S’aimer comme frère et sœur…

Au rebours du célèbre thème romantique à la Paul et Virginie, je crois qu’il est impossible de tomber amoureux quand on a grandi comme frère et sœur. En revanche, il n’est pas rare que deux amoureux finissent par s’aimer comme frère et sœur après une longue vie commune. (trigger warning : inceste)

Digital pen and ink drawing of Kenneth Branagh and Helena Bonham Carter kissing in Branagh's Frankenstein movie (1994)

Frère et Soeur : Victor Frankenstein et Elizabeth Lavenza (Kenneth Branagh et Helena Bonham Carter)

Préambule en forme d’énigme

  • nous avons grandi ensemble
  • nous savons des tonnes de détails embarrassants l’un sur l’autre
  • nous nous sommes régulièrement vus nus
  • nous avons plein de goûts en commun
  • nous serons toujours de la même famille
  • nous prenons conjointement soin de nos proches qui sont dans la dépendance
  • nous sommes profondément attachés l’un à l’autre
  • nous avons plein de beaux souvenirs de moments passés ensemble
  • nous adorons nous retrouver
  • nous nous prenons parfois la tête au bout d’un moment
  • nous ne couchons pas ensemble

qui sommes-nous ?

  • réponse A : un frère et une sœur
  • réponse B : des ex-époux

A l’envers

Je me souviens encore de mon incrédulité devant l’intrigue de Paul et Virginie, quand Bernardin de Saint-Pierre essaie de nous faire croire qu’un amour romantique puisse naître entre deux personnes qui ont grandi comme frère et sœur. Je n’ai pas de sœurs mais j’ai pas mal cousines et je me souviens très bien que jamais je n’aurais imaginé quoi que ce soit de sentimental avec celles dont j’étais le plus proche — par contre, avec ma grande cousine américaine que je voyais une fois tous les trois ans, oui.

Le thème du frère et de la sœur qui tombent amoureux vers l’age de vingt ans après avoir grandi comme cul et chemise est pourtant récurrent dans la littérature, en particulier celle de la grande époque romantique. Tout le monde connaît la passion violente entre Cathy et Heathcliff (au moins grâce à la chanson de Kate Bush). Et si vous avez vu le film de Kenneth Branagh ou lu le roman de Mary Shelley*, vous vous souviendrez peut-être que la promise de Victor Frankenstein n’est autre qu’Elizabeth, sa sœur…

*Si vous avez l’intention de lire Frankenstein (juste pour le côté documentaire, hein, parce que c’est quand même une horrible guimauve romantique du début XIXe écrite par une ado qui avait lu trop de romans de gare de l’époque), je vous conseille très fortement la splendide version audio enregistrée par Cori Samuel sur librivox — oui, c’est en anglais mais c’est gratuit — j’adore absolument sa voix, j’avais d’ailleurs été son éditeur bénévole pendant quelques mois pour nettoyer les bafouilles (mais pas sur ce roman).

Alors entendons-nous bien, il s’agit toujours de frères et sœurs d’adoption : aux yeux des auteurs de l’époque, la morale était sauve, ce n’était pas de l’inceste, ouf. Mouais. A l’époque, à la rigueur. De nos jours, un enfant adopté fait partie intégrante de la fratrie, donc l’entourloupe ne tient plus debout.

Mais mon incrédulité n’est pas d’ordre moral. Elle ne tient pas au fait qu’il s’agisse d’inceste (ou indirectement) mais simplement à mon intime conviction que quand on a grandi ensemble, et bien on est immunisé contre l’attirance sexuelle et amoureuse. C’est juste un feeling et je veux bien qu’on me détrompe (preuves à l’appui) mais je pense qu’il est assez largement partagé. Autant je serais prêt à croire qu’un frère et une sœur biologiques qui auraient grandi séparément (distance géographique, gars et filles élevés à part, ou juste grande différence d’âge) puissent se mettre à se regarder d’un autre œil à l’occasion de retrouvailles ; autant je ne vois pas comment un frère et une sœur ayant grandi sous le même toit, quels que soient leurs parents biologiques, pourraient un jour devenir amoureux l’un de l’autre…

A l’endroit

En revanche, je crois que le parcours inverse est assez courant.

