Protéger ? Vraiment ?

Le sexe sur internet : peut-on encore croire qu’on protège les mineurs en les obligeant à un clic supplémentaire ?

femme nue cambrée de plaisir

Nos jeunes en ont vu d’autres… (ref. photo (c) explicite-art.com)

D’abord ça ne sert à rien

Essayer d’empêcher les mineurs d’avoir accès à des images de sexe est une entreprise vaine et hypocrite*. A 18 ans, ça fait déjà au moins 6 ou 7 ans qu’ils ont vu leur premier clip porno. En se promenant dans les ruelles glauques de l’arrière-internet, il ont pu voir toutes sortes de choses allant du BDSM à la zoophilie. Avec une frontière très floue dans leur tête entre ce qui est interdit pour simple raison de bienpensance, et ce qui est illégal voire criminel.

(*) malheureusement, c’est légalement obligatoire d’intercaler une page qui impose systématiquement de cliquer « j’ai plus de 18 ans » si le site est « à caractère pornographique ». Je trouve ça vague, hypocrite, pénible et finalement débile. Mais je joue le jeu : en me pliant aux conditions de wordpress.com qui sont assez strictes, je suis confiant qu’ici ça restera assez soft pour qu’on ne me fasse pas boire de la cigüe pour avoir perverti la jeunesse.

Ensuite c’est contre-productif

En découvrant tout un pan de la sexualité sous les auspices de l’interdit, il y a fort à parier que les ados reproduisent une partie des complexes puritains de base et associent le plaisir à l’interdit et donc au mal. Il m’a fallu 20 ans pour me convaincre que je n’étais ni un horrible pervers ni un gros nullard quand je passais quelques demi-heures par semaine à me rincer l’oeil sur internet. Que je n’avais pas à avoir honte vis-à-vis de ma femme quand j’étais pris d’une envie de passer sous sa robe pour aller embrasser son minou tout chaud (enfin, si elle veut bien).

Par ailleurs, internet regorge de sexe mais reste assez pauvre en sexualité. Les jeunes qui voient des scènes porno pendant des années avant leur première fois « en vrai » auront une longue période de rééducation pour comprendre que les films porno ne sont que des films et que la réalité du lit est très différente. Je pense qu’une partie de la curiosité à l’égard du porno correspond justement à une recherche d’initiation sexuelle.

Et puis c’est quand même moins pire que la violence

A partir de 12 ans, on peut voir des mecs se faire arracher les yeux à la cuillère ou se faire bouffer par des chiens. Par contre c’est interdit de voir une langue sur un clitoris. Belle distorsion de la réalité, où la violence est ordinaire voire esthétique, tandis que le sexe est tabou voire immoral. En voyant Kill Bill ou Django Unchained, je me suis demandé ce que serait Tarantino si au lieu de recourir à l’ultraviolence comme signature esthétique il avait utilisé l’ultrasexe. Si au lieu de charcuter quinze soudards à coups de sabre (avec force giclures), Uma Thurman les avait tous sodomisés et sucés (avec force giclures). J’aurais regardé ces films avec grand plaisir. Mais ils n’auraient probablement jamais été diffusés dans un Gaumont..

Edit du 3 juillet : à lire chez Agnès Giard

La même chose en mieux écrit : ados et porno, où est le mal ?

2 réponses à “Protéger ? Vraiment ?

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