Dix bonnes raisons d’être en couple libre

Oui, c’est pour le sexe. Heureusement. Mais pas seulement, loin de là. Il y a des ramifications insoupçonnées dans cette fascinante boîte de Pandore de la non-exclusivité, qu’on veuille l’appeler couple libre, libertinage, polyamour, lutinage ou amour libre.

Mel Gibson - digital pencil portrait

Trop beau, et trop infréquentable…

Pouvoir se taper des connards trop beaux

Il y a de ces mecs (mais ça vaut aussi pour les nanas) avec qui tu ne te verrais jamais cohabiter. Mais jamais de la vie. Peut-être que vos personnalités ne sont pas compatibles plus de 48 heures, ou simplement que le gars est invivable dans l’absolu. Ce qui n’empêche pas qu’il te donne super envie de l’avoir dans ton lit pour un soir ou pour un week-end de temps en temps. Doit-on s’arranger pour se retrouver célibataire tous les trois ans pour en profiter, ou bien doit-on se contenter de n’avoir dans son lit qu’un gentil garçon qui fait tout bien comme il faut (idéalement courses et couches incluses) ?

Oui, ton homme peut essayer de se la jouer gros dur ou surfeur de temps à autre si ça t’excite. Mais ça sera jamais aussi réussi que l’original. Et donc s’il peut se faire à l’idée que ton corps t’appartient et que si tu prends ton pied ailleurs avec un beau connard ça ne lui enlève rien à lui (surtout que ça le valorise de voir que même avec tout l’effet que l’autre te fait, c’est quand même avec lui que tu vis), alors tout le monde est gagnant. Y compris l’amant puisque ça lui évite que tu essaies de vivre avec lui et que tu lui cries dessus au bout de quinze jours en le traitant de gros con.

Ne pas sombrer dans le côté fusionnel

Oui il est doux, ce sentiment qu’on ne fait plus qu’un, qu’on fait de la télépathie, qu’on a trouvé son autre moitié, et autres mythes romantiques à deux pesetas.

Je vois ça un peu comme le bien-être qu’on peut ressentir avec certaines substances plus ou moins licites : c’est bon, mais on sait que c’est artificiel et temporaire. Et il ne faut pas en abuser, sinon la chute sera rude.

Le couple libre, c’est ton patch anti-fusionnel, qui te rappelle régulièrement que vous êtes deux, quoi que vous fassiez. Et qu’il faut donc s’occuper de son bien-être à soi et aussi de celui de l’autre (et aussi de celui du projet de couple).

Ramener de la libido à la maison

Les libertin-e-s le disent assez : pouvoir coucher avec d’autres personnes rebooste très souvent le désir entre les partenaires, et ce d’autant plus que ces aventures sont vécues sans cachotteries (au contraire de l’adultère qui parfois conduit à s’éloigner de l’autre parce que le poids du mensonge creuse le malaise relationnel).

L’aiguillon d’une saine jalousie

En même temps que l’apprentissage de la non-possessivité, le couple libre est aussi une école de désensibilisation de la jalousie. Mais il en reste toujours un peu. Idéalement, il en reste juste ce qu’il faut pour ne pas se laisser aller dans son apparence physique ou dans l’attention qu’on se porte l’un à l’autre, mais suffisamment peu pour pouvoir s’endormir serein-e quand l’autre sort seul-e.

Pas de mensonges

Dès lors que les aventures extra-conjugales ne sont plus un sujet tabou, il n’y a plus de raisons de mentir1. C’est quand même un peu l’idéal, un couple où on n’aurait plus jamais à s’inquiéter des allées-venues de son/sa partenaire, ni de ses silences, puisque le mensonge n’aurait plus de raison d’être (sauf pour les anniversaires surprises et tout le reste).

[1] Je parle du cadre d’un couple libre, où il n’y a pas des tonnes de règles arbitraires qui prolongent le contrôle sur la vie de l’autre, du genre « il faut que l’autre donne l’autorisation préalable » ou bien « jamais avec la langue », puisque ça redonnerait des raisons de mentir.

Pouvoir explorer ses fantasmes sans exploser sa famille

A moins de s’être rencontrés sur fetlife, la probabilité que notre partenaire de vie partage nos fantasmes2 un peu originaux est assez faible. Avec de la chance, on est tombé sur quelqu’un qui sait jouer le jeu pour nous faire plaisir (c’est le 3e G dans le concept GGG de Dan Savage) et même qui y prenne plaisir. Mais j’imagine que ça ne sera jamais pareil de se prendre quelques fessées timides par un mari appliqué que de se prendre de vrais coups par un maître qui jouit vraiment de notre soumission.

