Ce qui te fait le plus souffrir, c’est le mensonge. Vraiment ?

Encore un exemple de fausse excuse. Tu me dis que tu aurais pu accepter que je voie quelqu’un d’autre mais que tu ne peux pas supporter l’idée que je t’aie menti. Tu te sens trahi, humilié. Pas par mon aventure mais par mes mensonges. Et pour ça tu ne pourras plus me faire confiance ni me pardonner.

Certains mensonges semblent plus impardonnables que qu'autres (ref. photo (c) shutterbug13 sur deviantart.com)

Certains mensonges semblent plus impardonnables que qu’autres (ref. photo (c) shutterbug13 sur deviantart.com)

Mon oeil.

La preuve

La preuve, quand je t’ai menti sur mon emploi du temps pendant deux semaines ; quand tes collègues savaient et me couvraient ; quand je t’ai bobardé sur pourquoi ton meilleur pote essayait de me joindre ; quand j’ai planqué des retraits d’argents pour que tu ne voies pas certaines dépenses ; quand j’ai utilisé un putain de prétexte le samedi soir pour t’attirer hors de la maison…

… pour ton anniversaire surprise des 30 ans.

Tu as ri de bon coeur. « Ah, mais c’était ça…. et moi qui commençais à avoir des doutes ! Ha ha ha ! Merci, je t’aime ».

Et pourtant je t’ai menti 100 fois plus à cette occasion que quand j’ai couché avec mon amant. Y aurait-il donc des mensonges plus impardonnables que d’autres ? Et dans ce cas, pourquoi ?

Epilogue relativisant

Oui bon, tu aurais raison si j’avais joué à ce jeu pendant des mois sans aborder le sujet. Et si j’avais empilé des mensonges de plus en plus gros sur le mode « quoi qu’il arrive, niez« . Et si je t’avais vraiment pris pour un con. Et si je t’avais baladé émotionnellement. Et si mes alibis et mes escapades, plutôt que d’être simplement une manière de me préserver un espace de liberté contre l’intrusivité de ton instinct de possessivité, étaient devenus une façon pour moi de tirer la corde jusqu’à rupture… Alors là, oui, je veux bien croire que tu te serais senti blessé.

Mais ça n’a rien à voir.

29 réponses à “Ce qui te fait le plus souffrir, c’est le mensonge. Vraiment ?

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  2. Le seul vrai mensonge que je ne supporte pas, c’est le « oui » à la question « tu es allé voir ailleurs ? »
    Être prise pour une conne et se priver d’un dialogue constructif et libérateur …

      • Effectivement. Sauf que dans bien des cas, faute d’en avoir discuté avant, l’autre est persuadé que « non » est la seule réponse possible, puisque tout le monde part du principe que « oui » implique la fin immédiate de la relation. C’est ce que j’ai mis sous le paragraphe ‘l’incitation au mensonge’ dans l’article de l’autre jour.

      • En fait dès le départ, je suis très claire sur ces questions là. J’en ai parlé sur mon blog. L’autre n’est pas ma chose. Rien n’est permanent. Je suis honnête. Si ça m’arrive de fantasmer sur un mec, mon mec peut aussi. Autant en discuter. Ça ne peut qu’ être enrichissant pour le couple. Je pense …

      • C’est une très bonne approche. En libérant la parole sur la non-exclusivité on n’offre plus aucune excuse pour le mensonge — mais personnellement je pense qu’il faut éviter de tomber à l’inverse dans un « devoir de transparence » qui serait une autre forme de contrôle et de tendance fusionnelle.

  3. J’ai vécu ce que l’on appelle l’amour libre. J’ai vu comment réagissaient celles et ceux qui le chantaient haut et fort lorsqu’ils / elles étaient mis à l’épreuve des faits. Et j’en ai conclu que présenter la fidélité comme une contrainte est une escroquerie intellectuelle, et que la présenter comme une soumission à une prescription religieuse en est une autre. Être fidèle ne demande aucun effort particulier quand on aime vraiment quelqu’un, on n’y pense même pas, cela va de soi, et, ne vous en déplaise, dans la plus totale liberté.

