D’accord pour le couple libre mais juste des plans d’un soir

C’est un arrangement a minima qui tente beaucoup de couples quand ils commencent à vouloir s’aventurer au-delà des frontières de l’exclusivité – mais c’est un marché de dupes pour l’homme s’il est hétéro (en plus d’être un peu risqué côté IST)

plan d'un soir, couple libre, polyamour, slut-shaming

Désolé, on ne peut pas se revoir (ref. photo (c) szczur88 sur deviantart.com)

OK pour aller voir ailleurs, mais

  • juste des plans d’un soir
  • ou pas de relations suivies
  • ou sentiments interdits

C’est l’un des premiers arrangements qui viennent à l’esprit des couples qui veulent laisser tomber la contrainte de l’exclusivité sans vouloir renoncer au confort y afférent — sans vouloir prendre de risques. Sur le papier, ça semble une bonne idée : pas de risques de désordres amoureux qui pourraient perturber la vie bien rangée du couple.

Un inégal accès au sexe sans attaches

Ça peut effectivement marcher dans les couples homosexuels. Sauf que voilà, ça ne marche pas pour les couples hétéro, tant le monde des plans d’un soir est asymétrique entre les hommes et les femmes. Pour une nana, il suffit souvent de lever le petit doigt. Pour son homme, s’il n’est pas George Clooney, le parcours est bien plus compliqué. Il ne suffit pas de se mettre sur son 31 et de s’installer bien visiblement seul au bar pour que des grappes de nanas viennent vous demander votre numéro de portable. Pour que chacun de son côté ait le même succès, il faut que le mec soit nettement plus attirant que sa femme. Or statistiquement dans les couples établis l’homme et la femme sont généralement plutôt à égalité de ce côté là (selon une étude rapportée dans l’excellent livre « le poids des apparences« ).

Il y a en effet bien peu de femmes qui sont prêtes à vivre des aventures sans lendemain. Certains prétendent que c’est dans leur nature — qu’il faut qu’elles se sentent amoureuses, qu’elles sentent que le mâle qui les courtise sera un bon père pour qu’elles soient attirées pour de vrai.

Je pense que c’est des balivernes (en anglais : bullshit). D’ailleurs je ne suis pas le seul, et les études récentes sur le désir féminin (compulsées par exemple par le journaliste Daniel Bergner dans « What do Women Want ») montrent que les femmes sont très attirées par la nouveauté sur le plan sexuel, au moins autant que les hommes, si ce n’est davantage. Mais il faut voir le poids culturel qui pèse sur elles : la salopophobie (en anglais slut-shaming) est tellement omniprésente qu’elle est intériorisée jusque sur les sites de rencontres extra-conjugales « si c’est pour un plan d’un soir, vous êtes un horrrriiible bonhomme et je ne suis pas de celles-là ». Et même si on peut rêver d’un monde idéal où il n’y aura plus de contrôle culturel oppressif sur la liberté sexuelle des femmes, il restera le poids des risques concrets : les femmes sont plus souvent agressées sexuellement que les hommes ; plus susceptibles d’êtres contaminées par une IST ; et considérablement plus souvent enceintes. On peut comprendre que ça freine les ardeurs.

Donc mathématiquement, s’il y a dix fois plus de mecs que de nanas qui disent oui à une aventure d’un soir, celle qui est en couple libre a le monde à ses pieds alors que son mari galère (à moins de jouer au salaud de base qui fait miroiter des perspectives qui ne sont hélas pas au menu).

Un marché de dupes

Donc cet accord devient dans les faits :

moi j’ai tous les mecs que je veux, et toi tu peux juste jouer au louseur à chaque fois que je sors m’éclater. Et si après deux mois de tchat et d’approches tu arrives enfin à trouver une nana qui dise oui, tu dois l’oublier dès le lendemain.

Et donc l’arrangement de départ qui semblait minimiser les risques pour le couple est en fait bien plus risqué qu’il n’y paraît : l’asymétrie peut en effet exacerber la jalousie de Monsieur, surtout si c’est Madame qui a eu l’idée du couple libre et que Monsieur s’est juste laissé convaincre de tenter l’expérience. Et la tentation pour lui de revenir à l’exclusivité ou de mentir sur ses rencontres sera très forte quand il se rendra compte que c’est un marché de dupes.

Pas de couple libre sans « risques amoureux »

Pour que ça marche, on ne peut donc pas interdire les relations plus suivies que « juste un soir ». C’est pour ça qu’à mon avis le couple libre glisse aussi facilement vers le polyamour : quand il aura trouvé une amante, l’homme voudra certainement la revoir de temps en temps.

Mais en échange, il faut qu’il soit prêt à accepter que sa femme ait aussi un amant régulier.

De toute façon il n’y a pas de couple libre « sans risques » — ne serait-ce que parce qu’il n’y a pas de couple « sans risques ».

43 réponses à “D’accord pour le couple libre mais juste des plans d’un soir

  1. La conclusion, je la ressortirais bien dans d’autres débats, tiens.
    Le reste, j’adhète plutôt aussi, même si je crains de pas savoir assez bien tourner l’argument pour qu’il ne semble pas trop « essentialiste ». Tu décris bien le truc, pour ta part, comme un processus social, mais ressortir simplement « sur la séduction la femme aura moins de difficultés que l’homme à trouver », ça lève toujours quelques boucliers difficiles à faire baisser.
    D’autant qu’il y aura toujours un mec qui dira « boah non suffit de savoir s’y prendre / perso j’ai jamais eu de difficultés pour baisouiller » – alors que le problème se pose pour des gens qui passent pas leur année à ça – et une fille qui répondra « désolée, mais c’est hyperduuur de séduire » – alors qu’on parle là d’une recherche de plans cul.

