Quatre formes d’infidélité (dont trois qui n’en sont pas)

Par le passé, l’infidélité était la soupape pour des couples qui étaient condamnés à une vie d’insatisfaction voire de souffrance par les liens indissolubles du mariage. Ce n’est plus le cas. Et pourtant, l’infidélité semble toujours aussi courante, au point que rares sont les couples qui n’ont pas eu à la vivre sous une forme ou une autre. Serait-ce parce qu’on continue d’appeler infidélité des situations qui n’en sont pas ? Ou comment ne pas confondre infidélité et largage.

école de trapèze - dessin numérique au crayon

Dur de lâcher le précédent avant d’avoir attrapé le suivant (ref. photo piochée sur huffpost)

Je vois quatre sortes d’infidélité. Trois d’entre elles ont bon dos : il s’agit d’une séparation déguisée en infidélité, et il n’y a rien à y faire — exiger l’exclusivité n’y changera rien, le couple est déjà fini. C’est trop tard pour un quelconque sauvetage, à part si l’on veut juste sauver les meubles et les apparences et sacrifier toute idée de bonheur conjugal sur l’autel de l’exclusivité. Seule la dernière est vraiment de l’infidélité, laquelle déchire tragiquement de nombreux couples piégés par l’idéal monogame — un des objectifs de ce blog est d’aider à amortir ou éviter ces tragédies en donnant de nouvelles grilles de lecture.

Classons les quatre formes d’infidélité, de la plus « archaïque » à la plus actuelle.

Je te trompe parce que je ne peux matériellement pas partir

Le premier cas, c’est le cas classique de l’infidélité des siècles passés. Quand la dépendance matérielle, financière ou sociale est trop forte, on est comme Emma Bovary coincée dans un couple insatisfaisant. Si on pouvait partir, on serait déjà parti, même pas forcément pour partir avec quelqu’un en particulier, juste tellement c’est pénible avec la personne qu’on a épousée.

Pour moi, il ne s’agit pas d’une infidélité : les époux sont de facto séparés — simplement ils cohabitent.

D’ailleurs, quand quelqu’un qui n’a pas la possibilité matérielle de partir va voir ailleurs, c’est simplement une manière de prendre une miette de liberté contre l’esclavage sexuel imposé par la norme monogame : qu’il s’agisse d’abstinence imposée, de prostitution institutionnelle, de viol conjugal, on est bien dans la situation où la sexualité de l’un est assujettie à cet autre que l’on ne supporte plus mais qu’on ne peut pas quitter.

Je te trompe, juste avant de te larguer

C’est l’idée d’attraper la liane suivante avant de lâcher la précédente. Peut-être juste parce qu’on a peur du vide. Ça ressemble peut-être à une infidélité, mais c’est encore une séparation déguisée. C’est un cas assez proche de la situation précédente, quand les obstacles (psychologiques) à la séparation sont juste assez solides pour faire durer une situation insatisfaisante, et juste assez fragiles pour qu’une aventure les fasse céder.

Là non, plus, pas la peine d’essayer de recoller les morceaux, on peut chanter du Brel tant qu’on veut, l’infidèle était déjà parti-e dans sa tête le jour du premier sourire à l’amant-e.

Je te trompe parce que je voudrais que tu me quittes

Combien sont-ils/elles ceux qui sont profondément insatisfait-e-s dans leur couple, qui voudraient partir, et qui n’arrivent pas à le dire, ou même à se l’avouer à eux-mêmes, tout simplement ? Je serais prêt à parier qu’il y en a un paquet là-dedans qui se laissent happer dans une aventure extra-conjugale comme acte manqué pour se faire larguer. C’est une manière un peu lâche de précipiter la rupture sans y jouer un rôle actif, juste en laissant faire les événements.

C’est nul, mais notons que ça marche d’autant mieux que le partenaire réagit selon les codes de la culture monogame : « tu me trompes, tu fais tes valises« .

Dans ces trois premiers cas, peut-on parler d’infidélité alors qu’il s’agit réellement du désir de partir ? On parlerait d’infidélité si l’on était encore dans les schémas d’antan où l’on se promettait fidélité à vie et où le divorce était impossible. Maintenant que le couple est un engagement révocable, la fidélité ne signifie rien d’autre que l’exclusivité pendant tout le temps où on continue de vouloir vivre ensemble. Quand en réalité l’un des deux ne veut déjà plus vivre ensemble, je n’ai pas tellement envie d’appeler ça de l’infidélité. C’est juste un prélargage.

