Le cercle vertueux du vice ?

Les humains sont partageurs en situation d’abondance – et jaloux en situation de rareté. La monogamie raréfie le sexe donc exacerbe la jalousie. Démonstration.

victoria rae black, joymii, digital pen and ink drawing

le cercle vertueux du vice (ref. photo (c) joymii.com)

Postulons que les femmes se lassent en moyenne plus vite du corps de leur homme que l’inverse (un point bonus aux commentateurs qui m’aiguilleront vers des ressources valables pour confirmer ou infirmer cette conviction personnelle un peu sexiste). Note : apparemment, c’est pas une lubie de ma part*. A mesure que le temps passe, leur libido s’apaise et les rapports s’espacent. Les hommes voudraient davantage de sexe. Les femmes aussi mais avec les hommes des autres.

(*edit du 29 juin : un article sur rue69 à propos du bouquin de Daniel Bergner qui brosse un tableau très rafraîchissant du désir féminin, en s’appuyant sur les études les plus récentes – et qui fait le même constat)

Le cercle vicieux de la vertu

En instaurant la monogamie stricte, le patriarcat organise la rareté du sexe. Et comme la perception de rareté engendre des comportements territoriaux et compétitifs, cela renforce la jalousie avec laquelle l’homme veille sur la fidélité de son épouse. Et entretient le cercle vicieux de la rareté. Dommage pour tout le monde.

Le cercle vertueux du vice

Si au lieu de traiter odieusement les « femmes adultères » on encourageait les épouses à suivre leur désir et trouver du plaisir dans d’autres bras, il y a fort à parier que les femmes (au moins certaines) auraient bien plus souvent envie de sexe. Et forcément, avec les hommes des autres. Et inversement. Les hommes n’auraient à mon avis pas tellement à se plaindre au final. Et quand il y a abondance de sexe, il y a moins de raisons d’être jaloux, ce qui encourage le cercle vertueux. CQFD et tant mieux pour tout le monde.

Epilogue égalitaire

En fait, je pense que la démonstration ci-dessus marche encore même sans postuler une asymétrie du désir entre les hommes et les femmes. Il suffit qu’il y ait une asymétrie du désir dans chaque couple (ce qui est statistiquement probable dès lors que la dynamique du désir est différente entre les personnes) pour qu’il y en ait toujours un qui se sente jaloux et l’autre qui se sente enfermé.

Dans la même veine

Quand les femmes avaient davantage besoin de sexe que les hommes – partie 1
Quand les femmes avaient davantage besoin de sexe que les hommes – partie 2
Quand les femmes avaient davantage besoin de sexe que les hommes – partie 3
Les escapades en amoureux, ça ne marche pas (pour ressusciter l’intensité sexuelle des débuts)
Plus de salopes et moins de salauds
Le créateur a voulu (une pique de Mark Twain)

Rien à voir

Suivez la crémière sur le touiteur
S’il faut choisir (quelques alternatives sur le thème de l’exclusivité)
Katzenjammer : quatre nanas qui déchirent !
I’ll be watching you : la chanson « d’amour » de Sting est totalement sinistre, en vrai
Fidélité : le dernier bastion de la tutelle masculine ?

10 réponses à “Le cercle vertueux du vice ?

  1. Oui parce que le postulat de départ : portnaouak ! J’ai une foule de contre-exemples. Et aussi d’exemples. Ya pas de règle.🙂

    • Attention, j’ai dit ‘en moyenne’. Pour prouver que c’est n’importe quoi, des contre-exemples ne suffisent pas : il faut compter tout le monde pour faire une vraie statistique.
      Cela dit, je veux bien croire que ce que j’ai appelé une ‘conviction personnelle’ soit en fait une croyance stéréotypée (vu que je n’ai vraiment pas assez d’échantillons pour pouvoir faire une vraie statistique moi-même) issue du sexisme ordinaire véhiculé dans l’air qu’on respire et dont je cherche à me guérir.

  2. L’idée que les femmes se lassent plus vite des corps des hommes que l’inverse ne m’a jamais effleuré l’esprit. Et d’ailleurs, je ne sais pas comment on pourrait l’observer (sauf à postuler que les femmes arrêtent de baiser leur mec par lassitude de leur corps ?!? je crois que les raisons sont bien plus complexes).
    En tout cas, j’ai observé que je bandais toujours autant pour ma femme après 20 ans. Et effectivement, je me sens enfermé ; mais elle ne se sent pas jalouse (en tout cas pas à ma connaissance). Donc là encore, je suis en désaccord sur ton observation.

    • Je viens justement de lire dans Sex at Dawn des références à des études et/ou des bouquins qui tendraient à montrer que la lassitude vis-à-vis du/de la partenaire de vie serait un phénomène à peu près également réparti des deux côté. Donc balle au centre et autant pour moi. Pour la peine, il me faudra continuer de creuser la question.

  3. Pingback: D’accord pour le couple libre mais juste des plans d’un soir | les fesses de la crémière·

  4. Excellente démonstration! Je souscris!!! (Une polyamoureuse comblée) J’ai travaillé des mois sur une pièce de théâtre qui évoquait précisément ces thèmes (Jalousie et fidélité, ne sont pas à prendre comme des preuves d’amour) Ben, vu la majorité des réactions parfois vives dans le public… on n’est pas encore sorti du tunnel des clichés: Une femme qui rend plusieurs hommes heureux est une salope, une égoïste… que « tout le monde montre du doigt, sauf les manchots… ça va de soit. »😉

    • Dommage que des gens qui viennent au théâtre n’arrivent même pas à avoir l’ouverture d’esprit pour au moins découvrir un point de vue alternatif sans immédiatement juger ou se sentir menacés.

  5. « Postulons que les femmes se lassent en moyenne plus vite du corps de leur homme que l’inverse (un point bonus aux commentateurs qui m’aiguilleront vers des ressources valables pour confirmer ou infirmer cette conviction personnelle un peu sexiste). Note : apparemment, c’est pas une lubie de ma part*. A mesure que le temps passe, leur libido s’apaise et les rapports s’espacent »

    Ma premiere relation a durée 5 ans, au bout d’un an mon desir a nettement diminuee, au bout de 5 ans plus envie du tout.
    Je suis dans la seconde année de ma relation, et le même phenomene est en train de se produire. A mon grand desespoir, je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi, j’aimerai que ca continu comme a nos debut, mais je prends maintenant deux fois plus de temps a me « mettre en route » lors d’un rapport. C’est un peu tragique vu comme ca, j’ai beau l’aimer rien a faire.
    Attiree par d’autres homme, quand je passes une nuit avec un autre tout va bien, mon corps reagit directement.

    J’ai cherché des raisons:
    Es ce que le corps recherche un partenaire pour procreer? Et ne voyant pas arriver de fecondation se lasserait il?
    Ai je juste un problème? (Comme beaucoup d’autres femmes du coup)
    Ou bien ne suis je pas faite pour la vie de couple monogame?

    • C’est une tragédie qui se répète dans de très nombreux couples. Je compte y consacrer un chapelet d’articles prochainement. Cette tendance qu’a le désir des femmes à se nourrir de nouveauté et à s’asphyxier dans une relation monogame exclusive commence à être de mieux en mieux documentée. Vous pouvez aller lire les articles de Daniel Bergner, dont le bouquin « Que veulent les femmes ? » sort en ce moment en traduction française (je viens d’en recevoir un exemplaire dans mon courrier ce matin).

      Je soupçonne personnellement que c’est un mécanisme issu de l’évolution et qui sert à éviter la consanguinité. Et qui est incompatible avec notre idéal monogame. Mais j’y reviendrai.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s