Quand le désir déserte le couple – une étude sur la chute de la libido féminine

Où je m’attelle enfin à un thème qui sous-tend une partie des réflexions de ce blog : la dégringolade de la libido dans le couple après quelque temps, et en particulier l’accroissement de l’asymétrie entre le désir masculin et féminin. Commentaire d’un article publié en 2002 dans Archives of Sexual Behaviour.

plongeon - dessin numérique au crayon

Libido : le grand plongeon (ref. photo (c) primaryeffect sur deviantart.com)

Préambule

J’ai parlé récemment du livre-enquête de Daniel Bergner « Que veulent les femmes ? » qui relate les dernières études scientifiques et sociologiques sur le désir féminin. On y lit que contrairement aux idées reçues quant à son caractère timide et épris de stabilité, la libido féminine est d’une part spectaculairement sensible à la nouveauté (pour peu qu’elle soit déchargée du poids des préjugés culturels qui contraignent son expression) et d’autre part statistiquement prompte à se lasser dans le cadre d’une relation exclusive.

Cette question de la baisse marquée du désir féminin au bout d’une certaine durée de vie commune (et de sa résurrection immédiate dans le cadre d’une relation extra-conjugale ou d’un-e nouveau-elle partenaire) me touche particulièrement. Au premier chef parce qu’elle a malmené mon couple (je ne m’attarderai pas sur les détails mais pendant 15 ans, l’asymétrie du désir était au coeur de nos difficultés). Et plus généralement parce qu’elle appelle une forme de tragédie qui frappe de nombreux couples et que j’essaie tant bien que mal de dénouer ici.

Un bémol. Même quand elles sont étayées par des études apparemment sérieuses, je me méfie systématiquement des généralités sur « les hommes » et « les femmes ». La plupart du temps, il s’agit simplement de préjugés sexistes qui se faufilent plus ou moins discrètement à travers des protocoles insuffisamment rigoureux. Toutefois, je suis plus enclin à leur donner le bénéfice du doute quand lesdites études aboutissent à des résultats qui sont à l’opposé des préjugés culturels en vigueur selon lesquels le désir féminin a besoin de la sécurité émotionnelle d’une relation amoureuse stable pour s’épanouir tandis que l’homme est volage et se lasse vite. Pur esprit de contradiction ? J’espère que non.

L’étude de Dietrich Klusmann

Ainsi, Daniel Bergner cite au début de son livre une étude allemande de 2001 portant sur 1800 personnes entre 20 et 30 ans, et qui montre une forte disparité dans l’évolution de la libido entre les hommes et les femmes dans des couples établis. Honte à lui, la référence est absente de son annexe bibliographique. Mais j’ai retrouvé la publication en question. Il s’agit de « Sexual Motivation and the Duration of Partnership« , par Dietrich Klusmann, du département de psychologie clinique à l’université de Hambourg-Eppendorf, papier publié en 2002 dans le journal à comité de lecture « Archives of Sexual Behaviour ».

L’essentiel des précédentes études qui s’étaient intéressées à cette question le faisaient simplement sous l’angle comportemental. Elles s’attachaient en particulier à la fréquence des rapports sexuels dans les couples (Johnson, Wadsworth & al. 1994). Elles avaient effectivement pu mettre en évidence une baisse au cours du temps qui dépendait bien plus fortement de l’ancienneté du couple que de l’âge. Ce qui montrait que la vie en couple use le désir plus vite que la vie tout court. Mais comme il s’agissait de rapports à priori consensuels, cette baisse concernait de façon égale les deux sexes, par construction.

Les données sur lesquelles portaient l’étude de Klusmann s’attachaient donc non pas au comportement mais aux émotions, en tâchant de trouver un indicateur (déclaratif) du désir qui n’ait pas besoin de consensus au sein du couple. Ainsi, plutôt que la fréquence des rapports, on s’intéressait à la fréquence du désir de sexe pour chacun des partenaires, qu’il soit satisfait ou pas. La question était exactement : « diriez-vous que le fait d’avoir souvent envie de sexe vous caractérise plutôt vous / plutôt votre partenaire / tous les deux / aucun des deux ? » Il ne s’agissait pas d’un indicateur absolu, mais de la perception de l’écart relatif (qui, reconnaissons-le, est ce qui compte réellement dans l’entente d’un couple).

Pour les personnes qui étaient en couple depuis moins de trois mois, il n’y avait quasiment pas d’écart entre participants hommes et femmes : 80% des participant-e-s considéraient qu’ils-elles avaient fréquemment envie de sexe (« plutôt soi » ou bien « tous les deux »). Cet effet « lune de miel » se comprend assez bien. En revanche, le résultat surprenant était qu’en fonction de l’ancienneté du couple, on observait une divergence très marquée entre les hommes et les femmes. Chez les hommes, l’indicateur se maintenait à 80% qu’ils soient en couple depuis 3 mois, un an ou 7 ans. Les femmes en revanche n’étaient plus que 60% à dire qu’elles avaient souvent envie de sexe quand elles étaient en couple depuis un an, 40% si leur couple avait 5 ans, et seulement 20% pour les femmes qui étaient en couple depuis 7 ans.

Le graphique clé de cette étude (axe des abscisses = ancienneté du couple, en mois)

Le graphique clé de cette étude (axe des abscisses = ancienneté du couple, en mois)

Pour le dire d’une autre façon : parmi les femmes qui étaient en couple depuis plus de 6 ou 7 ans, celles qui considéraient qu’elles avaient souvent envie de sexe étaient quatre fois moins nombreuses que parmi celles dont l’histoire d’amour venait de commencer. Alors que pour les hommes, le temps ne fait rien à l’affaire.

