Je couche avec qui je veux – pas avec tout le monde

Qu’on soit célibataire ou surtout polyamoureu-x-se ou en couple libre, quand on ne peut pas se planquer derrière le prétexte monogame, il faut bien assumer le râteau qu’on inflige.

collier et laisse - portrait (détail) numérique à l'encre, par audren le rioual

Je peux pas … j’ai déjà un copain (ref. photo (c) the unsung sur deviantart.com)

« Ah, non, désolée, je peux pas, j’ai déjà un copain… » Qui n’a pas entendu (et peut-être utilisé) cette ligne de défense pour se débarrasser d’un importun ?

Quand on se planque derrière la monogamie

Je peux pas, j’ai déjà un copain…

Outre son caractère hypocrite (à part quand c’est effectivement vraiment la réalité, mais dans ce cas, il faudrait préciser : « tu me plais beaucoup mais j’ai déjà un copain, et on s’est promis de rester exclusifs »), je n’aime pas cette posture parce qu’elle constitue un raccourci fallacieux et malencontreux.

Ce raccourci n’est d’ailleurs pas réservé aux situations de drague — on le retrouve un peu partout, en particulier comme ressort dramatique des intrigues de cinéma / de bouquins / de théâtre. Je ne l’aime pas, parce qu’il est vraiment à double tranchant. Il sous-entend dans la même phrase :

  • que tous les couples sont exclusifs
  • que la fille n’a pas de libre arbitre
  • et que donc si elle n’était pas casée, elle dirait oui, puisque son seul empêchement –apparemment– c’est qu’elle est la propriété de quelqu’un d’autre
  • qu’on préfère se cacher derrière une structure patriarcale plutôt que de dire au mec que non, j’ai pas envie de toi et que s’il te plaît, laisse-moi maintenant.

Je ne peux pas jeter la pierre parce que je sais que quand c’est moi qui me fais importuner (plus souvent pour mes sous que pour mon cul, il faut bien l’avouer), je préfère m’en extirper avec un bobard qui permet à tout le monde de garder la face plutôt que de dire franchement merde.

Et quand on ne peut plus se planquer

Mais bon voilà. Quand on est en couple libre ou quand on est célibataire (et que l’autre relou est au courant), on ne peut plus s’en tirer avec « j’ai déjà un copain ».

Et donc on est un peu obligée d’admettre que ben oui, je couche avec qui je veux, mais que ben non, avec toi, ça va pas le faire.

C’est rude comme râteau, mais c’est bien comme ça que la plupart des râteaux devraient être. Ce ne sont pas des circonstances impersonnelles hors de mon emprise qui se liguent contre notre idylle, c’est bien moi qui veux pas. Je n’ai à priori rien contre toi, mais je vais quand même pas écarter les jambes juste pour ménager ta susceptibilité. C’est ma décision, elle m’appartient, et elle est à priori sans appel.

Quand ‘salope’ rime avec ‘féminisme’

Et donc si on arrêtait de (laisser) croire par des tournures elliptiques que les filles en couple sont nécessairement la propriété exclusive de leur partenaire, les mecs entendraient plus souvent « je couche avec qui je veux – et pas toi » plutôt que « j’ai déjà un copain ». Et ils commenceraient peut-être à mieux comprendre, plus ou moins consciemment, que la décision d’une fille n’est pas assujettie à son mec, que les filles ont un libre arbitre propre et ne sont pas des objets de possession et de consommation.

Oui, je couche avec qui je veux. Non, pas avec toi. Désolée.

Au passage, je trouve louable l’effort des féministes anglophones qui cherchent à décharger et à se réapproprier le terme « slut » (salope). Car la définition est assez consensuelle : la salope, c’est très exactement la fille qui couche avec qui elle veut (et non pas avec qui veut). Aucune raison que ça soit une injure. Au contraire.

