Exclusivité sexuelle : la seule qui ne fasse pas bondir

Un couple discute de ses plaisirs, de ses souhaits, de ses engagements. Exercice de style.

exclusivité sexuelle, couple, mariage, projet de couple

… ou à la rigueur toute seule (ref. photo (c) nubiles.net)

– J’adore discuter avec toi. Tu veux bien qu’on discute souvent ensemble ?
– Bien sûr, moi aussi j’adore discuter avec toi.
– Et tu voudrais bien me promettre de ne discuter qu’avec moi (ou à la rigueur toute seule) ?
– Euh, ben non !

– J’adore rire avec toi. Tu veux bien qu’on rie souvent ensemble ?
– Bien sûr, moi aussi j’adore rire avec toi.
– Et tu voudrais bien me promettre de ne rire qu’avec moi (ou à la rigueur toute seule) ?
– Euh, ben non !

– J’adore dîner avec toi. Tu veux bien qu’on dîne souvent ensemble ?
– Bien sûr, moi aussi j’adore dîner avec toi.
– Et tu voudrais bien me promettre de ne dîner qu’avec moi (ou à la rigueur toute seule) ?
– Euh, ben non !

– J’adore sortir avec toi. Tu veux bien qu’on sorte souvent ensemble ?
– Bien sûr, moi aussi j’adore sortir avec toi.
– Et tu voudrais bien me promettre de ne sortir qu’avec moi (ou à la rigueur toute seule) ?
– Euh, ben non !

– J’adore danser avec toi. Tu veux bien qu’on danse souvent ensemble ?
– Bien sûr, moi aussi j’adore danser avec toi.
– Et tu voudrais bien me promettre de ne danser qu’avec moi (ou à la rigueur toute seule) ?
– Euh, ben non !

– J’adore voyager avec toi. Tu veux bien qu’on voyage souvent ensemble ?
– Bien sûr, moi aussi j’adore voyager avec toi.
– Et tu voudrais bien me promettre de ne voyager qu’avec moi (ou à la rigueur toute seule) ?
– Euh, ben non !

– J’adore baiser avec toi. Tu veux bien qu’on baise souvent ensemble ?
– Bien sûr, moi aussi j’adore baiser avec toi.
– Et tu voudrais bien me promettre de ne baiser qu’avec moi (ou à la rigueur toute seule) ?
– Ah, ben ça d’accord …

54 réponses à “Exclusivité sexuelle : la seule qui ne fasse pas bondir

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  4. Tu prêches des convaincus (dont moi) mais pour les voyages, tu vois, je pense qu’on commence à franchir la limite de ce qui est partageable ou pas sans son « conjoint ».
    Oh, bien sûr, il m’est arrivé de partir une semaine en randonnée (elle n’aime pas ça) ou au ski (mais en embarquant les enfants) (elle n’aime pas ça non plus), il lui arrive à elle de partir quelques jours avec ses copines ou une semaine à mi-chemin entre vacances et déplacement professionnel, mais tout ça reste âprement négocié.
    La liberté de l’autre… tant qu’elle ne se fait pas au dépens de projets de couple, en fait. C’est là que se trace la frontière de chaque couple en fonction de ses valeurs.
    Le vrai truc à dynamiter, c’est la notion de couple elle-même. Là ce serait révolutionnaire (bien plus que le poly-amour/poly-baise).

    • Tu parles de vacances. Les voyages d’affaire en général ne causent que des questionnements de logistique, sauf cas particuliers (tiens, Gaelle-Marie Zimmermann avait quelque chose de fort intéressant là-dessus).
      Pour ce qui est de se faire ou non des voyages chacun de son côté, le mieux c’est peut-être d’instaurer une régularité (du genre une semaine chacun par an seul(e) sans les enfants, ou un week-end par mois).
      « Dynamiter le couple » : comme figure culturelle imposée, oui – mais ne pas empêcher les gens d’être en couple (et élargir la vision de ce qu’est un couple forcerait chacun de ces couples à se poser la question de comment il se définit).