Et contrairement à ce qu’on pourrait soupçonner, ce n’est pas d’une question d’âge. Car même si, parmi les 1000 participantes, celles qui étaient en couple depuis longtemps étaient en moyenne un peu moins jeunes que les autres, l’analyse statistique des données montre bien que la corrélation avec l’âge n’est pas significative (voir le tableau IV dans l’article). En gros, les femmes de 30 ans qui étaient en couple depuis peu de temps (probablement qu’il ne s’agissait pas de leur premier partenaire) avaient autant envie de sexe que les minettes de 20 ans.

Un peu de prudence méthodologique

Il faut noter qu’il s’agissait d’une étude transversale et non pas longitudinale : au lieu de suivre par exemple 200 personnes sur 10 ans, l’étude a interrogé 2000 personnes en même temps et qui étaient en couple depuis plus ou moins longtemps. C’est donc une coupe instantanée dans 2000 tranches de vie, sans suivre le parcours des couples dans la durée. Et donc les interprétations longitudinales sont sujettes à caution, parce qu’il peut y avoir des effets parasites. Par exemple, les couples chez qui l’effet d’asymétrie du désir aura été le plus rapide ou le plus prononcé se seront sûrement séparés statistiquement plus tôt que les couples chez qui ça se passait bien. Et donc la dégringolade du désir est peut-être pire que ce que montre l’étude, puisque par définition ceux qui se sont séparés avant ne sont pas dans l’échantillon des couples longue durée.

Etant donné la taille de l’échantillon (2000 personnes, tout de même), ces résultats semblent vraiment très robustes. Ils ont été reproduits dans une étude de 2012, même si une autre étude récente n’a pas retrouvé le phénomène. Moi, je fais le pari que d’autres études viendront bientôt re-confirmer le résultat (il faudrait toutefois qu’elles fassent attention à la possibilité que les hommes sur-déclarent leur niveau de désir pour se conformer à l’injonction de genre qui veut qu’un vrai homme ait tout le temps envie de sexe — ça pourrait peut-être réduire l’écart hommes/femmes).

Tentatives infructueuses d’explication

Dans la deuxième partie de l’article, après avoir rigoureusement écarté d’autres soupçons de corrélations parasites, Klusmann suggère toute une série de raisons qui pourraient expliquer le phénomène :

  • l’accoutumance,
  • la routine,
  • le niveau d’engagement,
  • la pression culturelle pour se conformer à des stéréotypes de genre (l’homme propose, la femme dispose),
  • la tendance à polariser les rôles et donc à renforcer par l’habitude la faible asymétrie de désir qui existait au début de la relation.

Aucun de ces phénomènes ne semble réellement satisfaisant pour expliquer à la fois l’évolution dans le temps et la franche différence hommes/femmes. L’auteur s’aventure ensuite dans les eaux troubles de la psychologie de l’évolution (je dis « les eaux troubles » parce qu’on fait dire à peu près tout et n’importe quoi à l’évolution quand il s’agit d’une interprétation explicative a posteriori). Il se penche

  • sur la compétition spermatique,
  • sur « l’Effet Coolidge »,
  • sur le fait que le sexe puisse n’être qu’un instrument de promotion initial de l’attachement,
  • et sur le fait que l’attachement dans le couple emprunte les mêmes chemins psychologiques que l’attachement parental (ça me rappelle un article à moi, ça).

Pour l’auteur, aucune de ces explication ne semble totalement satisfaisante, et certaines devraient même prédire un résultat inverse (c’est les hommes qui devraient se lasser plus vite).

Ce que j’ai à en dire

Dans sa discussion évolutionniste, il tombe encore dans le même travers que j’ai mentionné récemment : il considère que la solidité du couple est un avantage sélectif important, pour que l’homme puisse subvenir aux besoins de la femme qui doit s’occuper des enfants. C’est à dire que comme beaucoup d’autres, il pêche par ethnocentrisme en pensant que l’unité socio-économique de base chez nos ancêtres était la famille nucléaire (alors que c’était surtout le clan qui subvenait aux besoins de tous). Et là, on peut trouver un résultat intéressant en retournant le raisonnement. S’il était si important de maintenir le couple, la chute inexorable du désir féminin dès la première année aurait dû être très handicapante du point de vue de l’évolution : l’homme rencontre de plus en plus de rejet ; la femme se sent de plus en plus attirée par d’autres hommes, relativement au sien ; la cohésion sexuelle du couple est sacrément en danger. Et donc si la vie en couple conférait un réel avantage sélectif, le phénomène aurait dû être éliminé par l’évolution.

S’il ne l’a pas été, c’est que probablement le couple monogame n’offre pas l’avantage sélectif qu’on nous rabâche. Je m’aventurerai dans les eaux troubles de la psychologie de l’évolution pour proposer mes propres conjectures dans un futur article.

En tout cas, si le phénomène est avéré, et que donc il est courant que l’asymétrie de désir se creuse inexorablement après quelques années de vie à deux, il y a des foultitudes de corollaires à dérouler. Là aussi, je m’en occuperai dans un autre article (voire une série).

Mais le principal à retenir, c’est que quand ça arrive dans un couple, c’est normal. Et que ça ne veut donc pas forcément dire que c’est le symptôme de quelque chose. En revanche, ça peut devenir la cause d’une myriade de problèmes.

Note : si vous faites partie de celles pour qui la libido au sein du couple n’est pas un souci, pas la peine de faire la remarque dans les commentaires. Heureusement que c’est simplement un phénomène statistique et que ça ne frappe pas tout le monde. Juste profitez-en.

57 réponses à “Quand le désir déserte le couple – une étude sur la chute de la libido féminine

  1. Voilà un article remarquable. Il faudrait que je me plonge dans l’article original, d’autant plus que vous occultez un peu la figure 2 qui donne une explication à la figure 1 : si les femmes ont moins envie de sexe avec le temps, c’est parce qu’elles ont plus envie de tendresse, à l’inverse des hommes. La question « avez-vous des envies sexuelles avec d’autres partenaires » a-t-elle été posée ?