D’où le titre qu’ont choisi Dossie Easton et Janet Hardy pour leur livre « The Ethical Slut » (la salope éthique) sur la gestion éthique des relations polyamoureuses/libres…

Epilogue égalitaire

Peut-être pas dans un contexte de harcèlement de rue, mais j’imagine très bien que la posture réciproque existe aussi, et que le râteau n’est pas très agréable à encaisser non plus pour une nana ; surtout dans un monde où on sous-entend que chaque mec est un queutard prêt à sauter sur tout ce qui bouge, et que quand il s’excuse en disant « je suis marié », on est intimement persuadée qu’il dirait oui s’il était libre (et que donc s’il dit non, c’est qu’on vaut moins que « tout ce qui bouge »). Donc oui, le mec aussi, même disponible, a un libre arbitre.

38 réponses à “Je couche avec qui je veux – pas avec tout le monde

  1. Très bon article, et je me retrouve dans le dernier paragraphe (avec souvent, des gens qui justement imaginent qu’être libre et non-exclusif etc, c’est subir sa sexualité et se laisser sauté/sauter sur n’importe quelle chair fraiche. Sauf que non).
    J-E

  2. Note géniale. Je l’envoie aussitôt à une des nombreuses victimes de harcèlement de rue qui a bien souvent pour ligne de défense « j’ai déjà un mec ».

    • Malheureusement, la formule a souvent une réelle efficacité pour se débarrasser des harceleurs.

      Je ne me permettrais pas de dire aux filles de s’interdire d’y avoir recours alors que je pêche par lâcheté quand je réponds que j’ai rien sur moi à ceux qui font la manche… En plus, on ne risque pas vraiment la même chose.

      Mais au moins qu’on sache ce que ça sous-tend.

      • Comme lu ailleurs : « j’ai déjà un copain » débarrasse des harceleurs parce que, c’est triste à dire, ils respectent l’homme plus que la femme. A savoir, le libre-arbitre de la femme ils s’en foutent (« j’ai dit non ») mais celui du fellow-mâle ils en tiennent compte (« mon copain dit non »).
        Patriarcat, quand tu nous tiens.
        (Et on l’utilise par paresse, parce que c’est donc plus efficace que de devoir donner de vraies raison de dire non – et qui ne seront pas prises en compte-)

  3. Je suis teeellement d’accord avec tout ça.
    « j’ai déjà un copain ». je recommande toujours à mes copines de NE PAS utiliser cette phrase détestable. « j’ai déjà un proprio, désolée ».
    Dire non suffit. Il s’agit de libre arbitre, c’est exactement ça. C’est pas parce que t’a un copain que tu veux pas, c’est pas lui qui décide pour toi !

    Sinon, j’ai déjà entendu, à propos d’une fille qui nous attirait avec mon conjoint :
    « la pauvre dés qu’elle aura bu vous allez lui sauter dessus. »
    ah donc libertin = violeur, c’est intéressant. Ça me fait penser à ces homophobes qui ont « peur » de se faire tripoter par les homos, c’est du même ordre.

    Libertine, mais sélective.

  4. Pingback: Je couche avec qui je veux - pas avec tout le m...·

  5. « La décision d’une fille n’est pas assujettie à son mec, (que) les filles ont un libre arbitre propre et ne sont pas des objets de possession et de consommation »
    > Très bon résumé des conflits intérieurs auxquels je suis en proie depuis des mois. Ca me donne l’idée d’un prochain billet, tiens. Je pense être un cas d’école en la matière…

      • Pas de problème ! Le tout étant de trouver le temps et l’impulsion nécessaires à écrire tout ça. C’est assez douloureux à sortir et, plus qu’un billet, je pense que ce serait assez long pour être le feuilleton de l’été😉

  6. Au passage, je trouve louable l’effort des féministes anglophones qui cherchent à décharger et à se réapproprier le terme « slut » (salope). Car la définition est assez consensuelle : la salope, c’est très exactement la fille qui couche avec qui elle veut (et non pas avec qui veut). Aucune raison que ça soit une injure. Au contraire.

    Mouais… encore une façon de déplacer le problème. Je me suis déjà exprimée là-dessus. Personnellement, je pense que les mots de sont que des outils et ce qui importe c’est l’intention… Celui qui veut blesser y arrive toujours !