La chose m’a concrètement frappé quand je me suis demandé comment il fallait que je me comporte dorénavant en présence de ma reine (donc mon ex-épouse, pour ceux qui ont suivi). On n’est plus amants mais on s’entend vraiment bien, on a encore une maison et des gamins à s’occuper, on tient beaucoup l’un à l’autre. Quel est le bon niveau de proximité physique à adopter maintenant ? Il n’est probablement pas indiqué de continuer à s’embrasser, mais est-ce qu’on peut se toucher de temps en temps ? Est-ce qu’on peut s’asseoir côte à côte sur le perron pour partager une bière ? Comment se tient-on à table quand on est invité chez des amis ? Je n’allais quand même pas passer en revue un à un les gestes de tous les jours et deviner pour chacun d’entre eux le niveau de tendresse politiquement correct (et physiquement confortable pour elle). Il me fallait un cadre global.

Et bien –ne lui dites pas parce qu’elle n’aime pas l’analogie– c’est en pensant que je n’avais qu’à me comporter avec elle comme si c’était ma sœur que tout est devenu évident, sans plus redouter de faire un faux pas. Se serrer dans les bras pour se consoler : oui ; se toucher la cuisse : non ; se faire un massage : oui ; bander pendant : non. etc. Facile.

Et c’est là que ça m’a frappé : ça correspond très bien parce que c’est à peu près ça qu’on est devenus : frère et sœur. Enfin surtout elle, d’ailleurs, et ça faisait pas mal de temps qu’elle se comportait avec moi de plus en plus comme si j’étais son frère. Et ça s’explique finalement assez simplement : après 23 ans en couple dont 18 sous le même toit, on a eu encore plus de proximité physique et pendant plus longtemps que si on avait effectivement été élevés ensemble pendant notre enfance. Et ça rejoint très exactement ce que j’avais écrit dans un autre article : familiarité – sommes-nous câblés pour l’intimité amoureuse ?.

On peut en tirer deux conclusions.

La première, plutôt tragique, et que je finirai de développer bientôt, c’est que ce phénomène de « fratrisation » des amours est un très puissant antidote au désir physique. Ou comment la passion amoureuse s’auto-régule en nous donnant très envie de vivre collés l’un à l’autre pour qu’on se lasse vite.

La deuxième, plutôt sympa, c’est que maintenant j’ai une sœur.

32 réponses à “S’aimer comme frère et sœur…

  1. Ah oui très juste et ça permet de vivre ensemble plus facilement sans animosité. Mais c’est vrai j’ai gagné un frère🙂
    Moi aussi 24 ans de vie commune et plus aucun désir!

  2. « je ne vois pas comment un frère et une sœur ayant grandi sous le même toit, quels que soient leurs parents biologiques, pourraient un jour devenir amoureux l’un de l’autre… »
    Je ne sais pas comment cela se fait, mais je connais plusieurs « couples » personnes dans ce cas. Et c’est pas simple à gérer parce que pas admis socialement…

    Ce n’est pas parce qu’on n’arrive pas à imaginer quelque chose que cette chose est impossible😉

    • et ils ont vraiment grandi ensemble, partagé le quotidien, aux mêmes âges etc ?
      Mon ressenti n’est évidemment pas une preuve mais je veux vérifier les hypothèses de départ🙂

      • Je confirme que les personnes à qui je pense ont partagé le même quotidien pendant les 15-20 premières années de leur vie (au moins). Côté âge, ce n’était pas des jumeaux, mais cela va de 1 an d’écart à 4-5 ans d’écart.