    • Je ne suis pas rentré dans les détails à propos de la courbe « tendresse » parce qu’à la façon dont elle était posée (just wants to be tender), elle me semble un peu trop corrélée à la question de (« wants to have sex often »). En effet, dire « je veux juste des câlins » est à peu près synonyme de « je n’ai pas trop envie de faire l’amour ».
      Et la tendance s’explique alors facilement : les femmes dans les vieux couples sont moins nombreuses à avoir envie de sexe souvent, donc plus nombreuses à avoir « juste » envie de tendresse.

  2. Je te rejoins dans l’analyse d’un panel biaisé et photographié à un moment donné Audren, la libido est beaucoup plus fluctuante chez les femmes car plus « hormonale » entre les grossesses, la pilule…ensuite il y a l’habitude dans le sens moins de choses à découvrir et la difficulté dans le quotidien à relancer le désir et cela est valable pour les hommes aussi. D’où parfois la relance par « l’exterieur »

  3. L’étude ne traite pas du plaisir et c’est bien dommage. Il aurait été intéressant d’étudier l’importance du rapport entre le degré de satisfaction sexuelle et la curiosité d’aller voir ailleurs.

    • Très bonne remarque Laurent.
      C’est exactement ce qui touche ma femme : une libido encore présente mais une insatisfaction sexuelle, qui lui donne parfois des envies d’ailleurs…

    • La question de la satisfaction sexuelle est rarement oubliée dans ce genre d’études. Soit elle est posée en termes vagues « êtes-vous satisfait-e ? », soit en termes statistiquement imparables : « avez-vous atteint l’orgasme au cours de votre dernier rapport sexuel ? ».

      Mais je crois que justement, cette histoire de satisfaction occupe trop le devant de la scène. On veut croire que le désir sexuel est gouverné par la récompense de la satisfaction qui en découle (comme si c’était du chocolat). Il n’y est pas étranger, mais tout de même largement indépendant. En effet, on arrive à désirer énormément quelqu’un avec qui on n’a jamais couché (ce qui n’est jamais le cas d’un nouveau plat — tant qu’on ne l’a pas goûté, on ne le désire pas follement).

      J’irai même plus loin : davantage de désir amène davantage d’excitation, et donc davantage de plaisir, quasi mécaniquement. Donc la satisfaction peut aussi être une conséquence du désir (et pas seulement l’inverse).

      • Tout a fait d’accord. Pour moi, le fait d’avoir un orgasme ou non ne change rien a la satisfaction sexuelle (meme si c’est quand-meme mieux d’en avoir un). Et de la meme maniere, ce n’est pas parce qu’on sait qu’on va prendre son pied avec un mec qu’on aura envie de lui, tout comme on peut avoir tres envie de quelqu’un sans savoir ce qu’il vaudra au pieu. C’est peut-etre difficile a comprendre mais c’est vérifiable empiriquement🙂

  4. Un truc qui me semble important c’est ce qu’on pourrait appeler la dé-sexualisation de la personnalité. Je ne sais pas comment ça s’inscrit dans les eaux troubles de la psychologie de l’évolution🙂 ou dans les théories de l’auteur, je ne suis pas spécialiste et ça sonne sans doute un peu psychologie de comptoir. Mais c’est un ressenti que je sais partagé par beaucoup de femmes. À partir du moment où une femme devient aussi une mère de famille ou se trouve plus investie dans la gestion du foyer, il semble que son identité sexuelle tende à être mise entre parenthèse. La vie sexuelle peut devenir secondaire, voire antagoniste avec son rôle au foyer. Ça touche sans doute à tout un tas de choses comme l’image culturelle de la femme « correcte », le partage du pouvoir au sein du couple (quand le sexe devient un instrument de pouvoir ça craint), le partage des taches (pas facile de maintenir la libido à flot quand on a l’esprit plein de détails matériels). Dans ce cadre il est certain que la nouveauté peut booster le désir. Mais si d’une façon ou d’une autre une femme peut se reconnecter avec son identité sexuelle, elle peut tout à fait retrouver du désir pour son « vieux » partenaire. Enfin ce ne sont que quelques idées et il y aurait beaucoup plus à dire…

    • C’est intéressant, et ça effectivement, ça n’aide pas.
      Cela dit, quand une femme qui s’est sentie « désexualisée » dans une précédente relation démarre une nouvelle histoire avec un autre partenaire, elle est généralement instantanément « resexualisée », sans avoir besoin de virer ses enfants ni sans rien changer au partage des tâches.

      Et à nouveau, le ressenti peut s’expliquer à l’envers : perte de désir pour son homme => sentiment d’être « désexualisée ». Et si en plus les initiatives de l’homme sont de moins en moins bienvenues, il se comportera de façon de plus en plus distante.

      En tout cas, une chose est sûre (dixit Esther Perel qui travaille principalement sur comment remettre du désir dans les couples) : égaliser les tâches ménagères, devenir attentionné, prendre du temps pour soi, tout ça va dans le bon sens pour l’entente du couple. Mais ça fait rarement des miracles attendus quant au retour du désir. Donc il ne faut jamais dire : « si tu t’occupes de lancer les lessives, passer l’aspi et coucher les enfants, je serai plus reposée et j’aurai plus envie de toi » parce que c’est probablement faux. Par contre « si tu t’occupes de lancer les lessives, passer l’aspi et coucher les enfants, je serai plus reposée et je t’aimerai encore plus » : alors là, oui.

  5. Une des choses à regarder déjà , pour commencer, pourrait être le sexisme aussi. le petit sexisme ordinaire même entre partenaires gentils et qui s’aime et qui grève la dynamique des rapports et des échanges pas que sexuel….