    Cet article me fait penser à un extrait lu dans « Le paradoxe amoureux » de Pascal Bruckner :

    A l’amour –ou au sexe- un mot convient, si douteux soit-il : le mot de marché. Peut-être l’échange codé des partenaires a-t-il précédé de tout temps l’échange de biens. Chacun dans ce commerce humain, a une note qui varie selon les jours, la position sociale, la fortune… Les heureux trainent derrière eux un cortège de soupirants, les déshérités une foule de fiascos. Observer, c’est évaluer et donc rejeter. La rebuffade a ceci de terrible dans les pays démocratiques qu’elle ne peut être imputée à la méchanceté de l’Etat ou aux oukases de d’une église. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même de n’être pas reçu à bras ouverts. J’ai beau crever de désir, c’est mon être comme tel qui laisse l’autre froid. La sentence est aussi tranchée que celle d’une cour de justice : Non merci, pas toi !

    Notre époque “libérée” rend plus amer le sort des solitaires, des effacés renvoyés à leur anonymat quand tout le monde est supposé jouir. La séduction est une machine à trier. Le succès de Michel Houellebecq avec son mélange d’humour noir et son pessimisme peut s’expliquer ainsi : il a fédéré une sorte d’internationale des perdants de l’amour, il a dénoncé le mensonge de l’hédonisme, un féodalisme parmi d’autres. En amour, contrairement à une expression fanfaronne, on ne peut avoir qui on veut mais qui on peut, ou plutôt qui veut bien de nous…

    Ton article propose que nous soyons honnêtes en mettant le doigt sur tout ce que cette “parade” (non merci, j’ai déjà un copain) sous entend… (ce qui ne peut convenir lorsqu’on a le désir de voir la norme monogame laisser place à d’autres modèles de relations, etc. ) Bon, encore une fois c’est louable. Il y a juste que ça se resserre encore d’avantage autour de l’indésirable, plus d’excuses, plus de faux semblants, plus grand chose pour ménager l’ego… tu ne peux t’en prendre qu’à toi même, tu es moche ? tu es bête ? tu es transparent ?tu es vieux ? Si au moins tu étais riche… Bref, à toi de choisir mon capitaine !

  7. Ah étrangement pour moi « j’ai un copain », dans un couple monogame sonne plutôt comme « j’ai déjà un engagement, donc je ne réfléchirais même pas a ta proposition » … donc rien de dégradant pour qui que ce soit.

    • Certes mais c’est un raccourci. Lequel suppose l’engagement monogame. Il faut lire ma traduction de cet article pour comprendre que la monogamie imposée comme norme unique a quelque chose d’étrangement archaïque.

      Quand quelqu’un propose que je passe quelques jours chez lui, je ne dis pas « désolé, j’ai déjà une maison ».

      • effectivement ca suppose un engagement monogame, c’est un raccourci, ce n’est pas ce avec quoi je ne suis pas d’accord. La partie qui me gène c’est « elle est la propriété de quelqu’un d’autre ». Ca me semble etre soit exagéré, soit mal dit, soit clairement de mauvaise foi.

        Quand quelqu’un me propose de passer quelques jours chez lui et que j’en ai pas envie, je dis que « j’ai deja prévu quelque chose a cette date là »… c’est la meme idée ….

  8. A 22 ans j’avais décliné l’invite d’un mec en lui disant « non, vraiment, je n’ai pas envie de toi »… Il l’a tellement mal pris, hurlant « j’aurais compris que tu me dises « je ne peux pas, je suis mariée », mais pas que tu me dises que tu n’as pas envie de moi, tu ne dois jamais dire cela à un homme » que je me suis longtemps demandée comment décliner avec franchise mais délicatesse. (par parenthèse, ce mec- qui bossait là où je bossais- m’a fait la vie dure pendant 4 ans au boulot à cause de ce refus, c’est dire s’il avait été vexé…). Maintenant, je réponds  » Si je te dis non, ça n’enlève rien à tes qualités, si je t’avais dit oui, ça ne te donnerait aucune qualité supplémentaire: il m’est arrivé de désirer de sombres crétins, c’est dire comme le désir est irrationnel et injuste, mais il se trouve que je ne baise pas quand je ne désire pas. » On peut le faire en version plus courte genre « je te vois comme un ami, pas un amant » ou plus longue, mais ça passe mieux que « je n’ai pas envie de toi. », car le « toi », qui concerne le sexe, est vécu par le mec comme toute sa personne, comme s’il s’identifiait à sa bite🙂

