Chute de la libido feminine dans le couple : tentative de demêlage darwinien

Peut-on expliquer de façon simple pourquoi dans les couples installés, il semblerait bien que le désir des nanas pour leur partenaire dégringole en moyenne plus vite que celui des mecs ? Le phénomène (qui n’est heureusement que statistique et non pas systématique) contredit en effet totalement le mécanisme qu’on nous présente comme la cause de la monogamie chez les humains. Tentative d’explication darwinienne d’une forme de tragédie.

- Je peux voir d'autres mecs ? - Non. - OK, Bye.

– Je peux voir d’autres mecs ? – Non. – OK, Bye.

Avertissement : cet article est assez dense. Pour ne pas faire dix pages, j’ai dû résumer pas mal le cheminement logique. Pour celles et ceux qui débarquent directement ici sans connaître un peu le contexte de ce que j’écris, certains éléments pourront sembler parachutés et certains enchaînements abrupts. Avant que de m’incendier dans les commentaires, on pourra parcourir les liens ; ils donnent un peu de contexte supplémentaire.

Tout part du constat que dans les couples établis, le désir sexuel des femmes pour leur partenaire s’éteint en moyenne plus rapidement que le désir des hommes pour leur partenaire. Le phénomène est difficile à documenter parce qu’il n’est pas aisé de mesurer objectivement le désir sexuel et qu’il se produit progressivement et dans le secret de l’intimité des couples. Mais il y a un nombre croissant d’études qui pointent dans le même sens (lire en particulier cet article), et ça décrit bien la réalité d’un grand nombre de couples après quelques années ensemble : même si personne n’aime à le clamer sur les toits, il y a beaucoup de couples dont la vie sexuelle est moribonde ou morte, et c’est rarement le mec qui n’a plus envie que sa nana le touche (même si ça arrive).

C’est généralement décrit — et ressenti — par les femmes comme une perte généralisée de libido, mais c’est en réalité souvent une perte de désir spécifiquement pour leur partenaire : le désir revient en force en cas de relation extra-conjugale ou après la séparation, avec une impression de revivre et d’avoir trouvé enfin (c’est sûr, cette fois-ci c’est la bonne) un-e partenaire idéal-e.

Les explications classiques sont nombreuses, contradictoires et aucune ne me semble satisfaisante. J’en aborde quatre ici. Vous pouvez en proposer d’autres dans les commentaires et je tâcherai de répondre en quoi elles sont insatisfaisantes (à moins que vous ayez raison, que ça mette mon argumentaire par terre et qu’il ne me reste plus qu’à jeter l’article aux oubliettes en battant ma coulpe avec des orties).

La perte de nouveauté

D’abord il y a l’argument de la perte de nouveauté. Le phénomène est incontestable : les humains sont accro à la nouveauté et l’essentiel de nos désirs et de nos enthousiasmes s’érodent avec le temps et la répétition. Mais si ça venait de là, la perte de désir devrait être statistiquement aussi rapide chez les hommes que chez les femmes. Il y aurait alors autant de femmes que d’hommes qui vivraient avec quelqu’un qui ne supporte plus d’être touché-e.

Voire, le phénomène devrait être plus rapide chez les hommes que chez les femmes, puisque selon le stéréotype en vigueur, ça devrait être le mâle, chasseur intrépide et curieux, qui devrait ressentir davantage un besoin de découverte et de nouveauté, et donc se lasser plus tôt, plutôt que sa femelle qui l’attend sagement dans la bienveillance rassurante d’une domesticité routinière.

Par ailleurs, la répétition d’un certain plaisir en diminue certes l’appétence mais le phénomène est réversible ; et quand ledit plaisir se fait plus rare, on le prise à nouveau davantage. Or dans le contexte de la baisse de désir sexuel, cette réversibilité est de moins en moins vraie à mesure que s’endort la libido. Dans un mariage déjà sans sexe, il n’y a pas de retrouvailles torrides après une longue absence.

Ainsi, bien que la perte de nouveauté explique peut-être une partie du phénomène, il échoue à rendre compte de l’asymétrie hommes/femmes ainsi que du nombre de couples n’ayant plus aucune intimité sexuelle depuis parfois des années.

L’insatisfaction chronique

Ensuite il y a celle qui dit que Monsieur ne s’y prend pas bien, et que si Madame était plus souvent satisfaite, elle aurait plus souvent envie. Ceci pourrait effectivement expliquer l’asymétrie hommes/femmes, puisqu’il est bien connu que les hommes arrivent à prendre leur pied la plupart du temps, même quand leur nana n’y met pas du sien ou quand elle débute totalement. L’inverse n’est malheureusement pas vrai.

Si cette explication était la bonne, les couples où le sexe n’est pas dysfonctionnel au départ devraient être épargnés. Malheureusement c’est trop beau pour être vrai. Ça veut donc dire qu’il y a quelque chose d’autre qui démarre l’extinction du désir.

Ce qui est vrai en revanche, c’est qu’une fois le processus enclenché, l’insatisfaction de la partenaire participe à un effet de cercle vicieux. Le plaisir est inextricablement lié à l’excitation : si le désir vient à baisser, l’excitation s’essouffle et le plaisir devient laborieux. Et pour empirer les choses, l’enthousiasme défaillant de l’une n’encourage pas l’assiduité de l’autre. Mais ça n’explique pas comment s’amorce le cercle vicieux.