Donc il ne reste en vrai qu’une forme d’infidélité.

Je te trompe parce que je t’aime et je veux rester avec toi

Je t’aime. Je veux continuer de vivre avec toi. Mais tu m’as bien fait comprendre que si un jour j’étais attiré(e) par d’autres, tu souffrirais trop et que tu préférerais me quitter. Ou si tu ne me l’as pas dit, c’est ce que notre culture me fait croire. Alors je n’ai jamais pu t’avouer que j’étais attiré(e) par d’autres, que j’ai toujours été attiré(e) par d’autres et que de mon point de vue, ça ne change rien à ce que j’éprouve pour toi.

Mes mensonges et mes omissions sont simplement la traduction de l’impossibilité à mes yeux de rediscuter cet engagement d’exclusivité que nous avons pris un peu sans y réfléchir, juste parce que c’est « ce qui se fait« . Malheureusement, ces mensonges peuvent finir par m’éloigner de toi ; et quand tu les découvriras, ces mensonges feront que tu croiras que j’ai voulu te nuire.

Donc j’aurais tout intérêt à faire le « pari de la crémière » et faire mon coming-out.

Epilogue : quelqu’un de mieux

Reste une situation de séparation qui peut éventuellement se développer à partir de ce dernier cas : j’ai rencontré une autre personne mais je reste avec toi parce que je t’aime et parce que je suis bien avec toi (et puis parce qu’il n’est pas sage de décider de partir quand la passion est trop neuve) ; on en parle et on arrive à négocier des dérogations dans notre engagement d’exclusivité ; et puis finalement, deux ans plus tard, je te quitte quand même, non pas parce que je ne suis pas bien avec toi, mais parce que tout est mieux avec l’autre.

« Tu pourrais rencontrer quelqu’un de mieux » : c’est en effet LA situation redoutée quand on parle d’infidélité, et contre laquelle on croit que l’exclusivité peut nous protéger. D’une part, je pense que le niveau de protection est dérisoire, voire négatif. Et d’autre part, je pense qu’à moins d’une grosse erreur de casting à la base (et dans ce cas, on ne serait déjà plus ensemble), ce cas de figure n’arrive en réalité quasiment jamais. Mais c’est un autre article.

26 réponses à “Quatre formes d’infidélité (dont trois qui n’en sont pas)

  1. En dehors du mariage où il y a une vraie promesse d’engagement et d’exclusivité, c’est même plus qu’une promesse puisque c’est un contrat, la grande majorité des infidélités sont des infidélités aux croyances de l’autre car il est « toujours » sous-entendu une exclusivité. Et souvent c’est une erreur de penser que cette exclusivité est acquise d’office. Il serait bon de la préciser aussi bien que l’on a besoin de préciser la non exclusivité. Beaucoup auraient des surprises…

    • C’est intéressant.
      D’ailleurs, j’ai prévu un article qui met en miroir l’attente tacite d’exclusivité et l’attente tacite de procréation, dans un couple qui se forme. La première est toujours d’actualité. La deuxième ne l’est plus ; mais elle l’a longtemps été, puis il y a eu une époque de transition difficile où de nombreux partenaires se rendaient compte après quelques années en couple qu’en fait ils n’étaient pas d’accord sur la question d’avoir ou non des enfants. Ce n’est qu’en rendant l’exclusivité officiellement optionnelle que les couples pourront faire un choix adulte et conscient (et sans se plier aux attentes sociales et se mentir sur leurs capacités à respecter l’engagement, comme de nombreuses personnes se mentent encore sur leur réel désir d’enfant et lâchent l’affaire quand elles (le plus souvent ils) réalisent ce que ça représente au quotidien).

  2. « ce cas de figure n’arrive en réalité quasiment jamais. Mais c’est un autre article. » Vivement cet autre article🙂

    • Il arrive… (il est déjà écrit, en fait, mais il y a au moins un autre article qui doit sortir avant, donc ça sera pour la fin de la semaine ou le début de la semaine prochaine)

  3. Pingback: Après une infidélité : réparer ou réinventer le couple ? | les fesses de la crémière·

  4. Hum… Je me demande où me classer (de manière purement théorique, pour l’instant) : je l’aime, c’est un mec très bien (bourré de défauts certe, mais là n’est pas la question, et je ne suis pas mieux), mais je n’ai plus envie de coucher avec (ni désir, ni plaisir) et j’ai envie de repartir explorer à droite à gauche… c’est grave docteur ?!😉
    (15 ans de vie commune, 2 gamins… ça demande réflexion… ça fait 3 ans que je réfléchis)