    • « tu ne dois jamais dire cela à un homme » : oui, parce qu’évidemment, une femme, elle s’en fiche qu’on lui dise qu’elle ne nous plaît pas…

      Je me demande si une partie de la réaction ne vient pas aussi de l’idée (tout aussi fausse qu’ancrée dans notre culture) que le désir résulte simplement d’une histoire d’attractivité relative. En gros, le dragueur au physique normal conçoit qu’il n’a aucune chance avec les femmes très belles, donc il abordera une femme qui lui paraîtra légèrement moins belle que lui dans les échelles respectives des standards de beauté telles qu’il se les figure. Et ainsi, un rejet signifie pour lui qu’il est finalement encore moins beau que cette femme. La virulence de sa réaction témoigne d’ailleurs du mépris initial dans lequel il tenait le physique de sa cible relativement au sien. On entend bien des harceleurs qui après l’échecs des violons n’ont pas de mots assez durs pour souligner à quel point leur cible est quelconque voire moche (sous-entendu : moche comme tu es, il n’y a pourtant aucune raison que tu ne me désires pas). L’immaturité du raisonnement ferait sourire s’il n’était pas si répandu. (et ça mériterait probablement un autre article)

      Sinon, d’accord pour trouver des dérobades moins directement offensantes mais qui ne font pas l’impasse sur le libre arbitre et jouent un rôle éducatif. On pourrait par exemple dire : « Par principe, je ne dis jamais oui à un mec qui m’aborde dans un lieu public. Perdu, désolée. »

      • Je ne comprends pas pourquoi il faudrait être gentille avec un harceleur et chercher à ne pas vexer son égo hypertrophié. Pour un type non-harceleur, ok, mais pour un mec qui aborde dans la rue ou dans un contexte qui ne s’y prête pas.

  9. Je ne crois pas que les hommes ou les femmes draguent uniquement celles ou ceux avec qui ils (elles) estiment avoir une chance, avec une hiérarchie des physiques comme celles que tu décris. Dans l’histoire que j’ai raconté, j’étais une fort jolie fille de 22 ans, le mec un type de 55 ans pas très bien conservé, mais persuadé que son argent et son pouvoir (il avait longtemps été l’amant de la rédac chef et bénéficiait de ce fait d’une position privilégiée dans le journal où je bossais) que son pouvoir, donc, allait m’impressionner. D’où je crois sa colère, la révélation que mon désir était imperméable à ce qu’il croyait des atouts absolus. Entre nous, le nombre de mecs pas très appétissants persuadés que leur compte en banque et leur statut social les préserve de tout râteau est impr
    essionnant, mais c’est aussi la faute de certaines femmes que le pouvoir et l’argent attirent irrésistiblement quel que soit le physique du mec, je ne citerai personne🙂 Mon refus le renvoyait à une terrible réalité, celle que sa période de séducteur sans échec touchait sans doute à sa fin. Les femmes redoutent tellement de vieillir que certaines pensent ne plus plaire après 40/45 ans, tandis que les hommes hétéros ont du mal à envisager la fin de leur potentiel séducteur. Depuis toujours, on te présente des couples avec homme de 70 ans et femme de 35. Quand l’inverse se produit, la femme qui est aimé d’un plus jeune qu’elle est appelée « cougar », un fauve prédateur. Voilà pourquoi l’expression du « non-désir » est si délicate, elle renvoie à l’idée d’impermanence, voire de mort. C’est plus profond qu’une question d’ego… Pour finir sur une note optimiste, le désir existe à tout âge, j’avais fait une enquête sur l’amour en maisons de retraite, il n’y avait pas que de la tendresse, c’était parfois torride!