Je crois que cette explication et la précédente font la même approximation fausse : elles assimilent le désir sexuel à d’autres types de désir. Or ce n’est pas parce qu’il y a le mot ‘désir’ que ça fonctionne pareil. C’est vrai que la plupart de nos désirs/de nos envies sont conditionnés par les circuits de récompense dans notre cerveau (dopamine). Ainsi, quand on mange tout le temps le même chocolat, on s’en lasse un peu ; et si un chocolat qui faisait envie s’avère fade, on en reprend de moins en moins. Mais le désir sexuel est assez différent des autres types de désir en ce qu’il précède sa récompense : on a parfois très très envie de quelqu’un sans savoir si le sexe sera bon ; et quand on était ado, on avait très envie de sexe avant même d’y avoir goûté. A l’inverse, personne n’a très envie de vin, de kitesurf ou de Chopin sans y avoir goûté.

Le stress de nos vies trépidantes

J’avais déjà eu l’occasion de donner mon avis dans cet autre article quant à l’explication qui propose que c’est le stress de la vie quotidienne qui tue la libido (et comme ce sont les femmes qui subissent la double journée de travail, ça pourrait aussi expliquer l’asymétrie h/f). En deux mots : même quand ils ont une vie qui ne leur laisse pas beaucoup de répit, les amants arrivent à y rentrer au chausse-pied leurs retrouvailles sporadiques sans nécessairement prendre une semaine de RTT à chaque fois — et leur aventure, bien que stressante en soi et chronophage dans un calendrier de ministres, loin de finir de les rendre apathiques, leur donne l’impression de revivre.

L’âge ?

Non.

La preuve, c’est qu’en redémarrant une nouvelle relation, même tard, le désir est bien là. C’est ce que montrait l’étude de Klusmann. Certes on est de moins en moins impétueux à mesure que l’on n’a plus vingt ans, mais on n’est pas encore asexué-e : après 6 mois ensemble, les couples qui se sont formés à cinquante ans ont certainement une sexualité beaucoup plus enthousiaste que les couples du même âge qui se sont rencontrés au lycée.

La contradiction majeure

Ce qu’il faut surtout voir, c’est que l’explication centrale qu’on nous sert quant à l’origine de la monogamie dans les cultures humaines prédit exactement l’inverse : les femmes ne devraient pas se lasser de leur partenaire. Je m’y penche davantage dans cet autre article, mais en deux mots, la psychologie de l’évolution justifie la monogamie de la façon suivante : le petit d’homme est fragile et ses chances de survie sont bien meilleures si la mère n’est pas seule à s’en occuper. Les mères qui s’assuraient de la fidélité du père ont mieux transmis leurs gènes que celles qui s’en désintéressaient, puisque leurs enfants ont mieux survécu.

Et dans le cadre de cette explication, il ne devrait pas y avoir de perte de libido avant de longues années, et à plus forte raison surtout pas après l’arrivée de l’enfant, puisque le risque de séparation de la cellule parentale est censé mettre en danger la survie de la progéniture. Autrement dit, les femmes qui se désintéressaient de leur mec se sont davantage faites larguer, leurs bébés auraient donc moins survécu, au contraire de ceux des nanas qui savaient mieux garder leur homme.

Je pense que le présupposé de base est faux : ce n’est pas la famille nucléaire et le pater familias qui pourvoit aux besoins de l’enfant, c’est le clan. Et donc toutes les explications qui invoquent un avantage sélectif du couple stable pour expliquer nos structures familiales monogames actuelles sont des explications ethnocentriques.

Retour aux bases

L’évolution a inventé la reproduction sexuée pour maximiser la diversité génétique. Plus exactement, la descendance des organismes qui ont maximisé leur diversité génétique (grâce à la reproduction sexuée) a mieux su tirer son épingle du jeu aléatoire de la sélection naturelle, par rapport à la descendance trop homogène des organismes qui se reproduisaient par clonage (et qui partageaient donc les mêmes vulnérabilités).

Selon le même principe, de la souris primitive jusqu’au genre Homo en passant par les primates et les grands singes, l’évolution favorise le plus souvent les comportements qui maximisent la diversité génétique et c’est pour cela qu’il y a très peu d’espèces de mammifères monogames (et en plus, depuis qu’on commence à vérifier avec des tests génétiques, les éthologues découvrent avec stupeur que de nombreuses espèces qu’on croyait monogames ne sont que socialement monogames). Et donc en vrai, tant qu’elles ont un clan autour d’elles, pour maximiser leur succès reproductif par la diversité génétique, les femmes ont tout intérêt à avoir leurs enfants avec des pères différents, et en tout cas surtout pas avec les hommes avec qui elles ont un lien de parenté.

Consanguinité et effet Westermarck

Arrêtons-nous un instant sur le risque de consanguinité. Pour s’en prémunir, l’évolution a mis au point selon les espèces une multitude de mécanismes évitant les unions entre parents. Une autre manière de le dire est que les populations qui se protégeaient moins bien contre les unions consanguines ont eu une diversité génétique moindre : elles étaient donc sélectivement désavantagées et elles ont été graduellement supplantées par les populations qui s’en protégeaient mieux. Les primates n’échappent pas à ce phénomène, et la question est de savoir comment ils ont fait pour reconnaître physiologiquement la parenté et décourager l’inceste dans un monde sans état-civil et sans tabous religieux.

Une bonne partie du monde animal (y compris chez les mammifères) a recours aux phéromones pour reconnaître la parenté. Je ne crois pas que ça soit le mécanisme principal chez les primates ou du moins chez les grands singes. Le phénomène mis en avant par de nombreux primatologues est que la reconnaissance de parenté serait davantage sociale qu’olfactive : le parent est celui auprès duquel on passe beaucoup de temps, et en particulier dans l’intimité physique (nourrissage, jeux, papouilles, épouillage, co-dodo). Pour éviter l’inceste, il suffit de faire en sorte que la proximité physique et l’attachement familial éprouvés dans l’enfance désensibilisent contre l’attirance sexuelle à l’âge adulte.