    • C’est un cas de figure extrêmement inconfortable (souvent tragique) quand on aime profondément la personne avec qui l’on vit mais que le désir s’est beaucoup (trop) émoussé, surtout quand cette personne est demandeuse (et probablement frustrée). Très difficile de ne pas avoir le mauvais rôle quand on évoque alors la question de la non-exclusivité. Et pourtant, puisqu’on ne peut pas forcer son désir, et puisqu’il n’est pas bon qu’un engagement de vie commune se transforme en voeu de chasteté pour l’un et l’autre, je trouve que la non-exclusivité est le choix le plus adulte qu’un couple puisse faire pour sortir de cette impasse sans se déchirer. J’ai une paire d’articles qui finissent de mûrir sur le sujet — et cette question m’a justement fait avancer.

      • tres difficille a vivre frustration des deux partenaires celui celle qui n a plus de desir essaie avec un une autre et ça marche tragique parfois cette constatation

  5. Bonsoir Lune Bleue,

    Nous sommes tous confrontés un jour où l’autre à ce genre de désagrément dans une vie de couple.

    Dans mon cas personnel, mon ex m’à quitté après plus de 10 ans de vie commune pars qu’elle en avait marre de notre vie commune à un moment x.
    Et pourtant, aujourd’hui nous continuons d’entretenir notre relation, nous n’avons jamais cessé de nous fréquenter et d’avoir des projets en commun, de manger ensemble, de sortir ensemble avec notre petit bout. Nous avons beaucoup de points communs et à l’avenir nous projetons de faire énormément de choses ensemble.

    Nous rigolons, parlons sérieusement, essayons de mieux nous comprendre, de mieux nous respecter chaque jour. Entraide aussi, nous savons que nous pouvons compter l’un sur l’autre.

    Nous avons abordé de remettre en commun une vie de couple, une vie sexuelle, de la tendresse. Pour elle, c’est hors de question, comme toi son désir à disparu. Elle à eu un « coup de foudre » y’à 3 ans pour un autre homme, elle à tenté quelque chose avec lui….c’était un coureur ayant plusieurs aventures en même temps, elle l’à découvert….fin de l’histoire.
    Le fait d’avoir découvert autre chose, d’intense (les débuts d’une relation) lui à fait dire qu’il y’à mieux à vivre de ce côté-là, qu’une plus grande harmonie est possible ailleurs….

    C’est sans doute vrai, et il n’empêche que rien dans une histoire n’est figé surtout si l’entente est toujours là, que faire partie de la vie de l’autre est bénéfique, constructif, évolutif. J’ai peut-être moins d’harmonie à apporter à un moment Y que quelqu’un d’autre et en même temps je peux toujours évoluer, décider d’écouter l’autre, de lui offrir le meilleur de moi-même.

    Doit t’on toujours attendre que ce soit l’autre qui nous apporte ce que l’on attend d’une relation ? Et puis dans le fond est-ce qu’on doit attendre quelque chose de quelqu’un ? Devons-nous plutôt être les créateurs de notre propre expérience ?

    Est-ce qu’on ne devrait pas avoir des intentions positives choisies en pleine conscience pour justement aller dans le sens de ce que l’on désir, veut vraiment pour se sentir mieux, plus en harmonie, plus dans le désir, le plaisir…etc. Avec cet être qui partage notre vie ?

    Et il y’à aussi le côté physiologique qui joue un rôle essentiel dans les relations humaines. Ce qu’on mange, l’état d’encrassement de nos intestins, de nos émonctoires qui jouent un rôle majeur sur notre caractère, nos humeurs.

    Par exemple, les produits qu’on avale, les produits qu’on se met sur la peau, les appareils qu’une femme peut utiliser pour la contraception où bien un produit pharmaceutique comme la pilule. Ils sont pour la plupart des perturbateurs majeurs pour l’organisme, la santé mentale et physique d’un individu.

    Et je pense à la femme en particulier.

    Voilà ce sont quelques pistes de réflexions que je me suis faites au file du temps, il y’à tellement à dire. Ce qui est certain c’est que l’être humain est un être doux, compréhensif et ouvert d’esprit, et beaucoup plus s’il suit un mode de vie physiologiquement adapté à son corps.