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  14. Je vais jouer l’avocat du diable..
    « Non mais la baise c’est pas pareil que la discussion quand même, c’est vachement plus intime et même qu’on est tout nu ! Je me livre à toi et toi tu veux aller voir ailleurs ?? Et pis, je baise pas moi, je fais l’amour »
    Que répondre à cela ??

    • Chez le médecin aussi, on est tout nu. Chez le psy, c’est très intime. Et côté sensations fortes, le parapente en tandem c’est pas mal non plus.

      Je dis pas qu’il n’y a pas une différence, mais ça reste une différence de degré, pas de nature.

      • Mon cher Audren,

        J’ai dit plusieurs fois ici les limites que pouvaient avoir les comparaisons. Dans ton commentaire, elle me fait bondir. Si tu ne vois qu’une différence de degré et non de nature entre la nudité de l’intimité du couple et la nudité chez le docteur, eh bien… ça ne donne pas envie d’être en couple avec toi !
        Blague à part, je t’invite sérieusement à y réfléchir.
        J.

      • Si c’est une différence de nature, où met-on la limite ?

        En termes plus prosaïques, est-ce que sucer, c’est tromper ?

      • Oui, sucer, c’est tromper (enfin, dans l’acceptation classique du terme « tromper »).

        La limite est assez simple, vois-tu : elle est dans l’intention. Je ne me mets pas à poil devant le docteur dans l’optique d’un partage érotique mais pour un geste médical.

        Pareillement, mon cerveau ne fonctionne pas de la même façon quand j’écris la liste des courses ou une lettre d’amour.

    • « Je me livre à toi et toi tu veux aller voir ailleurs ? ».

      Le problème ne vient-il pas justement de cette expression ? Quiconque « se livre » ne comprend pas l’échange équitable, sans idée de soumission. « Se livrer », c’est se soumettre : donner un pouvoir à l’autre sur nous.

      Et se soumettre l’un à l’autre, même à égalité, est-ce souhaitable ? Quand on sait que la diversité naturelle déséquilibre toujours les choses, un jour ? Ne serait-ce qu’entre le quitté et l’autre ?

      Ne peut-on juste « partager », en adultes responsables, l’un ET l’autre ? Partager la nudité sans exclusivité (naturisme). Partager la baise/l’amour, sans exclusivité… ? (partager, c’est « offrir mutuellement », en adulte responsable qui offre ce qu’il veut… et qui sait ce que l’autre pourrait accepter d’offrir).

      C’est un peu ce que cherche à montrer ce dialogue amusant, d’ailleurs : pourquoi devrait-on se soumettre en amour, et seulement en amour ? L’amour se donne, il ne se prend pas.

      (réponse d’un anti-diable à l’avocat du diable 😉 )

  15. Euh… partager un dîner ou un rire, ce n’est pas la même chose que de partager la sexualité. Avec tout ce que ça peut faire naître, apparaître de non contrôlé (connu?) par nous. Je veux dire par là que l’intensité de ce qui peut être vécu dans la sexualité est incomparable avec un rire, un voyage ou une danse (encore que pour la danse); Cela implique une part de nous même inconnue, incontrôlable, un échange souterrain, caché, révélé alors qu’on ne le soupçonnait même pas en nous.
    Partager du sexe, de la sensualité, de l’érotisme peut engendrer bien des élans inconnus…
    Je ne suis absolument pas d’accord avec vous 🙂

    • Justement, ça va fait l’objet d’un article que je prépare : il y a certes une différence de degré mais pas une différence de nature. D’abord parce qu’on ne sait pas où commence le sexe (tout le monde n’a pas la même définition) et ensuite parce que le ressenti à moitié sacré qu’on associe à la sexualité est à mon avis un effet auto-réalisateur de notre culture qui justement sacralise le sexe. Autrement dit, si notre culture avait par exemple érigé l’épouillage mutuel comme acte d’intimité suprême (et relégué le coït à une simple fonction reproductice nécessaire), il y a fort à parier que la majorité y attacheraient un contenu émotionnel bien plus fort que la simple opération de déparasitage et au contraire verraient le sexe comme un quasi non-événement.