    • J’ai failli rajouter un paragraphe pour préciser qu’en ce qui concerne la recherche du prince charmant // de la femme parfaite, quand il s’agit de se mettre en couple, le jeu est bien plus équilibré entre les hommes et les femmes. On parle bien entendu ici uniquement d’asymétrie pour l’accès au « casual sex ».

      • Tiens je me demande si le déséquilibre est pas en partie compensé par le fait que la drague est encore souvent une activité de mecs : à savoir qu’il y a plus d’occasion d’essayer, même si c’est pour moins de réussite. Ca prend plus de temps, mais ça augmente quand même le nombre de fois où ça a lieu… Disons que c’est toujours aussi galère, mais c’est une galère « déjà connue », elle n’est que plus ressentie dans la dissymétrie d’opportunités du couple open.

  2. Du coup pour les plans d’un soir, j’ai tendance à avoir recours à des rencontres tarifées. Evidemment c’est dommage d’en arriver là, mais au moins il n’y a quasiment aucun risque d’y associer des sentiments. Il n’y a que mon porte-feuille que cela gêne…

    • Avec plaisir. En fait, c’est un problème que dan savage a eu plusieurs fois à traiter dans son podcast. Et ses réponses confortent l’intuition que j’avais.

  3. Pingback: Daniel Bergner : la monogamie étouffe-t-elle le désir féminin ? | les fesses de la crémière·

  4. Quelques remarques :
    D’abord, les contrats de couple qui « s’aventurent au-delà des frontières de l’exclusivité » ne sont pas forcément symétriques. On pourrait tout à fait imaginer qu’un partenaire autorise l’autre à avoir des relations suivies parce qu’il est à l’aise avec l’idée / confiant, et l’autre non.

    Ensuite, la théorie d’une ex-amante sur le fait que les femmes sont moins enclines au coup d’un soir, parce qu’elles sont beaucoup moins sûres de jouir.

    Moi, de mon côté, je partage ton constat que la drague, c’est pas facile pour les mecs et je pratique une sorte d’écologie de l’adultère : un coup d’un soir qui reste un coup d’un soir, c’est qu’il ne valait pas la peine d’être reconduit (ça arrive aussi, hein, le flair nous joue parfois de mauvais tours).

    • Une fille qui intervenait l’autre jour sur le podcast de Tristan Taormino a eu une jolie expression qui va dans ton sens quant au caractère optionnel de la réciprocité : ‘fair is not equal’

  5. Totalement vraicul 🙂

    Mon compagnon se heurte quotidiennement à cette inégalité .
    Il est pourtant extremement seduisant , Il a de la conversation et de l’humour !

    Malgré ce lorsqu’il sort de son coté il a peu d’option
    Soit il choisit l’option mensonge , je suis libre , un potentiel prince charmant , je te rendrais heureuse et bla bla bla ( ce que nous appelons entre nous les vendeurs de reve )
    il s’y refuse totalement
    Soit l’option cash , et la …. Comment dire que les femmes ou filles qui reclament à corps et à cris la sincerité … le fuit comme la peste ( heureusement pas toute , mais le plus grand nombre oui ! )

    Les sites de rencontres même combat !

    Je suis une femme j’ai 14 ans de plus que lui et c’est absolument et beaucoup plus facile pour moi !

    La ou cela se passe le mieux ce sont dans les endroits dediés au libertinage
    J’avoue que ça fait un peu ghetto , mais ou sont les autres options !

    • « Dans les endroits dédiés au libertinage » : ça se passe mieux pour lui si vous venez à deux, ou même en tant qu’homme seul ?

    • Isa, je ne prétends pas que ce soit la solution universelle, mais un blog est une bonne façon d’exprimer sa situation sans avoir à mentir et qui permet de faire ensuite des rencontres avec des personnes qui savent « à quoi s’en tenir ». Je suis un homme marié qui, pendant longtemps, n’avait même pas « l’excuse » du couple libre. J’étais adultère et ça n’est pas très vendeur sur un site de rencontre (à l’exception, peut-être, d’OKCupid [mais qui est anglophone] ou des sites libertins et encore).
      Évidemment, ça demande un certain investissement en temps (et puis faire des rencontres ne doit pas être la motivation première).

      • … et puis c’est un peu élitiste. S’il fallait que chaque mec en couple libre sache écrire un burp aussi chouette que le tien…

      • Effectivement en terme d’investissement , cela represente du temps .
        Partant du postulat que faire des rencontres n’est pas la motivation premiere , ton blog c’est aussi un exutoire ou un une expression artistique , ou , ou …
        Tres sympa soit dit en passant .

        Je rejoins Audren … 😀

    • Dans un contexte plus globale que le plan d’un soir, je me pose exactement la même question. En dehors de l’option du mensonge (« les vendeurs de rêve ») et l’option cash (« sal*ud ! »), ce n’est pas évident pour Mister de se positionner et de trouver une partenaire qui aura envie de jouer le jeu sachant qu’il a déjà une ou plusieurs autres partenaires. Je suis preneuse de bons conseils si quelqu’un détient d’autres options efficaces!

