La jalousie vient de l’intérieur

L’infidèle n’est pas responsable de ma souffrance : il ne m’a rien volé. C’est juste moi qui accorde une valeur irrationnelle à l’usage exclusif de son corps, lequel pourtant ne m’appartient pas.

Valeur sentimentale (ref. photo (c) by Loueuh on deviantart.com)

Valeur sentimentale (ref. photo (c) by Loueuh on deviantart.com)

Quand un cambrioleur vole une montre en argent, il vole une montre en argent. Que cette montre m’ait été donnée par mon grand-père sur son lit de mort ou bien achetée trois sous sur une brocante, ce n’est pas son affaire. Il n’est pas responsable de l’intense l’intensité de la douleur que je pourrais ressentir d’avoir perdu un objet que je chérissais plus que tout. Et il faut peut-être que je me pose deux ou trois questions sur ma relation à mon grand-père si elle tient dans une montre en argent.

Pour la jalousie qui naît d’une infidélité, c’est encore plus vrai, puisque l’autre ne m’a rien « volé » : il a simplement disposé de son corps (lequel reste sa propriété inaliénable, jusqu’à ce qu’on rétablisse l’esclavage).

Ainsi, si j’en conçois une douleur ou une colère, elle vient de moi.

Certes, j’ai le droit d’être indigné qu’une promesse ait été bafouée (encore faut-il que ladite promesse ait été prononcée explicitement, ce qui est rarement le cas). Mais alors je ne devrais pas être tellement plus bouleversé que quand d’autres promesses importantes pour la vie de couple ne sont pas tenues (la promesse d’arrêter de fumer, la promesse d’être moins souvent absent pour le boulot, la promesse de mieux s’occuper des tâches domestiques, la promesse d’arrêter de tout critiquer).

Mais si je pars en live à l’idée que mon amour ait disposé de son corps librement, c’est juste en moi que ça se passe – je ne peux pas lui faire porter cette souffrance ni l’en tenir pour coupable, même quand cette réaction est encouragée par notre environnement culturel, encore trop empreint de l’idée que les époux s’appartiennent mutuellement.

Ce qui ne m’oblige toutefois pas à garder cette souffrance pour moi. Je peux la dire et qu’on comprenne à deux d’où elle me vient et comment faire pour l’apaiser et même la faire cesser.

22 réponses à “La jalousie vient de l’intérieur

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  4. « Il n’est pas responsable de l’intense douleur que je pourrais ressentir d’avoir perdu un objet que je chérissais plus que tout. »
    Je ne suis absolument pas d’accord avec cette phrase. Il ne pouvait peut-être pas l’anticiper (encore que ça dénote un manque d’imagination) mais c’est bien lui le responsable, faut pas déconner ! C’est bien lui qui est responsable du manque qui s’en suit (même s’il est irrationnel, ce qui est une autre histoire).

    Enfin, je ne vois pas trop bien ce que vient faire cet exemple (foireux, selon moi) au milieu de la démonstration qui commence d’ailleurs par « l’infidèle ne m’a rien volé ».

    Hummm je vois bien que ça partait d’une bonne intention mais là, c’est un peu trop bancal !

    • Vous n’êtes pas tendre M. Cui mais vous avez raison.

      J’ai corrigé : « Il n’est pas responsable de l’intensité de la douleur ».

      Et donc la démonstration se lit : si un vrai voleur n’est pas responsable de l’intensité émotionnelle de mon désarroi, à plus forte raison l’infidèle qui ne m’a rien volé ne doit pas être tenu pour responsable de ma douleur.

      • Je pense que le voleur n’y est pour rien dans l’intérêt que je portais à l’objet, mais il a participé à la déstabilisation de l’ordre dans lequel j’avais l’habitude d’évoluer (cela d’ailleurs peut-être pour un mieux, hein), et en ce sens, sans être « responsable » de l’intensité de ma tristesse, on ne peut pas considérer qu’il n’a eu aucune influence sur l’état (ou sur l’ordre) dans lequel je suis aujourd’hui. Tout ça pour dire que s’il n’est pas « responsable », il n’est pas pour autant nécessairement innocent. Je pense qu’il participe à la situation dans laquelle je suis depuis la disparition de cet objet, et cela parce qu’il m’a malgré lui renvoyé à moi-même. En fait, j’ai l’impression qu’il faudrait affiner (ce que je ne fais pas). Il n’est pas responsable c’est sur, mais il n’a pas non plus rien à voir.