      • C’est très intellectuel tout cela…
        Je ne fais pas l’amour comme je mange une glace ou comme je fais une promenade… Rien à voir avec la sacralisation de l’amour. Juste que les êtres ne sont pas interchangeables au même titre qu’un parfum ou qu’un paysage 🙂 (Pour moi en tous les cas)…

    • évidemment ce n’est pas comme une glace (encore qu’une glace avec la bonne personne peut être une expérience plus risque que le sexe avec la mauvaise). Je dis simplement qu’il n’y a pas une frontière claire quelque part entre la glace et le sexe où l’on puisse dire : « jusqu’ici c’est anodin, et au-delà c’est complètement autre chose ». Et donc s’il y a un continuum (qui est le principe de l’article qui va crescendo), pourquoi décréter que certains actes autorisent qu’on exige/concède l’exclusivité davantage que d’autres. Une autre façon de voir est que selon les époques et les cultures, l’exigence d’exclusivité a pu s’appliquer à d’autres éléments que juste le dernier point.

      • Pour moi il y a une frontière claire entre la glace et le sexe. Au delà du plaisir éprouvé, commun à la glace et au sexe, l’acte sexuel engage deux personnes, la glace, qu’une seule personne. Je n’entre pas en interaction avec une glace, je la consomme (là se situe la frontière pour moi)

      • non, la question n’est pas entre la glace et le sexe. c’est entre la glace, toute une ribambelles de situations intermédiaires, et le sexe. De la même manière qu’il y a une différence évidente entre le blanc et le noir mais on peut passer insensiblement de l’un à l’autre par toutes les nuances de gris sans qu’il y ait un moment où l’on puisse voir une transition.

      • Sur les nuances entièrement d’accord. Juste j’essayais de répondre avec mon ressenti à propos de l’article de départ. C’est pareil de partager du sexe et une ballade ou un restau ou un rire. Je ne suis pas d’accord. Et je ne sacralise pas le sexe. Bref, compliqué de parler de tout cela par écrit.

  16. Le dialogue entre Audren et Ariane est un peu un dialogue de sourds. Si Audren cherche à convaincre Ariane qu’il a « raison », il oublie que le ressenti d’Ariane sur la notion « d’intime » est complètement différent du sien. Et vice-versa. Ce qui est intéressant, c’est qu’on visualise à travers leur échange deux conceptions diamétralement opposées du sexe et du couple. La question que je me pose plutôt sur le point de vue d’Ariane (qui est aussi celui de la plupart de mes amis) c’est de savoir s’il repose d’une conviction profonde, acquise par l’expérience de vie, ou d’une « idée reçue », ancrée au fond de nous, via tous les incroyables systèmes de transmissions liés au biologique, au neurologique, au psychologique ou au social. Evidemment, le fait qu’Audren soit passé (je crois) du mono au poly lui laisse penser qu’il pourrait/devrait en être ainsi pour chacun de nous. Il a l’impression d’avoir connu les deux points de vue, et comme maintenant, il n’y a plus de match dans son esprit entre les deux « croyances ». [petit break de lisibilité]

  17. [j’ai tronqué involontairement la fin de la dernière phrase du comm précédent] => et comme maintenant, il n’y a plus de match dans son esprit entre les deux « croyances », Audren pense qu’il peut en être ainsi pour tous, s’il argumente bien son propos, à la manière d’un logicien grec.

    Ce serait oublier qu’il y a AUSSI des arguments très forts en faveur du mono : MST/capotes (et tous les problèmes d’irritations en tous genre pour beaucoup de femmes), gestion du désir, attention et écoute portées à l’autre, effet de « propagation » des complications du poly sur x personnes (là où le couple « n’emmerde » que lui), regard social, difficulté à ne pas mentir, impression de redites… La chose à rappeler en permanence est que le poly est une sorte de funambulisme, et qu’il ne faudrait le pratiquer que si toutes les personnes impliquées sont conscientes du côté casse-gueule de la chose. Or, suivant ma propre expérience, certaines personnes sont trop « amoureuses » d’un des autres acteurs pour réaliser franchement dans quoi elles se sont embarquées.