  6. Et voilà où nous en sommes de nos réflexions du moment…

    Suite à « la découverte », j’ai essayé de comprendre pourquoi je n’avais pas pris la fuite comme tout le monde, moi la première, s’y attendait. Et donc, de fil en aiguille, de clic en blog, je suis tombée sur plusieurs témoignages, récits et réflexions sur la gestion d’un adultère dans son couple, puis sur la donne changée par l’un des deux partenaires, puis sur la redéfinition de couple que cette histoire (l’infidélité) génère fatalement.

    Et j’ai découvert des choses, des pensées, des certitudes, qui étaient en moi depuis longtemps (pratiquement aucun tabou et une grande liberté de… communication), tout en vivant des relations monogames exclusives (redondance ? je m’y perds dans le jargon) jusque là.

    Donc aujourd’hui m’apparaissent des options que j’aimerais pouvoir explorer. La cage ouverte, dans un premier temps, ni plus ni moins. Mais la notion de couple ouvert (si je me souviens bien), me titille également (cf. mon commentaire sur les couleurs/envies/désirs). Et c’est là que le travail que nous faisons, mon mari de son côté, moi en mon intérieur, et nous ensemble dans notre couple, devient plus compliqué.

    Je suis définitivement heureuse qu’il ait vécu cette année avec la possibilité d’explorer ce qu’il n’avait pas réussi à approfondir la première fois avec cette femme. Moins convaincue par les mensonges que cela a nécessité, déçue du beau coup de canif au contrat de couple sur lequel nous étions tombés d’accord. Mais aujourd’hui, je m’efforce de ne garder que le positif en tête, de profiter de l’occasion pour redéfinir mon couple et laisser le temps officier pour le reste.

    Cela étant, son comportement pendant tout le temps de cette relation parallèle alors qu’il était/est toujours amoureux de moi me fait réfléchir sur sa capacité à vivre deux relations à la fois. Il a largement investi dans cette relation ce qu’il a ôté à la nôtre, idéalisé ou plutôt retrouvé ce qu’il idéalisait à l’époque sans pour autant vouloir mettre un terme à notre couple, mais tout en le délaissant « joyeusement ». Alors le couple ouvert, éventuellement libre (même s’il me fait peur, bien vu l’article), je sais, je sens pouvoir l’explorer, le gérer, pour ma part. Je suis une jouisseuse par nature, j’aime les gens, le sexe et n’ai pas besoin, forcément de profonds sentiments pour m’abandonner aux plaisirs charnels.

    De son côté, en revanche…. rien n’est moins sûr. Plus cérébral que moi, coeur d’artichaut s’il en est, il a du mal à faire la part des choses et malgré un gros travail personnel en cours, niveau maturité, c’est difficile. Cui soulève la possibilité d’une asymétrie dans le contrat, ce qui me conviendrait bien, mais dans l’absolu, ne me satisferait pas non plus. J’ai envie qu’il soit heureux, si c’est avec quelqu’un d’autre, alors pourquoi pas. Mais pas à mon détriment, pas en m’enlevant, comme cela s’est produit, de l’amour, des témoignages d’affection et son soutien quotidien…

    (j’écris toujours des tartines Audren, désolée :-/ )

      • Je comprends, surtout avec le succès grandissant de tes pages. Néanmoins, je ne suis pas contre ton avis sur mes témoignages, de temps à autre 😉

  7. Il y a qq années, gare Montparnasse, j’ai rencontré un homme- la trentequarantaine, physique avenant mais pas à tomber non plus- qui demandait systématiquement aux filles qui lui plaisait si elles accepteraient de passer un moment avec lui (il avait un studio tout proche). Je n’ai pas accepté parce qu’il m’a dit « ça ne prendra pas longtemps » quand je lui ai dit que j’étais pressée, et moi, j’aime mieux que ça dure un peu :). En revanche, je lui ai demandé si ça marchait. Il m’a répondu « J’aborde entre 50 et 100 filles par jour, j’ai toujours au moins deux qui acceptent. Baiser deux fois par jour, ça me suffit.
    Voilà pour la première méthode.
    La deuxième, la mienne: arrêter de penser que tout dans un couple doit être négocié, que le couple, en somme, a des droits sur les individus qui le composent. Avec mon mari, depuis 40 ans, il est établi que chacun d’entre nous est un individu libre de son coeur et de son corps, sous réserves de ne pas prendre de décisions radicales (faire un enfant à une amante, divorcer) pendant la « période de passion hormonale » durant laquelle on est un peu inconscient. Lui a vécu plutôt sur le mode double foyer, moi sur le mode amitiés sexuelles. Ben oui, on n’est pas pareils. Où est le problème?

    • Ça fait quand même 98% de rejet… j’espère qu’il ne vendait pas en plus de l’assurance vie en porte à porte, parce que même en ayant le bonheur de se trouver au lit avec une inconnue chaque jour, ça doit bien broyer l’estime de soi.

      Accessoirement, si tous les hommes faisaient comme ça, la lutte contre le harcèlement de rue deviendrait rapidement grande cause nationale…

      Et je suis bien d’accord avec ta conclusion : on confond trop souvent justice et égalité. Il faut un arrangement qui aille pour toutes les personnes intéressées, même s’il a l’air inégalitaire vu de extérieur.