  6. Article intéressant…qui permet effectivement de dépasser la définition factuelle de l’infidélité (qui au final ne mène effectivement pas loin) pour s’intéresser aux causes, et donc identifier les problèmes… Je suis à peu près d’accord avec votre classement, même si on pourrait effectivement discuter chacune des situations…Je ne crois pas non plus forcément aux vertus de la rupture….enfin, séparation peut être rupture ou séparation douce…
    Le dernier cas situé en bonus m’intéresse…et je pense que c’est là, l’une des variantes du polyamour (mais est-ce alors du polyamour dans l’absolu) : le polyamour transitionnel….

  7. Je te trompe parce que je retrouve un idéal (mais je t’aime et je veux rester avec toi) (polyamour transitionnel ?)

    Mon mari a vécu plus de 15 ans avec sa première femme, autoritaire et
    sèche, peu portée sur la chose. Il rencontre dans le cadre de son
    travail une jeune femme qui lui ouvre les yeux, sur les sentiments,
    l’amour, le sexe, la liberté d’être soi-même. L’aventure démarre. Mais
    la donzelle tient à sa liberté, à sa vie de famille, alors que mon
    mari à l’époque n’aspire qu’à partager son quotidien. Elle de son côté a trouvé une épaule qu’elle n’a pas à la maison, le piment d’une relation secrète, piment dont elle a besoin pour se sentir vivante.

    Mon mari se sépare néanmoins de sa femme, se rendant compte s’être
    fourvoyé pendant des années (ne pas avoir eu le courage d’aller au
    bout de ces idées fugaces les premiers temps, qu’il finissait même par trouver désagréables, ne comprenant pas les signaux d’alarme) et reste pendu aux lèvres (toutes confondues) de sa belle comète. Cette dernière joue avec lui, lui fait espérer, à demi-mot, tout en sachant que rien ne changerait entre eux deux. Lasse d’un homme épris d’absolu (sic), elle le fait tourner en bourrique, le malmène presque, l’ignore et le méprise, ce qui amène à un arrêt non explicite, brutal et forcé par l’attitude de la jeune femme.

    J’arrive sur ces entre-faits. J’arrive bien trop tôt, en somme.

    C’est un fantôme qui vit avec nous les premiers mois de notre
    relation. Passion, écoute, tendresse, tout nous lie et nous jouissons
    pleinement de nos échanges, coeur, corps, tête. Mais voilà, je la sens
    encore parmi nous. Je lui en parle, il me dit que c’est pourtant bel
    et bien terminé. L’adultère (vis à vis de son ex-femme) a comme un goût de souffre pour moi, mais je ne décide de passer outre cette amertume en bouche. Je finis par me faire une raison, enterre l’histoire et mon ressenti lorsque nous décidons de nous marier. Nous ne nous promettons pas l’éternité, nous ne sommes plus des enfants. Mais connaissant nos vies respectives, nous nous promettons une transparence des sentiments, des envies. Si d’aventure la donzelle devait reprendre contact, le deal était qu’il m’en parle (sans que l’on ait explicité ce qui se passerait derrière : l’idée étant que nous gérerions cela ensemble). Evidemment, moi, l’adultère, c’est pas mon truc. Assez libérée dans les faits, je ne me sens pas, sur le moment, suffisamment en sécurité affective (et de de manière générale) pour explorer un autre mode de fonctionnement de couple.

    Après cinq ans de vie commune, dans lesquels nous nous épanouissons, complices, amants et époux, avec son lot d’épreuves, bien entendu, certaines plus lourdes que d’autres, et que mon mari a bien du mal à prendre et à poser devant lui pour s’atteler à leur gestion, un petit côté plan plan s’installe. Heureusement, l’intimité reste active… Alors quand la donzelle refait surface par l’intermédiaire d’un mail bien construit, il hésite à peine puis replonge dans une relation anxiogène. Pourquoi anxiogène ? Parce que c’est à cette période que je me suis persuadée qu’il était en dépression.

    Toute l’année qu’a duré sa relation épistolaire fantasmatique, je le croyais au 36ème dessous. Il ne parlait plus, s’endormait pendant nos soirées entre amis, limitait nos rapprochements intimes, me laissait seule face à l’intendance de la maison et des problèmes à gérer. Mais pas une seule seconde je n’ai pensé à une infidélité, malgré toutes les réserves que j’avais émises au début de notre relation par rapport à ça : je lui ai donné ma confiance, j’ai baissé ma garde.