      • J’ai écrit : « Il n’est pas responsable de l’intensité de la douleur ». Bien sûr qu’il est responsable de quelque chose : c’est un voleur, il a volé une montre. Ce dont il n’est pas responsable, c’est de la valeur sentimentale que j’attachais à l’objet, et donc si mon monde s’écroule parce que je plaçais trop de valeur dans l’objet, il n’est pas responsable de l’écroulement de mon monde. Mais il est évidemment responsable du fait que je n’ai plus ma montre.

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  7. Mon texte est très long, je ne veux pas spamer ton blog, libre à toi de publier ou non, je voulais juste que tu lises mon point de vue, mes questionnements. Participer à la réflexion, en fait.

    Est-ce que celui/celle qu’on aime ne participe pas à l’amour qu’on lui porte? Ou pour le dire autrement, est-ce que celui/celle qu’on aime ne participe pas au plaisir que l’on a à en être amoureux? Au contraire de la montre qui est un objet. Je pense que c’est une question de fond. Il ne s’agit pas par cette question de trouver le coupable de la jalousie, on l’a déjà. Je partage effectivement le point de vue selon lequel la douleur de la jalousie provient de soi, nous en sommes bien évidemment la source. Néanmoins, quand bien même je découvre une source, je ne suis pas plus avancé sur « pourquoi l’eau en jaillit ». Je partage donc ton cheminement qui vise à comprendre les raisons qui amènent à la souffrance. Par curiosité d’abord, pour se comprendre soi-même ensuite. Ce sont les raisons principales dans l’ordre d’importance que je leur attribue que j’expose ici et qui me poussent à me remettre en question. Par curiosité et pour mieux me comprendre, j’aime identifier les causes ou au moins être critique vis à vis de ce que je ressens lorsque je ne peux expliquer absolument pourquoi je ressens tel sentiment. Mais l’absolue compréhension (qui est impossible) n’est pas, à mon sens, à considérer comme la clef absolue prévenant de la souffrance. Comprendre pourquoi je souffre, c’est une chose, le fait que je souffre, c’en est une autre. Je peux effectivement faire disparaître une souffrance par la compréhension et l’identification de ce qui l’occasionne car je peux alors agir sur la cause de cette douleur. La liberté de partir, pour faire référence à un de tes billets, peut-être une clef contre la douleur. En revanche, se poser la question de la légitimité ou non d’une souffrance pour savoir s’il est à envisager de l’accepter ou non, référence à une autre réflexion de ta part, est une question qui à mon sens n’est pas prioritaire dans une situation douloureuse, puisque je souffre déjà. Même si c’est illégitime, le fait est que je souffre, et comprendre que je n’ai pas à souffrir ne supprime pas cette douleur. Par exemple, je comprend qu’il est ridicule et illégitime d’avoir peur des araignées, mais pourtant les araignées me font flipper. La question de la légitimité est secondaire selon moi. Ce qui est premier, c’est la douleur en elle-même. Est-ce que j’accepte de souffrir ou non dans cette situation précise et pour ces raisons particulières. Il n’y a que des légitimités particulières face à la souffrance. Tu as choisi de rester avec ta compagne, c’est un choix légitime pour toi, et mon avis t’importe peu. Tu mesures plus de bonheur que de douleur à rester avec elle, c’est donc légitime que tu veuilles rester. Si maintenant tu mesures plus de douleur que de bonheur à rester avec elle, c’est légitime que tu veuilles la quitter. La situation est la même, seul le ressenti change, et c’est lui qui permet à cette même situation d’être à la fois légitime et illégitime, pas l’inverse. La douleur ne peut pas être à la fois douloureuse et plaisante. C’est pour ça que vouloir relativiser la douleur comme tu me donnais l’impression de vouloir le faire dans un de tes billets est, à mon sens, voué à l’échec: admettons que j’ai tord de souffrir pour telle raison. Soit. Je choisi alors de passer au dessus de ma douleur. Et bien je pense que la douleur est plus forte que la raison et qu’elle rattrapera mon choix, me demandant sans cesse si ce choix était le bon, me renvoyant donc sans cesse à un doute et m’empêchant en quelque sorte d’avancer, de me projeter, notamment en compagnie de celle que j’aime. Le doute est utile et nécessaire, mais il faut pouvoir en faire momentanément abstraction si l’on veut prétendre pouvoir prendre des décisions et réaliser un projet. Tu dis, dans un autre billet encore (oui je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit..) que le projet commun est ce qui importe le plus dans une relation amoureuse. Je te suis. Mais je n’envisage pas ce type de douleur dans mon projet amoureux, ou pas quotidiennement, pas épisodiquement. Je l’envisage par accident, non pas que je considère qu’avoir du plaisir et/ou des sentiments pour/avec d’autres que son/sa compagnon/gne ne doive pas arriver dans l’idéal (encore que pour les sentiments, si, je l’envisage); je m’interroge plutôt sur l’accent ou la priorité qui est mis(e) sur ce projet commun. J’ai l’impression que pour être cohérent, il faudrait que ce projet commun prenne en compte les intervenants « extérieurs » (les amant(e)s) à ce projet commun, car finalement, ils font partie de l’équilibre et de l’épanouissement de la relation « de base », ou « première ». Ce que je veux soulever, c’est qu’on tend plus vers un projet social ou communautaire que vers un projet personnel. Autrement dit, ce n’est pas accidentel que la réalisation personnelle soit modifiée, mais bien perpétuellement. Notre petit univers amoureux n’a pas à être privilégié donc nous l’ouvrons (par souci d’égalité ça se tient), des individus extérieurs interviennent dans ce qu’était jusqu’alors notre univers. Dès lors, se pose à mon sens la question de qui est à prendre en compte dans le projet de vie, ou alors, c’est une démarche purement égoïste (et je ne blâme pas l’égoïsme) et cela semble difficilement conciliable avec l’égalité entre individus. Tu parles d’émancipation, à juste titre surement, mais pour qui? Ou pour combien? Les projets personnels sont aussi émancipateurs, les projets artistiques notamment. En ce qui me concerne, je m’émancipe en me réalisant à travers mon activité artistique, comme toi à travers ce blog et le dessin. Où te réalises tu le plus? dans ton activité artistique d’écriture et de dessin ou dans ton couple? Est-ce que si tu n’avais pas connu cette situation particulière qui est à l’origine de ton blog tu aurais l’impression de te réaliser autant? Est-ce que tu te sens mieux depuis que tu as ce blog? Est-ce que ce n’est pas pour te soulager que tu tiens ce blog? Te soulager de quoi? 😉 A mon sens, la réalisation personnelle ne peut pas être sociale ou communautaire, même si elle peut s’inscrire au sein d’une démarche sociale ou communautaire. On peut être amené par quelqu’un à découvrir des moyens de réalisation différents, il s’agit de s’assurer qu’il s’agisse bien des nôtres, au lieu qu’ils ne servent seulement à se réaliser celui qui nous les faits découvrir. Je suis en pleine phase critique, donc.