    • Pareil ; c’est sûr que ça n’aide pas. Mais ça ne suffit pas à expliquer.

      Madame peut trouver son gentil mari féministe parfait sous tous rapports (sauf qu’il la fait plus trop bander), et tomber soudainement raide dingue d’un horrible macho (qu’elle larguera vite fait, on est bien d’accord). Et se demander ensuite pourquoi son désir n’est pas politiquement correct…

    • Je creuse, je creuse. Ça serait encore plus génial si j’avais un labo universitaire entre les pattes pour tester des hypothèses…

      Cela dit, avec internet, on doit pouvoir déjà faire des jolies enquêtes (avec un énorme problème de biais de sélection, à voir comment on peut s’y prendre)

  6. bonsoir,
    une autre suggestion … le désir est niché dans l’esprit, dans la projection, dans l’espoir, l’attente … on désire moins ce que l’on a à disposition, c’est une propension assez naturelle me semble-t-il. cette part d’attente, d’incertitude dans l’atteignable est, je crois, un élément important du désir. ce qui n’explique certes pas les écarts de la courbe montrée dans l’article (personnellement, j’ai plutôt expérimenté à un certain moment de ma vie l’inverse de cette courbe), mais je crois que ça explique pour une part non négligeable la lassitude sexuelle que connaissent bcp de couples. enfin, ceux qui vivent ensemble au moins. c’est peut-être un début de solution d’ailleurs, se laisser libres dans le couple sans habiter sous le même toit, sans se côtoyer chaque jour et se vivre au quotidien😉 …
    bravo pour vos articles

    • C’est exactement ce que propose Esther Perel dans son livre « L’intelligence Erotique » ou bien dans sa video TED.

      Mais elle n’explique pas pourquoi cet effet est plus marqué chez les femmes que chez les hommes. Chez les hommes, j’ai l’impression que ça correspond effectivement à un phénomène de lassitude. Chez certaines femmes, d’après les nombreux témoignages collectés par Daniel Bergner dans son bouquin (pour faire son chapitre sur le Lybrido, en particulier), c’est plutôt carrément une forme d’anorexie sexuelle — et elles en souffrent parce que ça ne les empêche pas d’aimer profondément leur partenaire.

      J’ai ma petite hypothèse. Je suis en train de peaufiner l’article en question.

  7. bonjour,
    je me suis toujours demandé comment on pouvait passer le désir (en avoir ou pas) à la loupe scientifique quand on sait que c’est une chose qui n’a parfois ni queue ni tête (si je puis dire…) incompréhensible, pas plus en tous cas que l’est l’amour (pourquoi aime-t-on, pourquoi n’aime-t-on plus ?)

    On a déjà une ébauche de réponse par les sens (à ce propos lire « la chimie de l’amour » , c’est passionnant et après avoir lu ce livre on n’essaie plus de passer les femmes et les hommes à la question.[http://anneelisa.wordpress.com/2014/04/30/la-chimie-de-lamour-de-hanns-hatt-et-regine-dee/] ). Le désir est une espèce de magie qui peut disparaître pour un détail infime, quelque chose qui peut aussi relever de la pulsion (donc par définition …pas plus explicable) De plus, Il est vrai que dans cette étude, on ne demande pas aux femmes si elles ont encore envie de faire l’amour, mais si elles ont encore envie de faire l’amour avec leur mari ou leur compagnon, .et c’est très différent ! D’autre part existe-t-il une réelle différence selon les genres, ou bien est-ce ce que les hommes et les femmes l’expriment différemment ? on sait pas, ça peut être aussi dans la manière de le verbaliser. L’alchimie du désir est impénétrable, j’ai bien peur que ça soit contre-productif de vouloir à tout prix de résoudre cette équation. Le désir s’émousse avec le quotidien et les gestes attendus, la perte de l’étonnement et de l’émerveillement. Bon, ça vaut aussi pour les bons mets…;))

    • C’est intéressant, parce qu’on a l’impression qu’en même temps vous pensez que le désir ne devrait pas faire l’objet de recherches parce que c’est trop mystérieux, et en même temps vous posez plein de questions passionnantes.

      La recherche scientifique, ça n’est à la base rien d’autre que d’essayer de répondre à des questions passionnantes, sans jamais s’autoriser la paresse intellectuelle ni le recours à l’argument de la « magie ». Il y a effectivement des sujets particulièrement difficiles à aborder. Le désir en fait sûrement partie. Mais ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut baisser les bras et arrêter de poser des questions en disant « c’est magique ».

      Surtout quand ça conditionne le bien-être voire la survie de tant de couples.

  8. Voici ce que je ressens en tant que femme.
    On a besoin de se sentir belle voir très belle ( physiquement et sexuellement) dans les yeux d’ un homme. On est souvent angoissée de ne pas être suffisamment bien au yeux de nos hommes. Au début d’ une relation l’homme va être très flatteur et ça booste notre égo de femme et on fait encore plus d’effort pour être belle et sexy. Après quelles années avec le même partenaire, des grossesses, la vie trépidante et l’âge qui n’arrange rien, notre homme ne fait quasi plus attention à nous. On se sens délaissée, à nos yeux on devient un objet utile du quotidien pour faire à manger, s’occuper des enfants, faire les tâches ménagères faire les courses et en plus aller travailler pour ramener aussi un peu d’argent au sein du foyer. On fait parti des meubles. ( Je sais vous allez me dire c’est pas vrai et j’ai bien dit à nos yeux ). Malgré tout Où sont passés les : tu es belle à croquer, j’ai envie de te prendre là maintenant, tu es purement splendide ce matin, les petits resto romantiques qui finissent pas de chouettes galipettes, les petits cadeaux surprises en dehors des anniversaires-noel et st valentin etc………. plus rien. Et là, on n’a plus envie de rien : ni de se faire belle, plus envie de sortir et surtout plus envie de sexe. On est vexée, frustrée, en colère et on ne sait pas pourquoi. Cest le serpent qui se mort la queue car vous, cette situation vous ……… comment dire ……. gonfle grave donc encore plus de distance et d’incompréhension.
    Jusqu’au jour où un très bel homme nous dit à quel point on est belle, intelligente et agréable même avec des enfants dans les jambes. On est aux anges. En quelques mots, quelques phrases, il rebooste notre libido. on a envie de sexe de nouveau pas forcément avec lui juste envie de sexe. On se sent de nouveau belle très belle, on rayonne. En résumé je pense qu une bonne libido pour une femme c’est quand un homme fait attention à elle, quand il est tendre, quand il est rassurant, quand elle aussi fait des efforts de son côté pour ce plaire à elle même et qu’elle arrête de se prendre la tête. La libido c’est un mélange savant de pleins de petites choses qui font des étincelles ensuite et qui ne peut pas être analysé car nous sommes toutes et tous différents.