    • (Contrition)
      J’avais effectivement zappé toutes les situations de ‘séduction’ par le statut social.
      Pourtant je devrais le savoir après le chagrin d’amour que Julie Gayet m’a infligé récemment (à moi et tous ses autres admirateurs transis).

    • Intéressant, mais je voudrais juxtaposer deux phrases de ce commentaire:
      1: persuadés que leur compte en banque et leur statut social les préserve de tout râteau
      2: les hommes hétéros ont du mal à envisager la fin de leur potentiel séducteur

      Non: dans le système social tel qu’il est présenté, les seuls hommes hétéros qui pensent avoir un potentiel séducteur sont ceux qui pensent avoir compte en banque et statut social. Dans cette hypothèse, les hommes persuadés que leur compte en banque et leur statut social est insuffisant (quel que soit le niveau réel de leur compte en banque) devraient penser n’avoir aucun potentiel séducteur (quel que soit leur âge).
      A mon expérience, c’est effectivement le cas. Le monde est plein d’hommes hétéros persuadés qu’ils ne sont pas assez intéressants pour séduire qui que ce soit.

  10. Je suis tout à fait d’accord avec l’article sur le fond, mais sur la forme ça fait un peu revendicatif, car cela devrait couler de source, j’ai toujours été adepte du « je ne suis pas intéressée » et c’est aussi bien.

  11. Magnifique article… Il est tellement difficile de sortir de l’idée que lorsqu’on est en couple, on est la propriété de sa compagne ou de son compagnon ! Idée tacitement admise par l’entourage, d’ailleurs.
    J’ai bataillé ferme avec certains dragueurs de rue pour ne pas répondre à leurs demandes insistantes pour savoir si j’avais un copain, tant il est humiliant que ce soit le seul motif qu’ils reconnaissent…
    Mais finalement, pourquoi faudrait-il motiver son refus ?

  12. Tout d’abord c’est une réelle surprise que de lire un blog qui traite de ce sujet tellement épineux , je vous ais découvert ce matin et ne cesse de dévorer les articles. Vous avez une plume ( électronique ) fantastique, et un franc parler que j’admire. Je milite depuis quelques temps pour lutter contre ses foutaises de monogamie restrictives qu’on nous rabâche depuis l’enfance. J’aurais des milliers de questions à poser et d’histoires à vous partager … Merci d’ouvrir la discussion sur des sujets considérer comme tabou. Et cet article précisément m’a fais bien rire , j’adhère à 200pourcents et je retiens la petite phrase que je ressortirais un de ces jours quand l’occasion se présenteras ! ^^

  13. Très bon article et très bien fait. J’ai eu peur au début qu’il soit culpabilisant pour celles qui disent  » Non mais j’ai un copain  » ( bobard ou non ) pour dégager facilement un mec dans la rue, mais au final non pas du tout, ça fait plaisir :3 ! C’est tout bête, mais pourtant je me suis déjà faite basher par des gens qui me reprochaient de manquer de sincérité car effectivement le fait d’être en couple n’implique pas forcément le fait que je sois fidèle et que donc ma « vraie » réponse devrait être un  » Non « . Alors oui c’est une solution de facilité (et rapidité), mais c’est souvent la plus sûre dans certains cas. Bon sachant qu’il y en aura toujours pour s’accrocher malgré ça de toute façon, après on les dégage comme on peut.
    Bon quand on sort du cadre des propositions faites par des gens random-inconnus-au-bataillon, effectivement c’est dur pour certain(e)s de comprendre que oui, on peut avoir plusieurs amant(e)s/amoureux(ses) mais que c’est pas pour autant que notre interlocuteur a une chance de voir la couleur de notre nombril. Mais pour peu que la personne soit un chouia ouverte ( et pas trop  » blessée  » ) c’est possible d’en parler avec elle sereinement et de lui montrer l’absurdité de sa demande. C’est tout con mais des fois ça marche et certain(e)s comprennent et changent de vision des choses.

