Allaitement – encourageons l’esclavage domestique des pères

Ou comment réconcilier féminisme et allaitement long. Pour faire simple: j’ai longtemps été tiraillé entre la Leche League et Elisabeth Badinter. J’ai fini par trouver la solution : pour pouvoir sincèrement recommander aux mères d’allaiter longtemps, alors il faut que la culture en demande au moins autant aux pères, voire vachement plus. Et assume.

Ashton Kutcher, qui réclame des tables à langer ailleurs que dans les toilettes dames

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Entre Elisabeth Badinter et la Leche League

C’est vraiment pas confortable quand un idéal philosophique entre en conflit avec une réalité biologique. Soit il faut se mettre la tête sous le sable et minimiser les résultats scientifiques, soit il faut mettre de l’eau dans son vin idéologique. Et c’est pour ça que j’ai longtemps été assez gêné par l’insistance de ces dernières décennies à promouvoir benoîtement l’allaitement maternel, sans se préoccuper du message sous-jacent que ça véhicule. Dernière en date, cette série d’articles publiés dans la revue scientifique The Lancet, et rapportée par Le Monde.

D’un côté, les fondements scientifiques derrière la recommandation de l’allaitement long sont de moins en moins fragiles. Mais de l’autre, je ne peux m’empêcher de voir ça comme une sournoise propagande anti-émancipation. Sournoise parce qu’elle n’est sûrement pas intentionnelle (la Leche League n’est pas un repaire de LMPT ou des mouvements anti-avortement) et qu’elle procède d’une authentique préoccupation sur la santé des enfants. Mais il n’y a pas besoin d’être très parano pour voir qu’elle offre un argument en or pour une vision essentialiste du rôle des femmes, et un pied dans la porte pour un retour en arrière dans la liberté des femmes et l’égalité des sexes.

Le grand-écart idéologique m’est apparu très clairement lors d’une journée spéciale sur France Inter en 2010 où Elisabeth Badinter était invitée à l’occasion de la sortie de son essai Le conflit. Elle s’y était pris de méchants tirs en raison de sa position stricte sur la liberté absolue des mères à pouvoir choisir de ne pas allaiter et qu’on arrête de les culpabiliser sous prétexte que le biberon serait mauvais pour les bébés. On sentait qu’elle était parfaitement justifiée sur les principes d’égalité des sexes mais qu’elle s’en tenait au credo féministe, sans voir qu’il apparaissait en porte-à-faux avec ce qu’on sait maintenant sur l’allaitement.

Évidemment, la position féministe « traditionnelle » d’équivalence sein-biberon (je simplifie) est de moins en moins tenable à chaque fois qu’une nouvelle étude sur les bienfaits de l’allaitement est publiée. Car même si aucune étude ne met en évidence de bénéfices mirobolants, l’accumulation des résultats en faveur de l’allaitement long est difficile à nier. Mais si on est collectivement convaincu des bienfaits sanitaires, psychologiques et économiques de la pratique, encore faut-il que la recommandation de garder le bébé au sein six mois voire deux ans ne risque pas d’être un retour de bâton qui viendrait encore un peu plus grignoter les conquêtes féministes. Car sous couvert de vouloir le mieux pour la santé de bébé, on met une grosse pression aux mères et on n’est pas très loin des argumentaires anti-avortement qui oublient que derrière le sein, il y a une vraie personne à qui revient le choix ultime de ce qu’elle fait de son corps.

D’ailleurs il n’y a pas que l’allaitement long. C’est toute la pratique de la parentalité douce qui d’année en année en demande davantage à la mère « parfaite » : allaitement à la demande, peau-à-peau, portage, co-dodo, hygiène naturelle infantile, babycook, etc. Tout cela est fort joli mais je vois le résultat concret dans mes cercles d’amis un peu hipster, un peu bobo, un peu new-age : derrière la façade hippie/écolo/libertaire, la bonne vieille division du travail hommes/femmes revient en force, et c’est comme par hasard les nanas qui se coltinent tout le paquet infantile et domestique.

Pour l’esclavage du père

Le « conflit » exposé par Mme Badinter n’est inextricable que parce qu’elle pose comme une utopie la possibilité que les pères mettent franchement la main à la pâte pour rééquilibrer la donne. Chiche.