    • Donc si je comprends bien, vous êtes en train de me dire que ma femme ne m’aime pas vraiment… Je crois que c’est elle la mieux placée pour le savoir. Il faudrait lui demander directement mais j’ai quelque idée de sa réponse.
      Cette idée que la fidélité est signe d’amour (et l’idée inverse que l’infidélité est toujours signe de désamour) fait pourtant beaucoup de dégâts chez celles et ceux pour qui justement les deux ne vont pas forcément de pair. Et bien des histoires d’amour qui auraient pu durer si on interprétait la fidélité à 99% plutôt qu’à 100%

  4. Est-ce vraiment le sexe la différence principale entre les deux mensonges évoqués ? Moi, j’y vois surtout une différence de motivation. Mentir pour faire plaisir à l’autre passe effectivement mieux que mentir pour se protéger soi-même, garder l’estime de l’autre, ou par manque de confiance en la capacité de compréhension de l’autre…
    Je trouve qu’une meilleure comparaison serait avec le mensonge au sujet de la perte d’un travail, ou d’un changement d’orientation… Par exemple l’employé de bureau qui décide de démissionner pour s’investir dans la poterie…

    • Intéressante comparaison.
      Je dirais que dans la mesure où les partenaires se sont mis d’accord pour contribuer conjointement aux finances du foyer, quitter son boulot sans en parler (ou mentir à ce sujet) s’apparente à une trahison d’un projet commun. Coucher une fois avec quelqu’un d’autre ne change rien au projet de couple (car le projet de couple n’a pas à m’interdire des trucs sur mon temps privé), donc ce n’est pas le même genre de trahison.

      Je ferais une autre comparaison, c’est si je mens sur le fait que j’ai mangé au McDo à ma copine vegan qui m’a fait promettre de ne jamais plus me nourrir d’animaux morts.

      • Je crois qu’on commence à toucher du doigt une bonne comparaison🙂 en ce qui concerne le sexe : « coucher une fois … »

        Ma comparaison était avec une nouvelle relation qui prends du temps et de l’investissement personnel. Temps pris sur le temps de travail ou le temps domestique…

      • Certes. L’article parle plutôt d’une aventure passagère. Sinon il s’agit d’un long mensonge et si en plus la nouvelle relation n’est pas simplement occasionnelle mais empiète sur la vie du couple, alors je suis bien d’accord avec toi.

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  6. Ça tient simplement au fait qu’on rompt un pacte (certes tacite.. ce qui est un problème en soi, on est d’accord).

    A ce titre, et bien que je trouve la demande invasive dans les deux cas (exclusivité ou obliger au véganisme), c’est aussi grave en effet que  » si je mens sur le fait que j’ai mangé au McDo à ma copine vegan qui m’a fait promettre de ne jamais plus me nourrir d’animaux morts. « . En ajoutant qu’éventuellement c’est toutes les semaines.

    Parce qu’il y a eu promesse. Quand on ne peut pas tenir une promesse, on ne la fait pas. Ou on commence au moins par aviser l’autre qu’on est plus capable de la tenir. Rompre une promesse qu’on a faite sans avoir fait l’effort d’en parler, c’est quand même tendu comme forme de respect de l’être aimé.

    • Sauf que dans le cas du véganisme, au moins notre société ne nous le présente pas comme la seule possibilité « normale » de se nourrir. Donc j’imagine que si on en fait la promesse (par amour mais aussi un peu par conviction, j’espère), on le fait davantage en connaissance de cause. Moins l’exclusivité sera présentée comme la seule possibilité de vie en couple, et plus l’engagement d’exclusivité sera pris lucidement (même si je pense qu’il n’a pas de sens)

      • Certes. Ceci dit, je pense malgré tout que le conjoint qui se rend compte que l’exclusivité n’est plus une possibilité devrait faire l’effort d’évoquer le sujet. J’sais pas, ne serait-ce qu’en tâtant le terrain un tout petit peu…

        Pour avoir été courtisée deux fois par des types adultères, à chaque fois la réponse a été « oui ton concept est super, mais je ne peux pas en parler à ma femme, elle ne comprendrait pas… ». Bon.

        Déjà, je trouve que c’est une vision bien peu glorieuse de leurs capacités de compréhension.. Et surtout, il y en a une des deux qui quelques mois plus tard a rompu parce qu’elle avait été infidèle et ne le supportait pas. Comme quoi, c’est bête, s’ils en avaient parlé…

      • C’est sûr, c’est très con. Entièrement d’accord avec toi. Malheureusement, évoquer la question ‘un petit peu’ c’est comme ouvrir la boîte de pandore ‘à peine’. C’est quand même irréversible dans la dynamique du couple.
        Mais c’est quand même le mieux à faire. C’est ce que j’ai appelé le ‘pari de la crémière’.

      • Je ne sais pas, on peut quand même évoquer des sujets histoire d’avoir un avis sans que ça devienne tout de suite une demande… Avec un peu de finesse, c’est qu’une discussion en passant. Quand on parle éducation ou grossesse par exemple, ça veut pas forcément dire qu’on veut des enfants. Ben pareil.🙂

        Donc là, suivant les réactions en face, on peut se faire une petite idée sans tout chambouler. Après, j’pense pas que ce soit une mauvaise chose de prendre le risque vu que de toute façon, visiblement il y a besoin. Mais je comprends qu’on puisse être frileux. Admettons.

      • Je pense effectivement qu’on peut de plus en plus en parler, même si pour beaucoup de couples, c’est encore un truc tabou qui signe le début de la suspicion totale.