  14. Sinon il y a encore mieux: TU as un copain, donc on ne couchera pas ensemble. Ok, merci du rappel a l’ordre moral les mecs… Et si vous meliez un peu de vos fesses (et éventuellement des miennes) en laissant de cote celle de mon homme pour changer?🙂

  15. La dernière fois qu’une fille est venue chez moi elle m’a dit qu’elle préférait le célibat. Soit elle était sincère, soit je suis plutôt moche, soit les 2.:-/

  16. Et pourquoi la phrase « J’ai déjà un copain. » ne sous entendrait pas « T’es moins bien que mon homme dégage, puis j’ai pas envie d’en posséder deux. »

    Quand on nous propose d’adopter un animal et qu’on dit qu’on en a déjà un, on considère pas que c’est notre maitre mais notre propriété mais que deux ça va faire beaucoup.

  17. Je dirais juste en passant que la drague n’est pas réservée aux mecs et la réponse aux filles. ‘Mes’ mecs c’est souvent moi qui les ai dragué, rarement l’inverse, et il y en a plusieurs qui m’ont dit qu’ils avaient une nana (ceux là du coup ne sont pas devenus ‘mon’ mec, dois-je le préciser).
    Du coup eux non plus n’ont pas de libre-arbitre?
    Ils sont donc eux aussi la propriété de quelqu’un d’autre?
    Derrière quelle structure se cachent-ils plutôt que de me dire juste que non ils n’ont pas envie de moi?
    Et sinon je ne l’ai jamais pris comme un rateau, quand je pose une question je sais que d’office dans le choix des réponses il peut y en avoir qui ne m’arrangent pas forcément.
    Ceci étant dit je suis entièrement d’accord avec le principe de je couche avec qui je veux mais pas avec n’importe qui et tout autant contre le harcèlement de rue dont je suis comme toute femme trop souvent victime.

  18. respecter un engagement avec un partenaire est une solidarité qui engage notre intelligence , le discernement qui l’accompagne est source de vie , c’est une forme élevée de liberté ,dans la confiance ,une demande de relation qui ne souhaite pas être durable est un gros mensonge en soi , le test c’est de comprendre cette simple évidence , salut .

    • C »est cette « simple évidence » qui fait l’objet de dissections multiples dans les ~300 articles de ce blog. Je vous encourage à lire plus avant pour voir d’où vient l’argumentaire tissé ici. Sinon, salut

  19. Bonjour à toi Audren,

    Je viens de lire ton article et, dans l’absolu, je partage ton avis. Evoquer une raison, c’est donner l’occasion à l’autre de ressentir un doute, d’exprimer une raison contraire. Et du coup, on en vient parfois à des débats interminables, générant de l’anxiété, exacerbant la frustration, occasionnant des blessures évitables. C’est pourquoi dans l’idéal, il me semble plus sain, autant pour l’un/e que pour l’autre, d’être franc en responsabilisant son envie ou sa « non-envie ». D’ailleurs, ça m’a fait pensé à l’article que tu as rédigé : NE JAMAIS DEMANDER NI CROIRE LES RAISONS D’UN LARGAGE

    J’ai eu l’occasion de me retrouvé confronté au rejet, aux excuses, aux débats. Je me suis également retrouvé à partager de la coquinerie avec des partenaires qui n’avaient pas osé me dire non. Moi-même, dans certaines situations, je n’ai pas osé dire non. Et ce que j’ai retiré de ces expériences, c’est que les moments charnels que j’ai partagé sans m’être demandé si j’avais une réelle connexion / affinité / feeling avec ma partenaire, m’ont la plupart du temps, laissé un sentiment d’insatisfaction, voire de regret ou de dégoût.

    Dans un premier temps, cela m’a permis de prendre la responsabilité de mes ressentis (sensations de rejet, de frustration, de déception, …).

    « L’autre est responsable de la blessure qu’il vous inflige, mais vous êtes responsable de la douleur que vous en ressentez ».

    Et du coup, cela m’a permis au fur et à mesure d’être plus attentif à la présence de cette affinité. Et s’il y’a une chose dont je suis convaincu, c’est que cette affinité (ou son absence) se passe de raisons.