Ce mécanisme s’appelle l’effet Westermarck et il est assez bien documenté : y compris quand ils ne sont pas apparentés, l’attirance sexuelle à l’âge adulte entre des enfants qui ont grandi ensemble est nettement atténuée (en comparaison avec l’attirance qu’ils ressentent pour des partenaires potentiels extra-familiaux).

A l’inverse, des frères et sœurs biologiques mais qui n’ont pas grandi ensemble éprouvent souvent une attirance très forte quand ils se retrouvent à l’âge adulte (ce qui ne serait pas le cas si la reconnaissance de parenté avait principalement une base génétique, par exemple olfactive).

Persistance de l’effet Westermarck à l’âge adulte

Je propose que la perte du désir dans le couple est une simple conséquence de la persistance de l’effet Westermarck à l’âge adulte : en vivant longtemps l’un avec l’autre, on se désensibilise, comme si on était frère et sœur. Cette persistance est davantage fréquente chez les femmes que chez les hommes, puisque les femmes en tirent un bénéfice sélectif plus important (elles ont moins d’occasions reproductives, elles ont donc moins le droit de gaspiller). Ainsi, pour éviter qu’on ait tous ses enfants avec le même père, l’évolution se contente de réemployer le même mécanisme qui protégeait déjà contre la consanguinité.

C’est finalement tout simple : statistiquement, au long des millions d’années d’évolution du genre Homo, les femmes qui perdaient leur désir sexuel non seulement pour les hommes avec lesquels elles avaient grandi mais aussi pour les hommes avec lesquels elles partageaient une intimité durable avaient un meilleur succès reproductif puisque la diversité génétique de leur descendance s’en trouvait accrue.

Un petit coup de rasoir d’Okham

La plupart des propositions en psychologie de l’évolution sont expérimentalement invérifiables, et celle-ci ne fait pas exception. Elle est donc forcément à prendre avec des pincettes. Mais à l’aune du rasoir d’Ockham, elle a probablement un assez bon score par sa simplicité. C’est en tout cas ce que j’ai de mieux.

En effet, ça tient en une phrase et ça explique très bien toute une série d’apparents paradoxes que nos schémas de pensée ethnocentrés ont du mal à accepter et encore plus de mal à expliquer sans épicycles Freudiens autant qu’alambiqués :

  • la baisse du désir dans la durée du couple (la proximité au long cours donne peu à peu la sensation inconsciente d’être frère et sœur)
  • l’asymétrie hommes/femmes dans la perte du désir (les hommes ont moins besoin de se protéger contre le risque de consanguinité)
  • les couples de lesbiennes ont rapidement moins d’intimité sexuelle que les couples de gays
  • le malaise, voire le dégoût que certaines femmes peuvent finalement ressentir dans la simple proximité physique avec leur partenaire, qui donne lieu à toutes sortes de stratégies d’évitement plus ou moins conscientes
  • la dichotomie madone/putain (l’amante en début de relation a beaucoup plus de désir que l’épouse après quelques années)
  • l’idée que les hommes ont toujours plus envie de sexe que les femmes (comme le modèle majoritaire est le couple monogame de longue durée, la disparité du désir correspond à l’expérience quotidienne du plus grand nombre — d’autant qu’on oublie rapidement que c’était différent au début de la relation)
  • la longévité de la passion dans les couples d’amants illégitimes ou dans les relations longue distance (en ne se voyant que rarement, on évite la proximité et donc la désensibilisation)
  • la plus grande volatilité des couples qui se forment très tôt : la désensibilisation sexuelle étant au départ un mécanisme juvénile, elle est plus rapide quand on est plus jeune. (Et donc si les couples qui se forment plus tardivement durent plus longtemps, ce n’est pas seulement parce qu’on sait mieux ce qu’on veut ou parce qu’on se résigne après le troisième divorce)

D’un côté c’est un peu déprimant parce que ça met le doigt sur l’inadéquation de nos structures sociales par rapport à nos atavismes de primates (on pourrait dire la même chose de nos modes de vie en général) mais je me disais que ça pourrait aider certains couples à comprendre que ce qu’ils vivent est peut-être bien normal et à ne pas trop chercher à savoir à qui la faute, et à trouver des solutions inventives en faisant au mieux avec ce que l’on est plutôt que ce que l’on croit qu’on devrait être.

36 réponses à “Chute de la libido feminine dans le couple : tentative de demêlage darwinien

  1. Il se peut toutefois que l’asymétrie h/f soit simplement le résultat d’une asymétrie de libido structurelle (en gros, la testostérone). Et que donc mon explication darwinienne (persistence de l’effet Westermarck) s’applique autant aux mecs qu’aux nanas, juste moins vite. Cet article du thérapeute américain Joe Kort, et qui traite des couples homos ‘sexless’ est en effet troublant de similarités avec les soucis des couples hétéro… http://www.joekort.com/articles.htm/Sexuality/articles95.htm

  2. Il y a quelque chose qui me laisse perplexe dans cette explication :  » les femmes qui perdaient leur désir sexuel non seulement pour les hommes avec lesquels elles avaient grandi mais aussi pour les hommes avec lesquels elles partageaient une intimité durable avaient un meilleur succès reproductif puisque la diversité génétique de leur descendance s’en trouvait accrue ». Mais comment expliquer que les femmes aient « partagé une intimité durable » plus significative avec le géniteur de leurs petits qu’avec d’autres hommes du groupe et partenaires potentiels autrement qu’en postulant une structure sociale de type famille nucléaire monoandre/monogame? Dans « Sex at Dawn » auquel tu fais parfois référence et dans plusieurs de tes articles tu mets très justement en doute cette « contradiction majeure » de l’explication évolutive de la monogamie. Or soit quelque chose m’échappe, soit tu la fais revenir par la petite porte (oups!) dans cette proposition d’une persistance de l’effet Westermarck, non?

