Des préservatifs sur soi, par principe, même si on est monogame

A imposer l’exclusivité absolue dans le couple, on rend les préservatifs suspects, on accroît le risque de sexe extra-conjugal non-protégé, et on dissuade l’aveu et donc le dialogue. Un bon cocktail pour ajouter la contamination à la trahison.

dessin préservatif dans le jean

Par principe… (ref. photo (c) fernando_model sur deviantart.com)

Prise de risque plutôt que prise de parole

Une étude récente aux Etats-Unis a montré que les couples libres étaient moins susceptibles de contracter une IST que les personnes qui se croient en couple exclusif quand l’un des deux va voir ailleurs (évidemment, ceux qui sont en couple exclusif et rigoureusement fidèles sont les moins à risque, jusqu’à ce que l’un des deux trompe l’autre à son insu). Ce qui se comprend puisque les questions de risque et de protection font systématiquement partie des discussions et des négociations dans les couples libres et/ou libertins et/ou polyamoureux. A l’inverse, elles sont bannies des discussions des couples exclusifs (ou prétendument exclusifs), par définition.

Et donc quand on sait qu’on risque la fission nucléaire au moindre indice d’infidélité, on est tenté de faire l’impasse sur l’achat de préservatifs, surtout quand il s’agit d’un faux-pas de désinhibition (alcool, fin de soirée, fatigue). Et ensuite on fait l’impasse sur les tests et sur l’aveu : persuadé-e que le risque de séparation avec lapidation sociale en cas d’aveu est proche de 100% (faute d’en avoir discuté), on est prêt-e à prendre le risque (nettement plus faible ?) de contaminer celui ou celle qu’on aime — car bien entendu, il serait suspect, en attendant les résultats des tests, de revenir au préservatif dans le couple officiel si ça fait 10 ans qu’on ne l’utilise plus, et encore plus suspect de trouver un prétexte d’abstinence.

Juste comme précaution

Donc moi je dis : de même qu’on met des extincteurs et des détecteurs de fumée dans les maisons alors qu’il n’est pas prévu qu’elles brûlent, mettons des préservatifs dans nos tiroirs, nos sacs à main et nos portefeuilles même s’il n’est pas prévu qu’on couche ailleurs (parce que le risque d’infidélité dans un couple est beaucoup plus élevé* que le risque d’incendie dans une maison).

(*) ordres de grandeur à l’emporte-pièce : 100000 incendies domestiques par an, pour 30 millions de logements soit une probabilité de 0,3% par an // On lit ailleurs qu’environ 50% des couples sont touchés par l’infidélité

Bénéfices annexes

Si en plus on a des gamins, ça évite la discussion du style :
– tiens ma belle, voilà une boîte de 12, pour ton week-end avec tes copines
– mais papa, tu sais bien qu’il va rien se passer, on est juste entre copines
– peut-être mais prends-les quand même
– mais papa, j’ai que 14 ans, je te jure que ça m’intéresse pas…
– tu les prends ou tu pars pas. Tu n’auras qu’à jeter la boîte en rentrant si tu as peur que ton frère compte combien il en reste.
– papa, t’es vraiment lourd avec tes allusions…

Au moins s’il y en a dans le tiroir de votre chevet ou dans la pharmacie, ils sauront déjà où les trouver plusieurs années avant d’en avoir besoin (assurez-vous juste qu’il en reste toujours suffisamment pour que le stock n’ait jamais l’air de baisser).

Et si un(e) collègue tombe dessus et s’en inquiète, inventez-vous des neveux et des nièces que vous dépannez régulièrement parce que leurs parents n’ont pas de stock de capotes dans le tiroir de la salle de bains.

Ou bien donnez le lien vers cet article.

10 réponses à “Des préservatifs sur soi, par principe, même si on est monogame

  1. Trop d’accord avec toi, Audren !
    « On n’est jamais à l’abri d’un bon coup » m’a dit une fois une collègue, en parlant de golf… ça peut m’arriver d’utiliser des préservatifs avec mon homme d’abord.
    Et je préfère savoir qu’il en a in case of emergency.
    Voilà.
    Mais je persiste : je préfère ne pas en savoir plus pour l’instant ^^

    • Tant qu’on parle de cas de force majeure, je suis bien d’accord que la meilleure posture c’est de ne pas chercher à savoir.

      C’est quand on passe deux nuits par semaine chez l’autre que ça mérite d’en discuter un peu quand même.

  2. ici on a deux boites dans la salle de bains. et personne ne pose de questions. c’est un peu comme le paquet de coton. c’est là depuis toujours. point. et dans mon sac à main c’est à la vue de tout le monde. et personne ne m’a posé de question et si on m’en pose, je dirais que j’ai dans mon sac une petite pharmacie (ce qui est vrai) ( dans une pochette) avec médicaments d’urgence , et pansement (et ça m’a dépanné plus d’une fois!! et dépanné les gens autour de moi qui se retrouve avec un gamin le genou en sang) , les préservatifs je trouve ça juste normal. mais ça vient peut être de mon métier! et j’en ai si quelqu’un m’en demande .
    Quand on pense que dans certaines familles, les femmes cachent leur serviettes hygiéniques pour pas que les enfants demandent ce que c’est ces couches pour adultes🙂

  3. Je vous découvre tout juste, et vos billets sont un régal ! Je rigole autant que je savoure, c’est piquant et drôle à souhait !

  4. Merci Audren.

    Pour ce qui est des sextoys, et bien il faut acheter des meubles solides avec un verrou, et simplement dire qu’il y a des papiers importants dedans, par exemple…..🙂

  5. Pingback: Du snobisme de la gratuité et du sous-équipement sexuel | les fesses de la crémière·

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