    • Vous brossez le tableau explicatif classique colporté partout et rebattu mille fois. Cf l’article de Maïa Mazaurette d’hier.

      Je ne suis pas d’accord. Certes, quand l’un ou l’autre ne fait plus d’efforts, ça ne va pas dans le bon sens. Mais je crois qu’on confond l’oeuf et la poule, ici.

      J’ai envie de dire (pour avoir vécu la situation du côté du gars qui regarde toujours sa reine avec des yeux de groupie et qui n’a jamais été avare de compliments) que peut-être l’homme laisse graduellement tomber parce que lui-même se sent moins désiré et que l’indifférence décourage les meilleures intentions.

      Le livre d’Esther Perel (« l’intelligence érotique ») regorge d’exemple tragiques de couples où ni la femme ni l’homme ne comprennent comment le désir a pu disparaître alors que l’homme joue au parfait chevalier servant.

      Et forcément, la situation de l’amant est infiniment plus simple. Puisqu’il se sent désiré inconditionnellement, ses efforts sont toujours très bien accueillis, ce qui l’encourage à donner le meilleur de lui-même.

      Je pense qu’une fois qu’on arrêtera de vouloir trouver « la faute » chez l’un ou l’autre et qu’on sera prêt-e à accepter que la perte du désir est pour beaucoup de couples, quel que soit leur mérite, à peu près aussi mécanique que la gravité, on pourra commencer à réfléchir positivement.

  9. Je n’ai jamais dis que c’était la faute de l’un et l’autre. En fin de texte j’ai noté qu’il faut arrêter de se prendre la tête, de trop réfléchir. La libido est propre à chacun, à son vécu, à ses envies, à ce qu’il-elle est en train vivre et donc ne peut pas être la même pour tout le monde à un instant T. elle monte et descend c’est comme ça point. Acceptons ça.
    C’est de ma propre expérience que découle mon récit. Me sentant pas et plus en accord avec moi même j’étais mal, frustrée et encolère après moi même. Donc libido au plus bas. Mon mari lui pensait que c’était de sa faute…….. FAUX. Comme dans beaucoup de couple la communication est quasi inexistante donc impossible qu’il comprenne mon etat et inversement. Je n’était juste pas en accord avec moi même. J’acceptais l’inacceptable et Je me mettais une pression de dingue jusqu’à cet homme ( qui n’a jamais été mon amant fait le facteur déclencheur de mon changement) Là j’ai compris deux trois choses. J’ai arrêté la « masturbation » de l’esprit, stopper les questions pollueuses et laché prise pour enfin être libre de faire ce que j’ai envie de faire de mon corps et de ma vie et c’est tout. C’est pas évident d’être une femme, on se pose beaucoup trop de questions alors que vous beaucoup moins et ça je trouve ça bien. Mon mari a juste pris goût à aider sa jolie femme et non pas la frustrée que j’étais. Et ça c’est un plus pour notre libido.

  10. Boarf, désolé j’ai pas tout lu, mais je dirais simplement une chose:
    9 mois, c’est long!
    Ça ne m’étonnerais pas que les femmes puisse avoir, généralement, de plus grandes tendances à vouloir avoir un couple stable que les hommes, du moins pour ce point.
    Pour le reste, je sais pas.
    Ha, et on dit « con comme une bite (d’amarrage, bien sûr!) », non?

  11. Je vais peut être paraître très terre-à-terre, mais des hypothèses plus prosaïques me viennent à l’esprit (notamment en pensant à des exemples dans mon entourage). D’une part, l’étude (et l’article du coup) a l’air de se baser surtout sur des facteurs psychologiques, mais il ne faudrait pas oublier non plus que la libido est liée à d’autres facteurs d’ordre plus physique, et qu’elle peut notamment être affectée par des perturbations hormonales. A ce titre, je m’interroge sur le lien possible entre baisse de libido chez les femmes et : contraception hormonale (stérilet ou pilule), maternité, dépression (post partum ou non). L’étude ne permet apparemment pas d’approfondir ces interrogations. En ce qui concerne le facteur « routine », une autre question me vient à l’esprit : peut-il y avoir une corrélation entre écart de libido et égalité dans le couple, notamment en ce qui concerne les tâches quotidiennes ? L’épuisement (et éventuellement la rancoeur qui peut en découler) lorsque la femme assume la majeure partie des tâches ménagères, n’est assurément pas quelque chose de positif pour la libido. Voilà quelques pistes qui mériteraient d’être approfondies (je n’ai aucune idée des réponses qui en sortiraient, je ne fais que soulever des questions)… le problème ne me parait en tout cas pas se limiter à la question de savoir si la libido des femmes et des hommes préfère ou non un couple stable

    • La question générale est forcément bien plus vaste que ce à quoi l’étude s’attache (elle ne prétend pas donner toutes les clés du désir), et évidemment un couple a intérêt à mettre toutes les chances de son côté. Mais l’étude met le doigt sur un phénomène pour lequel les explications classiques sont largement insatisfaisantes.