Alors ma position est la suivante : si pour des raisons fort louables de santé de l’enfant on demande à la mère d’hypothéquer son boulot en se mettant sur la touche pendant plus d’un an et d’être trayable à toute heure du jour et de la nuit, alors il faut en exiger au moins autant du père — lequel n’aura pas davantage son mot à dire puisqu’il s’agit rien moins que de la santé de sa précieuse progéniture.

Et donc puisque grosso-modo on suggère gentiment à la mère de bien vouloir être esclave du bébé, je propose de demander avec un grand sourire au père d’être esclave de la mère (et des enfants plus grands).

On le culpabiliserait gentiment (dépliants de la Leche League, recommandations du ministère de la santé, discours médiatique ambiant, études scientifiques à l’appui) pour qu’il ressente comme une évidence l’obligation de prendre gaiement en charge et à 100% :

  • les couches (lavables, évidemment), le change, la toilette
  • le portage et les promenades pour que la maman puisse se poser
  • les réveils la nuit (maman reste dans le lit, papa va chercher bébé, le change, le recouche)
  • les enfants plus grands (lever, habillage, repas, taxi, devoirs, toilette, coucher, bobos)
  • la bouffe et les courses
  • les lessives et le ménage
  • l’administratif
  • etc.

et d’une manière générale qu’il soit en toute chose l’humble serviteur de la maman (qui est, rappelons-le, immobilisée sous le coussin d’allaitement 6 à 8 heures par jour).

On lui préciserait qu’il serait entièrement libre de choisir de ne pas le faire. Mais que s’il ne le fait pas, même si c’est juste pas possible à cause de son boulot, il n’est pas un bon père et il compromet le bien-être et la santé future de son enfant et de sa compagne — chaque crise d’asthme et chaque diarrhée servant à lui rappeler ses manquements.

Sans dèc.

Outre le partage de la culpabilité, l’objectif c’est que ce soit le père le plus fatigué des deux. C’est forcément meilleur pour la santé du bébé. Et puis ce n’est qu’au prix de ce sacerdoce paternel qu’on aura la certitude que la recommandation d’allaitement long n’était pas une résurgence patriarcale pour garder bobonne à la maison, mais bien une sincère préoccupation de santé et de bien-être de l’enfant.

J’ai l’air de blaguer mais pas du tout : une fois que les pères seront sur les rotules, ça fera deux fois plus de monde pour

  • tempérer l’ardeur des militant-e-s « pro-tout-naturel » tant que le rapport bénéfice/contrainte d’une nouvelle recommandation ne sera pas flagrant
  • réclamer de vrais gros congés m-p-aternité de six mois voire un an, obligatoires pour les deux parents ;
  • faire bouger les mentalités des employeurs, pour que les carrières soient vraiment protégées après la reprise du boulot ;
  • obtenir des horaires de travail plus flexibles et des possibilités de télétravail sans qu’il y ait de pénalité.

D’une manière générale, que le monde professionnel arrête de faire abstraction des contraintes familiales, y compris et surtout dans les pays pauvres puisque une bonne partie de l’insistance pro-allaitement long est dirigée vers là où les bébés ont le plus à perdre à passer au blédilait.

Le but final est de faire peser la charge de parentalité sur la base humaine/sociale/fiscale la plus large possible : il suffit d’être deux pour faire un bébé mais il faut tout un village pour élever un enfant ; et le couple est un trop petit village (et à plus forte raison, la mère).

Un peu de lecture en plus

Un commentaire du livre, par Selina Kyle, chez Martin Winckler
The case against breasfeeding, par Hanna Rosin (en anglais)
Mes autres articles à tendance féministe

25 réponses à “Allaitement – encourageons l’esclavage domestique des pères

  1. Bonsoir Audren,
    Autant j’apprécie beaucoup tes positions sur de nombreux sujets, autant sur l’allaitement, je suis vraiment en désaccord. J’ai allaité mes trois enfants. Mon aînée 16 mois, mes jumeaux 3 ans. Tous les trois en allaitement exclusif pendant les premiers mois, tous les trois à la demande et ce jusqu’à la fin. L’allaitement pour moi n’a jamais été un esclavage, bien au contraire. Quand on a assez de lait et qu’on est pas inquiète sur la prise de poids, allaiter ses enfants rend beaucoup plus libre que de donner le biberon. Rien à emporter, rien à préparer, rien à laver. Le lait est toujours à la bonne température et correspond exactement aux besoins et à l’âge de l’enfant. Allaiter m’a permis de voyager l’esprit tranquille, d’aller au cinéma ou au théâtre en mettant mes enfants au sein quand ils se réveillaient et pleuraient. D’aller facilement chez des amis. De dormir aussi! Puisque j’ai longtemps partagé mon lit avec eux pour justement ne pas avoir à me lever la nuit! Les tire-lait fonctionnent très bien. Le lait se stocke au frigo ou se congèle, on peut même partir seule en voyage (dans ce cas-là, on jette tout simplement le lait). Et je n’ai pas abandonné mon boulot puisque j’ai même créé mon entreprise alors que mes jumeaux avaient 9 mois. Donc, oui, 100% d’accord pour exiger le partage des tâches, mais arrêtons de véhiculer l’idée que l’allaitement est un esclavage ou un sacrifice…