    • Oups, Bien vu. Je n’avais pas vu la possible contradiction. Je crois pouvoir m’en tirer, cependant : quand il n’y a pas de pression monogame, l’effet ne joue pas, et les femmes ont potentiellement toujours autant envie du père de leur enfant que des autres (mais ce n’est pas très grave, le risque que l’enfant soit à chaque fois du même père est assez faible).

      En revanche si une nana est à ce point amourachée d’un gars dans le groupe en particulier qu’ils vivent collés l’un à l’autre, elle finit par s’en désintéresser. Est-ce que ça suffit pour que le comportement soit sélectionné au fil des siècles ? (Et dans ce cas, ça veut dire que l’effet est d’autant plus sélectionné que la pression monogame est forte).

      Ou bien alors nos ancêtres n’étaient effectivement pas du tout monogames et il n’y a pas de raison que la persistance de l’effet Westermarck à l’âge adulte soit un trait sélectionné. Ce qui fait aboutir à une conclusion encore plus simple : si la monogamie, même temporaire, n’apporte aucun bénéfice sélectif, alors l’effet Westermarck n’a aucune raison de disparaître à l’âge adulte de toute façon, donc pas besoin d’un mécanisme pour en sélectionner la persistance.

  3. excellent article ! Tu expliques très bien ça permet de comprendre pleins de notions compliquées en peu de temps.
    J’avais d’abord pensé que la maternité pouvait être à l’origine de la perte de désir, mais ça ne colle pas avec le fait que la perte de désir se fait pour le partenaire et revient en cas de relation extra-conjugale.

    • Je crois qu’une situation assez flippante, c’est qu’une jeune mère qui croyait sa libido calmée pour longtemps s’aperçoit qu’elle se met à en pincer pour un voisin ou un prof de yoga, mais toujours pas pour son mec.

  4. Je ne sais pas si c’est volontaire mais tu es resté sur une ligne purement « animale », dans l’analyse que j’en ferai il y a la façon de créer le couple et d’entretenir le désir. L’homme va être beaucoup plus dans la séduction active et la femme la séduction passive au moment de la formation du couple, ensuite l’homme perd souvent cette impulsion de séduction alors que la femme reste plus souvent dans une séduction du quotidien (maquillage, vêtement, attitude générale).
    Or dans mon expérience (malheureuse) la femme a besoin de se sentir « désirée » et séduite par de petites attentions du quotidien, du fait de ressentir qu’elle n’est pas qu’un tableau de maître/trophée qu’on a conquis après un combat de longue haleine et qu’on peut maintenant montrer et admirer sans s’en occuper plus que ça.
    La plus grande zone érogène reste le cerveau et dans un couple où l’on se conforte un peu trop dans le quotidien, le fait d’avoir un compliment extérieur ou juste une attention un peu plus intense de la part d’un autre peut faire basculer dans l’extra conjugal ou au moins se faire poser la question du désir dans le couple plus concrètement.
    J’ajouterai aussi que l’homme est plus dans le « concret » et l’action et la femme plus dans « l’émotionnel » et même si un équilibre peut être trouvé dans lequel les deux y trouvent leur compte, parfois on se désynchronise/déconnecte des désirs de l’autre.
    Enfin il y a l’analyse d’Esther Perel, je pense que tu l’avais déjà partagée : https://www.ted.com/talks/esther_perel_the_secret_to_desire_in_a_long_term_relationship?language=fr#t-162065

    • Je suis resté sur les question d’évolution parce que je n’ai pas besoin d’invoquer d’autres mécanismes (culturels, psychologiques, sociaux, …) pour rendre compte du phénomène. Comme je le précise à la fin, je m’en tiens au principe de parcimonie. Comme le disait William ‘Pluralitas non est ponenda sine necessitate’.

  5. Salut Audren,

    C’est tout simple (je crache mon venin et ensuite je lis l’article, promis) : quoi qu’en ait la propagande neuneu dans laquelle nous baignons 24/7, comme tout huis clos, le sexe monogame est bien vite d’un ennui mortel*… et contrairement à de nombreux hommes, les femmes ne peuvent compter, pour y trouver un intérêt relativement durable, sur un investissement machiste dans la possession charnelle de leur partenaire…

    * Rien d’étonnant à ça : le sexe est un merveilleux moyen de s’ouvrir au monde… et nous en avons fait une monnaie d’échange et une prison.

    (Merci pour ce blog d’utilité publique !)

    • C’est un raccourci classique quand on discute de sujets d’évolution. L’idée est que les hommes ont plus d’occasions de se reproduire que les femmes. Le coût d’un ‘pari reproductif’ inefficace est bien plus élevé pour une femme que pour un homme en termes de transmission des gènes. Voir en particulier le début de https://en.wikipedia.org/wiki/Bateman's_principle (la fin est intéressante aussi, mais pas directement dans le sujet)

  6. La constatation est empiriquement prouvée, en France, en effet.Votre tentative scientifique n’est pas inintéressante du tout.
    Mais pourtant, c’est moins vrai sur sur les générations post 80’s.

    La pression culturelle joue beaucoup sur les femmes, mais on voit que cela commence à moins peser : les jeunes femmes sont de plus en plus désireuses de pérenniser leur sexualité, mais changent en effet parfois de partenaires pour se faire, ce qui n’était pas le cas avant.
    Du coup, oui, l’explication de la « nouveauté » est une bonne piste, même si cela n’explique rien anthropologiquement parlant.
    Quant à la durée différente entre homme et femme, est-ce vrai? N’est-ce pas la testostérone qui permet à l’homme de s’exciter avec un rien et donc, sans besoin de nouveauté, parvenir à désirer sa femme au fil des ans, malgré le manque de sentiments?
    En outre, à quel point les problèmes d’érection masculine sont chimiques, et tout simplement pas un manque de nouveauté? Ces hommes qui ont besoin de viagra ne retrouveraient-ils pas toute leur vigueur s’ils étaient tout à coup engagés dans un de leurs fantasmes?