  8. Je suis de celles qui à 12 ans rejetaient l’idée de l’exclusivité sexuelle au sein d’un couple, que je considérais superflue. C’est alors que j’ai commencé à développer une attirance intellectuelle pour le couple « libre mais-pas-trop » que tu détruis à coups de hache dans cet article.

    Bigre alors. Remise en doute.
    C’est un système de couple que j’ai toujours appliqué dans mes relations, de tolérer la liberté sexuelle (et non pas sentimentale) chez mon conjoint. Ce modèle, tu le démontres, est voué à l’échec en théorie. Mais tu construis toute ta démonstration sur le déséquilibre du modèle. N’est-ce pas raccourci -quand bien même souvent avéré- que d’estimer que déséquilibre => rupture ? Tu omets quelques possibles.

    Pour exemple, dans mon couple, ce modèle libre mais-pas-trop comme j’aime à l’appeler, est appliqué de manière unilatérale. En effet, quitte à détruire le consensus de la monogamie, pourquoi ne pas détruire l’idée commune selon laquelle les deux parts d’un couple sont obligés de s’astreindre au même régime ?

    Je m’explique : j’autorise monsieur à avoir des relations sexuelles avec autrui, tant que les sentiments sont exclus. En revanche, je ne m’autorise pas pour autant à aller faire une partie de jambes en l’air chez notre voisin Henri. Tant que les termes du contrats sont définis et fixés, et que le jeu de dupes se produit en tout consentement, il est tout à fait possible que dans un couple, madame tolère que son compagnon fasse son affaire avec la voisine sans pour autant se permettre d’aller voir ailleurs. En partant bien sûr du principe que les deux parts n’aient aucune prédisposition ni attrait au polyamour (qui apparaît un peu comme le remède miracle à la jalousie).

    • Effectivement, équitable ne veut pas forcément dire égalitaire. Et tout arrangement qui convient aux deux est bon à prendre.

      En revanche, je tique sur le côté « sentiments interdits ». Certain-e-s (je considère que j’en fais partie) savent bien gérer la pente savonneuse, d’autres se rendent compte qu’ils sont en train de tomber en amour quand il est déjà trop tard (ma femme, par exemple, ou bien la fille dont j’ai traduit l’article). Et quand c’est trop tard, et bien la clause « sentiments interdits » ne sert plus à grand-chose.

      J’aurais donc tendance à vouloir corriger : non pas sentiments interdits mais « conséquences maîtrisées ». Genre être toujours présent-e et attentionné. Ça se fait à peu près bien, sauf en cas de chagrin de polyamour, où il arrive qu’on doive récupérer l’autre à la petite cuillère pour un désespoir dont on n’est pas la cause.

      Rien n’est simple…

      • Très intéressant, ce sont des angles de réflexion que je n’avais pas envisagé. J’aime la façon dont Amour rime pour toi avec Abnégation.
        Dresser des limites, des clauses telles que « sentiments interdits », ce n’est non baliser le terrain comme on aurait tendance à le croire, mais créer de toute pièce des Points Godwin passés lesquels la restauration du couple n’est plus possible, selon toi. J’aime beaucoup.

  9. De couple sans escapades pendant 20 ans, au libertinage puis union libre plutôt unilatéral en deux ans, je dois bien avouer que savoir ma femme dans les bras d’un autre pour « un plan cul » sans lendemain ne me choque plus guère, le lâcher prise affectif ayant fait son œuvre..
    Par contre, la savoir de rencontre en rencontre avec le même, c’est beaucoup plus difficile à avaler.

    Certes, la logique voudrait que je comprenne et accepte mieux cet état parce que c’est un gars qui vit dans l’adultère, mais ne quittera pas sa femme, reste respectueux, discret et en prime est un très bon amant selon l’intéressée. Mais le savoir plusieurs fois par mois avec ma femme, des journées entières quand ils peuvent, c’est hard.

    Le fait que ça dépasse le simple plan cul, heurte, blesse mon égo mais comment lui reprocher? Je suis le premier à dire que le cul sans affect, c’est creux, fade… oui, mais entre lutiner et une relation amant maitresse, il y a de la marge. Je cherche le mode d’emploi pour m’y adapter, m’en protéger. Pas simple… 😉

    • Le problème se pose quand on n’a pas envie d’avoir une relation à côté… et qu’on se retrouve tout seul et de plus en plus souvent.

      Equitable c’est pas mal, mais égalitaire ça a son importance. Perso, j’aime bien parler d’équilibre. Le relations « amoureuses » sont un jeu d’équilibre extrêmement compliqué : Pour bien faire, il faut avoir à peu près les mêmes désirs qui vont à peu près dans une même direction, évoluer ensemble si possible mais chacun avec un espace privé, posséder une bonne confiance en soi (qui a confiance en soi a souvent confiance en les autres), être tolérant, ouvert, généreux… et puis posséder une bonne étoile !!!

  10. Je partage ta remarque. Je dirais même mieux, j’y travaille même si je suis beaucoup plus cérébral, avec un soupçon de sapiosexualité.
    Le coté plan cul est secondaire pour moi, la cerise sur le gâteau qui vient confirmer un jeu de séduction ou les deux ont envie d’aller plus loin.

