L’amour en cage … ouverte

Le principe de base du couple libre, c’est d’ouvrir la cage. Ensuite, rien n’oblige à en sortir. On peut rester sagement dans une cage ouverte.

Physalis - dessin numérique à l'encre

L’amour en cage … ouverte

N’allez pas croire que je cherche à convaincre tout le monde d’aller coucher avec tout le monde. La question n’est pas là. Au coeur de ma façon d’envisager l’idée du couple libre, il y a avant tout la liberté. Quand on est libre, on est libre d’aller se faire plaisir dans d’autres bras, libre de tomber amoureux d’un autre coeur, libre de partir, libre de vouloir revenir, et aussi (peut-être même le plus souvent) libre de rester sage et d’être l’homme/la femme d’un(e) seul(e) homme/femme. En ce sens, le couple libre n’est donc pas nécessairement libertin ou polyamoureux. En tout cas pas forcément tout le temps ni forcément tous les deux en même temps ou de la même manière.

D’ailleurs, pendant les quelques mois qui ont suivi le grand tournant, elle était polyamoureuse, et moi j’étais juste libre. Certes je ne suis pas resté sage très longtemps, mais mon souvenir de cette période, c’est d’avoir ressenti une forme d’exaltation de me savoir libre, sans pour autant chercher immédiatement à exercer cette liberté.

Était-ce le contrecoup d’avoir été enfermé trop longtemps, comme l’oiseau qui met des heures à oser sortir de sa cage ouverte, angoissé par la vastitude du monde qui s’offre à lui après toute une vie de captivité ?
Je ne le saurai probablement jamais.

Mais ce que je sais, c’est qu’on respire bien mieux dans une cage ouverte que dans une cage fermée.

Et donc si je parle du couple libre avec la verve benoîte d’un bonimenteur de foire, c’est exactement pour ça. Ouvrez donc la cage à vos coeurs et à vos corps. Si le coeur s’envole à tire-d’aile, c’est qu’il était à l’étroit dans la cage. S’il reste sagement à chanter sur son perchoir, éventuellement en faisant un tour de temps en temps sur le balcon ou dans l’appartement d’à côté, c’est qu’il est heureux dans sa cage – laquelle n’est par définition plus une cage mais un abri.

Bon après, je n’empêcherai pas les tourtereaux qui ont des étoiles dans les yeux de vouloir s’enfermer dans la cage pour être tranquilles et parce que le reste du monde n’existe temporairement plus autour d’eux. Mais il ne faudra pas oublier de déverrouiller la porte avant qu’une indéfinissable sensation d’étouffement vienne peu à peu plomber l’ambiance et surtout avant que l’un ou l’autre en arrive à se cogner aux barreaux.

18 réponses à “L’amour en cage … ouverte

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  7. Je trouve cela très pertinent et important de rappeler cette notion de « pouvoir n’est pas devoir » car, en effet, c’est là que commence la vraie liberté. Le piège de la cage fermée étant qu’en général on pense que cela nous convient (pour les personnes et couples très fusionnels dont je fais partie par exemple) et puis la sensation d’étouffement apparaît soudainement et de façon brutale. Ce stade atteint, il est parfois déjà trop tard, le mal étant fait. Une fois qu’on ouvre les yeux sur cette réalité on comprend un peu mieux (pour ma part) certains ‘échecs’ du passé. Il est alors difficile de refermer les yeux …

  8. Bon je me lance pour un premier commentaire…
    Déjà merci pour ce « blog d’air ». Je ne m’intéresse à la notion de couple libre et de polyamour que depuis peu mais j’ai écrit quelques petites choses sur le désir féminin, la pression sociétale.
    Je vis en couple, nous allons même nous marier l’année prochaine. C’est un deuxième mariage pour nous deux. Ses enfants sont grands les miens ont encore du chemin à faire.
    Nous avons mis en place une communication qui nous permet de parler de tout et surtout de nous (les Je, le Nous…)
    Je pense que je suis une polyamoureuse dans l’âme. Je n’ai pas encore parlé très ouvertement à mon compagnon de l’autre personne que j’aime (et qui ne le sais pas, en tout cas je ne lui ai pas dit), mais je parle de plus en plus de couple libre et aujourd’hui je viens de lui donner le défi (un petit jeu entre nous) d’écrire une page sur le polyamour et ce qu’il en pense.
    Je crois que j’ai besoin de cette cage ouverte. J’ai besoin de l’abri mais j’ai besoin de pouvoir sortir. Je pense que le mariage que j’ai accepté et que je veux ne va pas sans peur de me faire enfermer.
    Je vois bien que l’amour et l’attirance que je porte à mon compagnon ne sont pas affectés par l’amour et l’attirance que je porte à l’autre personne, ni par l’attirance que je peux éprouver pour de nombreuses autres personnes.
    Mon inquiétude est que j’ai peur de blesser mon compagnon et en même temps je sens de plus en plus qu’accepter une relation exclusive me frustrera au point d’affecter l’amour et l’attirance que je porte à mon compagnon.
    Je vais passer le cap pour que nous ayons une vraie discussion sur ce sujet, car après tout ma peur n’appartient qu’a moi et n’a peut être rien de rationnel ou plutôt elle est peut être provoquée par le formatage sociétal.

