L’ovni Tinder – 1e partie – exégèse

Un peu pêle-mêle, voici une salve de réflexions éminemment perspicaces issues de mes pérégrinations estivales sur la planète Tinder.

mirror selfie digital pen and ink drawing

Ça, tu gardes ça pour Grindr, plutôt🙂 (ref. photo (c) undercoverfr3ak sur DeviantArt)

Au début, il y a eu Grindr

Grindr est une appli smartphone de rencontres faite par et pour les gays. Combinant la géolocalisation avec des profils minimalistes où la photo est reine, l’outil a été une petite révolution en ce qui concerne les rencontres sans attaches pour les homosexuels. L’appli a tellement facilité les contacts qu’il y a clairement un avant- et un après-Grindr. Plus besoin de faire un détour par le bar gay ou d’aller traîner au parc en pleine nuit : depuis le confort de son canapé ou de son lit d’hôtel, on peut voir s’il y a un beau mec dans le coin avec qui on pourrait improviser quelque chose.

Évidemment, il y a toujours des grincheux pour déplorer le côté « superficiel » et « consumériste » de la chose. pourtant, personne ne râle contre les applis de covoiturage : deux personnes majeures et vaccinées se trouvent un intérêt commun, et il n’y a pas plus de raisons de porter un jugement sur le caractère éphémère de l’arrangement. On a d’ailleurs vu des covoitureurs devenir très bons amis et décider de passer les vacances ensemble🙂

Deux obstacles majeurs à la version hétéro

Avec l’essor spectaculaire de Grindr au début de la décennie, on s’est vite demandé si le modèle était transposable aux rencontres hétéro. Beaucoup s’y sont cassé les dents. Car il y avait au moins deux obstacles importants :

  1. il y a toujours la hantise de tomber sur un psychopathe ou le mauvais collègue de bureau
  2. contrairement aux gays qui sont à égalité par définition, il y a culturellement un gros déséquilibre entre le nombre de filles et le nombre de mecs qui cherchent du sexe sans attaches. Je suis maintenant persuadé c’est essentiellement lié à l’attitude salopophobe de notre culture faussement libérée (slut-shaming). Une fameuse expérience (Clark & Hatfield, 1989) avait vu que les filles étaient nettement moins nombreuses (0%) que les mecs (75%) à répondre oui à une proposition de plan d’un soir de la part d’un-e bel-le inconnu-e sur un campus. Mais des expériences plus récentes (Conley, 2011) ont joliment démontré que le conditionnement social était le principal responsable de cette asymétrie ; et en particulier, que les filles étaient aussi nombreuses à envisager un plan d’un soir avec Johnny Depp que les mecs avec Angelina Jolie.

Alors commençons avec le premier obstacle. Ce qui m’étonne avec la question de la crainte du psychopathe, c’est qu’en toute rigueur elle aurait dû être encore plus forte chez les gays : les homosexuels sont plus souvent victimes de violences que les femmes. Comment savoir si les beaux pectoraux, la bouille sympa et le joli cul sont les mêmes en vrai que sur le profil et comment être sûr qu’on ne va pas finir roué de coups dans un parking par une bande de skinheads qui chasse le pédé sur internet.

En moyenne, 43% des femmes lesbiennes et bisexuelles et 30% des hommes gays et bisexuels avaient subi au moins un acte d’agression sexuelle dans leur vie. Alors que pour les l’ensemble des résidents des USA, le taux d’agression sexuelle est estimé à 11-17% pour les femmes et 2-3% pour les hommes. (extrait du lien Boston University ci-dessus, traduit par m’self)

Et pourtant, alors que Grindr affiche carrément une carte du quartier avec la position de tes voisins gays, ça n’a pas empêché l’appli de prospérer.

Mais que voulez-vous : la peur du loup est encore plus profondément ancrée chez les filles. On a tous grandi avec l’histoire du Petit Chaperon Rouge ; je vous re-cite la morale de Charles Perrault.