    • Merci pour une si longue réflexion. je n’ai malheureusement pas le temps de répondre à tout.
      Je relèverai un truc sur la douleur : certes, une fois qu’on la comprend, ce n’est pas forcément évident de la faire disparaître. Dans mon expérience, une bonne partie s’en va simplement par le fait qu’on s’habitue, on s’immunise. On se rend compte que le monde ne s’écroule pas, que le couple vit encore de belles choses, et on relativise. Un peu comme de passer l’horizon en bateau et de voir qu’il n’y a ni gouffre ni monstres. Et donc que ça vaut le coup de se cramponner un peu même si ça fait mal.

  8. Salut à toi Oh génie qui m’as permis de passer en 48h de l’abattement le plus complet à la décontraction … Je t’ai juste lu un peu trop tard puisque je venais de rompre avec mon amant après seulement deux escapades amoureuses … pour arrêter de faire souffrir mon cher et tendre compagnon. Et tous les arguments qui me sont venus à l’esprit pour tenter de calmer sa colère, sa panique, sa jalousie, je les retrouve dans ton blog. Que je lui ai demandé de prendre le temps de parcourir. Donc, déjà, merci. On va voir ce qui en ressort. Par ailleurs, je te suggèrerais volontiers un billet sur le sujet suivant : je suppose que mon amoureux n’a pas été le premier à péter littéralement les plombs en découvrant que j’avais passé une nuit avec un autre homme, et à prétexter ensuite que ce pétage de plomb n’était pas lié à la jalousie (qui le remet en cause lui), mais à la perte de confiance puisque je lui ai « menti » (ce qui est plus confortable puisque c’est moi qui suis en cause) … Or, d’une, vu la rapidité avec laquelle il a découvert que quelque chose s’était passé, je n’ai même pas eu le temps de lui mentir en quoi que ce soit … donc dans le fond je n’ai pas menti du tout !! (argument que je n’ai même pas encore eu la présence d’esprit de lui opposer) Et de deux je suis absolument persuadée qu’aucun mensonge au monde ne pourrait mettre un homme dans un tel état d’égarement, de panique, proche de la folie, avec tentative de suicide à la clé et tout. Et que donc contrairement à ce qu’il me soutient ce n’est pas le fait que je lui aie caché une information qui l’a rendu dingue c’est bien SA jalousie. Autrement formulé, le fait de m’imaginer dans les bras d’un autre. Et pas cette si belle cause qu’est la Confiance et qui en effet renvoie à une culpabilité disons bien plus légitime, forte, définitive, etc etc. que la culpabilité d’avoir montré sa nudité à un autre.
    J’imagine qu’un billet là-dessus servirait à prendre du recul à pas mal de couples dans cette situation … et à faire admettre au compagnon jaloux qu’il en fait peut-être porter un peu trop sur les épaules de sa compagne (ou inversement).

