L’exil collectif sur Vénus

Une brève récrimination contre un raisonnement simpliste qui émascule les hommes ET les femmes.

féminisme radical, mars, vénus, sexisme, patriarcat, phallocratie

Tous de tendres licornes (ref. photo (c) mplstudio)

D’abord on colle une étiquette « patriarcat (= viol institutionnalisé) » sur tout ce que les hommes sont ou font davantage que les femmes : la compétition, le goût du risque, la conquête, l’indépendance, le désir sexuel à fleur de peau, la confiance en soi, les pantalons, les cheveux courts, les postes à responsabilité, les jeux de pouvoir, la technologie, etc. Sans se poser la question de savoir lesquels sont vraiment des trucs d’hommes et lesquels des trucs de tout le monde mais traditionnellement interdits aux femmes légalement ou culturellement.

Ensuite, on fait comprendre aux femmes que vouloir faire ou être ces trucs, ce n’est pas l’égalité des sexes, c’est une forme d’aliénation au patriarcat. Que quand on croit vraiment avoir un goût pour telle ou telle chose « masculine », c’est à cause du lavage de cerveau culturel et qu’en fait on roule pour le camp des violeurs. Ce faisant, on cantonne les femmes dans des rôles stéréotypés et étriqués, définis négativement comme « ce que les hommes ne sont pas ou ne font pas ».

Enfin, on insinue que s’ils veulent se désolidariser des violeurs, les hommes aussi doivent honnir tous ces comportements étiquetés « machos ».

Et voilà comment, par un amalgame idiot qui ressemble à la théorie de la lutte des classes, on interdit à la fois aux hommes et aux femmes tout un pan d’humanité et on finit par exiler tous les terriens et les terriennes sur Vénus, au pays des bisounours et des licornes (et moi qui vous parle, ça fait pas tellement longtemps que je suis revenu d’exil).

Comme si en Afrique du Sud blancs et noirs se mettaient à s’interdire de parler Afrikaans, de cuisiner des plats Boer, de boire du thé, ou de faire du rugby, sous prétexte que c’est des trucs que faisaient les tortionnaires de l’apartheid.

Postface

Si cette problématique vous interpelle, allez lire Agnès Giard sur le parcours et les positions d’Andrea Dworkin, et sur les conséquences de son féminisme radical dans le panorama de l’égalité des sexes.

Une réponse à “L’exil collectif sur Vénus

  1. Pingback: Des femmes qui aiment le sexe | les fesses de la crémière·

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