    Ma propre vision, c’est que le sujet clé pour le poly, ce n’est pas le POURQUOI, mais le COMMENT. Comment gérer toutes les complications ? Il s’agit d’une évolution de la société qui est encore en mode [TRES] expérimental. Né en 1964, j’ai vécu l’impact sur l’école de la perte d’autorité des profs, fille de mai 68. Je ne suis pas sûr qu’on ait gagné au change à propager à l’ensemble de l’école certaines réformes nées pourtant d’une bonne intention. Les mettre au point dans le labo des écoles expérimentales, (en tenant compte de la différence entre les profs et élèves de ces écoles, et écoles « mainstream »), bref, prendre le temps avant de tout changer, peut-être que cela aurait permis à l’école de s’adapter un peu plus progressivement à l’inexorable bordélisation narcissique de la société. Ce qui est aussi, quelque part, l’enjeu du poly, non ?

  18. Donc pour vous la relation sexuelle est au même niveau que la bouffe, que la discussion, que le rire, que la danse ?

    C’est triste. Vous devez baiser très très mal pour voir les choses comme ça.

    • l’ordre de la liste n’est pas choisi aléatoirement – il y a bien une gradation. Quant aux remarques personnelles salaces, essayez de les garder pour vous la prochaine fois.

      • remarque, c’est pas si salace que ça ce qu’il dit Fikmonskov: il ne fait que constater ce que vous dites en substance tout au long de l’article. Reste à dire que vous êtes assez agressif dans votre dernière phrase… Le bât blesse?

      • Je sais pas comment vous le prendriez vous, mais « vous devez baiser très mal pour voir les choses comme ça », c’est pas le genre de chose qui se dit entre personnes civilisées qui seraient en train de débattre en vrai autour d’un verre chez moi (oui parce que le blog, c’est chez moi).

      • Manifestement, mon commentaire n’est pas passé. Je répète donc : pourquoi vous vexez-vous si fort quand je suggère que vous baisez mal ? Vous vexeriez-vous aussi fort si je disais que vous dansez mal ou mangez mal ?

        J’en doute.

        N’est-ce pas la preuve que baiser est complètement différente, par nature de tout ce que vous évoquez par ailleurs ?

      • Non, c’est juste le niveau d’agressivité avec lequel vous vous exprimez qui me fait hésiter à publier vos propos.

      • Mais, du coup, pourquoi d’un seul coup dire « baiser » c’est « salace » et déplacé ? C’est complètement contradictoire avec votre article !

      • Aucune agressivité : j’utilise vos mots, crus mais directs. S’ils ne vous plaisent pas, pourquoi les utilisez-vous ?

        Je remarque que vous ne répondez pas à ma question.

    • On peut retourner la remarque, au lieu de « baiser très mal » ça pourrait être « cuisiner très bien » 😉
      Pourquoi est-ce que ça serait triste de prendre du plaisir à rire, manger, danser?

      • « Pourquoi est-ce que ça serait triste de prendre du plaisir à rire, manger, danser? »

        Euh, d’où sort cette remarque complètement hors de propos ? Bien sûr qu’on prend du plaisir à tout ça, mais ce n’est pas pour autant que c’est la même chose que baiser.

        Pisser et chier procurent aussi du plaisir, si vous voulez aller par là…

  19. Pour avoir connu, quand j’étais plus jeune beaucoup de camarades qui « pensaient » comme vous (même si je ne crois pas que votre position soit le résultat d’une pensée mais plutôt, d’une pente morbide, d’un abîme), et pour les voir aujourd’hui, triste, las, revenus de tout, quand je suis moi, si bien dans mon couple… comme disait Houellebecq: « Du point de vue amoureux Véronique appartenait, comme nous tous, à une génération sacrifiée. Elle avait certainement été capable d’amour ; elle aurait souhaité en être encore capable, je lui rends ce témoignage ; mais cela n’était plus possible. Phénomène rare, artificiel et tardif, l’amour ne peut s’épanouir que dans des conditions mentales spéciales, rarement réunies, en tous points opposées à la liberté des mœurs qui caractérise l’époque moderne. Véronique avait connu trop de discothèques et d’amants. Un tel mode de vie appauvrit l’être humain, lui infligeant des dommages parfois graves et toujours irréversibles. L’amour comme innocence et comme capacité d’illusion, comme aptitude à résumer l’ensemble de l’autre sexe à un seul être aimé, résiste rarement à une année de vagabondage sexuel, jamais à deux. En réalité, les expériences sexuelles successives accumulées au cours de l’adolescence minent et détruisent rapidement toute possibilité de projection d’ordre sentimental et romanesque ; progressivement et en fait assez vite, on devient aussi capable d’amour qu’un vieux torchon. Et on mène ensuite, évidemment, une vie de torchon. En vieillissant on devient moins séduisant, et de ce fait amer. On jalouse les jeunes, et de ce fait on les hait. Cette haine condamnée à rester inavouable, s’envenime et devient de plus en plus ardente ; puis elle s’amortit et s’éteint, comme tout s’éteint. Il ne reste plus que l’amertume et le dégoût, la maladie et l’attente de la mort. »

