La liberté de l’un…

On apprend en instruction civique que la liberté de l’un s’arrête où commence celle de l’autre.

hot guy tied to a chair (bondage)

La liberté de l’un… (ref. photo from sexualdarkage.com)

Et bien pas dans les relations de couple telles qu’on nous les propose. Dans le modèle du couple exclusif, ma liberté s’arrête où commence la peur de l’autre. En allant voir ailleurs, je n’empiète absolument pas sur la liberté de mon conjoint. Et pourtant notre société regorge de modèles de comportement dans lesquels il est normal pour un mari de demander « où étais-tu ? », à une femme de demander « c’était qui la nana ? ». Il est même normal pour un mari de chercher des crosses à celui qui bavarde un peu trop amicalement avec sa femme dans une soirée ; ou pour une femme de tirer dans les pattes d’une rivale putative.

Étymologiquement, la rivalité est vraiment une affaire de territoire. Et la territorialité est une affaire de propriété privée, de possessivité. Et ainsi ma liberté s’arrête là où mon conjoint a décidé qu’il mettait la clôture (généralement inconsciemment, en plus).

En fait, en y regardant un peu, ces comportement territoriaux sont un peu décalqués de ceux qu’on aurait avec des enfants (ados) :

  • où étais-tu ?
  • on t’a attendu toute la nuit…
  • c’est qui celui là ?
  • tu as vu comment tu es fringuée ?
  • je t’accompagne à ta soirée
  • tu vas flinguer tes études…
  • pas question que tu la revoies
  • comment oses-tu nous faire ça à nous tes parents (qui nous saignons aux quatre veines / qui voulons ce qui est bon pour toi / qui t’avons élevé autrement, blablabla) ?

Déjà qu’on n’est pas propriétaire de ses enfants (on est responsable, subtile nuance), alors vis-à-vis de son conjoint, il faudrait arriver à ne pas en faire encore plus…

7 réponses à “La liberté de l’un…

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  4. En fait, elle n’a aucun sens, cette locution « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » : elle suppose que les libertés des uns et des autres seraient en concurrence, comme des territoires, que la liberté serait en quantité limitée et que l’augmentation de celle de l’un entraîne une diminution de celle de l’autre ; or au contraire (et comme vous le montrez si bien) ma liberté est tout aussi grande que celle que j’accorde à l’autre… Ou tout aussi petite. Ma liberté commence avec celle de l’autre, et a la même extension – ensemble nous posons les bornes de notre jardin.

    • C’est une jolie façon de voir.
      Mais je ne crois pas que la locution de départ soit inepte pour autant. Elle prend tout son sens dans le cas de ressources limitées (ma liberté de traîner aux chiottes) et dans le cas de l’ingérence (ma liberté de vouloir contraindre la tienne).

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