  11. Mmmhhh… Voilà longtemps que je ne m’étais exprimé sur ces pages qui donnent toujours hautement à réfléchir.

    Un plan d’un soir mais pas trop, renvoie assez simplement à ces distinctions catégoriques que les normes, règles, cadres établissent entre le normal et le pathologique (ou le déviant pour être plus soft). Ainsi, Audren, non moins célèbre auteur de ce blog, soutient (assez à propos d’ailleurs) qu’il serait bon de cesser de considérer la consommation d’un fondant au chocolat avec son/sa/ses collègues le midi comme plus ou moins « adultérin » que de s’envoyer en l’air au détour de la photocopieuse. Événement, au demeurant, statistiquement aussi probable que celui de s’envoyer en l’air avec un/une/des inconnu(e)s au détour d’un bar ou d’un verre.

    Et pourtant, depuis la création de ce blog, l’auteur n’en démentira pas, demeure une chose assez exceptionnelle: définitivement, réduire la consommation complète de l’acte sexuel partagé de manière consentante entre deux ou plusieurs individus de même sexe ou opposé n’est pas aussi simple que de changer une chemise, changer de mug à thé à l’emporte pièce le matin ou même se soucier de changer son jeu de jantes pour faire plus « nouveau ». Quel rapport? Simplement celui-ci… tout humain n’est pas qu’un objet, et s’il est un objet (de mes désirs par exemple) elle/il est avant tout l’objet de sa propre pensée. Ce ne sont ni nos actes, ni nos pensées qui nous définissent… à mon sens, mais bien la finalité de ceux-ci… Le « en vue de quoi les choses sont faites » et « le rapport que nous entretenons à l’action » qui est essentiel. Ceci permet en effet de céder à autrui le libre arbitre qui lui revient, ainsi que les conséquences de tous ces actes et choix, qui n’ont pas à être les nôtres.

    Or , si certains pensent que l’être humain est accro à la nouveauté, il ne l’est jamais que de manière passagère, précisément par ce que celle-ci est éphémère… et tout ce qui est éphémère le renvoie à sa propre finalité. Un moyen comme un autre de tenter de trouver du sens à un endroit ou il manque parfois cruellement. La consommation compulsive d’autrui, non qu’elle soit revendiquée dans ces pages, pourtant filigrane du rapport des sujets aux objets, me laisse à penser que si la question de quantité et de qualité étaient si prépondérante dans les vies humaines, et que si notre intelligence était ce que l’on prétend, il y a bien longtemps que le plus n’aurait rien à faire avec le mieux.

    En touchant à la sexualité (cf. Freud, Lacan, Klein etc. -> auxquel je n’adhère d’ailleurs de fort partiellement on s’entend) on aborde un vortex existentiel massif présent plus moins également en tout individu: l’identité… Les tendances d’asexualité, transgenre, poly, pan… tout ceci a pour seul et unique but de créer de nouvelle catégories fonctionnelles afin que des individus puissent à nouveau s’identifier à…

    D’un côté je prétend me fiche éperdument du regard des autres, et de l’autre je recherche avidement un regard identique à celui que je porte sur moi même afin que mon objet soi le même que mon sujet… Rien de nouveau sous le soleil franchement. Rien…

    Le seul progrès, et il est à relever, c’est que nous avons aujourd’hui le loisir d’en parler librement, ce qui n’est pas une des moindres chances et que la notion de modèle est aussi plurielle que le nombre d’individus. Parfait… et point! Rien de plus, rien de moins…

    Chacun fait définitivement ce qu’il veut pour autant que cela ne « nuise »pas à autrui. Or nuire à autrui, c’est se nuire à soi… car j’ai besoin d’autrui pour me construire.

    Tout ceci ne provient que d’une seule et unique chose (et ce n’est en rien, ni de la bêtise, ni de la mauvaise volonté, mais une LIMITE humaine): l’amour est jugé à l’aune du degré de dépendance du sujet à l’objet. Ainsi, le nouveau-né est-il systématiquement considéré « aimant » par ses géniteurs uniquement parce que sa survie passe par sa totale soumission à ceux-ci. Homme et femme naissent égaux en ceci… non nourris ils crèvent… donc il doivent aimer (se soumettre) papa et maman pour avoir à manger 😉 et dépendent largement d’eux totalement au début. Ce qui, dans la psyché humaine induit l’idée fallacieuse suivante: il me nourrissent parce qu’ils m’aiment 😉 Énorme foutaise… que l’enfant a tôt fait de tester rapidement…

    Il y a fort à parier que si nous naissions dans des oeufs, sans cordon ombilical… le rapport à l’amour serait bien différent 😉

    Après je crois que chacune et chacun est libre de définir sa propre normalité et modalité de fonctionnement. Cela implique plusieurs choses:
    – le libre arbitre -> l’acte du choix et pas le leurre de la liberté (possibilité de faire des choix)
    – la responsabilité -> qui n’a rien à voir avec la culpabilité, la seconde étant à mon sens exclusive de la première, mais les sociétés judéo-chrétiennes ont eu à cœur de jouer l’amalgame…
    – l’indépendance -> pas si facile à dire à l’heure ou je délègue des compétences à des spécialistes plutôt que de faire les choses moi-même 😉 Car toute compétence déléguée est une compétence renoncée… et le confort n’a rien à voir avec le bien-être, amalgame encore!