      • OK. Heureusement que c’est la vie et pas des maths : un contre-exemple, même deux, ne fichent pas la théorie par terre. N’empêche que ça affaiblit l’argumentaire. Ça me rappelle cet exemple, rapporté dans un podcast, de deux vrais jumeaux ayant grandi ensemble et vivant maintenant en couple.

        Et tadaa, en cherchant de l’info sur eux pour ce commentaire, je tombe sur la suite de leur histoire, et en particulier ce passage très très intéressant dans un courrier adressé à la rubrique sexo de Slate (dear Prudence) :

        One of the more ironic parts of this situation is that the sexual aspect of our relationship faded away many years ago. We’re physically intimate, but it’s limited to kissing and cuddling for the most part. According to our counselor, this phenomenon is actually not uncommon among gay male companions, and from what I gather, even among heterosexual couples who’ve been together as long as we have. I know how weird this must sound, and often we both just burst out laughing at how our lives turned out, but it is what it is.

        (en gros, ils disent qu’ils s’aiment encore mais qu’ils ne font plus l’amour, et qu’un conseiller leur avait dit que ça arrivait à de très nombreux couples hétéro et non-incestueux).

        A lire en entier ici : http://www.slate.com/articles/life/dear_prudence/2012/11/dear_prudence_follow_up_letters_from_the_twincest_writer_and_the_minister.html

  3. Autre exemple : dans la culture nippone, il n’est pas rare que deux époux, après la naissance de l’enfant, finissent par ne plus avoir de rapports entre eux ou presque.
    Une des raisons habituellement mise en évidence par les sociologues est le fait que la conception de l’enfant est souvent perçue comme l’objectif n°1 du coït. Une autre est que l’enfant dort souvent entre les deux parents.
    Et une dernière est que, dans cette culture specifiquement, il n’est pas rare que l’amour que développent les deux époux aboutisse, avec le temps, à un amour quasiment fraternel qui leur ôterait le désir charnel l’un pour l’autre. Une des conséquences notables est une certaine frustration inévitable –la fidélité reste valorisée ; et de là, la culture pop hyper sexualisée, saturée, exhibée, caractéristique des grandes villes nippones, si souvent critiquée ou parodiée, peut trouver une piste d’explication.

    S’aimer comme des frères et soeurs, ça peut également tourner à une névrose culturelle, en grossissant le trait.

    • Oui, j’avais vu un docu sur l’absence de sexe dans les couples japonais et qui m’avait carrément déprimé. (cherchez « l’empire des sans »)

      • C’est exactement ce que je vis dans mon couple franco-japonais après l’arrivée d’un enfant. (déjà pas brillant avant)
        L’affection, la complicité sont bien là.
        Qu’il est dur de séparer quand il manque juste un ingrédient mais que la vie ensemble n’est pas insupportable… On s’aime encore, mais comme un frère et une soeur.
        Enfin non, le calme plat et l’ennui, ça peut être insupportable, surtout sans espoir de changement et dans l’exclusivité.
        Merci pour ton texte Audren, toujours si juste.

      • « dans l’exclusivité » – c’est ça qui est difficile à comprendre. Si on est frère et sœur, on peut bien accepter que l’autre voie d’autres personnes, non ?

  4. Pfffffff! Généralement, c’est une excuse de l’un(e) pour dire à l’autre qu’il(elle) l’appréci(e) mais ne veut pas(plus) coucher avec.

  5. Pas du tout d’accord avec votre critique de Frankenstein !! C’est passer sous silence sa beauté romantique (la tempête sur le lac, l’errance dans la montagne), et c’est oublier sa signification profonde et le contexte social de son écriture : celui d’une jeune femme féministe et libertaire dans ses amours qui se sent totalement en marge (monstrueuse même) dans la société ultra-conservatrice qui l’a vue naître. La créature du docteur Frankenstein est son avatar inconscient et sublimé. Mais effectivement on a le droit de ne pas être amateur de la littérature romantique anglaise…

    • J’étais sûr que quelqu’un allait défendre Mary Shelley🙂
      Effectivement, la beauté romantique m’énerve plutôt qu’elle ne me touche — un peu trop guimauve.
      Quant à la « signification profonde », c’est que je mettais derrière le « côté documentaire ».