[2] J’utilise le mot fantasme dans le sens anglo-saxon de kink, c’est-à-dire un truc sexuel étrange et très fort qui te poursuit depuis quasi toujours — et non pas un gentil rêve érotico-romantique du genre « je fantasme sur la crémière qui me dirait des mots doux en polynésien dans le lit rond d’un loft nuptial au 143e étage du Burj Dubai »

Dans le cadre de l’exclusivité, le fantasme en question te poursuit toute ta vie jusqu’à ce qu’éventuellement tu finisses par ne plus voir la personne avec qui tu vis que comme un obstacle. Et là, rien ne va plus : infidélité, pot-aux-roses, séparation (avec étiquette universelle de salaud et de pervers par-dessus le marché)

Ne pas avoir à se forcer

— Il faut se forcer, sinon il ira voir ailleurs.

— Et bien, qu’il aille voir ailleurs et que j’aie la paix (mais qu’il revienne finir le ménage ensuite).

Ne pas avoir à être tout pour l’autre

Être tout pour l’autre, c’est assez valorisant. Mais c’est aussi super prétentieux et en plus ça met pas mal la pression.

Moi, je n’aime pas danser. J’ai eu beau me forcer, j’ai eu beau boire, j’ai eu beau prendre des leçons… c’est pas que je bouge mal (oui, ça aussi) ni que je craigne le regard des autres (pas tellement tout compte fait) ; c’est juste que ça m’amuse pas. Et d’ailleurs, quand je vois mes gamins qui se trémoussent spontanément dès qu’il y a de la musique rythmée quelque part, je me souviens que ça ne me l’a jamais fait à moi. Je dois pas avoir le même court-jus neuronal entre les oreilles et le derrière que vous-autres gens « normaux ».

Tout ça pour dire que ça me va bien si ma femme se trouve quelqu’un avec qui elle puisse vraiment s’éclater sur une piste de danse — parce qu’avec ses copines, c’est probablement moins fun qu’avec un beau cavalier.

Et c’est un exemple parmi mille autres. Alors une fois qu’on sait qu’on ne peut pas être tout pour l’autre, on peut décider qu’éventuellement ça serait sympa de pas se retrouver à lui dire « tant pis mon chéri, je ne peux pas être tout, et donc c’est tout ce que tu auras ».

Davantage d’épaules pour pleurer

Dans les époques reculées de nos grand-mères, il était rare que les époux se confient intimement l’un à l’autre. On avait un bon pote, une bonne copine, un parrain, une cousine. Depuis quelques décennies, le conjoint est devenu le psy commis d’office. Pour certains trucs, ça peut être bien. Mais d’autres fois, c’est lourd à porter. Alors il y a les copines et les collègues de bureau. Mais pour certains sujets, je suis sûr qu’un-e amant-e est l’épaule idéale pour s’épancher.

Vivre différents morceaux de soi

Même en-dehors des cas pathologiques où c’est carrément ton partenaire qui ampute expressément ta personnalité, on se retrouve à ne développer qu’une partie de soi-même au contact de la personne avec qui on vit, chacun se « moulant » instinctivement sur l’autre. Dans le cadre des amitiés, notre personnalité s’exprime différemment au gré des rencontres importantes. Et quand on a vécu plusieurs histoires de couple successivement, on voit bien à quel point chacune était différente, avec cette impression d’avoir été une autre personne à chaque fois, cette impression que chaque histoire nous a fait « grandir ».

Mais on peut très bien découvrir cette diversité simultanément. Une sensation d’épanouissement spontané dans des directions insoupçonnées de notre personnalité. Rien que pour pouvoir déployer son « soi » sexuel, ça vaut le voyage. Mais explorer en plus de ça les multiples facettes de son soi humain et amoureux est une expérience de vie hors du commun.

(et arriver à propose cette expérience de vie à ton homme ou à ta femme fait de toi le roi du monde)

26 réponses à “Dix bonnes raisons d’être en couple libre

  1. Superbe article comme d’habitude , une telle ouverture d’esprit est très touchante . J’ai une question que j’aimerais poser depuis quelques temps déjà , vous exposez souvent le fait que l’amant ou la maîtresse est un inconnu , mais si c’est c’est un ami proche? Est ce gerable sur la durée ? Et toutes ces conquêtes amants ou maîtresses sont t’ils tous célibataires ? Car ce que je trouve le plus dur ( une fois que la décision de couple libre a été choisie ) c’est de gérer le quotidien , qui, combien de fois par semaines ou mois peut on s’échapper , si je trouve un amant mais mon mari ne trouve personne ect … Peut être avez vous des réponses ou des expériences à me faire partager . Merci pour vos articles en tout cas ! A très bientôt !

    • La question de la logistique polyamoureuse fera l’objet d’un futur article (ça se bouscule un peu dans les idées d’article, il faudra être patiente).