    Ceci pour vous exhorter toute et tous à aimer autant que vous voulez, comme vous voulez… je ne vois là rien de mal!
    Sachez seulement, que la liberté est rarement celle que l’on nous vend et que rien, sauf des actes et des choix assumés ne rendent libres!

    Ceci impliquant effectivement: si JE considère qu’une ou des personnes mes nuisent, j’ai la liberté de faire le choix de les écarter de ma vie, ce n’est ni un jugement de valeur, ni une sanction… Un constat. Quand l’autre me fait mal, je ne dis pas que c’est de sa faute ou orienté, c’est comme cela. Si je n’ai pas envie d’avoir mal, ce que je considère comme étant mon droit, je peut demander à l’autre gentiment de s’éclipser et de sortir de ma vie, car miraculeusement, si j’ai besoin de l’autre pour savoir qui je suis, il se trouve que 8 mrds d’âmes peuvent tenir ce rôle magnifique d’aimer, comme JE le souhaite. On n’est jamais légitime dans les exigences à autrui… simplement parce que peut-être IL/ELLE ne PEUT pas faire la même chose. Alors, par respect de l’autre et de soi par voie de conséquence, on dit merci et on s’en va… pas grave. Mais les choix ont des conséquences… oui et il serait bon de les assumer. L’inverse étant vrai aussi… si j’aime avoir mal, j’ai le loisir de m’entourer de gens qui me font souffrir.

    Pour terminer : être mieux que ou moins bien que implique un référentiel commun et donc admettre que toutes et tous devrait arriver au même endroit de leur vivant… (un des plus gros échec de l’enseignement moderne)… A force de considérer l’égalité des chances comme un synonyme de justice… nous en sommes venu à ignorer l’essentiel:
    Si une enfant ressemble à un autre… c’est en ceci précisément qu’il diffère. On nous apprend à détester la différence…La détestation de la différence est devenue la norme… la normose! La maladie de la norme, reflet d’esprits étriqués qui se prétendent supérieurs à toute fin identitaire… incapable qu’ils sont de distinguer les formes dans le noir sans le truchement d’une lumière artificielle 😉

  12. Je ne savais pas que le couple libre c’était un match ou il fallait marquer le plus de points en baisant d’autres personnes! Je croyais que c’était se libérer de contraintes sociales, de se faire confiance etc.

    Si ces messieurs n’arrivent pas a niquer, c’est peut être qu’il si prennent comme des manches aussi non? 😉 Et si les filles se font plus draguer, c’est peut être aussi parce que les mecs sont plus agressifs, et invasifs dans leur méthode de drague. Ce qui pour ma part ne me donne absolument jamais envie de repartir avec eux. (Bien que je n’ai absolument pas besoin de ressentir de sentiments pour m’envoyer en l’air, et heureusement !)

  13. Bonjour Audren,
    Je lis souvent votre blog et je n’ai souvent rien à redire mais là je suis plutôt critique. Je suis d’accord sur le fait qu’en général un couple libre « seulement pour les coups d’un soir » ça marche pas trop. Mais ce que je voudrais critiquer surtout c’est ce mythe que j’entends souvent de l’inégalité face aux plans d’un soir. et que je perçois là dans votre article.

    En fait, je prendrai votre article à revers et je suis complètement convaincue qu’il est bien plus difficile pour une femme de trouver un plan d’un soir masculin que pour un homme de trouver un plan d’un soir féminin. Je m’explique : dans le contexte de votre beau petit monde, les plans culs/plans d’un soir sont « égaux » pour les deux partenaires une fois la proposition acceptée. Or si l’on recherche en fait un plan cul masculin qui soit respectueux, pas sexiste, à l’écoute des envies et plaisirs féminins aussi, (et bien sûr pas violent ou agressif…) le champ des possibles diminue drastiquement pour une femme. Je ne parle pas de rêve de prince charmant super attentionné, juste de respect basique : pas de comportement sexistes et respect dans le rapport sexuel. C’est en fait assez rare pour une femme de tomber comme ça sur un inconnu qui soit sensibilisé à la cause féministe, qui soit déconstruit des clichés du rapport sexuel traditionnel fellation-pénétration-jouissancemasculine-fin (schéma qui la plupart du temps ne donne pas de très grand plaisir pour la majorité des femmes). Vous évoquez jalousement le nombre de propositions que nous pouvons recevoir en tant que femme si on est seule dans un bar, une rue, une soirée et bien habillée (et je n’évoque même pas le harcèlement de rue, on est dans le contexte, supposons, d’une femme qui cherche des propositions. Je passe aussi sur le fait que cela fonctionne plutôt si on se présente bien comme dans les attentes de l’image de la femme maquillée, épilée, bien coiffée, pas trop vieille, pas trop grosse, et conforme aux modèles de beauté standarts dans notre société… oui les normes de beauté existent aussi pour les hommes mais je pense qu’elles sont bien plus nombreuses et étriquées pour les femmes). Alors certes une telle femme aura beaucoup plus de propositions et de drague qu’un mec dans la même situation, mais la plupart des propositions ne sont juste pas du tout recevables et pas égales au niveau « qualitatif ». La plupart sont au mieux décevantes (pas trop de plaisir), au pire dangereuses.