  6. Si je peux me permettre de vous parler de moi, voici mon expérience : 28 ans de vie commune. 2 enfants en commun. Séparés depuis environ 10 ans, je veille sur lui… Nous sommes partis en vacances ensemble cette année, et nous nous sommes très bien entendus. Chacun essayant de faire plaisir à l ‘autre, mais sans réelle concession. Nous nous faisons des bisous sur la joue (ou le front), de temps à autres. Nous dormons même parfois dans la même chambre (ou le même lit lorsque l’hôtel n’a pas de chambre à deux lits). Je prends soin de lui (problèmes de santé), je lui sers de chauffeur. Nous nous entendons mieux maintenant que lorsque nous vivions ensemble. Nous sommes peut-être même plus complices qu’autrefois.
    Bien sûr, je ne le comprends pas toujours. Et lui pareil.
    Nous n’avons plus de relations sexuelles depuis bien longtemps. Mais il n’est pas devenu mon frère, ni moi sa sœur (il en a suffisamment, des frères et sœurs)….
    Simplement, c’est le père de mes enfants.
    J’éprouve pour lui de la tendresse, de l’amitié. Je crois que lui m’aime toujours d’une façon qui ressemble à ce qu’il éprouvait lorsqu’il avait 18 ans.
    J’ai une vie intime, amicale, amoureuse. Il le sait. Et s’en accommode (de toutes façons, je crois qu’il n’a pas le choix. C’est comme ça….)
    Et nous nous entendons plutôt bien. Nous avons parfois des projets communs.
    Alors pourquoi ne plus vivre ensemble ? Simplement parce que je ne peux plus vivre avec lui. Parce que les personnalités changent. Parce que de nombreux éléments de la vie de tous les jours ont quand même créé une barrière. Que je ne souhaite pas franchir à rebours.

    • « Je crois que lui m’aime toujours d’une façon qui ressemble à ce qu’il éprouvait lorsqu’il avait 18 ans. »
      Je note, parce que ça me parle et ça ne me semble pas exceptionnel. A suivre dans un prochain article.

  7. Ma foi c’est pas faux, je pense même que c’est encore plus flagrant quand on s’est connus jeunes, voire qu’on a pas eu d’autre « vie » avant, là on aura vraiment grandi ensemble. Et si on enlève la partie sexuelle, la différence avec la fratrie reste juste le fait qu’on se soit choisi quand même.

  8. Je suis d’accord sur les exemples de la première partie. Je me souviens avoir lui il y a longtemps que les enfants élevés dans des kibboutz, qui ne sont pas du tout frères et soeurs, ne tombent pas amoureux en grandissant.
    Et pour l’histoire des « vieux couples », pas forcément vieux d’ailleurs mais qui vivent ensemble depuis longtemps, j’ai souvent fait remarquer à des ami-e-s qu’ils étaient des frères et soeurs (remarque qui est souvent mal prise).
    Beaucoup s’en contentent, moi ça me ferait fuir.
    J’ai lu aussi et je le pense toujours : un couple qui n’a pas de relations sexuelles n’est pas vraiment un couple.

  9. Rien à dire sur les frères et soeurs en couple, ayant plutôt été dans des relations de couple qui viraient parentales quand ça partait en vrille (c’est plutôt pire je pense, mais c’est un autre sujet).
    Mais votre dessin est woaw. Juste woaw.