    Aujourd’hui, ponctuellement et contextuellement, je ressens toujours de la frustration et de la déception en cas de râteau. Cependant, je l’accepte. Ca fait partie de mon humanité. Et cette acceptation m’a permis de m’apaiser avec ces sentiments qui peuvent être difficiles à vivre. Et cela me donne aussi l’occasion de me rappeler qu’en tant qu’être humain, je suis unique comme tout le monde (phrase empruntée à un ami et qui résonne particulièrement pour moi), et qu’il est donc naturel, au delà de toute norme, de toute habitude, de toute apparence, de toute raison, que je ne plaise pas à unetelle ou unetelle.

    En outre, cela me permet aussi de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Celle qui m’éconduit et qui en prend la responsabilité en me l’affirmant de manière honnête prend autant soin d’elle qu’elle me donne l’occasion de prendre soin de moi. Se faisant, elle m’évite le doute, et en plus, elle m’évite de passer un moment qu’au final, j’aurai trouvé trop fade, trop mécanique, trop « consommé ». En vérité, elle ne me rejette pas, au contraire. Elle m’accepte pour ce que je suis comme elle s’accepte, avec responsabilité et franchise. Je le reconnais, cela peut sembler trop optimiste, et même naïf d’envisager les choses sous cet angle. Cela dit, je trouve que c’est beaucoup plus sain et beaucoup plus constructif.

    Bref, pour conclure, en lisant ton article, c’est ce qui résonne en moi. Je suis conscient qu’en tant qu’homme et en tant qu’être humain impacté par la culture patriarcale, en fonction des contextes et des situations, je risque probablement d’occasionner d’autres blessures (et par conséquent, de me blesser moi-même). Cependant, j’ai choisi d’en prendre la responsabilité, ce qui me permet de concilier ce risque avec cet idéal :

    Arrêter de se chercher des excuses et prendre la responsabilité de ses envies pour les exprimer avec plus d’authenticité, selon moi, c’est inspirer au monde un désir plus spontané, moins catégorisé, et progresser vers des temps où la « salope » ne sera plus « la nana qui couche avec tout le monde, sauf avec toi », mais une femme qui respecte ton unicité en exprimant la sienne (d’ailleurs, le mec ne sera plus le beau gosse qui emballe toutes les nanas, ni le salaud qui les berne). Et du coup, Audren, je te remercie d’avoir partagé cette réflexion.

  20. Pingback: Sex Actus *.* 1er novembre, An XVI - Eve de Candaulie·

  21. D’accord avec l’article, mais pas du tout avec la première partie.
    Pour ma part, j’ai jamais entendu de fille dire « j’ai déjà un mec » mais plutôt « j’ai un mec » ou « je suis en couple ». C’est une différence mineure mais qui a tout de même sa valeur je trouve ; après ça reste d’expérience personnelle, c’est pas ce qui me gêne ici.
    Si la fille utilise cela comme excuse ça sous-entend que tous les couples sont exclusifs et qu’elle n’a pas de libre arbitre ? Pardon, mais cela sous-entend que SON couple est exclusif, et qu’elle choisit d’y respecter un engagement, justement en vertu de son libre arbitre. Alors oui, peut-être que si elle n’était pas en couple le mec en question l’aurait intéressée, mais en quoi c’est important ? C’est si détestable que ça aujourd’hui de souhaiter rester exclusif à quelqu’un, en dépit de l’attirance que l’on peut avoir pour d’autres personnes ? Et pour l’argument de la structure patriarcale…tu aurais invoqué la même chose si on parlait des prétextes des mecs pour refuser de coucher avec une fille ? La question de l’exclusivité n’a jamais été unilatérale dans ce type de structure, la fille n’y est pas la seule  » soumise ». Je reconnais que les mecs sont bien souvent ceux qui ont du mal à avaler un « tu me plais pas » ou « pas intéressée », mais est-ce que je suis vraiment un enfoiré d’utopiste si je me dis que les gens, qu’ils soient de sexe masculin ou féminin, refusent des avances en invoquant le prétexte du  » en couple « , c’est par choix d’exclusivité libre et non par contrainte ?

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