  20. Peut être la question n’est-elle pas l’activité que l’on fait mais la personne avec qui on la fait. Manger une glace avec une connaissance sympathique est une chose… la manger en compagnie d’une personne qui nous désire et que nous désirons est complètement différent… et à ce degré là même se dire bonjour et échanger un regard n’est plus du tout anodin . De même le sexe peut être plus ou moins intime selon la relation qui nous lie à notre partenaire. Je peux faire l’amour avec une personne qui est juste un bon pote que je vois de temps en temps, cela aura autant de signification que le repas et les discussions partagés amicalement dans une excellente trattoria 2 heures avant, sans plus. Le sexe fait alors simplement partie des activités qui font notre amitié, juste parce que nous en avons envie tous les deux à un instant T sans nous prendre la tête et sans arrière pensée.

    • hmmm, du sexe « plus ou moins intime », je demande à voir. Enfin, façon de parler, hein.
      Mais si le sexe n’est pas intime en soi, alors qu’est-ce que ça veut dire « intime » ?

      • Intime pour moi veut dire se mettre à nu psychologiquement devant quelqu’un et montrer son véritable moi et sa part vulnérable. Et ça, c’est 10000 fois plus difficile que de coucher avec quelqu’un. On peut avoir une relation bien plus intime avec une « meilleure ami » qu’avec un amant de passage.

  21. @Eric Le Brun : « L’amour comme innocence et comme capacité d’illusion, comme aptitude à résumer l’ensemble de l’autre sexe à un seul être aimé » => c’est très joli, ça me rappelle un très bel échange entre Serge Rezvani et François Truffaut, mais tout est dit dans l’emploi du terme « capacité d’illusion ». On échange une illusion contre une autre, l’important étant de trouver celle qui nous convient. Pour ma part, j’ai usé jusqu’à la corde les possibilités de la monogamie (près de 30 ans !). Peut-être était-ce parce que j’avais mal choisi ma partenaire ? Mais comment bien choisir si accumuler une expérience est du « vagabondage sexuel ». Houellebecq est un écrivain très divertissant, mais comme philosophe ou psychologue, j’ai mes préférences ailleurs, chez des auteurs qui évitent de traiter des humains de torchons…

    • Je vous laisse vos préférences… Je ne crois pas que Houellebecq essaie de faire oeuvre de psychologie ou de sociologie. Il fait plutôt oeuvre de moraliste, et c’est sans doute ça qui vous gêne. Car la morale gêne ce siècle où tout le monde n’a que « valeurs » à la bouche… Tout en se débarrassant de toute forme de valeur par ailleurs… Que vous vous soyez fait chier pendant trente ans (c’est bien ce que je dois comprendre de vos propos n’est-ce pas?) doit-il nous obliger à considérer qu’un modèle relationnel dans lequel certains échouent devrait pour autant disparaître ipso facto et qu’il;serait bon que nous jetions en quinze ans 2000 ans de monogamie?