    • Votre réponse me pique un peu, je peux?🙂 L’allaitement a tout ses bons côtés, mais nier (ou oublier) la charge qu’il représente (ou peut représenter) me parait candide… A plus forte raison quand il est moins bien vécu. Je veux dire par là que pour le promouvoir, il faut non seulement en souligner les bienfaits, mais faire en sorte de soulager la mère de la charge ajoutée qui en découle, comme l’a bien souligné Audren. J’ai allaité plus brièvement mes deux enfants, et même si j’en garde de merveilleux souvenirs, ce n’en fut pas moins une épreuve dans mon cas.

      Conclusion du jour: comme toujours, l’expérience est individuelle (la votre heureuse, la mienne difficile) et l’attitude générale doit prendre en compte la variété en ce bas monde… Et filer un coup de main là où on en a besoin pour bien faire🙂

    • Azult,
      Je ne crois pas que le propos d’Audren était de dire que l’allaitement était de l’esclavage, mais prétexte à ce que toutes les corvées reviennent à la femme, puisque qu’elle est toute a journée à la maison.
      Je suis d’accord avec toi que l’allaitement est bien moins contraignant pour la mère que le biberon pour tous les arguments que tu as annoncé.
      Mais si le papa ne m’avait pas aidé pour la logistique, j’aurais peut-être fait des choix différents. Les courses, le ménage, les devoirs des grands… c’est crevant quand on a un bébé dans les bras la plupart du temps!
      Par contre, je crois qu’il faut aussi relativiser la pression mise sur les mères biberonnantes: pour le bien être de bébé, il vaut mieux un biberon donné avec tendresse qu’un allaitement subi…

  2. Azult > Et pourtant, on ne peut pas ignorer que pour beaucoup de femmes, ce n’est pas non plus un bonheur absolu ! Personne ne dit que tu as mal vécu ton alaitement, mais que l’obliger moralement au nom de l’intêret de l’enfant n’entraîne pas toujours de la joie pour la mère. En ce qui me concerne, l’idée d’alaiter me déplaît, mais si je devais avoir un bébé, je ferais fi de mon inconfort physique pour lui donner la meilleure alimentation. Il me semble normal que si une autre partie se charge de l’éducation de l’enfant, elle fasse autant d’efforts.

  3. Moi ce qui me gène dans le discours sein=biberon, c’est que l’homme est définit comme centre de gravité, comme référence. Cela signifierait que les femmes devraient se rapprocher du standard allaitement de l’homme, c’est à dire le biberon.
    Hors le bénéfice évoqué de l’allaitement sur la santé du nourrisson, cela doit rester un choix personnel.
    Donc inversons le processus. Si les femmes ou les hommes ont une équivalence de prérogatives, l’homme en congé paternité garde les enfants en journée, et la femme qui souhaite allaiter, donne le sein en rentrant de son travail.
    Cependant, si l’allaitement n’est pas le choix de la mère, alors le père est parfaitement autonome pour donner le biberon.

  4. « Tout cela est fort joli mais je vois le résultat concret dans mes cercles d’amis un peu hipster, un peu bobo, un peu new-age : derrière la façade hippie/écolo/libertaire, la bonne vieille division du travail hommes/femmes revient en force, et c’est comme par hasard les nanas qui se coltinent tout le paquet infantile et domestique. »

    Ceci me surprends, faisant partie des hippies/écolos/libertaires, j’en ai aussi pas mal autour de moi : tous les papas sont aux fourneaux pour assurer à la maman et au bébé une alimentation diversiée. La plupart du temps, ils gèrent les courses et le ménage. Et surtout, c’est eux qui se récupèrent le bébé hurlant quand il veut encore tété mais que la mère n’est plus d’accord (quelque soit la raison : fatigue, mal aux seins ou juste ras le bol et envie de prendre un douche/sortir seule) Bref, ils sont tout autant au service de leur famille que la femme allaitante.
    Là ou il y a disparité, c’est quand la mère est dans ce courant, mais pas le père (et l’autre sens est beaucoup plus rare) car alors, la mère se tape le tout.

