Good, Giving & Game – les trois points G du sexe

Pour que le sexe soit durablement bon, et à plus forte raison dans un couple monogame, il faut que les partenaires soient GGG : Good (compétents), Giving (généreux), Game (ouverts). Développons un peu ce mème dorénavant incontournable de la culture sexe-positive américaine.

shibari male nude pencil drawing

boudu c’est joli le shibari (ref. photo (c) vishstudio sur deviantart.com)

Dan Savage a un talent pour inventer des concepts et leur faire prendre racine dans la culture de son époque. A travers sa rubrique couple/sexo et son lovecast, il a lancé un certain nombre de néologismes et autres sigles qui font mouche et enrichissent le paysage culturel autour des questions de liberté individuelle, d’orientation sexuelle, de sexualité épanouie.

Et donc justement, lui qui commence à en connaître un bon rayon, il nous dit qu’il faut être GGG.

Good (in bed) – compétent (au lit)

Nous sommes des illettrés sexuels. Les américains plus que les français, mais il n’y a pas de quoi se vanter. Qui a reçu une éducation sexuelle qui parlait d’autre chose que de pénétration vaginale hétéro, de biologie de la procréation, de maladies sexuellement transmissibles ? Pourtant le sexe c’est d’abord pour le plaisir mais là, c’est à nous de découvrir tous seuls tellement personne n’ose en discuter. Même en couple. C’est comme si tu devais apprendre la cuisine par toi-même. Ou à la rigueur juste avec des bouquins ou en matant des vidéos de Master Chef en cachette.

Il faut sortir de l’illettrisme. Il faut apprendre, se renseigner, poser des questions, se faire expliquer, se faire montrer, se faire corriger, apprendre encore. Ne jamais avoir honte de ne pas savoir (et surtout ne jamais faire le macho qui fait semblant de savoir). Et aider l’autre à apprendre.

Alors j’entends d’ici ceux qui s’insurgent contre « l’exigence culturelle de la sexualité épanouie » véhiculée en particulier par les magazines féminins. Je suis un peu d’accord qu’il y a parfois une forme de surenchère. Maïa Mazaurette revient souvent d’ailleurs sur l’idée qu’il n’y a pas de honte à tourner autour de trois positions, qu’un quickie au réveil n’est pas moins noble qu’une nuit blanche avec bougies et dentelles. Mais je ne suis que partiellement d’accord. Les magazines féminins pratiquent aussi la surenchère culinaire, entre les smoothies, les verrines, les recettes thermomix et autres snobinarderies gourmandes. Et personne pour s’insurger que moi j’aime bien « juste une tartine avec une tranche de bethmale et quelques feuilles de roquette » voire « les macaronis au beurre », voire « le jeûne ».

La consigne de sortir de l’illettrisme sexuel, de chercher à s’améliorer, d’apprendre et d’innover procède exactement du même principe que celui qui veut que les repas seront toujours plus (durablement) agréables avec quelqu’un qui sait cuisiner autre chose que les raviolis en boîte.

Giving (without expecting immediate reciprocation) – généreux (sans attendre une réciprocité immédiate)

Préconiser qu’on soit prêt(e) à donner du plaisir à l’autre, y compris jusqu’à l’orgasme, sans attendre une réciprocité immédiate, ça va un peu à rebours de la tendance égalitaire qui demande dorénavant à l’homme de toujours se préoccuper des orgasmes de sa partenaire. Or il ne faudrait pas. Ou en tout cas pas tout le temps. Il faut apprendre que le sexe peut très bien être à sens unique, pourvu qu’il ne soit pas tout le temps à sens unique dans le même sens.

Et la jolie fellation entre deux portes n’a pas besoin d’être « remboursée » immédiatement. Elle prend d’ailleurs une intensité érotique toute particulière, comme si on était conscient qu’en attendant l’occasion de s’acquitter de la dette, les intérêts s’accumulaient. De même, Monsieur peut se sentir extrêmement valorisé d’avoir aidé sa douce à grimper aux rideaux sans jouir lui-même, et de pouvoir garder son ardeur pour le reste de la journée, en attendant ce soir…

Donner sans attendre une réciprocité, ça permet aussi de prendre soin du plaisir de l’autre quand on n’est personnellement pas plus motivé(e) que ça pour soi-même. Que le « je n’ai pas envie pour moi » ne devienne pas « débrouille toi tou(e) seul(e) à la salle de bains » (voire « abstiens-toi« ).

