît bien les questionnements de genre et d’identité sexuelle. Car à te lire, j’ai l’impression que ton désarroi va plus loin que juste le problème de positionnement sous les feux croisés d’exigences contradictoires sur la masculinité.

  20. Oui, les paroles sont assez manichéennes.
    Je pensais comme lui quand j’avais 15 ans, aujourd’hui je crois que les hommes et les femmes sont égaux dans la bêtise. « le monde sera sauvé par les femmes », je n’y crois plus.
    Renaud laisse entendre que Mme Tatcher est une contradiction. Mais des tas de femmes ont eu le pouvoir, directement ou par influence. Elle n’ont pas été miraculeusement plus éclairées que les hommes.

    Je crois de plus en plus que le problème c’est pas le sexisme ou le féminisme. C’est que les hommes ne comprennent pas les femmes et les femmes ne comprennent pas les hommes.

    Enfin ceci-dit, il m’arrive d’être las de mes congénères. Mieux vaut être un homme en Suède qu’une femme en Afghanistan.

    • Je pense que si les hommes et les femmes ne se comprennent pas, c’est qu’il n’y a rien à comprendre. Plus exactement, ni « les hommes » ni « les femmes » ne forment un groupe homogène, et chercher à vouloir comprendre « les hommes » est aussi vain que vouloir comprendre « les bretons » ou « les brunes ».

      Quant à ce que les femmes font quand elles sont au pouvoir, ça dépend aussi du style d’exercice du pouvoir. L’exercice de la politique dans les pays nordiques est un peu moins macho qu’au Royaume-Uni ou qu’en France, et donc les femmes qui y font de la politique sont moins sélectionnées pour leur capacité à jouer des coudes dans un monde de requins. Les hommes aussi, et ça bénéficie à tout le monde.

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  23. Bonjour,

    Je découvre ton site et j’aime ! la liberté d’idées et de ton, la qualité dans la rédaction et les illustrations.

    Cette chanson de Renaud, moi aussi je l’ai écoutée et réécoutée dans ma jeunesse – nous devons avoir sensiblement le même âge 🙂 – je l’ai fredonnée, m’imbibant sans sourciller, comme si cela était naturel, dans l’air, de ses paroles pourtant tellement misandres.
    Merci donc pour dénoncer ici la misandrie. Elle imprègne à un tel point nos têtes, notre environnement, que nous ne la voyons pas. Ce ne sont pourtant pas les exemples qui manquent, dans la publicité, les films, la presse, les discours… tiens, me vient à l’esprit une autre chanson bien gratinée aussi, de Sinsemilia, « Née elle ».

    J’ai en passant une petite pique à t’adresser, bien aimablement ne t’inquiète pas.

    Tu écris : « Mais je crois que je m’en suis sorti ».
    Hummm… peut-être pas tant que ça…
    Juste un exemple (mais il y en a bien d’autres dans tes textes) : tu as écris ailleurs, postérieurement à propos de séparation parentale, et sans aucune trace de second degré : « Le père se retrouve en général libre comme l’air (à part un pauvre week-end sur deux) quand il ne râle pas en plus contre la pension alimentaire […] »
    Dis, en matière de stéréotype sexiste, là tu fais quand même fort, non ? Les – très nombreux – hommes qui se battent contre des moulins à vent pour que leurs enfants ne soient pas privés de leur père éloigné de force apprécieront !
    Et oui, nous propageons malgré nous les stéréotypes sexistes dans lesquels nous baignons. Nous avons appris, un peu mais c’est déjà ça, à nous méfier des stéréotypes misogynes. Les stéréotypes misandres sont tout autant prégnants et omniprésents mais restent un point aveugle de notre pensée.

    Bien cordialement,

    • Je ne crois pas avoir écrit ce billet pour dénoncer une quelconque misandrie mais pour dénoncer un féminisme qui angélise et victimise les femmes et qui ce faisant continue de creuser les mêmes vieilles ornières de la différence h/f.
      Quand les femmes seront les privilégiées de nos sociétés, on pourra râler contre les stéréotypes « misandres ». C’est comme le racisme anti-blancs ou l’humour anti-cathos : quand on sera les oppressés du système, on pourra s’en émouvoir. (voir ce sketch en particulier : https://www.youtube.com/watch?v=dw_mRaIHb-M)

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