  5. C’est bien la société qui est accusée ici, pas tant les hommes de ne rien foutre. Le lot de tâches serait mieux réparti s’il y avait plus de flexibilité de la part des employeurs pour que la femme et l’homme ajustent leur temps enfant-travail. Et si on ne vivait pas dans une France qui taille sans vergogne dans les droits sociaux, nous pourrions rêver de faire arrêter les deux parents pour un congé parental, et à égalité de temps bien évidemment.

  6. En regardant tous les commentaires, je me rends compte que les gens voient comme alternative : sein ou biberon ?
    Alors que le biberon ne remplace que partiellement le sein. Je trouverai plus juste le sein ou (biberon de lait et d’eau, calins, doudou, sucette)
    Le sein a, de plus, des effets rassurants et décontractant qui n’ont pas d’équivalent classiques. (Je parle ici d’allaitement à la demande d’un nourrisson)

    • D’ailleurs j’aimerais bien qu’il y ait des études qui cherchent vraiment à discriminer entre les bienfaits intrinsèques du lait maternel et les bienfaits qui résultent plus simplement du contact prolongé et privilégié qui accompagne l’allaitement maternel.

      Car même si on ne p-v-eut pas allaiter, rien n’oblige à se débarrasser du bébé dès qu’il a fini le biberon, et je mettrais ma main au feu qu’un bébé qui a passé huit heures par jour au calme, dans les bras de l’un ou l’autre de ses parents, se portera bien mieux qu’un bébé qui aurait simplement été nourri par le/la nounou et remis dans son transat direct.

  7. Ce qui m’étonne, c’est qu’avant qu’on n’invente le biberon (en s’inspirant des pis des vaches) et le lait maternisé, de tous temps les femmes et dans tous les pays les femmes ont allaité leurs enfants, parfois jusqu’à l’adolescence (!), sans que cela ne pose autant de problèmes (fatigue, manque de lait, etc.). Personnellement, je trouve que ce qui fatigue le plus, ce n’est pas la production du lait, mais le manque de sommeil. En ce qui concerne les tâches ménagères, je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas revendiquer le partage des tâches, voire demander aux pères d’en faire plus pour permettre à la mère de se reposer, mais je pense que ces charges dépendent aussi des exigences qu’on a vis-à-vis de soi-même. Je conseille la lecture d’un petit livre très drôle « Comment ne pas être une mère parfaite » de Libby Purves.
    Et, oui, je suis pour que chacune est le droit de faire comme elle veut, allaiter ou donner le biberon, sans culpabiliser ni les unes ni les autres, mais je suite contre le fait de considérer l’allaitement comme un esclavage. On peut faire plein de choses en allaitant: lire, téléphoner, manger, bavarder avec des amis… On peut même allaiter en marchant si on écharpe de portage.
    Mais c’est un sujet si vaste qu’on pourrait passer des heures à en discuter.

  8. Euh je trouve que c’est une très mauvaise logique de penser comme ça. Je ne pense que qui que ce soit devrait être culpabiliser pour la manière dont les taches sont réparties à l’intérieur d’un couple. Je suis sur que le vieux système patriarcal (domestique, en dehors c’est 100% cancer) convient meiux à certains couples, e pas à d’autres, pourquoi faudrait-il embêter les gens sur la manière dont ils élèvent leur enfants (tant que ça reste dans un cadre raisonnable hein)? Et ça vaut autant pour la pression à l’allaitement que pour cette organisation femme : allaitement/homme taches ménagères (qui convient surement à certaines personnes).

    De plus, je ne suis pas sur du tout qu’appliquer cet idée à grande échelle soit très bénéfiques. Les bénéfices m’ont l’air minimes, alors que la baisse de productivité et de rentrée d’argent pour les familles serait considérable. On pourrait penser à faire payer les industriels pour ça, mais je pense que cet argent (si on arrivait à le prendre ,c’est pas gagné) serait mieux investi dans l’éducation, plutôt que dans payer les gens à faire les courses.