Game (for anything, within reason) – ouvert (à tout, raisonnablement)

C’est la consigne la plus controversée de Dan Savage, et là où sa culture sexe-positive révèle toute son ampleur. Heureusement qu’il est gay, sinon ça aurait davantage de mal à passer. En effet, il demande aux partenaires d’être ouverts à tout.

Ouvert à tout, ça veut d’abord dire ne pas juger les désirs sexuels du partenaire. On ne retrousse pas le nez si le copain aime un doigt dans le cul pendant qu’il se fait sucer. On ne crie pas au lèse-féminisme si Madame dit qu’elle aime être un peu brutalisée, se faire traiter de salope ou recevoir des fessées. On ne part pas en courant quand le garçon dit qu’il aime porter des dessous en dentelle rose ou s’il adore lécher des orteils. On n’appelle pas les flics quand la fiancée aimerait vous attacher à la chaise et vous fouetter.

Il y a un tel fardeau de honte et d’incompréhension autour de tout ce qui sort de la sexualité vanille normalisée que la peur d’être jugé(e) bloque l’expression d’un désir qui n’est parfois pas bien compliqué à réaliser et qui –pour la personne qui l’exprime– pourrait être furieusement excitant et libérateur. Le fait de se sentir accepté(e) dans l’expression d’un désir un peu atypique est un ferment très puissant de cohésion du couple.

Ouvert à tout, ça veut aussi dire sortir de sa zone de confort et être partant(e) pour tenter le coup. Donner des fessées, c’est un peu contre ma religion. Mais si c’est demandé gentiment, je veux bien faire l’effort. Peut-être même que j’arriverai à y prendre goût. Comme dit Dan Savage, les fans de BDSM sont de deux sortes : celles et ceux qui ont toujours eu des fantasmes qui peuvent sembler extravagants, et ceux et celles qui sont tombés amoureux de ces personnes-là, qui sont sortis de leur zone de confort par amour, et qui y ont pris goût.

Sachant que c’est comme les huîtres ou les topinambours : on ne peut pas juste dire « j’ai goûté une fois et j’aime pas ». Certaines choses demandent un peu d’assiduité et il ne faut pas renoncer à la première difficulté. D’ailleurs, heureusement que tous ceux pour qui la « première fois » n’a pas été géniale ne renoncent pas au sexe pour autant.

Si ma chérie adore l’équitation et qu’elle veut que j’en fasse avec elle, je vais tâcher de l’accompagner, même si au départ ça ne me tente pas plus que ça. Et si je flippe ou même si je tombe, je vais m’accrocher un peu parce que je suis déterminé à lui montrer que ce qui est important pour elle est important pour moi. De même, quand madame dit à son homme à quel point elle adorerait qu’il veuille bien goûter au plaisir de se laisser pénétrer par elle, il ne faudrait pas qu’il laisse tomber avant d’avoir réellement essayé.

Certes il y a des limites. Chacun a ses limites. Si vraiment le fantasme de ma partenaire ne passe pas ; au point qu’il me tue toute excitation, voire qu’il suscite chez moi une douleur ou une angoisse ; ou bien si physiquement ça m’est impossible (si ma copine est bisexuelle, j’aurai du mal à jouer sur les deux tableaux) ; alors il ne faut pas se forcer. C’est pour ça que Dan Savage ajoute systématiquement « dans les limites du raisonnable ».

Ouvert à tout, ça peut toutefois dire que si raisonnablement on ne peut pas satisfaire certains désirs de notre partenaire, on doit pouvoir accepter l’idée que ces désirs soient satisfaits par d’autres. Quand le désir est important, qu’il signifie vraiment quelque chose dans l’épanouissement de notre partenaire (et minimiser ou rabaisser un fantasme en espérant que l’autre parviendra à faire une croix dessus est la plupart du temps illusoire), alors il est raisonnable de sous-traiter l’épanouissement. Après tout, c’est exactement ce que je fais avec l’équitation : je ne dis pas « le cheval, ce n’est pas mon truc ; et de toute façon, personne n’a besoin de faire du cheval ; alors je n’irai pas, et toi non plus » ; je dis « le cheval, ce n’est pas mon truc ; j’ai vraiment essayé, je n’ai pas pu ; alors va chevaucher avec qui tu veux ; mets une bombe et une protection dorsale et amuse-toi bien ; je te masserai les cuisses à ton retour ».