    Vous revendiquez l’égalité entre les femmes et les hommes dans ce blog et j’ai l’impression que c’est à un public sensibilisés à cette cause que vous vous adressez. En tant que femme et féministe je rêverai de pouvoir rencontrer d’un coup des amants/amoureux/plans d’un soir dans la rue/un bar/une soirée, juste en discutant, en souriant, et en tombant sur plein de gens bien attentionnés et intéressés juste pour un moment d’échanges de plaisirs réciproque. J’ai même essayé de concrétiser ça plein de fois dans la réalité. Il m’est effectivement très facile si je décide par exemple de coucher ce soir, de sortir en bar ou club bien habillée, de tomber facilement sur un jeune homme sympas et intéressé pour avoir un rapport sexuel le soir même où je le décide. Soit. Mais dans de telles circonstances j’ai plusieurs fois manquée de me faire agresser sexuelle par des gars qui avait l’air pourtant de jeunes hommes très nice et très sympas, intelligent, paraissant ouvert d’esprit… L’histoire par exemple de ce mec qui a l’air sympas, rencontré dans un milieu artistique/gauchiste/classe aisée, avec qui j’ai dormi après une première rencontre dans une soirée un peu alcoolisée alors que je cherchais un « casual sex », avec qui j’ai couché le soir même de manière très banale et qui a attendu que je m’endorme pour me sodomiser sans mon consentement pendant que je dormais. Sans aller jusqu’à cet exemple extrême, il m’est très difficile de rencontrer des mecs qui soit ouverts d’esprits et qui connaissent le désir féminin suffisamment sans que j’aie à leur expliquer à chaque fois que la pénétration vaginale ne me suffit pas pour avoir beaucoup de plaisir. Il est assez rare d’avoir un orgasme lors d’un premier coup d’un soir avec un inconnu. L’insatisfaction sexuelle que j’évoque ici n’est pas dû à une attitude de princesse dans le style « je ne dis rien sur mes envies et j’attends de mon prince charmant qu’il fasse tout ce dont je rêve sans que j’ai besoin de l’évoquer » non là je parle de réelle incompréhension et inexpérience de la part de nombreux partenaires masculins par rapport au plaisir féminin.
    J’ai envie d’ajouter le fait qu’en plus que durant le processus du flirt il est très mal perçu en tant que femme de changer d’avis (pour multiples causes de fatigue, ivresse, ou si on se rend compte que le mec est pas si cool finalement, etc…). On nous fait comprendre que si on commence à accepter un verre, ou si on commence à flirter ou à se montrer interressée, refuser finalement un rapport sexuel est très mal perçu et on nous fait comprendre qu’on doit quelque chose (et on peut faire face à des comportement de déception ou frustration qui peuvent être violent).
    Dans un tel contexte si je veux rencontrer spontanément un plan d’un soir il faudrait donc que j’arrive à décider très rapidement si un homme qui se montre intéressé et safe, au courant des oppressions sexistes, pas coincé dans des clichés sexuels sexistes et potentiellement capable d’être à l’écoute de ma jouissance et bien sûr pas violent ou dangereux. C’est presque mission impossible, ça ne vaut pas le risque. Le plus souvent il me faut donc plus de temps si je recherche un partenaire spontané pour un « échange de plaisir réciproque » : il me faut connaître un minimum l’homme en question et m’assurais au moins du fait qu’il ne soit pas sexiste dans sa vision des relations femmes-hommes. Ou alors ce ne sera qu’au bout de la troisième ou quatrième nuit avec le même partenaire que j’arriverai à lui faire déconstruire certains clichés sexuels/sexistes pour qu’on puisse se lâcher réciproquement et que nous deux puissions avoir beaucoup de plaisir sexuel, mais du coup cela n’est plus de l’ordre du plan d’un soir spontané. (Et j’évoque ici une tendance que je constate en général quel que soit le milieu social. Il m’est arrivé de rencontrer des partenaires supers pour un plan d’un soir, mais en comparaison aux nombreux mauvais moments que j’ai passé pour chercher des plans d’un soir, ça ne vaut pas vraiment le risque.)
    Or ce risque de danger, d’humiliation, de remarques normatives, de plaisir non pris en compte… est beaucoup plus faible pour les hommes. Au pire ce sera un plan ennuyeux pour eux, ou bien une situation foireuse d’une fille qui s’attache et qui ne respecte pas le contrat d’un soir. Mais c’est tout. C’est plutôt ça la réalité des inégalités des plans d’un soir : des partenaires qui se connaissant peu et qui sont bien plus susceptibles de reproduire les normes sociales (sexistes) de la sexualité centrée uniquement sur le désir masculin. Ca ne profite pas davantage aux femmes, loin de là.