On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles
Belles, bien faites, et gentilles,
Font très mal d’écouter toute sorte de gens,
Et que ce n’est pas chose étrange,
S’il en est tant que le Loup mange.

Tinder –car de tous les « clones » de Grindr c’est bien Tinder* qui a tiré son épingle du jeu– a choisi pour ça de s’appuyer massivement sur Facebook. Au début, ça surprend : on ne crée pas un profil sur Tinder, on connecte son profil Facebook. On ne peut pas choisir un pseudo : c’est le prénom Facebook qui fait foi (et tant pis si tu peux pas te planquer parmi la foule des Stéphanie ou des Thomas pour garder un peu d’anonymat). Et impossible de mettre sur ton profil Tinder une photo que tu n’a pas postée sur Facebook au préalable.

Mais après, on comprend que c’est proprement génial.

En faisant ça, Tinder délègue au géant des rézo toute l’indémerdable question des faux profils sur les sites de rencontres. Et Tinder délègue à tes amis la modération des photos — il n’y a que le petit texte optionnel de présentation qui ne passe pas par Facebook. Et donc grâce à ce pacte, Tinder profite de la respectabilité de Facebook et atténue considérablement l’impression qu’on va tomber sur un gros pervers planqué derrière un pseudo.

Et puisque nos profils Tinder sont des extraits de nos pages Facebook, on a un peu l’impression de draguer à une soirée, plus ou moins entourés d’amis d’amis (même s’il peut toujours y avoir des tarés dans les soirées).

Quant au second obstacle (le déséquilibre numérique H/F), il faut arriver à faire deux choses pour le contourner : à long terme, il faut lutter contre les préjugés puritains et les inhibitions culturelles, et dédiaboliser l’expression du désir féminin, même quand il n’est pas aussi bisounours que dans la légende ; et à court terme, il faut trouver un fonctionnement de l’appli qui évite aux nanas de se retrouver submergées sous des tombereaux de messages grivois.

(*) en plus de l’homonymie partielle avec Grindr, le nom Tinder est particulièrement bien trouvé, puisqu’il désigne les brindilles que l’on utilise pour démarrer le feu à partir d’une étincelle.

Comment ça marche ?

Une fois connecté-e, tu consultes un par un les profils que Tinder te propose (les seuls critères sont l’âge et la distance). Avant de pouvoir passer au profil suivant, tu dois décider si tu retiens (like) ou tu oublies (pass) celui-ci. Les profils que tu n’as pas retenus sont oubliés pour toujours (sauf dans la version payante). Les autres aussi, sauf si l’autre personne te « like » aussi. Dans ce cas (et uniquement dans ce cas), vous pouvez entamer la conversation. C’est grâce à ce mécanisme que Tinder arrive à vraiment limiter l’avalanche de messages non-sollicités que reçoivent les nanas.

Et donc par rapport aux autres sites où tu as l’impression de te balader dans la rue avec un T-shirt écrit DRAGUEZ-MOI et des grappes de relous tout autour, sur Tinder c’est plutôt un peu plus policé (toutes proportions gardées selon qui tu sélectionnes), comme on échangerait des sourires du bout de la pièce à une soirée avant de se rapprocher pour aller papoter au bar ou se papouiller dans un placard.

Adopte Un Mec avait proposé une solution un peu différente et consistant à instaurer une forte asymétrie H/F (d’où le nom) : c’est uniquement quand une nana t’a mis dans son panier que tu peux lui écrire. D’autres sites utilisent un système de crédits payants (pour les mecs) supposés décourager les spammeurs. Ça marche apparemment moins bien, et en plus ça a tendance à aigrir le troll qui a payé pour pouvoir insulter les filles.