  10. “[…] les individus ayant été élevés ensemble engagent très difficilement des relations amoureuses. S’ils entretiennent des relations affectives parfois intenses, avec un fort attachement, cela ne conduit pas à une relation sexuelle et amoureuse. C’est un fait bien connu des anthropologues. Dans la Chine traditionnelle, les familles arrangeaient des mariages entre leurs jeunes enfants, qui parfois vivaient ensemble sous le même toit dès l’enfance. Il devenait très difficile de les amener à avoir des relations sexuelles. De même dans l’expérience bien étudiée des kibboutz en Israël, où les enfants de plusieurs couples étaient élevés ensemble dès le plus jeune âge. Les cas de mariages entre enfants d’un même kibboutz sont très rares et, quand cela se fait, il apparaît que l’un des deux mariés est arrivé au kibboutz après l’âge de 6 ans. Ces observations suggèrent que les forts sentiments d’attachement qui se tissent au plus jeune âge entre des enfants et entre des enfants et des parents ou des adultes inhibent le désir sexuel. (Il en va de même chez les singes et les grands singes chez lesquels on s’est intéressé à ce sujet. Ces observations obligent à reconsidérer la question de la libido chère à la psychanalyse et les fondements de l’inceste ; à noter cependant que le cas d’Œdipe se comprend puisqu’il a été séparé de sa famille étant très jeune […])” (Pascal Picq, Philippe Brenot, Le Sexe, l’Homme & l’Evolution, page 150). Cordialement.

    • Merci énormément pour toute cette eau à mon moulin. Et donc je prétends que chez un certain nombre de couples, le même mécanisme est à l’oeuvre, qui sape le désir sexuel à mesure que le lien amoureux se transforme en attachement familial.

  11. Ce thème me rappelle, par exemple, ma proximité avec un ex-compagnon squatteur.

    L’expérience du squatt induit une proximité extrême, inégalée avec toutes les autres expériences que j’ai pu connaître, même celles que j’ai avec mon frère et ma sœur.

    Ou encore, celle d’un collègue, avec qui nous sommes devenus amants, puis amis, « frère et sœur », après un viol que j’ai subi, dont il a été témoin et suite auquel il a été l’une des très rares personnes à m’avoir soutenu.

    Une proximité inédite, rare. Une compréhension qui dépasse (de loin) l’ordinaire.

    Ces hommes sont bien plus proches de moi que ne l’est mon propre frère, je le dis sans honte.

    Peut-être est-ce cela, la fraternité : la connaissance totale de l’autre, son acceptation sans condition .

    Je t’aime tel que tu es, quel que soit ton parcours, et réciproquement.

  12. Un couple qui a moins ou plus du tout d’intimité sexuelle après 25 ou 30 ans de vie commune, c’est hyper fréquent, mais ça n’en fait pas des frères et sœurs pour autant, car il y a eu l’intimité sexuelle des 25 ou 30 années précédentes, ça compte! La nature, au fond, est assez maligne: le désir du début d’une rencontre est indispensable pour que naisse la rencontre, c’est en somme le ciment qui structure une relation. Mais comme pour une maison, si le ciment reste trop mouillé🙂, cela ne tiendra pas. Impossible de mener boulot, enfants, amis, sports, engagements divers avec un désir brûlant « comme au premier jour ». Donc, le fait que le ciment sèche, que le désir s’estompe, voire disparaisse, est plutôt bon signe pour que la relation dure. Plus justement, le désir existe toujours pour l’autre, mais il n’est plus centré sur le sexe, il est centré sur cette complicité, ce regard commun sur la vie qui fait qu’on se dit après des décennies « oui, c’est avec lui ou elle que j’aime vivre, que je me sens bien au quotidien » (et ce désir là est bien plus rare que le désir sexuel, vu qu’il est plus facile d’être de bons amants qui ne partagent que les moments de plaisir que des compagnons de route qui partagent les grands espaces mais aussi les grands obstacles.)

  13. Pingback: Chute de la libido féminine dans le couple : tentative de démêlage darwinien | les fesses de la crémière·

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