      Idéalement, si l’on veut qu’une situation de couple libre ne chamboule pas trop la vie du couple, les amant-e-s sont déjà en couple (libre) de leur côté. Sinon l’amant-e célibataire est drôlement tributaire de la vie de notre couple et c’est plus délicat à gérer pour respecter ses aspirations et ses besoins en plus de nos contraintes familiales à nous => on rentre réellement dans le monde polyamoureux avec les multiples liens croisés (leur richesse et leur complexité).

  2. « – Et bien, qu’il aille voir ailleurs et que j’aie la paix (maix qu’il revienne finir le ménage ensuite). »
    « maix » ?🙂
    Merci pour cet article très convaincant. 11ème bonne raison : cette vision du couple peut s’étendre à l’ensemble de nos relations et permet de se remettre en question plus souvent/plus facilement ?

    • Merci pour la coquille.

      Quant à savoir si les leçons qu’on peut tirer de la pratique de la non-exclusivité sont extrapolables au reste des relations (y compris monogames), j’en suis intimement persuadé.

  3. C’est vrai que ça en fait un sacré beau paquet de bonnes raisons, en fait, je comprends mieux pourquoi ça me trottait dans la tête comme idée…et toutes tournées vers le « bonheur » des 2 tant qu’à faire

  4. Ah Fetlife … Le meilleur réseau social du monde dès qu’on veut discuter avec des gens aux penchants atypiques🙂. C’est là qu’on se rend compte de la diversité des fantasmes qui existent (parce que même sur fet, c’est parfois délicat de trouver quelqu’un qui partage nos goûts alors dans les fréquentations courantes…)

    • … et si en plus elle doit être belle, intelligente, drôle et ambitieuse… Je comprends qu’il y en ait qui laissent tomber le critère « compatibilité sexuelle ».

  5. Pour le beau connard (aha), les fantasmes… je suis assez d’accord. Pour les autres, pas toujours, ou pas entièrement.

    C’est plutôt vendeur de parler de ramener la libido à la maison, mais c’est pas tout le temps le cas. Il y a des couples pour qui ça se passe comme ça, et d’autres dans lequel le conjoint « historique » cède petit à petit le « terrain sexuel » au petit nouveau (toutes ces remarques peuvent se mettre au féminin, évidemment). Il y a un reportage, disponible sur Youtube, dans lequel on peut voir un trio canadien dans lequel le couple « primaire » n’a plus du tout de relations sexuelles. Je crois me souvenir que Françoise Simpère parle du fait que le « nouveau » peut éclipser (temporairement) l’ »ancien » sous le coup de la passion (à vérifier, je lui fais peut-être dire ce qu’elle n’a pas dit). Je ne parle même pas du cas où le couple libre est envisagée en (parfois grande) partie parce qu’au lit c’est pas fameux. Et l’adultère n’éloigne pas forcément : c’est un cas un peu particulier mais une de mes amies était excitée à l’idée de faire l’amour à son copain en le sachant cocu.

    Plus de mensonges, c’est optimiste ! Déjà, c’est un peu facile d’exclure de l’argumentaire les couples libres où il y a des règles arbitraires : ils sont légions, entre les « pas chez nous », « pas avec une amie », « pas quelqu’un que je connais »…. (et quelque part je trouve sain d’admettre et de poser ses limites, surtout si on sait les remettre en question), bref, y a-t-il vraiment des couples libres sans règles arbitraires ? Même en couple libre, il peut y avoir la tentation du mensonge pieux au conjoint qui demande si c’est mieux avec l’autre au lit, ou « tu trouves que ma sœur est plus bonne que moi ? Tu aimerai coucher avec elle ? ».

    Ne pas avoir à se forcer… oui et non. J’aime bien la réplique en tout cas. Mais ça marche si l’autre a « juste » envie de baiser, mais pas spécialement envie de baiser avec quelqu’un en particulier. Pour prendre un exemple hors-cul, si j’ai envie d’aller au restaurant avec mon amie Madeleine, j’ai pas seulement envie d’aller au resto, je veux y aller avec elle. Sachant cela, elle peut très bien se sentir forcée d’accepter, même si elle sait que j’ai des tas d’autres amis à inviter au resto.

    Ne pas être tout pour l’autre, ne pas être fusionnels, c’est rendu plus évident par le couple libre mais c’est possible en couple exclusif également. Entre le couple polyamoureux qui gère sa race et le couple sauce Hollywood qui ne fait pas un pas sans l’autre, il y a des paliers.

    Ceci étant, ce sont en tous cas vos dix raisons d’être en couple libre, et si elles vous conviennent c’est parfait !

    …. J’ai fait une tartine🙂

    • Tartine ou pas, c’est pertinent.
      (et non, ce ne sont pas *mes* dix raisons à moi personnellement, ce sont les dix raisons qui reflètent probablement bien les points de vue que je développe dans ces pages).