      Pour ce qui est de l’égalité dans le couple, l’étude a regardé cet aspect (à travers des indicateurs indirects comme le niveau d’éducation et la pratique religieuse) : pas de corrélation, semble-t-il.

      Pour ce qui est des effets hormonaux (pilule, grossesse, fatigue, etc.) : évidemment ils jouent, mais ils n’expliquent pas pourquoi ils éteignent la libido avec l’ancien partenaire mais pas avec le nouveau.

      Car il faut bien voir que ce que l’étude a mis en évidence, ce n’est pas tant que le désir baisse au cours du temps (ça, on savait déjà), mais c’est qu’il revient en force au niveau d’avant quand on démarre un nouveau couple, indépendamment de l’âge et des circonstances de vie.

      • En effet, ce qui est intéressant dans cette étude, c’est vrai que c’est plutôt la remontée de la libido avec un nouveau partenaire, plus que le fait qu’elle ait baissé… ce qui interpelle c’est que du coup ça remet complètement en question les stéréotypes classiques de la femme qui s’épanouirait dans le couple stable et de l’homme qui voudrait multiplier les conquêtes (vous le soulignez très bien dans l’article d’ailleurs). On voudrait plus d’études de ce type !🙂

  12. Oui, eh bien moi, je n’ai plus envie ni de mon homme ni d’aucun homme. Personne n’éveille chez moi le désir. Je n’ai plus envie de sexe tout court.

    • Dans cette situation, d’après ce que j’ai lu par ci par là, tout le monde y va de son petit « oh, ma pauvre, c’est pas trop dur ? », ou bien « tu as consulté ? il faut pas laisser traîner ça » ; comme si on était anormal(e) ou malade — et on se dit qu’on devrait porter un tee-shirt « moi ça va très bien, merci ! ».

      Tant que tu n’exiges pas de ton homme qu’il étouffe ses envies pour se mettre au diapason des tiennes…

      • Vu que je ne passe plus derrière personne dans son lit, il peut faire ce qu’il veut.

  13. On dit que les femmes ont moins de désir… Mais parfois c’est l’inverse !
    Et c’est politiquement incorrect, mal vu et presque inavouable…
    Si un couple réduit sa vie sexuelle parce que Madame n’a plus envie, ça semble faire partie de l’ordre des choses… Ils deviennent « raisonnables », voilà tout…
    Mais si Madame a plus envie que lui, la société s’offusque, l’ordre admis est en péril !
    Je ne sais pas pourquoi les femmes (enfin, beaucoup) sont plus « raisonnables » que les hommes ? Leur sens des responsabilités du quotidien éteindrait-il leur désir ?

    • L’étude est statistique. Il existe effectivement des cas où c’est l’homme qui perd sa libido. Ils sont plus rares et en plus on n’en parle effectivement quasiment jamais.

      Quant à votre dernière phrase (« beaucoup de femmes sont plus ‘raisonnables’ que les hommes ») : il semble que justement, elles ne le soient pas en début de relation mais le deviennent (statistiquement) rapidement alors que le désir des hommes reste (statistiquement) élevé. Et qu’elles retrouvent leur désir avec un nouveau partenaire sans avoir à abandonner leurs responsabilités au quotidien (surtout imaginons une femme infidèle qui doit maintenant jongler avec son aventure extra-conjugale en plus de tout le reste).

      Je crois que la raison est plus profonde, plus biologique, plus indomptable. J’y viendrai bientôt.

      • Sujet extrêmement intéressant, merci pour cet article.

        J’aimerais spéculer sur cette raison « plus biologique, plus indomptable ».

        – le but de tout organisme vivant étant la survie et la reproduction,
        – le nombre d’enfants homo-sapiens étant limité par le nombre de femmes,
        – le sperme étant disponible en abondance,

        => la seule stratégie pour maximiser la descendance serait que les femmes aient un maximum de partenaires afin d’optimiser la « compétition spermatique » et donc la qualité de la descendance

        La nature aurait donc choisi pour les homo-sapiens une volatilité maximale du désir féminin afin d’optimiser la pérénnité de l’espèce ?

        Je me méfie des explications essentialistes, mais force est de constater que l’infidélité est un concept universel, qui transcende les religions, les cultures, les espaces géographiques, …

        J’ai juste ou pas ?

        PS : il me semble que l’étude que vous décrivez ne prend pas en paramètre les saisons, ce qui pourrait être intéressant

      • La nature aurait donc choisi pour les homo-sapiens une volatilité maximale du désir féminin afin d’optimiser la pérénnité de l’espèce ?

        Je dirais plutôt que la nature n’a finalement pas procédé différemment avec les homo-sapiens qu’avec la plupart des autres espèces, y compris de primates non-humains.

        Non seulement c’est à peu près exactement ce que je crois, mais c’est même presque plus simplement écrit que ce que je m’apprêtais à écrire. Je crois que j’emprunterai votre façon de le dire.

  14. Je préfère employer le terme « évolution » plutôt que « nature » qui nie le contexte dynamique de ce qu’on cherche à comprendre, ce qui freine notre intuition. Par ailleurs, j’ai un doute sur la « compétition spermatique » qui me semble peu adaptée aux primates, voire aux mammifères sociaux (j’ai l’image de ces femelles qui copulent à tout va pour emmagasiner du sperme varié, le meilleur étant fécondé).

    Par contre, j’aime beaucoup l’idée que c’est la TRIBU et non le COUPLE qui serait garante de la stabilité humaine (la tribu pouvant être une large famille resserrée). Les femmes n’auraient ainsi plus à chercher cette stabilité auprès d’un homme en particulier (donc ce raisonnement serait caduc).