Mais ce que j’adore dans l’idée de Tinder, c’est qu’il n’y a pas besoin de forcer une dissymétrie qui continuerait de souligner les prétendues « différences » H/F. Ici, c’est rigoureusement égalitaire sur le principe : qu’on soit homme ou femme, hétéro ou gay ou bi, pas de discrimination ; seuls peuvent communiquer les profils qui se sont appréciés mutuellement. Et dans le cas contraire, et bien c’est comme si on ne s’était jamais vus.

D’ailleurs, je rêve du jour où quelqu’un trouvera un système similaire d’entremetteur numérique pour dans la vraie vie. Le truc qui permettrait aux mecs de manifester leur intérêt pour les filles croisées dans les lieux publics sans participer au harcèlement de rue / aux nanas de manifester leur intérêt pour les mecs sans passer pour des allumeuses et sans se faire emmerder ; et surtout sans que quiconque le sache tant que ce n’est pas réciproque.

Deuxième partie : plaidoirie (bientôt)

Où je me ferai l’avocat du diable sur trois critiques que l’on fait à Tinder depuis le début :

  1. les rencontres basées sur les photos sont forcément superficielles
  2. Tinder donne l’impression que les personnes sont jetables comme tous ces profils qui partent dans la poubelle de gauche
  3. La facilité des rencontres incite à papillonner, à toujours croire qu’on trouvera encore quelqu’un de mieux demain.

à bientôt.

23 réponses à “L’ovni Tinder – 1e partie – exégèse

  1. Oui à la grande différence d’okcupid, pas besoin de passer du temps à éliminer les 3 quarts des messages qu’on reçoit (dont pas mal de teenagers de 19 ans vivant à 3000 km…), et c’est sans doute moins endogamique : puisque le profil est court, on à plus tendance à se laisser porter par son feeling plutôt qu’à scruter en détail toutes les réponses aux questions et à évaluer les goûts musicaux du cute guy.

    • Aah, le coup des hobbies, des musiques préférées et des films fétiche dans les profils… déjà pour l’âme soeur je dubite ; mais alors pour la bagatelle, ça m’espante.

  2. Article sympa, comme souvent !
    Il y a effectivement une application pour smartphone (happn) qui te permet de retrouver les personnes que tu as croisé dans la rue, ici ou là,.
    Même principe que tinder l’inscription se fait par Facebook, et même principe il faut que les deux personnes soient en phase pour pouvoir communiquer, il y a aussi la possibilité de se faire remarquer avec une option « charme » tu cliques et paf !!! la personne reçoit ce « machin bidule » qui lui montre l’intérêt que vous lui portez.
    J’ai testé et pas encore approuvé ^^

    • J’irai voir. Je suis curieux de savoir comment ils font pour déterminer à qui on pense quand une personne nous plaît. On ne va pas les prendre en photo, et si c’est par geolocalisation et qu’on se croise dans la foule des heures de pointe, il va falloir qu’on se croise un paquet de fois avant que l’appli puisse discriminer…

      • En fait Happn fonctionne comme Tinder dans le sens où il te propose des gens sur la base d’une géolocalisation et d’une tranche d’âge. Il est aussi gay friendly puisque toutes les combinaisons sont possibles.
        L’appli te montre tous les profils disponibles correspondant à tes critères au plus proche de toi.
        En réalité il y a peu de chance que tu arrive à trouver la personne que tu as croisée dans ce bar hier soir : il faut qu’elle ait un profil, que les critères concordent et… que tu aie de la chance. J’ai mis une demi-heure à chercher des profils avant de voir celui de ma pote assise à ma table (test véridique, un soir de weekend dans le centre de Paris).
        L’idée est bonne, mais rarement très convaincante. Ça ne marche vraiment, comme tu l’as dit, que quand tu croise souvent cette personne (boulot, logement ou autre qui sont dans la même rue).