    • Bon courage. Et félicitations pour le mariage (mais attention effectivement à mettre les bons points sur les bons i avant de signer chacun pour deux choses différentes en croyant être d’accord).

  9. tiens au passage je te laisse ce texte…
    Triptyque Libertaire
    La voilà qui revient
    Cette envie tenace est méchante
    Elle ne lui sert à rien
    Mais souvent elle la hante
    Se faire du mal,
    Prendre les tords
    Pourquoi se punir
    Quand elle voudrai s’unir
    Rêve de femme libérée
    Qui aime tout autant
    Quelques soient ses amants
    Sans qu’aucun ne soit le préféré
    Qu’ils acceptent, du temps, le partage
    Sans se sentir abandonnés
    Sans jalousie, sans heurt, sans rage
    Elle a assez d’amour à donner.
    Et donc ce rêve fou
    Dans son crane surtout
    Se cogne aux parois
    La jette en désarroi
    Son amour propre s’effrite
    La voici pourvoyeuse de maux
    Aussi caustique que le barite
    Pleine de désirs anormaux…

    « Je suis encombrée de mes désirs
    il y a mes désirs de toi
    mes désirs de toi sous le même toit
    et puis mes désirs de lui
    désirs qui chauffe qui luit
    et même mes désirs d’eux
    désirs à plus de deux
    aussi mes désirs d’elles
    désirs à tire d’aile
    des irresponsabilités
    désir et responsabilité
    poids de la culpabilité
    pouah ! mon cul alité
    morsures de la moralité
    qui tuent ma sensualité
    rogne mon amour de moi
    grogne pour mes émois
    moissons des tempêtes
    ce moi qui m’embête
    poisson qui se noie
    ses désirs en tapinois. »

    Elle a assez d’amour pour lui.
    A-t-elle assez d’amour pour elle-même?
    Elle a assez d’amour pour tous.
    Mais ça ne se fait pas !
    Comment pourrais-elle être séduite par d’autres
    Alors qu’elle l’aime lui?
    Elle n’est pas une fille comme ça !
    C’est quoi une fille comme ça ?
    Ou plutôt
    C’est qui une fille comme ça ?
    C’est elle, ou elle ? C’est moi ?
    Juste quand on ose
    Reconnaître nos désirs
    Partager notre plaisir.
    En aimant plusieurs
    Elle n’en aime pas moins
    Son amour est sans fin
    Il n’est point partagé
    Il est juste augmenté.
    Pourtant que de tourments
    À reconnaître ses attirances.
    Une fille bien est fidèle !
    Mais fidèle à qui donc ?
    À son père dans l’obéissance ?
    À son mari dans l’abandon ?
    En divine obédience ?
    Ou à elle même en toute conscience ?
    Ce n’est pas abandonner
    Que d’autres personnes aimer.
    Peu de problème en amitié
    Ni même en amour filial
    Mais dès que cela devient sexué
    La femme devrait se conformer
    Au schéma imposé.
    Comment faire exploser les normes
    Sans au final ne blesser personne ?
    Faire comprendre les désirs naissants
    Sans rien casser de l’existant.
    Déjà la masse désapprouve
    Son style un peu garçonne,
    Il faudrait qu’elle prouve
    Sa féminité en somme.
    S’affirmer dans des relations multiples,
    Sans qu’on la montre du doigt,
    Qu’on l’accuse pour ses choix,
    Relève d’un équilibristique périple.
    Choisira-t-elle d’emprunter cette voie ?
    Tranquillement, sans précipitation,
    Pour y gagner son émancipation.
    Elle ne veux plus s’encager,
    Trop peur de s’y dissoudre,
    Et de tout saccager.
    Elle ne peux s’y résoudre.
    Responsable et libre sans exception.

    Labuc – 13/12/2012

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  12. Votre image de cage ouverte, ça me rappelle cette autre belle image lue quelque part : pour retenir du sable on pourrait penser que le serrer très fort dans son poing fermé est la meilleure méthode…pourtant les grains finiront par glisser petit à petit par les interstices.Et si on essayait plutôt de garder la main ouverte, en forme de coupelle, la paume vers le ciel ? nos chances de conserver ce sable s’en verraient fortement augmentées !

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