    Selon cette étude, donc, le désir féminin serait de courte durée. Pourquoi ?

    « L’homme marié aime quand il a du sexe, la femme doit aimer son mari pour avoir du sexe » : la sexualité féminine me semble donc corrélée à un comportement masculin particulier (en plus du besoin intime naturel… qui s’épuise avec le temps, disions-nous, et là, l’importance du comportement masculin revient).

    Il me semble donc que c’est la capacité féminine à choisir les mâles les plus dynamiques qui prévaut. Capacité qui s’amoindrit avec le temps (stabilisation de la situation masculine, même à un haut niveau, ou conservatisme dû à l’âge). Elles perdraient donc naturellement leur motivation (désir, libido).

    – Par exemple, c’est bien lorsqu’un couple a un projet de vie (dynamique positive) qu’il est le plus solide… et qu’il est en danger lorsque celui-ci est quasi-atteint (ou défaillant).
    – Autre exemple : le ‘bad boy » (choix pourtant non « raisonnable ») est lui aussi dans une dynamique enthousiasmante (opposé à la stabilité).

    Mais il y a aussi des femmes qui cherchent avant tout la sécurité (et non la stabilité). Cela ne me semble pas incompatible, juste une réaction à un sentiment d’insécurité connu auparavant (il y a des dynamiques masculines qui font des flops, des familles où la jeunesse a été difficile).

    La première règle serait prioritaire (mieux vaut une dynamique positive que la stabilité), la seconde une adaptation (mieux vaut la sécurité que la chute).
    Elle pourrait même se compléter : sécurité + action.

    La libido féminine ne serait donc pas une constante liée à une durée particulière (courte, donc) ou directement liée à la procréation (compétition spermatique), mais l’accord avec une dynamique masculine montante (qui elle-même a tendance à se tasser, l’objectif étant la stabilité, d’où chute de la libido et rebond vers une nouvelle dynamique).

    Elle n’aurait donc pas pour but de protéger sa descendance (la tribu a ce rôle, et elle n’a donc plus à s’occuper d’une enfant sociabilisé donc encore jeune), mais de choisir le meilleur mâle possible (le plus « dans l’action »)… et de s’en lasser lorsqu’il n’est plus en quête de nouveautés, de projets et de réussites (même lorsque la réussite est là mais stable, la libido défaille). Et si possible de projets communs.

    Bref, la libido féminine humaine serait plus dans une logique de « mâle moteur » que de « mâle dominant ».

    (pas totalement satisfait de ce raisonnement, moi, mais beaucoup de choses collent…)

    • J’avoue que je suis pas sûr d’avoir tout compris.

      Je peux simplement préciser que la libido n’a à mon avis que très peu de chose à voir avec un « choix » conscient. On peut choisir un mari ou une épouse et avoir plus envie d’autres personnes dont on sait par ailleurs qu’ils/elles ne feront pas de bons partenaires de vie.

      On se prend un peu les pieds dans le tapis quand on fait l’amalgame entre l’envie d’un partenaire de vie et l’attirance tout court.

  15. Je me pose la question suivante : les femmes ont-elles plus de désirs lorsqu’elles sont célibataires que lorsqu’elles sont en couple (depuis un certain temps) ? On pourrait l’observer en comparant la fréquence des rapports sexuels (ou, plus précisément, des désirs sexuels) avec celle des masturbations en période de célibat. On sait aujourd’hui que les femmes se masturbent moins fréquemment que les hommes. On pourrait ainsi voir le problème que vous posez (la désertion des désirs lorsqu’une femme est en couple) un peu différemment : il s’agirait moins d’une baisse des désirs qu’un retour à la normale (après un pic des désirs en début de relation).

  16. Pingback: Parcours de lecture (à caractère subliminal) | les fesses de la crémière·

  17. excusez-moi, si cela a déjà été écrit dans les commentaires, j’avoue ne pas avoir tout lu.
    petite expérience personnelle :
    début de relation avec mon conjoint, tout est beau, tout est rose, on vit d’amour et d’eau fraiche.
    puis vient un 1er enfant et un second (17 mois d’écart), les 2 parents sur les rotules, sexe mis de côté. Quand nous étions un peu en forme, on prenait notre pied (et on se disait : c’est bon, quand même, faudrait qu’on fasse plus souvent !)
    les enfants ont grandi (la rentrée en maternelle en général est un bon palier), mon conjoint a de nouveau plus envie (1 à 2 fois dans la semaine), moi, toujours fatiguée.
    changement de contraception de ma part (la fatigue me faisait oublier la pilule donc je passe au stérilet), et je profite de ce changement de contraception pour arrêter avec les hormones et passe au stérilet au cuivre.
    BADABOUM : libido en hausse, une pêche d’enfer et envie tout le temps. mon conjoint a eu du mal à suivre.
    après 15 ans de vie commune, j’ai toujours autant envie (vive le stérilet au cuivre) par contre mon conjoint a des soucis de travail (principalement) qui lui laisse sa libido en berne.
    alors, dans cette étude, je trouve qu’il manque quand même les questions : avez-vous des enfants ? et si oui, quel âge ont-ils ?
    avez-vous un moyen de contraception ? si oui, à base d’hormones ou non ?

    • Apparemment, les critères que vous mentionnez ne faisaient pas partie des données sur lesquelles Klusmann avait travaillé. Ils sont effectivement très pertinents. Je suis confiant qu’ils seront inclus d’une façon ou d’une autre dans une future étude, puisque ce genre de thème de recherche commence à susciter davantage d’intérêt que par le passé. En tout cas, quand il y aura du nouveau, je viendrai en parler ici..