    Jusqu’à ce qu’il la retrouve à l’occasion d’une semaine de formation
    sur Paris, après un an d’échanges tendres et sulfureux, une vraie
    petite vie de couple, un quotidien rythmé par leurs journées au
    travail. Une de ses réunions à elle se déroule le premier jour de
    cette semaine. Et moi, à distance, je sens que quelque chose cloche,
    j’en parle même à mes amis les plus proches. Il me cache quelque
    chose. Et là s’ensuit des jours horribles. Ma souffrance n’a d’égale
    que la distance qu’il met entre nous, dans nos échanges
    dématérialisés. Et le jeudi, je n’y tiens plus. Je recherche pendant
    un long moment son mot de passe de messagerie, parce qu’utilisé à
    l’occasion d’une impression de billet de train dans l’urgence ou
    autre, ça fait un moment que je ne l’ai pas utilisé… Et quand je le
    retrouve, à deux heures du matin, je tombe sur les mails qu’il n’a pas
    effacé. De la semaine en cours, mais de l’année dernière. Les rares mails qu’il recevait sur sa boîte perso, car ils font partie d’une corporation qu’il leur confère une adresse mail pro, laquelle recueillait 99% de leurs échanges. C’était sans compter les milliers de sms échangés, sauvegardés sur cette boite mail perso… Bref, je vous passe les autres détails : aucun doute sur la situation.

    Là, stupeur. Comment ? Pourquoi ? C’était donc ça, que je prenais pour un état dépressif ? Un transfert de son investissement dans notre
    couple dans cette relation parallèle ?.Alors qu’elle l’avait trainé
    plus bas que terre la précédente fois ? Alors que nous étions convenus qu’il me parle d’une quelconque reprise de contact ? Réaction immédiate, je tremble, physiquement, ça ne vas pas du tout.
    Moralement, c’est encore pire. Je l’appelle, sa messagerie
    m’accueille. Je l’imagine de suite dans les bras de cette femme… ce
    n’est que son portable qui joue les facétieux. Il me rappelle, nous
    discutons toute la nuit. Je n’ai qu’une envie, qu’il rentre. Je ne me
    vois pas continuer quoi que ce soit, impossible : mensonge, mensonge, mensonge. Comment continuer à partir de ça ? Je le sens désemparé, j’ai envie de lui ouvrir mes bras. j’ai peur qu’il me quitte à la descente du train. Et puis quand il est enfin là, devant moi, échevelé
    et les traits tirés, je ne suis sûre que d’une chose, à cette seconde : je l’aime…

    (aujourd’hui, nous sommes dans la redéfinition de notre couple, la bienveillance et le respect de nos personnes, vaste tâche, à suivre…)

    • La difficulté pour redéfinir le couple consistera à savoir intégrer son côté ‘pas fiable’ -sans l’excuser mais sans le nier- dans une nouvelle donne qui vous convienne à tous les deux.

  8. Pingback: Jusqu’à ce que la mort (ou une pipe) nous sépare | les fesses de la crémière·

  9. Pingback: Dix mauvaises raisons de devenir un couple libre | les fesses de la crémière·

  10. N’ayant pas lu les commentaires, je laisse le mien dans le risque de ne faire que répéter ce qu’autrui a déjà relevé -tant pis, vivons dangereusement !
    A la base, je souhaitais répondre à l’article « Dix mauvaise raisons de devenir un couple libre », mais ici me semble être plus adapté, car, quand bien même je me délecte de ce blog depuis quelques mois, l’idée sur laquelle je bute est bien celle de l’infidélité « pré-largage ».
    Je comprends que la plupart des articles de ce blog sont charpentés par une dialectique qui s’applique à être d’une rigueur imparable, c’est un trait revendiqué -qui, soit dit en passant, est très certainement à l’origine de son succès. Mais attention ! A trop vouloir raisonner de manière carrée, arrivent ces rares cas où la crédibilité du propos en pâtit, et c’est bien le cas dans cette affaire d’« infidélité pré-largage » (qui prédétermine entre autres, selon ta logique, si oui ou non la décision de se mettre en couple libre est justifiée ou non).

    Le problème se situe dans l’idée même que l’on puisse déterminer *au moment où elle est commise (et j’insiste dessus) si une infidélité dissimule une intention de rupture ou si elle n’est que l’expression de l’échec du modèle monogame, sans pour autant trahir un manque d’amour ou une intention de blesser quelconque.