42 réponses à “Good, Giving & Game – les trois points G du sexe

  1. Té j’aurais pas choisi de comparer le porno à des vidéo de Masterchef, dans ton analogie… O_o Masterchef t’en apprend plus en cuisine que le porno ne t’en apprendra jamais en sexe, parce que le porno véhicule des lieux communs et prône un seul type de relationnel, la sexualité de domination, alors que masterchef te fera faire de la pintade au raisin comme du riz au Safran, ce qui est matière de savzeur propose une bien meilleure game de saveur : le porno ne te propose de savourer que le même type de sexualité néanderthalienne éculée et pathétiquement non imaginative…

    • « le porno ne te propose de savourer que le même type de sexualité néanderthalienne éculée et pathétiquement non imaginative… »

      Il est temps que vous vous mettiez à nouveau à regarder du porno ! Certes le porno se traine une immense liste de défaut, mais s’il a au moins un avantage, c’est sa diversité ! Toutes les sexualités et même plus sont représentées là dedans, suffit de savoir fouiller !

      • Merci. Je peux souligner que le porno a pris un sacré coup de fraîcheur, de jeunesse et d’inventivité depuis que les femmes s’y sont vraiment mises (à regarder, à filmer).
        Au point qu’il y a maintenant tout un courant qui s’est baptisé « feminist porn » (autour en particulier de la réalisatrice Tristan Taormino »

      • Non merci, ça va aller : mon imagination est bien meilleure que tous ces scenarii pauvres, minable, éculés, vu et revu… Le porno, c’est du sexe qui plaît à un autre (le scénariste, le réalisateur, les acteurs…). Mes productions perso à moi me font nettement mieux bander. Et jouir.

    • J’avoue que j’ai regardé beaucoup plus de porno que d’émissions de cuisine, mais mon impression c’est que dans les deux cas, il s’agit d’une forme rêvée/idéalisée/fantasmée de la vraie chose. La cuisine est magnifique, avec tout l’équipement de rêve qu’on n’aura jamais, des ingrédients impossibles à rassembler, des intervenants professionnels, du temps sans limite et un montage qui gomme toutes les imperfections, les ratés et les longueurs.
      Et que même dans les émissions de cuisine « amateur », les candidats sont triés sur le volet et le réalisateur les guide tout au long du scénario.

      • Je vois. Moi quand je regarde une émission de cuisine, c’est pour reproduire chez moi, avec mes outils perso… Le côté « parfait » de l’emballage marketing de l’émission ne m’intéresse même pas. Et je ne perdrais pas mon temps à regarder un truc que je ne peux pas refaire chez moi, ou que je n’aimerai pas manger. C’est pour ça qu’on a pas la même vision des choses : j’ai pas besoin d’aller regarder ce que les autres font pour savoir si je fais bien pour moi-même. Et je ne mate pas de porno, parce qu’ils font en général des trucs qui ne me branchent pas du tout. Je parle porno mainstream, parce que comme le porno ne m’interesse pas des masses, je ne vais pas creuser pour dénicher les perles rares, les oeuvres d’un tel ou un tel : moi ce que j’ai vu du porno, c’est du très classique blockbuster ; mon imagination n’a pas de mal à être meilleure.

      • Oui, mais c’est un peu comme si je disais : « j’ai vu un reportage sur les cuisines du MacDo, et donc les émissions de cuisine ne m’intéressent pas », ou « j’ai jeté un oeil aux rayons de la librairie à la gare du Nord et franchement, les livres, c’est pas mon truc »… Les perles sont de moins en moins rares, il faut juste ne pas se tromper de crèmerie. Allez juste faire un tour chez LustCinema ou Joymii ou X-art, et moi je promets que j’irai faire l’effort de regarder un Masterchef en entier 😉

      • Déjà fait. Lust cinema, j’ai pas compris tout le foin qui a été fait autour d’elle ; son film je l’ai trouvé niais à souhait. X-art, j’ai pas aimé non plus. C’est peut-être tout simplement une question de goût personnel ; pour aimer le porno il faut être voyeuriste, c’est-à-dire aimer voir les autres faire, et moi voir les autres faire, ça me gonfle ; je suis plus excitée quand je suis actrice de ma propre sexualité. Le seul moment où j’aime voir les autres faire, c’est quand j’écris des textes érotiques, mais c’est quand même moi qui fais puisque je mets en scène.