      • @Eric Le Brun : où ai-je dit que je m’étais « fait chier » ? Vous semblez aimer décidément le trash houellebecquien. J’ai vécu au contraire une grande majorité d’années merveilleuses, je ne me suis pas posé (trop) de questions pendant au moins la moitié de ce parcours. Avez-vous, au moins, vécu vous-même cela ? Je ne rejette pas la monogamie, je dis juste qu’il arrive qu’un jour, après tant d’années, ce refrain siffle à nos oreilles :
        « Peut-on jamais savoir par où commence
        et quand finit l’indifférence ?
        Passe l’automne, vienne l’hiver
        et que la chanson de Prévert »
        J’aime la philosophie, et elle est souvent morale. Mais je m’autorise à préférer la morale de Spinoza ou Misrahi à celle de Houellebecq. Mais comme vous dites, chacun ses préférences. Je ne rejette pas en aucun cas la monogamie, alors que vous, vous semblez manquer de mots pour vouer aux gémonies l’existence d’une alternative : n’aimez vous donc pas la liberté ? Etes-vous apparenté à la Manif pour Tous ? Ou simplement, êtes-vous un inconditionnel de Philippe Muray ? Penseur respectable, mais incontestablement réactionnaire. On n’est pas obligés d’être tous réactionnaires.

  22. @Eric Le Brun
    Pourquoi dites vous « nous obliger à considérer qu’un modèle relationnel dans lequel certains échouent devrait pour autant disparaître ipso facto et qu’il serait bon que nous jetions en quinze ans 2000 ans de monogamie? »?
    Il est question ici de proposer un autre modèle pour ceux à qui le « modèle » dominant, couple exclusif, ne convient pas. Il n’est pas forcément question d’empêcher ceux à qui ce modèle convient d’y rester. Libre à eux. Mais on voit quand même bien qu’il n’y a pas que quelques marginaux qui n’y sont pas si heureux, vu le nombre de séparations, divorces… On croit y être bien quelques temps, jusqu’à la prochaine crise!
    Comment pouvez-vous parler de « pente morbide, d’un abîme » et dénier le droit de « penser » aux gens qui ne pensent pas comme vous!
    J’ai personnellement une expérience fort différente de la vôtre, et c’est une libération que de me dire qu’il est possible d’aimer plusieurs personnes, que je ne suis pas « anormale » quand je sens que je suis amoureuse de deux personnes à la fois. Au lieu de me culpabiliser ou de me dire que si j’en aime un autre c’est que je n’aime pas le premier comme je devrais… Je parle ici simplement de sentiments. Mais pourquoi pas aussi de sexe?
    Votre citation de Houellebecq est horrible à mes yeux, et triste! « Phénomène rare, artificiel et tardif, l’amour ne peut s’épanouir que dans des conditions mentales spéciales, rarement réunies »: non, l’amour n’est pas rare, peut-être pour vous, pas pour moi! J’ai eu le plaisir de « tomber » amoureuse plein de fois, il en reste de belles relations, parfois amicales, parfois des souvenirs…
    « Un tel mode de vie appauvrit l’être humain, lui infligeant des dommages parfois graves et toujours irréversibles »: c’est plutôt à mon avis ce genre de jugement à l’emporte pièce qui détruit l’être humain, le culpabilisant, l’enfermant dans un modèle unique. Bien des ados ayant eu des expériences multiples ont une vie amoureuse très heureuse une fois adultes. Et vice versa. D’avoir essayé de trouver l’Amour unique à l’adolescence ne garantit pas la stabilité par la suite j’en suis témoin. Et la libération n’est pas de le trouver enfin, mais d’arrêter de le chercher, sans « amertume » ni « dégoût » mais avec le bonheur retrouvé, de profiter des rencontres, « des amis, des amours, des amants… »…

    • Mais personne ne dit qu’il serait impossible d’être amoureux de plusieurs personnes à la fois. Choisir la fidélité ne signifie pas qu’on pense ne jamais pouvoir se sentir tomber amoureux de quelqu’un d’autre.

  23. @Saliou :  » Et la libération n’est pas de le trouver enfin, mais d’arrêter de le chercher ». Bravo pour cette phrase. Je confirme, et beaucoup de mes amis pourraient le faire, que la grande majorité d’entre nous ne cherchent pas le « toujours plus », mais plutôt une manière d’équilibrer, quelquefois, si nécessaire, avec plusieurs personnes, cette merveilleuse « insoutenable légèreté de l’être »… Mais si c’est possible avec une seule personne, hallelujah !

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