    Ah, que le monde serait beau si toute action (tromperie en l’occurrence) était la pure causalité d’une intention (rupture/absence d’amour ou au contraire la simple manifestation d’un polyamour) définie avec netteté. Qu’il serait beau de pouvoir simplement analyser la situation, en déduire rationnellement s’il s’agit d’un pré-largage ou si, dans le cas contraire, les bornes de la liberté conventionnelle doivent être repoussées. On pourrait presque générer un algorithme pour prendre les décisions à sa place au sein du couple. C’est la raison pour laquelle il est très tentant de croire que l’intention précède l’action. Mais c’est un postulat qui, de surcroît, je le crois, est erroné : c’est selon moi l’action qui précède et donne forme à l’intention.

    [Note, je fais délibérément abstraction des cas où celui qui trompe est parfaitement conscient qu’il souhaite s’extraire du joug de l’autre et n’éprouve plus de sentiments pour, cas qui sont, à mon sens, tout à fait minoritaire.]

    Je ne te l’apprends très certainement pas, les choses ne sont pas noires ou blanches mais très nuancées, et c’est particulièrement le cas lorsqu’on se penche sur la question des intentions (à prononcer avec une voix suave).

    L’intention derrière un adultère n’est pas, sauf rares cas, définie au moment où il est commis ; mais elle est déterminée par la suite de l’histoire.
    Autrement dit je ne crois pas que la femme qui trompe son homme et qui, après coup, tente de le rassurer en lui répétant « Cela ne voulait rien dire. C’est toi que j’aime. » est probe ou de mauvaise foi. Je ne crois pas en la mauvaise foi.
    Ce en quoi je crois par contre, c’est que c’est la décision ultérieure de [rompre ou bien de rester en couple] et son évolution (pour peu d’y mettre un peu de bonne volonté, dans un cas comme dans l’autre) qui, en faisant office de « preuve », définit l’intention.

    En fait cela se sépare en 5 cas, en partant de l’exemple de la femme qui trompe son mari et qui se répète « je l’aime, ce n’était pas un prélargage. » :
    – ou bien ils restent ensemble et pour peu d’y mettre de la bonne volonté, cela se passe bien : on interprète alors « Tu vois, je te l’avais dit, mon intention n’était pas de te blesser. »
    – ou bien ils restent ensemble et la femme reste tiraillée par son envie d’aller voir ailleurs : « Il faut étendre les barrières de notre couple. Je t’aime. »
    – ou bien ils restent ensemble mais, manque de bonne volonté, la femme se mue en une Emma Bovary qui développe de plus en plus de dégoût pour cette prison qu’est son mari : « Il s' »avère » qu’en réalité, c’était un prélargage et je « ne me l’avouais pas ». »
    – ou bien ils se séparent et la femme le vit de manière épanouie : « Ah, désormais ça me semble si évident que c’était un prélargage ! »
    – ou bien ils se séparent et le vivent mal : « Je t’en conjure, reprends-moi, tu vois comme je t’aime. »

    Et dans tous ces cas, cette femme aura l’impression que la décision à prendre était toute tracée, et évidente, depuis le moment où l’infidélité a été commise. Mais c’est une grossière méprise, selon moi. Ce n’est qu’avec du « recul » qu’elle se sentira apte à affirmer « Je te l’avais bien dit ! / Je le savais ! », alors que de base rien n’était défini d’avance.

    Dans tous ces cas, c’est l’évolution de la situation qui définit l’intention, et non pas, contrairement à la complaisance commune, l’intention qui détermine la décision à prendre. Alors il est maladroit de prêcher la décision à prendre en fonction de l’intention.

    • C’est parfaitement bien exprimé.
      J’ai effectivement l’air de parler de ‘prélargage’ comme si c’était évident.
      Je crois que c’est souvent le cas quand même : quand l’infidèle est globalement absent-e à son couple (et l’était déjà avant son aventure).

      Mais tu as entièrement raison sur le fait que rien n’est simple à priori et en temps de crise, les décisions irrévocables ont une fâcheuse tendance à être révisées. J’écrivais dans ‘ma femme me trompe’ que pour l’instant elle disait ne pas vouloir partir. Ça fait bientôt trois ans mais pour autant, je serais mal avisé de croire que c’est définitif et que dorénavant notre vie de couple sera un long fleuve tranquille.

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  13. Quelqu’un de mieux, ou bien quelqu’un qui sera jalouxe… Des réclamations incessantes à la mélancolie, du chantage aux « maladresses » plus ou moins voulues (oups, je t’ai appelé mon lapin en public) sans parler des scènes, la nouvelle relation aussi peut se montre jalouse et faire de son mieux pour obtenir l’exclusivité. Linux peut être installé en partage avec un windows déjà installé, mais si linux est déjà là, windows se braque et dit « c’est lui ou moi ».

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