      • Donc en fait, j’ai une meilleure idée (mais qui ne marche qu’avec les gens qu’on croise régulièrement, ou bien dans le désert) : quand on croise quelqu’un qui nous plaît, on se signale à l’appli qui nous permet de donner un petit nom à la personne en question (« barbu souriant », par exemple). L’appli retient alors les moments et les endroits où on a croisé « barbu souriant ». A chaque fois qu’on le recroise, on le resignale à l’appli. Si « barbu souriant » a un profil actif sur la même appli, l’algorithme va un jour se rendre compte que c’est probablement le membre #12fc56b51. Si en plus le membre #12fc56b51 vous a réciproquement signalé les mêmes jours aux mêmes endroit, alors c’est un « match ». Et l’appli vous arrange le rencard🙂

      • C’est exactement la géoloc’. Du coup pour peu que tu habites à proximité d’un métro, on te propose toutes les personnes qui à un moment de la journée ont été géolocalisées dans la rame qui passait à côté de chez toi / de ton boulot / etc.
        En plus y’a moins de monde. L’appli se fait écraser par Tinder.

        Il faudra attendre les Google Glass ou autre système de réalité augmentée du genre🙂.

        Accessoirement, un système similaire existait directement sur Facebook en tant qu’application, on indiquait sur les profils des gens avec qui on était « ami » si on était intéressé.e par aller plus loin avec eux, ou juste un verre, ou un dîner, ou un café (…) (je ne sais plus exactement les modalités) et lorsque les deux personnes avaient répondu sur le profil de l’autre personne, l’option la plus basse commune était retenue et affichée. C’était assez smart, mais ça n’a jamais décollé.

  3. Pour le 3, je cherche encore « La facilité des rencontres ». C’est un truc de journaliste. Perso, en plus d’un an d’usage, je n’ai fais strictement aucune rencontre sur Tinder. J’ai discuté avec quelques personnes qui se sont rapidement évanouies quand elles ont compris que je cherchais du sexe sans attache. Eh oui, sur Tinder aussi, les femmes cherchent « du sérieux ». On y trouve même des profils avec photos des enfants, de la maison, etc.

    • Évidemment, la « facilité des rencontres », c’est pour les filles, on est bien d’accord. Côté mecs, comme sur tous les sites de rencontres, on rame.

      Et j’ai justement un article prévu, dans la série « Tinder », sur la question du « sérieux ».

  4. Aussi, le nom Tinder est encore mieux choisi que ça :
    Tinder c’est le petit bois, la brindille comme tu as dit. Et quand on trouve une ‘affinité’ l’appli affiche « it’s a match » qu’on peut traduire aussi par « c’est une allumette » !
    Autrement dit au milieu d’un tas de brindilles on cherche une allumette pour faire partir le grand feu de l’amoûûûr. Marrant, non ?

    • Peut-être. Certes, le mot « match » a plusieurs sens mais je n’ai pas ressenti dans la communication et l’interface de tinder l’intention de jouer dessus.

      • Ils ont quand même une flamme pour logo… Moi je dis que ça fait beaucoup pour une coïncidence (ou bien c’est une déformation professionnelle et je vois de la bonne com partout)

        Aussi j’en profite parce que allez : grand fan depuis longtemps, je suis, je lis, et j’aime. Keep it up !

  5. Bonjour, tes articles sont un vrai régal, j’aime prendre le temps de les lire. Je partage souvent tes analyses et j’apprécie que tu sites tes sources. Afin d’alimenter tes réflexions : http://www.iea.org.uk/sites/default/files/publications/files/DP_Supply%20and%20Desire_61_amended_web.pdf j’ai trouvé cela particulièrement intéressante, et je suis curieux de connaitre tes propres conclusions tant certains chiffres vont à l’encontre de certaines de tes propositions.

