Tu me trompes, je te quitte – et on réfléchit ensuite

Traduction et commentaire d’un extrait de Sex at Dawn – notre réaction culturellement conditionnée en cas d’infidélité.

tu me trompes, je te quitte : le scénario stéréotypé de l'infidélité découverte

Tu me trompes, je fais mes valises (ref. photo Steven-Matthijs on deviantart.com)

« [Aux US ou en Grande-Bretagne] une aventure, même une aventure d’un soir, signifie que le mariage est fini, » observait Pamela Druckerman (NdT: auteur d’un livre sur les différentes représentations culturelles de l’infidélité dans le monde). « J’ai parlé à des femmes qui ont immédiatement fait leurs valises et quitté le foyer le jour où elles ont découvert l’infidélité de leur mari, parce que ‘c’est ce qui se fait.’ Pas parce que c’est ce qu’elles voulaient faire — simplement parce qu’elles pensaient que c’était la règle. Elles ne semblaient même pas se rendre compte qu’il y avait d’autres possibilités… En fait, on a vraiment l’impression qu’elles lisaient un rôle déjà tout écrit ! ».

Malheureusement, ce scénario sans nuances nous est tellement rabâché dans tout ce qu’a produit la culture mainstream de ces dernières décennies (cinéma, télé, chanson, littérature) sous l’influence des stéréotypes d’outre-Atlantique, que j’ai bien peur que les moins de 40 ans soient presque aussi conditionnés sur ce point en France que dans le monde anglo-saxon. Tu me trompes, je te quitte – et éventuellement on réfléchit ensuite.

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19 réponses à “Tu me trompes, je te quitte – et on réfléchit ensuite

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  5. C’est effectivement bien plus anglo-saxon, comme comportement, que ce que tu imagines en nous estimant « contaminés » via la culture US. J’en ai pris la mesure à l’occasion d’une rencontre trans-atlantique, via OkCupid. La femme que j’ai rencontrée, qui vivait dans un mode très « poly », m’a expliqué qu’elle n’aurait pas accepté de me rencontrer si je n’avais pas été français, même si ma femme est au courant (de façon très pointillesque) des mes écarts (la condition sine qua non qu’elle impose à ses amants) simplement parce qu’avant, elle ne l’était pas, m’expliquant à l’occasion la différence de moralité entre les Américains (qui ne supportent pas l’infidélité) et les Français, chez qui tromper ferait partie de la « culture ». J’étais vraiment surpris.

    • Les Américains se font une idée à eux de la tolérance des Français à l’égard de l’infidélité, essentiellement à travers les exemples qu’ils ont pu voir d’hommes publics infidèles et qui n’ont pas été publiquement crucifiés. Cela dit, je pense que cela correspond à une autre génération (et à un certain milieu) où on lave son linge sale en famille et où on préfère éviter les vagues. La culture US a — et je le maintiens — vraiment beaucoup gagné ce côté ci de l’Atlantique, et on ne peut vraiment pas dire que le couple libre soit dans le panorama des jeunes couples (qui connaît encore seulement le nom de Beauvoir et Sartre). On peut éventuellement dire que les femmes françaises (et peut-être un peu les hommes, quand ils ne sont pas trop sexistes) sont un poil davantage prêtes à passer l’éponge sur un écart ponctuel, assorti d’une promesse solennelle de ne pas recommencer, pourvu qu’il n’y ait eu aucun attachement sentimental. En dehors de ce cas de figure, je pense bien que la norme reste « tu me trompes, je te quitte ».

      • À l’époque de Sartre et Beauvoir (que je ne connais pas), il n’y avait pas plusieurs sites internet sur le poly-amour (sans parler des blogs !) et beaucoup moins d’ouvrages socio et autres consacrés au sujet.
        Bref, la norme est ce qu’elle est, mais je crois que les mœurs évoluent plus que tu ne le dis.

      • Ce n’est effectivement pas impossible que les moeurs évoluent en sous-marin et qu’on se réveille un matin avec un paysage qui donnerait l’impression d’avoir changé durant la nuit…

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  10. Peut-être qu’on en parle plus et qu’on peut lire plus de choses à ce sujet grâce notamment à internet, de là à dire que les choses évoluent… Je doute quand même.

    Par contre il est plus difficile pour une femme d’être libre à ce sujet et de l’assumer dans sa relation que le contraire, comme si un homme qui a ses petits « à-côtés » n’avait pas à craindre de perdre son image sociale de virilité, donc d’une certaine façon son « honneur social » face à sa compagne qui elle resterait « fidèle », bien-sûr, alors qu’un homme fonctionnant dans une « fidélité » classique se sentirait « dévirilisé » et donc perdrait ou aurait l’impression de perdre cet « honneur social » face à une femme qui elle ne fonctionnerait pas dans ce schéma classique d’exclusivité et aurait le courage de le lui dire dès le début de la relation. Pour l’avoir vécu…

    • Cette asymétrie dans le jugement social de l’infidélité est le thème de quelques-uns de mes billets récents, dont celui de demain, justement.

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  12. J’ai toujours dit que je virerais mon mec/mari si un jour j’apprenais qu’il m’avait trompée (notez bien le « si » et non le « quand »). Et quand je me suis retrouvée face au fait il y a trois mois, j’ai eu la réaction la plus stupéfiante qui soit à mes yeux : je l’ai serré dans mes bras et ramené à la maison avec bienveillance à son retour de la grande ville où il avait (enfin) rencontré la personne avec laquelle il correspondait depuis un an… Même si on est formaté, même si on est certain de savoir comment on réagirait « si »… l’amour, profond, pour un être, peut créer bien des comportements « singuliers », pour preuve. Je m’étonne moi-même. Et j’oscille aujourd’hui, non pas avec les principes d’une communauté, mais bel et bien avec ma déception à vif plus la notion de fidélité dont on avait parlé lors de nos débuts bafouée et une envie de continuer à prendre ce qu’il a à m’offrir… aucune garantie dans cet après… de rien…

    • Intéressante réaction. Et il y a aussi la réaction symétrique : comme ma femme qui a très longtemps hésité à me parler de son histoire alors que j’avais clairement dit (et montré, puisqu’il y avait eu des précédents) qu’à mes yeux la fidélité et l’exclusivité étaient deux notions distinctes et que donc je n’allais ni la jeter dehors ni même péter un câble.

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