    • Je rejoins Angie sur l’influence des contraceptifs hormonaux : malgré deux enfants petits (et la fatigue qui va avec), j’ai beaucoup plus envie maintenant que je ne prends plus la pilule. J’ai arrêté il y a six ans – avant les enfants – et c’est évident, on ne m’y reprendra plus ! Auparavant, ma libido s’endormait quand elle n’était pas réveillée par un nouveau partenaire (j’étais une illustration de ce graphique moi-même). Aujourd’hui, elle est bien présente malgré la durée de notre couple (13 ans). Je suis choquée que cette question soit quasi constamment passée sous silence par les médecins. Combien de couples malheureux à cause de cette camisole chimique ?

  18. @angie:

    Bonjour,

    En réponse à votre question, d’accord avec votre remarque. Chez nous, resp. 43 et 48 ans. Deux filles de 15 et 18 ans et oui, nous avons oublié notre vie de couple pendant bien trop longtemps. Et pour toutes les mêmes mauvaises raisons. Heureusement, pas trop tard. Et coté contraceptif, également appelé camisole chimique: 5 ans de libido en hibernation pour ma femme, jusqu’à ce jour salvateur il y a 3 ans ou son nouveau gynéco lui a demandé de faire une pause de 3 mois dans les contraceptifs: Là c’est au mari de gérer le passage de 3xmois à 3xjour.

    Depuis? Et bien on redécouvre notre couple, elle sa bisexualité, la pluralité, le libertinage et un amant. Moi? La sapiosexualité, le blog d’Audren et les livres de Françoise Simpère; le polyamour. Et un regard différent.

    D’un apaisement thérapeutique. Qu’ils en soient ici, très sincèrement, remerciés😉

  19. L’explication évolutioniste est tronquée,j’ai lu dans un bouquin que « l’amour » la passion du début est peut être limité dans le temps (2,3 ou 4 ans) parceque c’est ce qu’il faut à une mère et son enfant comme « protection rapprochée » par le « mari » pour que l’enfant atteigne un certain âge et soit moins un fardeau accaparent pour le mère et survive. Passé ce délai en continuant une des thèses évoquée ci dessus, le groupe peut prendre le relais du père (ou de la mère).
    Ca n’explique pas la libido, mais c’est complémentaire.

    • L’âge était pris en compte et il n’a pas été observé de corrélation significative. Mais peut-être que ce que vous vouliez dire, c’est que l’échantillon ne couvrait qu’une tranche d’âge réduite (20 à 30 ans), et qu’il est donc hasardeux d’extrapoler aux autres âges. Et dans ce cas, vous avez entièrement raison, et il faudrait étendre l’étude à d’autres tranches d’âge.

      Cela dit, le fait que la libido fluctue pour chaque personne n’empêche pas qu’il puisse y avoir une tendance statistique générale et pas du tout fluctuante quand on agglomère les données d’un grand nombre de personnes. Les températures passent leur temps à varier, et certaines belles journées de décembre sont parfois plus douces que certains jours pourris du mois d’août ; et pourtant, en moyenne, il fait systématiquement plus froid en décembre qu’en août.

  20. Je suis arrivé par hasard, j’ai lu un peu, j’ai continué de lire ailleurs… Et je viens partager une petite vidéo qui m’a ravie :

    • Ah oui, l’intro n’est pas mal du tout. La « conclusion thérapeutique » (prendre rendez-vous pour le sexe) est un peu triste et à mon avis souvent inefficace quand on n’a même pas assez de désir pour apprécier un contact physique à caractère sexuel avec le/la partenaire. J’aurais aimé une ouverture vers la non-exclusivité (mais bon, c’est pas forcément une solution miracle non plus)

      • N’oublions pas les données de base, déséquilibre du désir dans le couple, l’évolution vers la non sexualité devrait agrandir le déséquilibre. Toutefois si les deux acceptent cette idée il n’y a plus de problème et donc plus besoin d’écouter cette proposition.

  21. Pingback: 8 gros mensonges sur l’amour (et le rétablissement de la choquante vérité) – partie 1 | Laura Ingalls 2.0·

  22. Bonsoir, je viens de lire l’article et tous les commentaires qui ont suivi concernant cette étude sur le déséquilibre du désir au sein des couples. Très intéressant, je me suis franchement régalée de tout ce qui est tombé sous mes yeux. J’ai d’ailleurs moi-même mes petites idées sur la question, elles rejoignent assez certaines de celles évoquées.
    J’attends maintenant avec impatience ce nouvel article promis et faisant suite à celui-ci.
    Quelques petites questions tout de même :
    – cette étude a-t-elle également été réalisée auprès d’ethnies polyandres (je crois savoir qu’il en existe en Polynésie) ?
    – nous savons que la société et le couple tels que nous les connaissons aujourd’hui n’ont pas toujours été les mêmes, les influences notamment judeo chrétiennes ne les auraient-elles pas tellement modifiées en 2000 ans que nous nous y serions un peu perdus (la structure familiale et tribale, notre bien-être sexuel etc…) ?
    – est-ce qu’en « remontant le temps » nos ancêtres ne nous en apprendraient pas plus et plus vite que la recherche par le biais de sondages et d’études (qui pourraient alors nous être une confirmation de ce que l’on re-decouvrirait ?) ?
    Qu’en pensez-vous ?

    • Bonnes questions. Il faudrait évidemment des dizaines d’autres études pour bien comprendre. Quant à aller interviewer nos ancêtres, ça serait chouette mais il faut quand même garder à l’esprit que les cultures humaines ont probablement été aussi diverses à travers les endroits et les époques qu’elles le sont aujourd’hui — et donc qu’aucun résultat n’aura de vocation universelle.

  23. Pingback: La Revue de web de Sandrine Donzel #4 – Aout 2015 | S Comm C, le blog·

  24. Pingback: Chute de la libido féminine dans le couple : tentative de démêlage darwinien | les fesses de la crémière·

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