    Belle tentative, mais je pense toutefois que le gros du soucis se situe sur une incompréhension majeure des femmes avec leurs corps, et une grosse pression sociétale, ce qui va changer avec le temps.
    On pourrait assister à un sacré débarquement de cougars dans les années à venir 🙂

  7. Je me risque…

    Il me semble avoir lu chez toi un article montrant chez les couples établis que la situation était plus mitigée parfois l’homme à moins envie que la femme mais c’est plus souvent l’inverse. Il existe deux cas qui ne posent aucune difficulté, quand les envies ou leur absence sont égales.

    Je me risque donc sur le thème de l’asymétrie. Je propose qu’il faut du temps pour avoir envie.
    Au début d’une relation on libère du temps et d’ailleurs souvent on ne voit plus ses ami(e)s, tout est dirigé vers l’autre et toute minute disponible investie dans l’autre. Après un certain temps les activités du quotidien reprennent et chacun remplie sa vie avec des obligations et des temps libres.
    Celui qui dispose de plus de temps disponible (toutes conditions egales par ailleurs) pourra, durant ce temps disponible se faire ses petits films et cultiver son envie.
    Cela peut expliquer le regain pendant les vacances, les relations longue distance (l’absence laisse du temps), les asymétries… Le stress puisque plus les journées sont pleines moins il reste peu de temps pour imaginer une situation agréable et avoir envie de passer à l’acte. La présence au quotidien qui finit par remplir l’espace disponible de logistique à traiter à deux voire de rancœurs ainsi l’esprit n’est pas disponible pour se projeter dans une activité sexuelle.

    • Je ne dis pas que c’est faux. Mais je fais le constat que ceux et celles qui s’embarquent dans des relations extra-conjugales ont certainement encore moins de temps et encore plus de stress…
      Et (en bon avocat du diable) je hasarde un renversement d’explication : ne remplit-on pas son quotidien avec de la logistique parce que ça nous arrange et ça nous évite de nous confronter au fait que l’on a moins envie l’un de l’autre.

  8. Il me semble que l’explication de cette asymétrie h/f est à la fois d’ordre biologique ET social.
    On ne peut négliger l’un ou l’autre. En faisant, comme tu le fais Audren, de cette asymétrie le résultat d’un processus purement darwinien tu présentes la baisse du désir comme une fatalité. Tu vas même plus loin en laissant entendre que la monogamie ne serait pas « naturelle ». Au fond, sous couvert de parcimonie, j’ai l’impression que tu fais exactement ce que tu critiques : tu ériges en norme absolue un sentiment personnel.
    Je ne crois pas me tromper en disant que le désir (et le plaisir) est plus « mécanique » chez l’homme que chez la femme (sans que cet aspect soit complètement absent). Et à mon sens, cette asymétrie suffit à expliquer qu’une forme de lassitude s’installe plus rapidement chez les femmes pour lesquels le désir est plus difficile à entretenir. Plus c’est mécanique (pour des raisons biologiques, hormonales ou autres) et moins la baisse de libido est rapide. Et cela vaut de manière très générale (et pas seulement chez les couples hétéro).
    Par ailleurs, si le désir du partenaire à quelque chose de flatteur et excitant, cela ne dure qu’un temps. En effet, pour une femme (je généralise, mais c’est plus souvent dans ce sens) s’apercevoir que son compagnon a toujours envie, n’est plus du tout flatteur et peut même avoir l’effet totalement inverse ! Et peut-être alors que certaines femmes, en effet, se réfugient dans la logistique. Mais je ne dirais pas comme toi que c’est « parce que cela les arrange ».
    Et c’est là où je rejoins totalement l’explication de Publi. Le désir féminin est d’autant plus difficile à entretenir que le femmes mènent souvent de front une vie professionnelle et familiale éreintante. Certes, prendre un amant leur rend la vie plus difficile à gérer encore, et donc ce n’est pas le manque de temps à lui seul qui explique la baisse du désir. Mais c’est bien un facteur aggravant.
    Cela étant, il y a bien un moyen de lutter contre la baisse de la libido et entretenir le désir. En parler. Je suis loin de partager tes vues, mais tu as le mérite Auren d’aborder un sujet tabou. J’ai de nombreuses amies qui, passées la quarantaine et un divorce, se mettent à explorer toutes sortes de voies. C’est une très bonne chose, on sera tous d’accord. Mais ont-elles jamais osé exprimer ces désirs auparavant ? Bien souvent, non. Malheureusement, la pression sociale, l’éducation les en dissuade. Pourtant en parler, c’est aussi une façon de cultiver l’envie.

    • On n’est manifestement pas d’accord sur la première partie.
      Je réponds que je n’érige rien du tout en ‘norme absolue’. Je n’ai pas dit : ‘il faut faire comme ceci / ceux qui font comme cela ne sont pas normaux’. Je propose une explication à un phénomène qui déroute beaucoup de monde et qui met à mal (chez celles et ceux qui le vivent) la plupart des choses que l’on croit à propos du couple, de l’amour, du désir etc.
      Quant au côté naturel ou pas de la monogamie, j’ai déjà traité le sujet 🙂

      • Laissons de côté la norme dans ce cas-là. Mais n’y a t-il pas une forme de fatalisme dans l’explication « darwinienne » ? Je dirais même, un peu de facilité (il est tentant de se dire que, au fond, puisqu’on serait programmé…). On a déjà, tous, si vite fait de se trouver plein d’excuses pour être égocentrique, narcissique, inconstant, paresseux… ne crois-tu pas ?