    • Alors j’ai lu la première partie. Et non, les chiffres ne vont pas exactement à l’encontre de mes propositions : ils ont un objectif très différent. L’auteure du papier veut étayer sa conclusion qu’il faut décriminaliser la prostitution au Royaume Uni. Et donc elle prouve que les besoins sexuels des hommes sont largement insatisfaits et le resteront très probablement pendant encore longtemps. Pour dire ça, elle n’a donc pas besoin de savoir exactement d’où vient l’écart. Je ne conteste pas ses chiffres, et je constate aussi le déséquilibre de l’expression du désir sexuel H/F. Mais je dis qu’il est largement culturellement conditionné ; que la prétendue révolution sexuelle est trop récente pour avoir réellement changé la culture ; que le poids de la sexe-négativité pèse encore bien trop lourd sur les femmes ; que l’effet anesthésiant de l’exclusivité sexuelle dans les couples établis joue peut-être aussi un rôle ; et que si les femmes étaient aussi peu intéressées par le sexe que ce que la première partie de l’article le laisse entendre, surtout passé la trentaine, on aurait du mal à expliquer le succès planétaire de la littérature érotique dans le sillage des 50 nuances de Grey (la très grande majorité des auteurs et des lecteurs d’icelle étant des auteures et des lectrices).

  6. C’est vraiment intéressant ce que vous racontez sur la peur de l’agression qui n’est pas forcément corrélé avec la probabilité statistique que cela arrive vraiment. J’ai le souvenir d’une conf d’un prof de socio qui racontait quelque chose de similaire, comme quoi, finalement, les jeunes hommes étaient la catégorie le plus susceptible d’être impliqué dans une situation d’agression en tant que victime (mais aussi en tant qu’auteur, d’ailleurs)… et pourtant, c’est la catégorie qui se sent le plus en sécurité. (Agression en général, les chiffres s’inversent complètement si l’on ne retient que les agressions sexuelles)

    Bon l’étude dont il parlait avait le gros biais de ne pas prendre en compte toutes les situations de harcèlement urbain de type « hé mamzelle »… qui, sans être véritablement des « agressions », participent largement au sentiment d’insécurité féminin.

    Peur liée au conditionnement social puisque c’est aux filles qu’on apprend à avoir peur, à ne pas se sentir à leur place dans les lieux publics, alors qu’aux mecs se serait plutôt quelque chose du genre négation des prises de risque, ne pas montrer qu’on a peur…

    • Attention, les jeunes hommes sont plus souvent victimes d’agressions en nombre, mais pas en proportion. Il y a beaucoup plus de jeunes hommes dehors la nuit que de femmes. Individuellement, risque est quand même plus élevé pour une femme, il me semble. Et si l’on y rajoute le harcèlement, il n’y a pas photo.

      Et donc apparemment le risque est encore plus élevé pour un homosexuel.

  7. Je ne savais même pas qu’il fallait un profil FB pour aller sur Tinder… Voilà qui me passe toute envie de tester l’application.

    Petite remarque à Monsieur Chapeau : j’ai un ami utilisateur de Tinder qui a fait plusieurs rencontres très très chaudes grâce à cette appli, et plutôt en mode « coup d’un soir » comme quoi…

    Pour finir, pour broder sur ta comparaison (qui n’est toujours pas raison, il faudrait que tu t’en rendes compte un jour, Audren !) avec blablacar, « On a d’ailleurs vu des rencontres Tinder devenir très bons amis et décider de passer les vacances ensemble » (oui, oui, je suis sûr que ça peut arriver aussi).

    Bon, je suppose que je vais pouvoir dire tout le mal que je pense de ce genre d’appli sur l’article n°2 ^^

  8. je ne suis jamais allée sur Tinder, mais ai croisé des mecs qui y sont allés; cet outil fonctionne bien pour les mecs mignons, mais ça ne les aide pas à devenir de bons amants, au contraire, ils en, oublie comment approcher une femme, s’embrasser avec sensualité, puisqu’ils deviennent des êtres dans la pure recherche de la satisfaction de leur pulsion sexuelle, sans plus. ils deviennent des mecs sans intérêt sensuel.

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