Fidélité : dernier bastion de la tutelle masculine ?

Les hommes ont préféré renoncer à leur propre liberté sexuelle plutôt que d’envisager que leurs femmes puissent coucher ailleurs.

exclusivité sexuelle, tutelle patriarcale, liberté sexuelle, féminisme

Plutôt renoncer à sa propre liberté… (ref. photo (c) capturedguy on deviantart.com)

Cela fait quelques décennies à peine que les maris volages sont traités avec presque autant de sévérité que les épouses infidèles. Pendant très longtemps, l’exigence de fidélité dans le mariage n’avait pas le même sens pour l’homme et la femme :

  • pour l’homme, ça voulait dire ne pas quitter le foyer ni répudier sa femme ;
  • pour la femme, ça voulait en plus dire ne pas coucher avec quelqu’un d’autre.

Mais en gros depuis la montée de l’égalité des sexes en Occident, j’ai l’impression que c’est l’interprétation dure de la fidélité qui a été retenue pour s’appliquer également aux hommes et aux femmes.

Loin de moi l’idée que ça soit une évolution intentionnelle, mais je propose la lecture éhontée suivante. Depuis le début des luttes féministes au début du XXe siècle, le patriarcat a progressivement « concédé » aux femmes :

  • l’éducation
  • l’émancipation de la tutelle légale du père ou du mari
  • la citoyenneté à part entière, avec l’égalité des droits, dont le droit de vote
  • le droit de demander le divorce,
  • la contraception et l’avortement,
  • l’indépendance financière grâce au travail,
  • des métiers aussi prestigieux que médecin, professeur d’université, physicien, pilote de chasse, procureur de la république, exterminateur de vampires …
  • etc.

Mais quant il s’est finalement agi d’éventuellement concéder aux femmes la même liberté sexuelle hors-mariage que celle dont ils avaient toujours plus ou moins joui tant qu’ils évitaient le scandale, et bien non. L’idée que les femmes puissent disposer librement de leur corps a du leur faire tellement mal au cul que les hommes ont préféré mettre en gage leur propre liberté plutôt que de renoncer au droit de propriété qu’ils estimaient avoir sur le sexe de leur femme.

17 réponses à “Fidélité : dernier bastion de la tutelle masculine ?

  1. hmmm… C’est très juste. J’irais même plus loin. L’homme a l’impression d’être devenu le gardien de l’intégrité de la famille quand la femme, résultat de cette permanente et latente incitation à enfin « penser à elle », cède à la tentation de la liberté.

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  6. Le patriarcat n’a pas  » « concédé » aux femmes « , les féministes ont arraché, à l’issue de longues et difficiles luttes, au patriarcat.

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  10. Je pense qu’il y a un facteur en plus : le mariage qui était une convention et un arrangement avant deuxième guerre mondiale est devenu, au court des 30 glorieuses, un choix amoureux. Du coup, l’infidélité qui était tolérée entre gens qui ne s’étaient pas choisis a été réprouvée et autocensurée entre gens persuadés d’avoir fait un choix optimal. A l’époque, ce choix est vécu comme une autonomisation par rapport au foyer familial que les jeunes gens voulaient quitter (nous on s’aime, donc on va en faire un mieux mais chez nous. Quoi, la reproduction sociale ? ).
    C’est donc l’idée que la liberté d’aimer est un choix fait en commun plus qu’un choix individuel qui accompagne la pression patriarcale, et c’est plutôt ancré dans de la mobilité sociale (trouver du travail ailleurs que sur le lieux de naissance, il y a possibilité de s’enrichir sans la sécurité de la tribu d’origine) que dans l’émancipation…

  11. Pourquoi continuer à utiliser le terme « fidélité », quand il est question d’exclusivité? Ca laisse toujours plus ou moins sous entendre que la non-exclusivité est incompatible avec la fidélité… Je trouve ça un peu embêtant!

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