        Mais avec un peu de chance, l’exclusivité suivra le même chemin que la question des enfants. A l’époque, on n’évoquait même pas l’éventualité qu’ils puissent être facultatifs (cf. la chanson de Brassens « les amoureux des bancs publics » qui en sont aux premiers baisers et qui « se voient déjà, doucement // elle cousant, lui fumant […] et choisissent les prénoms de leur premier bébé… »).

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  8. Tiens, tu viens sans doute d’expliquer pourquoi je n’ai jamais aimé les surprises, raison pour laquelle personne ne se risque à organiser de soirée en « mon honneur » dans mon dos ! (rire)

    Sans plaisanter, après trois mois et quelques de réflexions et de travail intérieur, je peux aujourd’hui dire que l’histoire qui a modifié les fondements de notre couple (je ne sais pas encore pour quels autres principes encore, ni si les principes sont vraiment obligatoires d’ailleurs) ne m’appartient pas, finalement : elle n’appartient qu’à mon mari. Et aujourd’hui, la seule blessure encore vive, mais vraiment vive, c’est l’idée que mon ami, pas mon amoureux, toujours présent et tendre depuis la découverte, mais bien mon ami, qui m’a tourné le dos pendant tout le temps de cette histoire, ait volontairement dissimulé des actes, m’ait volontairement écartée de sa vie pendant quelques mois (distance accrue – et évolutive – pendant toute la période de correspondance), n’ait pas eu l’envie de me faire confiance (ou l’envie de combattre la peur qu’il avait de me faire confiance). Notre serment de couple n’était pas l’éternité, mais la transparence. D’où le sentiment d’une loyauté de bas étage à mon égard…

    Donc oui, ce qui me fait le plus mal, là, c’est le mensonge. Plutôt, cette capacité qu’il a eu à dissimuler, au regard de nos longues conversations sur le sujet lorsque nous avons démarré notre bout de route en commun.

    • La peur de faire confiance, quand on se croit (sait) en faute, est probablement une des clés du mensonge. Le sujet est culturellement tellement chargé et c’est si dur de savoir comment l’autre peut réagir…

      • Oui, même plus qu’une clé, c’est pour moi l’ingrédient essentiel. Quant au côté culturel, que tu reprends régulièrement, je suis d’accord avec toi. Et comme je l’ai déjà évoqué, j’ai toujours cru, tout le monde a toujours cru que je réagirais comme une furie si un tel cas de figure se présentait. La petite différence dans notre histoire, c’est qu’il s’était tout de même engagé à me prévenir si cette personne, qui a fait partie de sa vie avant notre rencontre, revenait lui faire un petit coucou… quel qu’il soit. Sans autre promesse de choix ou quoi ou qu’est ce. Juste cette transparence là, qu’il n’a pas été en mesure de respecter…

        J’en profite pour te remercier, car tes écrits font temporairement partie de la base de mes réflexions du moment.

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  10. Salut ! Je suis en pleine réflexion. Je ne me considère pas encore poly, vu que je n’ai qu’une copine et je n’ai pas (encore ?) été voir ailleurs. Mais elle se considère bel et bien comme ça même si elle n’a jamais eu deux copains consentants en même temps (des amants oui, par contre). Elle est passé avec moi de « je t’aime et je ne veux pas aller voir ailleurs » à « je n’imagine pas la vie autrement qu’en étant poly » en moins d’une semaine. Après plusieurs discussions et tentatives de mettre des conditions et règles obligatoires, je me suis rendu compte que c’était inutile, d’autant que je l’aime et que c’est réciproque. Cependant une règle à subsisté : elle me dit si elle va (ou à été) voir ailleurs à chaque fois. J’accepte quand elle me le dit, je prend ça pour une tromperie si elle me le cache. (je ne demande pas de détails juste un petit « j’ai vu un type ce week-end », comme ça, en passant). Alors oui, pour moi c’est le mensonge le problème. Je trouve ta comparaison bien trouvée mais légèrement tirée par les cheveux. Ainsi je pourrais dire : c’est vraiment tuer le problème ? Parce que tu as écrasé un moustique hier, alors pourquoi ne puis-je pas tuer une autre personne ? (hormis le cadre légal) Pourquoi faire une distinction ? Alors pour moi il est tout à fait défendable de différencier certains mensonges, au même titre que l’on différencie certaines mise à mort. Ceci est une réflexion personnelle entachée du ressenti d’un « ex-clusif » pas encore poly.

    • Je n’ai absolument pas dit que tous les mensonges peuvent être absous. Mais je dis effectivement qu’un mensonge pour le sexe n’a pas à être considéré plus durement qu’un autre, toutes choses égales par ailleurs. Dit autrement, celui qui sort un horrible bobard pour une histoire de fric est aussi fautif que pour une histoire de cul.

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