      • Une explication n’est pas une excuse ou une fatalité. On peut expliquer de façon parfaitement Darwinienne pourquoi les humains ont perdu leur pelage. Et bien on met des manteaux.

  9. Dans mon cas, la persistance de l’effet Westermarck explique bien des choses : mariée depuis 27 ans à un bel homme soigné, amoureux et attentionné, je dois recourir depuis des années à toutes sortes de stratégies pour activer mon désir et maintenir l’harmonie apparente du couple.
    L’hypothèse d’une faible libido a été éliminée lorsque nous avons expérimenté le couple libre, et que j’ai pu constater la force de mon désir sexuel avec mes amants, avec lesquels n’entraient en aucun cas un aspect émotionnel, n’en déplaise à Angus :-).
    Je me suis aperçue récemment que la tendresse et les petits mots doux de mon mari aggravaient encore la situation, activant un sentiment presque maternel, parfaitement incompatible, naturellement, avec l’attirance sexuelle. J’ai donc pu observer la persistance de l’effet Westermarck avant même d’en entendre parler.
    Merci, Audren, pour cette analyse qui apporte un éclairage nouveau et pertinent à ma situation 🙂

    • Et merci du témoignage. J’aime particulièrement ce passage (quasi-scientifique dans sa démarche 🙂 ‘L’hypothèse d’une faible libido a été éliminée lorsque nous avons expérimenté le couple libre, et que j’ai pu constater la force de mon désir sexuel avec mes amants’…

  10. Pour l’avoir expérimenté à mes dépens en 20 ans de vie maritale et récemment avec une histoire d’amour longue distance, je pense que le problème vient aussi de l’atavisme masculin du temps des cavernes où l’homme veut à tout prix protéger la femme. Je trouve ce rapport obsolète au 21 ème siècle alors que les femmes occidentales sont autonomes et que nous ne sommes plus entourés de forêts peuplées de bêtes sauvages à combattre par la force.
    Au début souvent l’ homme et la femme monogames ou non sont partenaires de jeux érotiques. Puis insidieusement comme j’ai pu le constater la relation bascule dans une espèce de patriarcat. Monsieur voulant protéger le sexe n’est que
     » faible ». De là une inégalité se crée qui pour ma part bloque tout. Je ne suis pas une enfant vulnérable à protéger mais une grande fille indépendante qui sait ce qu’elle veut dire que
    Parfois cela peut conduire à une sorte d’infanrilisation de la femme au bénéfice de la testostérone mâle.
    Difficile de se dépêtrer de ce schéma relationnel dans une relation à long terme. Même le plus doux et libre des hommes tombé dans ce piège. Et ma libido a été en perdition… On ne passe pas sans mal ce changement de statut.

  11. Je demeure persuadée que c’est pour les couples qui restent sur un modèle dominant mâle \ dominée, sujet désirant \ objet désiré que la libido disparaît chez celui qui est dans la deuxième catégorie. Pas facile de lâcher prise, de se donner, de s’abandonner autant à l’autre quand on cohabite, avec toutes les petites rancoeurs qui s’accumulent.
    Il est plus facile de donner ou prendre que de recevoir.
    Pas facile non plus de continuer à trouver cela excitant d’etre désirée par un homme déjà conquis.

  12. Plus socio-truc que darwinien : dans les pays occidentaux actuels, la monogamie actuelle est différente de la monogamie traditionnelle, parce qu’elle se base, depuis les 30 glorieuses, sur l’idée que mariage = amour. Et après 68, vient s’ajouter l’idée « femme = droit aux mêmes vies que les hommes ».
    Ce sont deux images fausses, et les femmes des générations d’après 68 se retrouvent avec un effort vers le statut social plus coûteux quand celui des hommes est encore très allégé de sa « réussite domestique ». En gros, une femme est encore jugée sur sa tenue de maison et ses enfants, ET maintenant, est jugée sur son épanouissement sexuel, amoureux, sa réussite pro.

    La libido ? Ben quand tu reviens à la maison et que ton jugement de toi-même est encore en question, que le monde extérieur t’appelle aux perfs d’autonomie matérielle + à des perfs de maternité, d’amour, de corps, de bien tenir sa maison… Même si les bonhommes ont aussi des pressions sociales, elles leur laissent plus d’air. Et c’est pour eux valorisant de chercher à respirer (tu l’as mérité), quand pour les femmes, respirer c’est plutôt une dérobade à une obligation ou l’autre (tu vas pas te reposer puisque tu dois encore courir derrière la réussite cosmétique, la réussite familiale et la réussite conjugale). La libido, elle fatigue, oué, à un moment.

    Le changement de partenaires, pour une femme, ça signifie donc pas juste la rencontre avec un autre géniteur potentiel, ça signifie qu’individuellement la personne a remis de l’ordre dans les injonctions au bonheur. C’est peut-être cette perspective qui redonne de la libido même avec le partenaire antéireur, une estime de soi basée enfin sur une échelle de valeurs moins absurdement exigeante.
    Les déterminismes darwiniens n’ont pas la même portée selon les conditions de vie des populations observées… et la condition sociale féminine est clairement pas bonne pour sa libido.

  13. Bonjour,
    Voilà, je n’ai pas lu toute la section de commentaires, mais je pense que votre article oublie peut-être un facteur qui pourrait jouer ou biaiser dans la libido feminine et son evolution : la pilule.
    En effet, une grande proportion de femmes aujourd’hui utilisent un moyen de contraception qui correspond à une prison hormonale. Personnellement, quand je suis sous pilule, je constate une baisse de libido flagrante dans l’année. C’est pour ça que j’ai du changer de moyen de contraception et que j’ai découvert (avec surprise et joie) un désir non bridé envers mon partenaire.
    Enfin, voilà, ça n’explique pas tout, mais je pense que c’est un facteur qui mérite au moins d’être cité.