    • Merci. Il faut vraiment que je développe le thème de la gestion de la jalousie. Ce n’est pas mon point fort, vu que chez moi la jalousie est naturellement très basse. Pas plus tard que mardi soir, c’est mon amante qui m’a laissé dormir seul pendant qu’elle allait passer la fin de soirée avec un autre (en étant convaincue, malgré mes assurances, qu’elle ‘me’ faisait quelque chose de mal). J’ai dormi comme un loir.
      Donc je suis preneur de tous les témoignages de ceux qui ont vécu ou subi la jalousie, et de leurs petits trucs pour arriver à s’en désengluer (à deux, c’est mieux).

  9. Catherine Millet, dont tout le monde connaît sa sexualité hors normes -si je puis dire- prétend que la jalousie est sexuelle, du moins c’est ce qu’elle a vécu…. Ne pas supporter la vision de son compagnon dans les bras d’une autre femme, à s’en rendre malade !

    Audrey, dit ne pas ressentir de jalousie, en tout cas pas trop. On pourrait se demander, si la jalousie, tout comme d’autres traits de caractère, n’est pas inhérente à l’Homme et variable d’un individu à un autre ? Peut-être n’est-elle pas que culturelle, mais aussi naturelle. Personne ne se demande si l’egoisme est culturel, ou la paresse ou le dynamisme ou la curiosité… Dans ce cas là, l’éducation à ses limites…. Et il n’y aurait pas de solution miracle pour des personnes jalouses au plus profond de leurs entrailles !

    • Le truc qui me gène, quand on dit qu’elle est « viscérale » ou « naturelle », c’est qu’on a tendance à la rendre légitime dans la foulée (alors que personne ne cherche à se justifier de son égoïsme ou de sa paresse en disant « excuse-moi, je suis comme ça, ça me fait trop mal de bosser / ça me révolte d’imaginer faire quelque chose pour les autres »).

      Or pour moi, dès lors qu’elle concerne ce qui se passe dans l’esprit du jaloux, sans que l’autre ne lui ait causé d’autre tort que de disposer de son corps, la jalousie n’a aucune légitimité – elle peut être exprimée, entendue, ménagée, mais pas excusée; même quand il y a eu une promesse solennelle d’exclusivité car pour l’instant, ce genre de promesse est toujours culturellement contraint, puisqu’il est considéré comme une marque d’amour.

      Dans certaines cultures, la jalousie « viscérale » légitime des tortures et d’autres crimes sexistes. Cette jalousie-là serait inacceptable, mais la nôtre serait normale ? Lire ce que j’en pense dans mon article sur la jalousie et sur le racisme.

  10. Je la trouvais pas mal ta comparaison entre la jalousie et le racisme. Selon moi, effectivement, le racisme est culturel, il est issu de la peur qui elle est inhérente à l’Homme –il faut un bouc émissaire pour juguler les angoisses comme avec l’adultère responsable de toutes les crises conjugales…- et donc, on pourrait dire la même chose de la jalousie : elle est le résultat de la peur… mais la peur de quoi ? de perdre la personne aimée ? OK c’est fréquent… Mais honnêtement, je me pose pas mal de questions sur le mécanisme de la jalousie. Quand tu ne supportes pas d’imaginer ton partenaire dans les bras d’un(e) autre, il n’y a pas quelque chose d’un peu viscéral et/ou d’instinctif là-dedans ?! Alors bien sûr, je suis entièrement d’accord sur le fait que contrairement à l’égoïsme -et dans une moindre mesure la paresse-, la jalousie est acceptée, légitimée… Bin ouais… c’est normal, c’est la faute de la femme ou du mari infidèle, il/elle n’avait qu’à pas fricoter ailleurs ! La jalousie devrait être autant blâmée que l’égoïsme -qui agit en véritable rouleau compresseur sur les relations- Pour cela il faut un sacré changement des mentalités… et je ne te dis pas les articles que je lis parfois provenant de « spécialistes » qui encouragent la jalousie !!!