  9. Aurait-on trouvé un homme féministe ?😉

    Bon on a presque mis en place ce que tu préconises dans ta liste (et mes parents aussi, il y a 30 ans) et ce à 80% je dirais (sauf l’administratif 100% pour ma pomme).


    « qu’il ressente comme une évidence l’obligation de prendre gaiement en charge et à 100% :

    * les couches, le change, la toilette

    * le portage et les promenades pour que la maman puisse se poser
* les réveils la nuit (maman reste dans le lit, papa va chercher bébé, le change, le recouche)
    
* les enfants plus grands (lever, habillage, repas, taxi, devoirs, toilette, coucher, bobos)
    
* la bouffe et les courses

    * les lessives et le ménage

    * l’administratif

    et d’une manière générale qu’il soit en toute chose l’humble serviteur de la maman (qui est, rappelons-le, immobilisée sous le coussin d’allaitement 6 à 8 heures par jour). »

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  11. Je n’ai pas le temps d’en dire plus, mais j’ai entendu cette même émission avec Badinter et je suis absolument d’accord avec toi! Bravo de dire tout haut ce que je pense tout bas (surtout ici dans ma région catho-conservatrice)

  12. C’est très vrai. Lire sur le sujet l’article de Martine Herzog-Evans qui dit sensiblement la même chose.
    De mon point de vue l’allaitement a été « féministe  » car je gérais les tétées et le père les couches, le portage, les courses. J’ai changé dix pour cent des couches. Je pense qu’on ne peut réussir à allaiter que si le père prend en charge tout le reste.
    J’ai la même profession que le père et gagne davantage, peut être que l’égalité était là de toute façon.
    Et maintenant je vais visiter ce beau blog.

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  15. Complètement délirant.
    Que le père prenne à sa charge une partie non négligeable des tâches voire la majorité, on est d’accord. Qu’il en prenne 100% pour compenser l’allaitement, et qu’on parle d’esclavage, ça n’a aucun sens et aucune justification.
    Franchement déçu par votre mépris des pères et de l’équité au sein du couple. Drôle de vision de l’égalité des sexes. Il y a possibilité d’aborder le sujet de manière moins extrême, radicale et méprisante (en résumant le père à un esclave qui ne doit plus avoir de vie et doit TOUT faire).

    Bref, vous représentez bien le type de féminisme misandre et inégalitaire que je déteste.

      • Ah, c’était de l’humour ?😉
        Mea culpa, alors. Ce n’est pas ce qui transparait du texte, pourtant. Mais peut-être n’ai-je pas suffisamment bien intégré l’esprit du blog.
        Au passage, j’admets que ce dernier est bien réalisé et intéressant. Juste un conseil : ne tombez pas dans les travers des défenseurs absolus de la « normalité », de la monogamie stricte et tutti quanti., à savoir l’intolérance. Quand je lis certains de vos articles assez méprisants pour ceux qui aiment l’exclusivité et vivent très bien avec, je trouve ça dommage. Pour prendre mon exemple personnel, je suis dans un couple exclusif, on est tous deux possessifs sur le plan sexuel et on aime ça. Parce que c’est notre vision de la sexualité. Du coup, le contrat est bien établi, et l’adultère serait vu comme une trahison. Pourtant, ça ne m’empêche pas de m’intéresser aux modèles alternatifs et de prôner la tolérance. Vous savez quoi, je pense même qu’un modèle qui valorise trop strictement la fidélité pousse à l’adultère. Je suis pour que les gens qui n’aiment pas l’exclusivité puissent l’assumer sans honte, et ne pas devoir le cacher à leur partenaire, chose qui entraîne frustration et tromperies dans bien des cas.

        Mais de votre côté, pourquoi ne pas tolérer cet amour « possessif » du moment qu’il est consenti ? Par exemple, j’ai lu l’un de vos articles dans lequel vous culpabilisez quelqu’un qui prend l’adultère (caché) pour une trahison, en arguant que les autres types de mensonge sont plus facilement acceptés. Certes, mais c’est simplement parce que certaines personnes, dont je fais partie, considèrent que l’intimité sexuelle qui lie le couple est un sujet plus important que les importants, et donc pour lequel l’honnêteté est encore plus essentielle. En quoi est-ce grave ?

        Bref, je ne savais pas où rédiger ceci, et vous me pardonnerez cette digression, mais c’est ce qui m’a inspiré la lecture de votre blog. Bonne continuation.