    Bon, je précise que j’ai 19 ans et je fréquente généralement des hommes entre 20 et 25 ans et les jeunes de ma génération sont peut-être moins « safes » et moins respectueux, encore trop immatures et coincés dans les clichés. Ca peut expliquer une certaine différence par rapport à plusieurs personnes plus âgées qui ne se retrouverait pas dans ma vision des choses (j’ai l’impression que ce blog est destiné à des personnes en général plus âgées). Mais quand même je ne pense pas que le sexisme ait une différence intergénérationnelle si importante et je pense que votre point de vue dans l’article pose problème en omettant cet aspect…. Ce que je veux dire c’est que votre texte ici parle surtout aux mecs et votre discours n’inclut pas trop les femmes. Dans ce que je lis nous sommes perçues ici dans votre comme des grandes privilégiées du marché des plans d’un soir , or quand je repense à mes agressions subies, mes insécurité face à des violences sexuelles, les fréquents « échanges de plaisir » pas vraiment égaux et pas réciproques, la pression sociale qui me pousse à surjouer un rôle féminin dans les normes attendu, etc. Je trouve donc votre article violent et injuste dans la manière de présenter le problème. L’explication que vous offrez est tellement masculinocentré qu’elle en invisibilise complètement l’inégale accès aux « bons » plans d’un soir pour les femmes par rapport aux hommes. Ainsi, vous présentez les hommes en victimes –certes, les hommes sont des victimes indirects de leur propre position de dominateur dans la société, mais c’est juste une conséquence du fait que les femmes sont avant tout les principales victimes d’une sexualité phallocentrée. Et du coup, l’article ne pousse pas la réflexion sur la manière de lutter contre cette inégalité : selon moi le plus important, détruire les codes sociaux de la drague traditionnelle pour apprendre à créer une drague/séduction safe, de manière pas oppressive pour les femmes, qui prenne aussi en compte le plaisir féminin?

    Voilà, il me semblait important de développer ce point de vue. Mon amoureux qui est un mec très chouette et sincèrement égalitaire a plutôt du succès auprès de plein de filles chouette qui cherchent juste pour un soir un mec cool et pas oppressif. Alors que moi, qui reçoit plein de propositions quotidiennes de mecs pas safe et sexistes, je galère franchement à rencontrer des plans pour « casual sex » qui soient assez safe et dans lesquels je peux espérer prendre mon pied. (Mais je me plains pas parce qu’aussi, on est pas en couple libre dans le but de faire un concours de plans culs, c’est juste dans le but d’être ouvert à des rencontres, se faire confiance et de briser les codes de l’exclusivité !) Comme quoi…

    • Merci infiniment de ce témoignage. C’est vrai que vu sous l’angle de la qualité, le monde des rencontres est probablement moins inégalitaire qu’il n’y paraît.

      • Sans développer autant que Solenne, je dirais en effet que vous vous trompez car s’il est plus facile pour une femme de rencontrer un plan d’un soir, ce n’est pas nécessairement parce qu’elle est jolie, intelligente etc. c’est simplement parce qu’elle est une femme disponible pour passer du bon temps et que les hommes sont en général moins exigeants que les femmes.

        Comme l’a expliqué Solenne, une femme doit faire attention à sa sécurité, aussi doit-elle être plus vigilante avant de concrétiser. C’est une problématique que les hommes ne connaissent pas mais qui joue un rôle déterminant.

  14. Bonjour.

    J’ai lu beaucoup d’articles sur ce site. Jusqu’à présent j’ai toujours vécu mes relations en monogamie exclusive.
    Ma copine m’a enfin déclarée son consentement à me donner cette relation monogame il y a 2 mois de cela, après 3 mois de fréquentation … Avant de me tromper il y a peu. C’est elle qui me l’a avoué.

    Elle veut être en couple libre avec moi, mais je me sens perdu, premièrement parce que je n’ai jamais fait ça, et deuxièmement, parce que je me sens exclusif à elle sexuellement. Je ne ressens aucun besoin d’aller coucher avec une autre personne parce que je me sens pleinement satisfait sexuellement.

    Je ne sais pas quoi faire … Je n’ai pas envie de perdre cette personne, et je sais que je la perdrai si je ne consens pas à un couple libre, mais d’un autre côté, je ne profiterai en rien de cette liberté. Et elle en est parfaitement consciente ..

    • l’important ce n’est pas si c’est égalitaire mais si ça vous convient. Si le deal c’est ‘en couple libre avec elle’ vs ‘pas avec elle du tout’, quel est votre choix ? (avec d’un côté des bons moments avec elle et des moments plus difficiles le temps d’apprivoiser les questions d’insécurité et de jalousie, de l’autre pas de bons moments avec elle, mais probablement bientôt avec quelqu’un d’autre). A vous de voir. A noter qu’après seulement quelques mois, demander le couple libre, ça semble quand même un peu suspect. Donc même accepter le deal n’offre aucune garantie. Et si ça doit vous broyer émotionnellement, c’est idiot de s’accrocher. Mais si vous pensez pouvoir y trouver votre compte, le parcours est vraiment intéressant (au moins en ce qui me concerne, pour l’avoir vécu). Et ne dites pas ‘fontaine, je ne boirai pas de ton eau’ : si vous n’avez pas envie de faire d’autres rencontres maintenant, ça ne veut pas dire que vous n’en aurez jamais envie, et avoir cette liberté n’est pas donné à tout le monde..

    • Bonjour Gernold,
      Permettez-moi de vous dire que vous vous trompez sur un point, lorsque vous dites que vous ne profiterez en rien de cette liberté. Bien au contraire, en laissant votre partenaire libre, vous lui permettrez d’être heureuse à vos côtés, sans avoir à « jouer un rôle » (ou aller contre ses envies) pour vous garder.
      La relation libre n’est pas une meilleure garantie de couple durable qu’une relation exclusive, mais pas moins bonne non plus. Mon conseil : détendez-vous ! Validez avec votre partenaire que ce qui compte, c’est la richesse des moments que vous passez ensemble. Si elle va « trop » voir ailleurs et que cela nuit à votre relation, discutez-en avec elle. Restez exclusif de votre côté si c’est votre élan, la symétrie n’est pas une nécessité dès lors qu’il y a équilibre.

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