      • Ah, si vous avez déjà vu de ce côté là, on ne peut effectivement pas vous reprocher de n’avoir pas cherché.

      • En plus il ne faut quand même pas déconner, quand on parle de « porno au féminin » c’est quand même vachement grandiloquent, puisque le choix se réduit à deux films et une série de courts métrage. Ça fait maigre comme échantillonnage, pour commencer à parler de renouvellement de la pornographie.

      • Non, ça ne se réduit pas du tout à deux films. C’est certes encore une minorité mais ça bouge, et plus vite que ce qu’on croit. Il faut aller sur le site de Violet Blue ou Tristan Taormino pour voir tout ce qui se fait ou qui est en train de se faire.

  2. Décidément, chacun de vos articles me nourrissent et me confortent, me questionnent et me grandissent… Merci pour ce partage, je ne vous lâche plus depuis que je vous ai découvert, et je vous conseille à tous !

    • Merci. Tient, ça me donne une idée de tirade rigolote. Qu’il faudrait peut-être songer à rafraîchir notre façon d’aborder le sexe avant de vouloir à tout prix la pimenter 😉

    • J’aurais dû l’ajouter dans l’article. A moins d’en faire un article à part entière tellement c’est important.
      S’il y a bien un truc qu’il ne faut pas laisser faire, c’est de laisser quelqu’un utiliser l’argument « tu te prétends GGG » pour extorquer le consentement de quiconque, pour quelque chose que ce soit.

  3. C’est clair qu’il est compréhensible d’hésiter à se faire attacher et flageller par un coup d’un soir. Mais pour peu qu’on arrive à donner sa confiance à son partenaire (ce qui n’est pas toujours facile, selon les pratiques que l’on envisage par exemple), ça peut être tellement bien :-).

    Merci pour cet article (et merci à monsieur Savage donc).

  4. Lire cet article me fait le même effet que lorsque j’ouvre un livre de recettes culinaires… J’ai envie de me sauver en courant !

    Je n’aime pas cuisiner et lorsque je vois ces magnifiques photos de plats cuisinés je suis découragée d’avance tant ça me paraît compliqué, la liste des ingrédients est toujours interminable… c’est une lutte intérieure pour en venir à bout. Or, de nos jours, personne ne m’en veut de ne pas « forcer », personne ne me dit « il faut » apprendre, se renseigner, poser des questions, se faire expliquer, se faire montrer, se faire corriger, apprendre encore…. et devenir un as de la cuisine, généreuse et inventive.

    Tu contribues effectivement à « l’exigence culturelle de la sexualité épanouie » autant que d’autre articles sur l’épanouissement sexuel qu’on trouve dans des magazines féminins (que je ne lis pas). Je ne réponds à aucun de tes « G » : je ne suis pas d’une haute compétence, j’apprécie la réciprocité (bien que je donne plus que je ne reçois, c’est p’têt pour ça!) et mon ouverture a beaucoup de limites (j’ai forcé pendant des années à monter à cheval (justement) pour faire plaisir et j’en ai raz le cul). Je ne veux plus forcer dans aucun domaine, je ne supporte plus ça…. et en matière de plaisir encore moins qu’ailleurs !

    Les GGG font peut-être durer le sexe dans un couple, mais il n’est pas forcément synonyme d’épanouissement. Quand on aime le sexe, les trois G viennent probablement naturellement, mais en ce qui me concerne la sexualité douillette dans laquelle je vis suffit à mon plaisir. J’aime les plaisirs simples. Je n’ai pas envie qu’on vienne me dire que je DOIS apprendre, que je DOiS être généreuse et que je DOIS être ouverte… Un tel impératif, c’est juste l’angoisse !

  5. Je rajouterai que j’ai réalisé depuis un moment déjà que je n’aime pas réellement le sexe. J’aime la tendresse, j’aime le contact, le bien être procuré par la relation avec quelqu’un et le sexe fait partie de l’équation, mais je n’aime pas le sexe à proprement parler. Ce sexe qui fait qu’on en a jamais assez, qu’on va toujours de l’avant pour découvrir et expérimenter (comme on pourrait le faire un fin gastronome), ce sexe qui a besoin pour se construire de multiplier les partenaires et qui entretien un « désir » toujours renouvelé.