  6. Pingback: Dix mauvaises raisons de devenir un couple libre | les fesses de la crémière·

  7. Je suis en couple depuis 10 ans avec mon « mari » et le connais depuis 13 ans.
    Nous nous aimons et respectons profondément. J’ai entièrement confiance en lui et la réciproque est vraie.
    Nous avons pourtant traversé de très graves crises de couple, notamment à la naissance de notre premier enfant où personnellement j’ai traversé pendant au moins un an une absence quasi totale de désir tout en aimant mon mari.
    A l’époque, ces crises étaient dues à la frustration sexuelle de mon mari ce que je peux tout à fait comprendre maintenant mais que je ne mesurais pas alors….
    Aujourd hui nous nous aimons et notre entente sexuelle est bonne. Récemment, nous avons discuté de fidélité et de ce que nous mettions dedans. Nous avons redéfini cette notion pour nous. Néanmoins, nous nous sommes promis de ne jamais parler de notre manière de vivre à nos amis, notre famille, de peur que personne ne comprenne.
    Votre site m’aide à réaliser que nous ne sommes pas seuls à avoir choisi la solution couple libre.
    Je tiens à vous remercier pour cela et apporter mon petit témoignage anonyme…
    Bisous et j’attends vos prochains articles avec hâte

  8. Comme cela t’a déjà maintes fois été répété, de découvrir ton blog m’a beaucoup soulagé, et je t’en remercie. Tu y exposes des points de vue qui correspondent très largement à ce que, intuitivement, je me suis dit lorsque ma femme m’a ouvertement exprimé son besoin de découvrir autre chose physiquement, c’est-à-dire que le stricte contrainte de l’exclusivité sexuelle n’est pas ce qui fait la fidélité d’un couple, mais bien le « travail » au projet commun de vie commune et surtout une intense complicité et une confiance mutuelle qui font beaucoup plus de bien qu’un faux sentiment d’appartenance réciproque. J’y ai aussi compris que la jalousie était seulement un moyen de reporter sur l’autre un problème qu’on a avec soi-même ; ça a beaucoup à voir avec la faculté de relâcher son emprise (ou en tout cas celle qu’on croit avoir) sur l’autre. Mais bref, je ne souhaite pas raconter ici mon parcours, je réfléchirai à le poster sur l’autre blog (histoires d’amours plurielles si je me souviens bien).

    L’objet de mon commentaire est aussi de te demander ainsi qu’à l’assistance où je pourrais trouver un forum où échanger sur ce sujet avec d’autres couples. Il me semble que la fonction de commentaire du blog n’est que moyennement adaptée à ça. Ensuite, j’aimerais savoir s’il existe un blog ou un forum de même teneur en Allemagne, mon pays de résidence, qui nous permettraient à ma femme et à moi de rencontrer plus localement des personnes voulant rompre (ou en tout cas acceptant l’éventualité de rupture – les opinions différentes sont toujours porteuses de fruits) avec le concept imposé de l’exclusivité sexuelle. Si un lecteur ou toi-même aviez des références, je serais preneur.

    Bonne continuation !

  9. Belle découverte que ce blog, ça me conforte dans des idées que je cultive depuis quelques temps =) Donc merci pour ça !
    Par contre je tique énormément sur la raison « ne pas se forcer »… est-ce que dans un couple monogame on devrait le faire ? Je lis ça comme une énième justification du viol conjugal. Je pense bien que ce n’est pas du tout ton intention et désolée si mon propos est violent… mais je trouve ça violent aussi de dire « être en couple polyamoureux, ça permet de ne pas devoir se forcer ». On devrait répéter sans arrêt, en particulier aux femmes, que personne ne doit jamais se forcer. Et que le classique « j’irai voir ailleurs sinon » = pousser son/sa partenaire à des relations sexuelles sous contrainte.

  10. Tout d’abord, merci à toi pour cet article qui m’éclaire d’avantages sur ce qui est, actuellement, un sujet difficile au sein de mon couple en ce moment. Il m’a aussi permis de voir le couple libre sous des angles que je n’avais pas vus avant. Connaitrai-tu des sites ou des forums ou l’on pourrais échanger voir même rencontrer des couples en union libre pour discuter et en savoir un peu plus. Pourquoi pas franchir le pas un de ces jours.
    Encore merci pour ton article et pour ton blog qui est passsionnant !

    • Attention : ‘union libre’ veut presque dire la même chose que concubinage, c’est à dire qu’on est en couple non marié mais généralement perçu comme exclusif. C’est pour ça que je préfère ‘couple libre’.
      A ma connaissance, le meilleur endroit pour en parler, c’est le forum polyamour.info (ou son homologue belge polyamour.be) et la communauté organise régulièrement des ‘cafés-poly’ qui servent justement à discuter de vive voix de questions de non exclusivité avec d’autres personnes qui vivent en couple non exclusif ou qui se questionnent.

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