      • Ma position vous apparaîtra comme extrémiste et pourtant elle découle directement des droits humains. La libre disposition de son corps est un droit inaliénable. De la même manière que l’on jugerait nul un contrat par lequel deux êtres humains sont d’accord pour se séquestrer mutuellement (se privant par là-même de leur droit inaliénable à la liberté de mouvement), je considère illégitime un arrangement qui précise ce que l’un ou a le droit de faire ou ne pas faire de son corps en l’absence de l’autre. Dans un arrangement BDSM où le consentement et les règles du jeu peuvent être revus à tout moment sans représailles, alors d’accord. Mais pas dans un projet de couple. En cela je suis en contradiction avec 99% de mes contemporains. Mais je persiste. En revanche, je n’oblige personne à avoir plusieurs relations simultanées. On peut très bien ne pas envie d’aller voir ailleurs, de la même manière qu’on peut très bien ne pas avoir envie de voyager à l’étanger. Et donc je n’ai aucun souci avec les couples qui sont exclusif « de fait ». Mais de même qu’une interdiction de sortie de territoire est une restriction de la liberté de mouvement, un accord d’exclusivité est une restriction de liberté de disposer de son corps, et donc oui, je conteste la légitimité de l’exclusivité « de principe », même mutuellement agréée. Je vais loin, je m’en rends compte moi-même, mais vu le poids des forces qui tirent dans l’autre sens, quitte à ramer à contre-sens, autant y aller franchement. De toute façon, ceux qui ne sont pas d’accord ne sont pas obligés d’être d’accord.

      • Merci pour votre réponse.
        C’est tout à fait votre droit de défendre ce point de vue. Mais notez quand même qu’il s’agit d’un arrangement « moral » et personnel qui n’est aucunement encadré par la loi. La loi autorise la « libre disposition du corps » de chacun, et ne punit pas l’adultère. Seulement, au sein du couple, il peut y avoir divers accords moraux, qui relèvent de la contrainte pour les deux individus. Par exemple, si j’apprenais que ma femme se droguait ou buvait dans mon dos, j’aurais le droit d’être en colère contre elle. Idem si elle démissionne de son travail ou arrête ses études sans m’en parler. Pourtant, rien ne l’oblige à partager tout ça avec moi, elle est libre et n’a concrètement de comptes à rendre à personne. Mais quand on est en couple, il ne me semble pas anormal d’avoir certains « devoirs moraux », mutuellement agrées, vis à vis de son partenaire. Et donc, par conséquent, une « liberté » morale moins totale qu’en étant célibataire.

        Pour la sexualité c’est un peu pareil. Certaines personnes estiment que c’est quelque chose d’intime et que ça fait partie du lien exclusif qui fonde un couple. Certaines personnes peuvent aussi ne pas apprécier en général le fait de coucher sans être en couple et sans engagement, et donc, au delà de l’adultère et de la trahison, ne pas vouloir être avec quelqu’un qui ne partage pas cette conception des choses.

        Dites vous aussi que les couples ont tendance à se former sur la base de valeurs communes. Si je me dis végétarien et en relation avec une végétarienne, elle aura le droit d’exiger de moi moralement que je ne mange pas de viande, y compris dans son dos.

        Bref, c’est très bien qu’il y ait plein de conceptions différentes du couple et de la sexualité, dont la votre. Comme vous dites on n’est pas obligés d’être d’accord.

        Il y a une seule chose qui me dérange moralement, c’est le mensonge. Et notamment sur les sujets qui ont de l’importance pour le partenaire (si votre partenaire est très à cheval sur la fidélité et que vous le lui avez promis de l’être, c’est assez dégueulasse de le/la trahir, selon moi). J’aime les gens qui s’assument. Quelqu’un qui promet l’exclusivité et prône la fidélité tout en trompant dans le dos, ça me dérange. Quelqu’un qui annonce la couleur d’emblée (ou, s’il évolue, quand cette évolution intervient) est parfaitement respectable et c’est une personne de valeur à mes yeux.

        PS : il existe des relations BDSM à long terme avec des règles liberticides pour l’un ou l’autre. Pourquoi serait-ce plus acceptable dans ce cadre ?

      • C’est la critique la mieux écrite qu’il m’ait été donné de lire sur le sujet. Et qui met le doigt sur des faiblesses dans mon approche. Merci. (la question est maintenant de savoir si je vais arriver à incorporer les apparentes contradictions dans une construction plus complète ou si je vais devoir vivre avec le fait qu’il restera forcément des trous dans le raisonnement🙂

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