Corps idéal, couple idéal : quand la norme ne convient pas à tout le monde

Ce qui vaut pour l’idéal de minceur vaut peut-être aussi pour l’idéal d’exclusivité : plutôt que de souffrir pour se conformer à un standard culturel arbitraire, autant s’accepter comme on est et trouver son équilibre.

lush love - two plump girls - digital pena and ink drawing by audren

S’accepter et s’aimer tel-le que l’on est (ref. photo (c) Belenen sur deviantart.com)

De même que la minceur …

Mille injonctions quotidiennes par mille canaux indépendants conspirent pour nous convaincre que le bonheur n’est qu’une histoire de mensurations et de musculature, et que si on n’est pas conforme au canon (du moment), on n’est pas désirable. Ce daltonisme normatif est pourtant totalement idiot, tant l’humanité déborde de diversité et s’ingénie à nous faire tous différents. Quand on cherche à tout prix à correspondre à un physique standard sans tenir compte de qui on est, les échecs et/ou la privation nous pourriront la vie.

Pour éviter de souffrir toute sa vie de ne jamais parvenir à se conformer à un idéal arbitraire et inatteignable, il ne faut pas laisser la pression culturelle nous dire comment on devrait être, mais décider de s’aimer avec la morphologie qui nous correspond. Je ne parle pas de se laisser aller et manger n’importe quoi ou ne jamais faire le moindre sport, mais simplement de trouver le bon équilibre.

Il n’y a aucun intérêt à se mentir sur ce à quoi on peut ressembler, à faire d’intenses efforts de régime ou de muscu pour tricher sur son apparence parce qu’on a rencontré quelqu’un qui est attiré par cette apparence mensongère : à terme, c’est l’échec assuré. Si on peut plutôt se trouver désirable et être à l’aise avec le corps qu’on a, autant en faire profiter ceux qui l’aiment (ou apprennent à l’aimer) tel quel, plutôt que ceux qui voudraient absolument qu’on soit autrement.

…de même le modèle du couple exclusif.

Je pense que l’idéal du couple tel que nous le représente notre environnement culturel est tout aussi arbitraire et inatteignable pour le plus grand nombre. On nous présente l’exclusivité affective et sexuelle comme l’alpha et l’oméga de l’amour, qu’il est impossible de trouver quelqu’un qui voudra de nous si on n’est pas prêt-e à lui céder les clés de notre vie sexuelle par un voeu solennel de chasteté extra-conjugale ; et que si on se permet de ressentir quoi que ce soit pour quelqu’un d’autre, alors ça veut dire qu’on n’aime pas vraiment la personne avec qui on vit, que le couple va mal et qu’il faudrait qu’on se sépare. Pourtant il en va de l’amour et du sexe comme de notre enveloppe corporelle : on est tous terriblement différents. Quand on cherche à tout prix à rentrer dans le moule standard du couple exclusif sans tenir compte de qui on est, les échecs et/ou la privation nous pourriront la vie.

Pour ne pas souffrir toute sa vie de ne jamais parvenir à se conformer à un idéal arbitraire et inatteignable, il ne faut pas laisser la pression culturelle nous dire comment on devrait être, mais décider de s’aimer avec la vie amoureuse et sexuelle qui nous correspond. Je ne parle pas de se laisser aller et coucher avec n’importe qui, mais simplement de trouver le bon équilibre.

Il n’y a aucun intérêt à se mentir sur sa capacité à restreindre sa liberté, à faire d’intenses efforts de fidélité et se faire croire qu’on arrivera à être exclusif-ve parce qu’on a rencontré quelqu’un qui veut cette exclusivité : à terme, c’est l’échec assuré. Si on peut être à l’aise avec la vie amoureuse qu’on a, si on comprend qu’on n’est pas fondamentalement mauvais si on a du désir et/ou des sentiments pour plusieurs personnes, autant en faire profiter ceux qui nous aimeront (ou continueront à nous aimer) comme ça, plutôt que ceux qui voudraient absolument qu’on soit autrement.

8 réponses à “Corps idéal, couple idéal : quand la norme ne convient pas à tout le monde

  1. Contrôler les corps, contrôler la sexualité, autant d’instrument de domination. Religieuse naguère, économique et politique aujourd’hui.

    CdE

  2. Oh! Le joli dessin! La fille à droite, on dirait moi! (Sauf la tête)
    Je suis tout à fait d’accord avec vos propos, qui me correspondent à 100%. D’ailleurs mon mari l’a bien compris aussi, il sait que s’il ne me laisse pas ma liberté, il me perdra… Sauf qu’il n’est prêt à me laisser cette liberté sexuelle, pour des raisons qui lui appartiennent et tant qu’il n’aura pas fait un travail sur lui, il ne le comprendra probablement jamais…
    PS : le dessin, je peux vous l’emprunter?

  3. j avoue avoir dévoré le blog des « fesses de la cremieres » au départ j etais assez dubitatif quand au bien fondé de cette philosophie de vie.Tout d abord parce que cela heurté clairement mon endoctrinement moraliste que nous avons tous subis ajouté a ça la defiance des biens pensants sur l idée qu on puisse aimer plusieurs personnes argumentant que cela serait un parfait alibi pour les dragueurs et autre chasseur de plan cul de tout poi que cela remettait en cause l idée de famille, de moralité blablabla l!
    Bref Une fois toutes ces fausses valeus mis de coté j ai entamé la lecture, et petit a petit je me suis retrouvé dans les divers articles. Cela a fait echos a mes années d erances a essayer de comprendre pourquoi je fonctionnais differement des autres.
    J ai essayé le milieu libertin , les clubs, ect et malgré les experiences et personnes interressantes que j y est trouvé, le coté tres sexualisé des relations me géné quelque part , pour imagé je compare ça a un groupe d amis qui se rejoint pour faire du sport ensemble, certe intense sur le momment mais sans vraiment de fond emotionnelle et de relation autre que charnelle en dehors du milieu. (Je respecte cependans totalement ceux qui vivent dans cette sphere )
    Plus ou moins influencé par des proches au cadre de vie bien « normal » j ai recement vu un therapeuthe qui a qualifié ma capacité a aimer de maniere non unilaterale « de trouble du comportement » soit disant du a mon passé , a un manque de confiance blablabla !Pourtant je ne me reconnaissais pas dans les symptomes .j avoue avoir ete legerement choqué !
    Bref ce blog a etait comme une bouffé d air frais pour moi car je realise que cette façon de voire la vie n est pas une mode auquel je me suis raccroché mais que c est quelque chose que j avais naturellement en moi !
    Le temps jouera en notre faveur car je pense qu il y a de la place pour tout le monde !!

    • Comment peut-on traiter la capacité d’aimer de « trouble »? Cela me rappelle le temps ou on essayait de « soigner » les homos de leur « maladie ». C’est profondément révoltant et clairement, votre thérapeute se faisait juge et partie… Il faut lutter contre l’injustice, la misère, l’indifférence, la haine, la violence… Mais jamais, jamais contre l’amour.

  4. c est rassurant cette façon de penser j ai toujours ete consciente de n appartenir qu a moi même et detre ce que je suis avec mes imperfections mes envies et le + important etant deles assouvir pour etre heureuse et épanouie

  5. Pingback: Chute de la libido féminine dans le couple : tentative de démêlage darwinien | les fesses de la crémière·

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