    • Oui. C’est un oubli intentionnel parce que je ne suis pas assez documenté pour en parler correctement et sans faire de généralisations abusives. Mais c’est un sujet très intéressant (et probablement plus important qu’on voudrait nous le faire croire)

    • Pour ma part j’ai opté pour la vasectomie depuis 5 ans sans constater une hausse de libido chez ma compagne. Mais ce n’est qu’un exemple qu’il ne faut pas généraliser sans approfondir l’étude. Peut être que la situation se serait dégradée si elle avait du continuer la pilule.

  14. Bonjour,
    A bien y réfléchir et sans partir dans des réflexions scientifiques je me propose de donner les quelques idées qui me viennent sur le sujet :
    – la différence structurelle du plaisir homme/femme couplé avec la lassitude du quotidien.
    Au départ les couples brûlent de passion, les hommes ont à cœur de satisfaire leur partenaire. Pour cela il déploie des efforts en conséquences sur les préliminaires, les temps de coits et la mise en condition. L’arrivée des enfants et/ou une vie de mère au foyer ou de femme active prenante parasite la disponibilité féminine face à leur propre plaisir. les quickies parce que le petit fait la sieste ou à cause d’un projet ultra important et stressant parachèvent la mise en condition nécessaire au lâcher prise pour le plaisir féminin.
    La présence d’un amant ou de nouvelles conditions de vie sexuelle peuvent relancer la machine car le binôme renouvelle son excitation. Il faut Du temps privilégié et particulier pour entretenir l’attrait du sexe dans un couple, pour dépasser la routine et relancer le désir.
    Pourquoi l’asymétrie homme femme ? Parce que le plaisir masculin nécessite moins de mise en condition et de lâcher prise. le plaisir étant toujours présent malgré tout, l’homme met plus de temps à s’essouffler dans la relation sexuelle insatisfaisante… il y a quelque chose d’hygienique qui prend la place à la fougue des débuts mais qui finit à terme par pousser les hommes monogames à rechercher le frisson en dehors…
    Ce n’est que mon analyse humblement personnelle…

  15. Bonjour Audren,
    Actuellement j’en ai marre de lire toutes sortes d’idioties suite à la parution des lettres de Mitterand à Anne Pingeot.
    Tous ces pseudo – journalistes partent du principe que Mitterrand a menti aux français et même Anne Pingeot aurait dit avoir accepté l’inacceptable.
    Bref, tout et n’importe quoi …. surtout impossible d’avoir le point de vue du principal intéressé (qui ne l’aurait probablement pas donné s’il était en vie….).
    Et si mitterrand était simplement un polyamoureux discret car il savait que son ambition politique n’était pas compatible avec les carcans de notre société actuelle?
    Merci d’avance 🙂

  16. Très intéressant! Ça a eu le mérite de m’éclairer à propos de ce phénomène, très perturbant. Même s’il n’y a peut-être pas une réponse exacte étant donné que chaque individu et chaque couple sont différents.
    Je m’en vais lire d’autres de tes articles!

  17. Les pistes de cet articles sont très intéressantes, personnellement j’aime bien ces visions des choses socio/biologiques . Le coup du passage au modèle « clan » vers le modèle « famille » (et plus tard – ou maintenant déjà- vers le modèle « individu solitaire »? si on voit les choses de manière pessimiste) est complètement véridique dans nos sociétés je trouve. Ça vaudrait presque le coup de voir à quel moment de l’histoire ce phénomène commence (religiosation de la société ? diviser pour mieux régner ? ^_^)
    En tout cas merci pour ce blog!

  18. Avant de faire des hypothèses, il faudrait sans doute vérifier que les faits sur lesquelles elles se basent sont avérés…

    Premièrement: le manque de désir touche-t-il vraiment plus souvent les femmes que les hommes? Apparemment, les sexologues ont beaucoup de maris comme clients. La différence de perception ne serait-elle pas uniquement culturelle? Par exemple: seules les femmes parlent de ce problème. Autre possibilité: les hommes trouvent d’autres solutions (prostitution…).

    Deuxièmement: l’hypothèse que l’extinction du désir est due à la biologie et pas à la culture. Il faudrait vérifier si c’est vrai dans d’autres cultures que la notre. Si ce n’est pas vrai ailleurs, c’est culturel et pas biologique.

    • La vérification objective du fait de départ est justement l’objet de la publication scientifique citée en référence au début de l’article. Comme c’est des sciences assez molles, on peut parfaitement y trouver à redire. Pour l’instant, il n’y a que très peu d’études à se mettre sous la dent.

      Et (digression militante) c’est dommage que la recherche scientifique sur la sexualité soit si peu dotée (quand on la compare à d’autres sciences sociales, et a fortiori quand on la compare au marché du porno) quand on pense à l’importance que ça peut avoir dans nos vies, loin devant la physique des particules ou les nouveaux textiles…)