    Oui, je n’aime pas le sexe. Et je peux vous garantir que je ne suis pas toute seule. Le « sexe-positive » passe probablement aussi par cette acceptation… sauf que non, c’est tabou ! On a le droit de dire qu’on aime pas la cuisine, qu’on aime pas monter à cheval, mais on n’a pas le droit de dire qu’on aime pas le sexe !!!

    • Le problème, ce que le modèle monogame conduit à ce que la sexualité de l’un soit (excepté la masturbation) assujettie à celle de l’autre. Ce qui n’est absolument pas le cas de la nourriture. Si ma partenaire est une gourmande et pas moi, elle peut très bien aller dîner ailleurs et je n’ai pas à me forcer.

      Donc la question du « devoir » n’est pas tant un impératif culturel ou social qu’une simple conséquence de l’exigence d’exclusivité. C’est pour ça que l’article précise « à plus forte raison dans un couple monogame » et finit par une ouverture sur la non-exclusivité.

      A moins de tomber sur un partenaire avec qui on est totalement à l’unisson, mais je crois que sur le long terme, c’est illusoire.

    • « On a le droit de dire qu’on aime pas la cuisine, qu’on aime pas monter à cheval, mais on n’a pas le droit de dire qu’on aime pas le sexe !!! »

      J’aime beaucoup le point de vue!
      Entre le modèle monogame qui exige que les deux partenaires aient les mêmes envies et pareils besoins en termes de fréquences, le féminisme qui sans le vouloir nous a incité à confondre « droit » et « obligation », et puis la vie au mode ‘poly’ qui sous-entend que si on a envie de partager une complicité avec plusieurs partenaires c’est que forcément on a d’énooormes besoins sexuels … Moi aussi parfois j’ai envie de crier très fort « JE N’AIME PAS LE SEXE (bordel!) ». (Et en plus ça me file des cystite de ouf qui me cassent la libido pour 3 semaines ^^) … Sauf que le sexe fait tourner le monde, et la tête des gens, alors on la ferme et on essaie de comprendre « ce qui cloche chez moi ». Parce qu’évidemment, tout est ma faute et ce sont les autres qui sont normaux 😉

  6. J’ai été amenée à faire une autre analogie, face à une classe de bambins de 8 ans dont l’un racontait qu’il avait vu les « films de bikini » de son papa. J’ai dit ces films, c’était comme les James Bond, où il y a des tas de cascades qu’on aime bien regarder mais qu’on ne va pas refaire chez soi. C’est des films, quoi!

  7. C’est extremement drole que tu parles d’illetrisme sexuel

    Mon reve ultime c’est une ecole du sexe … !
    Un projet un tantinet difficile à mettre en place

    Que cela fasse partie integrante de notre education .
    J’imagine avec plaisir nos enfants , ou la section adulte sortir du cours cunulingus et fellation
    Masturbation apprenez à explorer votre corps
    Ateliers sex toys
    etc etc !

    Je sais que c’est totalement utopique mais qui sait à force de semer …

    • Une école du sexe qui enseigne toussa, Isa ? Mais c’est un fantasme pour plein de gens !!! La preuve, regarde les bruits de couloirs qui entoure le fameux concept de la théorie du genre à l’école… Apprendre la masturbation à l’école, c’est LA frayeur du moment… ^^

      Blague à part, c’est vrai qu’une « bonne » éducation sexuelle à l’école, ça manque, grâââve. J’ai dû attendre 32 ans pour avoir mon premier orgasme vaginal (premier achat de sex toy, à l’époque, yeah !), et j’aurais pu perdre beaucoup moins de temps si on m’avait expliqué les mécanismes du plaisir dans mon cursus scolaire… Mais surtout, je n’aurais pas couché avec tant de mecs, si j’avais compris avant que tout ce dont j’avais besoin pour connaître cette merveilleuse sensation, c’était un petit objet oblong en verre…

      • C’est sûr que comme sex-toy, un mec c’est cher, c’est pas fiable, ça demande énormément d’entretien, ça tombe en panne souvent, et ça vibre même pas…

      • Bah les vibrations, je suis pas fan, alors leur absence chez les boy toys me dérange nettement moins que leur empressement à conclure à leur rythme et pas au mien…

      • Je ne suis pas sûre que du dressage y changerait quoique ce soit : c’est bon pour les gynocrates, ce genre d’idée. C’est plus une question de réciprocité et d’intimité, honnêtement.

