Ce moule monogame taille unique qui fait tant de dégâts

Traduction d’un extrait du livre Sex at Dawn de Christopher Ryan et Cacilda Jetha.

kardelia wrists and elbows in tight leather cuffs

même consensuelle, la liberté sexuelle au sein d’un couple est suspecte (ref. photo (c) stervus sur deviantart.com)

Ce qui est indiscutable, c’est qu’au jour d’aujourd’hui le mariage conventionnel est un désastre total pour des millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Le mariage traditionnel « jusqu’à ce que la mort (ou l’infidélité, ou l’ennui) nous sépare » est un échec. Que ce soit sur le plan émotionnel, économique, psychologique ou sexuel, il y a trop de couples pour lesquels il ne fonctionne vraiment pas sur la durée.

Pourtant, comme le fait remarquer Esther Perel, alors que la plupart des thérapeutes mainstream n’oseraient pas imaginer convaincre une lesbienne ou un gay en lui disant « fais des efforts, accepte la réalité, et cesse donc d’être homosexuel(le) », de nos jours, quand il s’agit du mariage hétéro « les limites sexuelles semblent être l’un des rares sujets où les psychologues/sexologues semblent se faire l’écho de la culture dominante ». Elle écrit que « la monogamie est la norme, et la fidélité sexuelle est considérée comme étant la seule attitude adulte, loyale et réaliste. » Et il n’est pas question d’envisager des alternatives : « même quand elle est exercée de façon consensuelle, la liberté sexuelle au sein d’un couple est suspecte. » L’idée que l’on puisse aimer quelqu’un et baiser avec quelqu’un d’autre « nous fait frémir » et évoque des « images de chaos : la promiscuité, l’orgie, la débauche. »

9 réponses à “Ce moule monogame taille unique qui fait tant de dégâts

  1. Pingback: Tu me trompes, je te quitte – et on réfléchit ensuite | les fesses de la crémière·

  2. Bonjour,
    J’ai découvert très récemment ton blog et il me parle ÉNORMÉMENT. J’ai lu au moins une vingtaine de billets déjà mais il y a un sujet que je n’ai pas trouvé et qui m’intéresse : comment évoquer pour la première fois dans son couple l’éventualité de devenir un couple libre. Surtout si l’autre est TRÈS attaché aux valeurs « traditionnelles » du couple.
    J’ai l’impression que ce sera la fin de notre couple si j’en parle. J’ai besoin de conseils et je ne connais absolument personne (ou je ne pense pas connaître) assez ouvert d’esprit pour en parler.

    • Cette question du « coming-out » est effectivement un point fondamental et un article qu’il faut que j’écrive. Rien que d’évoquer le sujet fait basculer le couple dans un nouveau fonctionnement. On ne pourra jamais enlever la graine de doute ou d’insécurité qu’on aura semée en l’autre en suggérant qu’on songe à remettre en cause l’exclusivité. C’est presque plus facile quand l’infidélité a déjà eu lieu — on est dans le cadre de l’aveu d’une réalité. Alors que là, on peut indéfiniment se retenir d’en parler, en laissant monter la frustration ou l’insatisfaction.

      Une façon un peu brutale de présenter la question serait : « qu’est-ce que qui est plus important pour toi : la fidélité ou notre couple ? »
      Mais je vais y réfléchir (s’il y a des couples qui ont vécu ce genre de situation, nous sommes tous intéressés par leur avis).