    Ton blog est une pepite pour ceux qui se trouvent confrontés à la jalousie (je regrette de ne pas l’avoir découvert avant, au moment où des amis se sont séparés « à cause » de l’infidèle de l’épouse. J’aurais donné ton lien au mari…) Bref… Ce que je veux dire c’est que… SI il devait y avoir une dimension « naturelle » à la jalousie, on comprend bien que même illégitime, on en souffre pas moins… et que, tout comme l’égoïsme -même condamnée- ça ne disparaît pas si facilement…

    J’avais envie de rajouter autre chose, mais vu le type de commentaire que tu kife… je vais éviter de trop m’étendre –ce qui correspond à mon staïle 🙂 – et me contenter de proposer un lien qui en parle :

    http://dumas.ccsd.cnrs.fr/docs/00/74/44/78/PDF/2012GRE15101_ronin_benjamin_1_D_.pdf

    • Vraiment cette histoire de « ne pas supporter » d’imaginer son mari/sa femme dans les bras de quelqu’un d’autre m’interpelle fort. D’abord, a-t-on besoin de l’imaginer ? On ne s’amuse pas à l’imaginer sur les toilettes ou chez le gynéco/l’urologue (hormis cas de paraphilie intéressants) et on vit très bien avec.

      Dans d’autres cultures, je suis persuadé que certains n’arrivent pas à supporter l’idée que leur femme ait connu d’autres hommes avant eux, voire ne pas supporter l’idée que leur femme aille au cinéma seule., et ne pas supporter qu’elle soit accouchée par un homme. Je crois donc que le côté « instinctif » est très largement conditionné par le bain culturel.

      Ce qui n’empêche pas que la souffrance soit réelle et qu’elle ait besoin de s’exprimer – mais elle ne doit pas avoir le dernier mot.

  11. Re-salut Audren

    Merci de ta réponse ; je me permets une petite dose d’insistance (petite, promis, après j’arrête je te ferai des commentaires sur d’autres de tes excellents billets) : mon idée c’était surtout d’atténuer un peu le sentiment de culpabilité de celui qui a « trompé » l’autre, lorsque l’autre en question dément être jaloux et cache toute sa souffrance derrière le beaucoup plus pudique voile de la « rupture de confiance », parce qu’il y a eu mensonge (ou non-dit).
    Je ne dis pas que ce sentiment de la confiance trahie ne joue pas, bien sûr, dans la douleur ressentie ; ce dont je doute c’est qu’un simple non-dit, s’il avait porté sur n’importe quoi d’autre, puisse donner des réactions aussi violentes. Et que donc le côté « tu m’as menti, c’est juste ça qui me fait mal », est sans doute souvent le cache-sexe de la jalousie, du sentiment de possession, du désir d’exclusivité ou de qqch de ce genre-là. Et quand on comprend cela, et qu’on est celui qui a menti, on se sent juste un tout petit peu moins horriblement coupable. Et pour continuer le dialogue de façon adulte et intelligente, et prendre les bonnes décisions autrement que sous la seule pression, hé bien il est fort utile de ne pas se sentir juste horriblement fautif(-ve), telle Eve chassée du paradis terrestre. Parce que oui, j’ai beaucoup plus honte d’avoir osé mentir à mon homme bien-aimé, que d’avoir donné de l’amour (qui n’appartient à personne) et prêté momentanément mon corps (qui m’appartient) à un autre …
    Sur ce, bonne continuation et … si seulement tu avais le pouvoir de diffuser généreusement ton absence de jalousie chez tes congénères … ça nous simplifierait sacrément la vie !!!

    • Je prévois d’écrire un jour que les couples devraient se séparer quand l’un des deux a organisé un anniversaire surprise pour l’autre. En tout cas à en croire ce qu’on raconte sur la rupture de confiance, la dissimulation, le mensonge, les faux alibis…
      PS : tous mes articles qui parlent de jalousie de près ou de loin sont sûrement taggés « jalousie » ou « exclusivité« .

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  13. Encore une fois je suis d’accord avec vous, j’ai beaucoup aimé la métaphore de la montre (d’ailleurs, question personnelle, pourquoi le choix de 8h30 ? =) )
    Sinon, je suis frappée de voir à quel point on place en l’autre le siège de notre sécurité affective. On est des kamikazes du coeur en fait ! Insécures que nous sommes, nous transmettons ce bagage à l’autre, qui à la première « faute », sera le bouc émissaire parfait pour éviter de regarder en nous nos failles et notre vulnérabilité. Selon d’où on se place, peut-être est-ce un cadeau de vivre ces échecs à répétition… Ou pas ?

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