  8. Pingback: Portrait : Dan Savage | les fesses de la crémière·

  9. Pingback: Dix bonnes raisons d’être en couple libre | les fesses de la crémière·

  10. Je sais que l’article date un peu, mais je viens juste de tomber dessus. Comme quoi, les nouveaux visiteurs réservent des surprises 😉

    Article très intéressant comme d’habitude, mais tout de même, certaines choses me font tiquer (choses qui ont déjà été relevées par d’autres commentateurs). Tu dis qu’il faut être généreux sans espérer de réciprocité immédiate, et « prendre soin du plaisir de l’autre quand on n’est personnellement pas plus motivé(e) que ça pour soi-même ». Mais est-ce que ça ne pourrait pas justifier le « viol conjugal » ? (c’est peut-être pas la meilleure expression, mais je n’en ai pas d’autre sous la main, désolée) En gros, comme quoi il faudrait se forcer pour faire plaisir à Monsieur* même si nous n’avons pas envie, sinon c’est la fin du couple. C’est ça que je ne comprends pas, en fait, parce que ça me semble complètement dissonant avec le reste de tes articles sur le site (« sinon il ira voir ailleurs… so what ? », »ok chéri toi d’abord », etc)

    En espérant que ma lanterne sera éclairée ^^

    *je parle d’un monsieur alors que ça peut très bien être une madame, mais je pense notamment aux forums de bonnes femmes du genre « moi j’arrête pas pendant les grossesses sinon c’est plus difficile de s’y remettre après ». En fait, j’ai eu cette question parce que j’ai repensé à cet article-là, qui pourrait t’intéresser
    http://lesquestionscomposent.fr/pourquoi-je-ne-suis-pas-pro-sexe/

    • Le mot-clé important dans cette histoire de non-réciprocité c’est « immédiate ». Effectivement, le sexe sans aucune réciprocité jamais, c’est de l’esclavage.

      Notons toutefois que se forcer n’est pas du viol quand il n’y a pas de violences ou de pressions — au pire, c’est de la prostitution (quand la réciprocité est matérielle). Mais souvent, c’est juste un truc qu’on fait pour faire plaisir à l’autre et il ne faut pas forcément y voir quelque chose de mal si on n’en souffre pas, si c’est simplement quelque chose qu’on n’adore pas faire. Par exemple, je déteste passer l’aspirateur. Ça me fait mal au dos, ça me gave, ça me bouffe du temps que j’aurais volontiers passé à faire autre chose, et comme mon seuil de tolérance à la poussière est assez élevé, je trouve ça débile de passer l’aspirateur souvent. Mais comme je sais à quel point ça fait plaisir à ma femme quand c’est super propre, je me force, sans râler ni signaler à quel point je déteste ça. Si pour quelqu’un, le sexe, même sans envie particulière, n’est pas plus pénible que ce que l’aspirateur est pour moi, il y a une logique à « se forcer » pour faire plaisir à la personne qu’on aime. Et ce n’est pas parce qu’il s’agit de sexe qu’il faudrait raisonner différemment et oublier tout ce qu’on est prêt à faire dans tous les autres domaines pour faire plaisir à la personne qu’on aime.

      En revanche, pour quelqu’un pour qui c’est beaucoup plus pénible, voire à qui ça cause de la souffrance physique ou psychologique, alors non, il ne faut pas se forcer, et surtout refuser le chantage du « sinon, il ira voir ailleurs« .

      Par ailleurs, j’ai récemment traduit un article d’une bloggeuse brittannique sur le féminisme sexe-positif, en écho justement au lien que vous mentionnez (en bref : le féminisme sexe-positif — qui est le terme anglo-saxon et que je préfère au terme ‘pro-sexe’ — ce n’est pas de dire que le sexe est tout le temps bien, c’est de ne jamais juger la sexualité des autres à l’aune de la sienne).

  11. Pingback: Est-ce plus dur d’être monogame quand on est bi ? | les fesses de la crémière·

  12. Pingback: Quasi-mono (monogamish) – de ces couples presque monogames | les fesses de la crémière·

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