  3. Bonjour,
    Eh ben, c’est ‘en cours’… je viens de faire mon coming-out de lutine. Mon ami, très attaché aux valeurs traditionnelles de monogamie a pris une énorme baffe en apprenant mon envie de non-exclusivité.
    Il a fallu le rassurer sur pas mal de choses, notamment sur le fait que je ne cours pas après ‘la baise’, que mon amour pour un autre ne fait pas diminuer (par le principe des vases communicants ?) mon amour pour lui, que notre couple est important pour moi malgré le fait que je souhaite aller voir ‘ailleurs’, …
    Bref, il est confronté à sa peur de ‘ne pas être à la hauteur’, sa jalousie envers un rival, ses doutes sur mon amour pour lui : comme si aimer voulait dire se donner corps et âme et appartenir (!) à une personne…
    Si vous sautez le pas, documentez-vous, et surtout : rassurez et laissez à votre partenaire du temps pour digérer la nouvelle.
    Pour l’instant le cœur de mon ami fait la girouette : Je ne peux pas l’accepter / Je veux l’essayer pour elle, pour nous / J’ai mal parce que je croyais que… / J’ai peur… / L’amour c’est pas ça…/ et cetera
    … et moi j’attends, je me montre compréhensive et patiente même pendant ses phases de colère (après tout, je viens de bousculer sa vision du monde!), je suis là pour lui, je ne le force pas, et jamais on a discuté autant. C’est parfois houleux mais c’est très enrichissant.
    Il y a toujours une chance qu’il me dise ‘Finalement je ne peux pas supporter le fait que tu sois polyamoureuse, notre relation est finie.’
    Et si c’est le cas, je saurai l’accepter. Et s’il m’obligera à choisir entre lui ou ‘un futur amoureux incertain’ je choisirai plutôt cela que de me laisser enfermer dans une relation de possession, même si c’est avec un homme que j’aime.
    Mes conseils : Avant de vous lancer, soyez prêt(e) à assumer les conséquences de vos actes. Montrez-vous patient(e) avec votre partenaire même s’il vous balance des choses pas sympa à entendre…
    Et rappelez-vous que vous n’êtes jamais à l’abri d’une bonne surprise !

    • Effectivement. Je suis la preuve que les bonnes surprises peuvent arriver. Pour tous les deux, d’ailleurs.

      Il faut lui laisser un peu de temps (mais sans laisser les choses stagner ou régresser) pour qu’il comprenne que s’il préfère vous voir partir plutôt que vous laisser libre, ce n’est pas vous qu’il aime, c’est lui (p***n c’est profond, il faut que j’en fasse un article).

  4. Pingback: Corps idéal, couple idéal : quand la norme ne convient pas à tout le monde | les fesses de la crémière·

  5. Personnellement, je suis pour l’engagement envers une seule personne. C’est un renoncement à penser que mon contentement, ma joie est liée à une personne. Ma joie est lié à mon être intérieur, seulement cela.
    Et en même temps, je suis pour que les liens entre les gens perdurent, alors Lilith je serais à la place de ton marie, je m’engagerais à entretenir une amitié avec toi.

    j’ai envie de dire, qu’on ne trouvera jamais de contentement à changer de partenaires, en changer tous les x temps où même à en avoir plusieurs: c’est vain. Ce qu’on trouve c’est de la frustration en multipliant les expériences.
    C’est s’enchaîner volontairement alors que l’évidence est au fond de soi-même avant d’être à l’extérieur de nous-même.

    Est la différence fondamentale de cette approche est que l’homme commence à rentrer dans une relation sexuelle non pas à partir de ses besoins mais dans son désir de donner !

    Il faut juste imaginer, ce que pourrait être une relation sexuelle dans laquelle l’assouvissement de son plaisir personnel est absent. Ce que j’apporte, n’est pas le besoin de ressentir du plaisir mais simplement servir l’amour.

    On chemine ensemble vers l’amour, pas vers l’amour de l’un pour l’autre…nuance extrêmement importante.

    Je sais très bien que mon message ne sera pas forcément bien compris ici, je veux simplement apporter quelques réflexions que je me suis faites au file du temps, partagés par des gens qui s’engagent en ayant conscience de cela.

    Je peux préciser ma pensée si cela vous intéresse.

    • « j’ai envie de dire, qu’on ne trouvera jamais de contentement à changer de partenaires, en changer tous les x temps où même à en avoir plusieurs: c’est vain. Ce qu’on trouve c’est de la frustration en multipliant les expériences. »
      Cela me parait etre une reflexion bien personnelle. Heureusement ou malheureusement, tout le monde ne fonctionne pas comme cela et on y peut rien, il faut juste accepter qu’on est tous différents, point barre.
      Personnellement, c’est dans l’engagement monogame et exclusif que j’ai trouvé la frustration, et je me sens plus épanouie et plus amoureuse de l’homme de ma vie que jamais depuis que j’en suis sortie et que je me sens – ENFIN – libre d’aimer.
      Bien d’accord pour dire que l’amour et la joie se trouvent d’abord a l’intérieur de nous. Pas d’accord pour dire que nous n’avons pas besoin des autres pour nous aider a les trouver. Et qu’on ait besoin d’une ou de dizaines de personnes pour les faire s’exprimer, c’est l’affaire de chacun.
      Concernant le plaisir, nous sommes et restons des etres de chair et nier l’existence du corps, de ses désirs et de ses plaisirs, c’est tomber dans l’ascétisme et ca n’a jamais fait de bien a personne.

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