  19. Westermarck n’était pas un scientifique mais un philosophe.
    On pourrait aussi parler de l’effet « tuyau de poêle » dans les campagnes ou le choix du partenaire était plus restreint que dans les kibboutz.
    Ceci dit ayant un œil plus « graphique » qu’ « impressionniste » (Monet ne me procure aucune émotion) j’aime beaucoup vos dessins.
    A part ça, ayant parcouru votre blog que j’ai bien aimé je me fait la réflexion que le simple fait de se poser la question montre qu’elle vous « préoccupe ».
    Je pense aussi que l’âge y est pour beaucoup, je suis passé par tout les stades que vous évoquez et pense en être sortis à 70 ans…Quel bonheur d’être seul et libre. Débarrassé du sexe, je m’aperçois que les pensées des hommes et des femmes sont très dissemblables, bien que toutes deux respectables. La conversation des femmes m’ennuie et réciproquement je pense.
    Je ne partage pas votre point de vue (un peu égoïste mais c’est votre droit) sur les enfants. Seuls les couples ayant un revenu financier élevé et un niveau de culture ad hoc peuvent se permettre d’avoir des familles recomposées. Les autres en souffrent en vivant plus misérablement sur un plan financier. Le rêve de mes petit enfants et d’avoir UNE maison avec papa ET maman. C’est en tout cas ce qu’ils me disent.
    Je pense aussi que les femmes rêvent d’avoir un (des) « enfants » tandis que l’homme souhaite avoir « une descendance » mais peut être suis je « du XXème siècle », j’aimerais avoir des avis là dessus pour me faire réfléchir, j’adore ça….
    Très « cartésien » je me contente d’observer et de ne plus participer c’est un rare plaisir.
    Continuez cependant car j’aime beaucoup votre blog (mais je suis sur que vous vous passerez aisément de mon avis)

  20. As tu lu ce bouquin ? (Pas moi 🙂

    http://sexes.blogs.liberation.fr/2016/09/04/est-ce-que-la-routine-sexuelle-tue-lamour/
    A propos du bouquin :
    http://www.payot-rivages.net/livre_Pratique-de-l-amour-Michel-BOZON_ean13_9782228915281.html

    Mon intuition de base reste que les femmes se désinvestissent plus souvent parce-que statistiquement les rapports de force homme\femme leur sont défavorables compte tenu d’un sexisme persistant.
    Cela ne veut pas dire que certaines personnes ne perdent pas leur libido malgré tout, même dans une relation équilibrée.

  21. Chouette l’article, mais il me reste deux questions (dans l’esprit de doute scientifique…)

    D’abord, j’hésite toujours devant des arguments qui procède comme si homme et femme venaient d’espèces indépendants. Il y a très peu d’ADN qui est uniquement présent dans l’homme, et une grande part du doublement du X est muet. Donc des différences de comportement doivent probablement se produire à travers une modification qui agisse sur l’interaction des hormones du sexe avec des polymorphismes ailleurs… ou bien uniquement dans les gènes sur le chromosome X qui s’expriment plus fort chez les femmes. ce n’est pas à dire que cela soit impossible, mais c’est plus compliqué que l’évolution d’un trait commun (ou purement inopérant d’un côté, comme la capacité laitière d’une vache). Forcément, il y a un tas de différences qui ont évolué, mais à quelle vitesse ? Certaines précèdent probablement la séparation des grands singes…

    Deuxième, il y avait balayage d’hypothèse de différence de satisfaction initiale. Y a-t-il des données ? Ce ne serait pas suffisant d’observer des cas anecdotique où la femme est hyper satisfaite… j’imagine plutôt le paradigme de Rose en épidémiologie : une petite différence de moyen à travers la population en satisfaction peut expliquer une différence à travers la population en perte de libido, sans que la corrélation soit évident en cas par cas.

    De toute façon, merci d’avoir réfléchi sur ne question que la plupart de nos scientifiques trouvent trop gênant…

  22. Bonjour,
    C’est un article très perturbant au sens ou dans le cadre général des billets de ce blog il ne colle pas.
    Je n’ai pas tout lu mais de ce que j’ai lu il me semble que l’idée visait à inscrire l’irrationnel dans la réflexion, but visé par la philosophie. Notre beau repos de l’âme… 😉
    Or là la tentation (du diable) et de rationaliser l’irrationnel.
    Et de tomber sur un écueil pourtant annoncé, la recherche du pourquoi à l’aide d’un outil qui ne prétend pourtant pas autre chose que de dire comment.
    Là ou Dieu (n’importe lequel) n’a pas suffit la science le remplacera.
    La théorie Darwinienne a beaucoup évolué pour devenir un socle minimal de survie, tout ce qui n’empêche pas la vie garde une chance.
    Ce n’est pas la diversité génétique qui offre un avantage c’est la consanguinité qui provoque la dégénérescence.
    Procaryote ou eucaryote même combat, il faut renouveler son patrimoine génétique quoiqu’il en coûte.
    Quitte à fabriquer des individus désavantagés, quitte à fabriquer des tares, quitte a fabriquer des êtres humains, l’espèce la moins adaptée à son environnement de départ sans doute.
    Je peux vous construire une théorie ‘scientifique’ expliquant la perte de libido féminine en quelques lignes.
    A l’origine des temps humains, Homo sapiens vivait difficilement jusqu’à 40 ans en petits groupes.
    Avec pour base obligatoire l’envie de vivre et l’envie de se reproduire le plus tôt possible.
    Les groupes trop fermés pratiquant ce que nous appelons inceste et pédophilie ou le cannibalisme disparaissent, mécaniquement.
    Dans les groupes trop efficaces, trop protecteurs les individus deviennent trop nombreux, les ressources sont plus rares, retour aux petits groupes.
    La seule chance de survie est accordée aux petits groupes cherchant et la stabilité et l’union hors clan.
    Il n’y a plus de tabou, plus de morale, plus de carcan c’était ça ou disparaître.
    La libido déclinante ? un a coté involontaire, comme les cornes exotiques de certains insectes. Le désir d’enfant satisfait, la maternité attentive, la protection paternelle assurée, l’espèce pouvait s’accorder des traits qui n’étaient jamais soumis à l’épreuve de la sélection naturelle la vie était courte.
    Séduisant non ? sourire. Mais d’une malhonnêteté confondante.
    J’ai placé le fait observable en tant que prémisse, développement et conclusion.

    Mais je suis d’accord avec vous, (l’) être humain c’est compliqué.
    Et visiblement c’est ça ou rien.
    Bonne continuation.

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